Mars 2014

2 mars 2014 – 614

DIMANCHE.

Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.

Vie à la neige. C’est la fin des Jeux Olympiques d’hiver. Je n’en aurai pas vu une image mais j’ai suivi ça de loin en loin à la radio. A la télévision, il paraît que les commentaires étaient affligeants. Comme c’est la même équipe qui les assure depuis des lustres, on se demande pourquoi on prend la peine de le signaler, ou même de les écouter. Trop chauvins, paraît-il. Sans être foncièrement cocardier, j’ai accueilli avec plaisir les annonces de médailles pour les sportifs français. Il paraît qu’il n’y en a jamais tant eu, mais le nombre de disciplines, on fait semblant de l’oublier, n’a jamais été aussi important. Le monde olympique suit la complexification du monde en général. Dans les compétitions hivernales d’antan, l’exotisme était assuré par le curling et le bobsleigh, des sports que personne ne pouvait voir « en vrai »; le biathlon étonnait un peu, ces types avec des fusils sur le dos, on disait que c’étaient des douaniers, il n’y a plus de douaniers mais la discipline a survécu. Aujourd’hui, on fait du short track sur bosses en half pipe avec départ groupé, c’est un joyeux bazar dans lequel les Français sont assez brillants. Parfois, je les soupçonne de cacher leurs faiblesses dans les disciplines traditionnelles en en inventant d’autres qu’ils sont à peu près les seuls à pratiquer, dans le seul but de gonfler leur quota de breloques.

MARDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Philippe Claudel, Le rapport de Brodeck, Le grand livre du mois, 2007.

Lecture. Les Désarrois de l’élève Törless (Die Verwirrungen des Zöglings Törless, Robert Musil, 1906, Le Seuil, 1960, rééd. Points P 6, 1995, traduit de l’allemand par Philippe Jaccottet; 246 p., 6,50 €€).

Je n’ai pas de souvenir du film que Volker Schlöndorff réalisa en 1966 à partir de ce premier livre de Musil, je sais juste que je l’ai vu. Je me demande ce que le réalisateur a pu tirer de cette oeuvre qui est très chiche en anecdotes. La vie que le jeune Törless mène au pensionnat est avant tout intérieure et les maigres événements présentés par Musil – principalement les tourments que font subir deux élèves puissants à un de leurs condisciples, sur lesquels plane un nuage d’homosexualité pas très bien refoulée – sont avant tout prétextes à des questionnements philosophiques et éthiques. Il est tentant de voir, sous les traits de Törless, le jeune Ulrich, alias L’Homme sans qualités. Malgré sa brièveté, l’approche et la saisie de ce roman ne sont pas plus confortables que celles du chef-d’oeuvre de Musil. Elles réclament un lecteur d’une force que je n’ai peut-être pas.

VENDREDI.

 Le cabinet de curiosités du notulographe. Tiercé gagnant, photos de l’auteur à Thaon-les-Vosges (Vosges, 22 août 2008), Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher, 4 novembre 2012), Boussac (Creuse, 1er août 2013).

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SAMEDI.

Football. SA Spinalien – FC Sochaux-Montbéliard B 0 – 2.

 Films vus.

Turf (Fabien Onteniente, France, 2013)

Main dans la main (Valérie Donzelli, France, 2012)

Möbius (Eric Rochant, France-Belgique-Luxembourg, 2013)

Un poison violent (Katell Quillévéré, France, 2010)

A l’aveugle (Xavier Palud, France, 2012)

Vous n’avez encore rien vu (Alain Resnais, France-Allemagne, 2012).

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 1er février 2013. 136 km. (21717 km).

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90 habitants

    La stèle se dresse derrière la Mairie, contre un mur de la même couleur jaunâtre, orné de quatre drapeaux tricolores. Elle est posée sur une dalle de granit d’’apparence récente, ce qui laisse à penser que le monument a été déplacé. Les noms sont inscrits sur une plaque vissée sur un côté de la flèche, ornée d’’un macaron du Souvenir Français et d’’une Croix de Guerre. Une grille métallique basse délimite un quadrilatère semé de cailloux grossiers.

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1914-1918

Paul GAUDEZ

Marcel LEON

Pierre BOSSU

Hubert BOSSU

Louis BILLET

Albert BILLET

Albert MANSUY

Albert CHEVAUX

André PHILBERT

Gabriel PHILBERT

André CHAMPAGNE

Valentin RENAUDIN

1939-1945

André LARCHE

Hommage aux héros

de la Grande Guerre

La commune de Jainvillotte

reconnaissante

1914-1918

          L’Invent’Hair perd ses poils.

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New York (New York, E.-U.), photo de Benoît Howson, 10 août 2009

             Poil et plume. « C’était la gratte du barbier. Il y avait plusieurs autres grattes dans cette prison, ainsi que je devais l’’apprendre; et moi aussi j’’étais destiné à en toucher, grâce à mon nouvel ami.

Derrière des fauteuils, les « merlans » s’’activaient à l’envi. Dans cette boutique on coupait les cheveux et on rasait avec une rapidité que je n’’aurais jamais soupçonnée. Les hommes se savonnaient eux-mêmes et les coiffeurs les rasaient à la vitesse d’’une minute par homme ! Une coupe de cheveux exigeait un peu plus de temps. En trois minutes le duvet de mes dix-huit printemps fut gratté sur mon visage, et ma tête apparut aussi lisse qu’’une boule de billard.

Barbes, moustaches, comme nos vêtements et ce que nous possédions, tout disparut en un clin d’oe’œil. Vous pouvez m’’en croire, lorsque l’’opération fut terminée, nous avions tous des mines patibulaires. À ce moment seulement je me rendis pleinement compte de notre aspect misérable.

Ensuite on nous plaça en rang, quarante ou cinquante, nus comme les héros de Kipling qui assaillirent Lungtungpen. Il ne restait plus que nos souliers et nous-mêmes. Deux ou trois esprits forts qui s’’étaient méfiés des barbiers et avaient dissimulé des objets sur eux se virent confisquer leur tabac, leurs pipes, leurs allumettes et quelque menue monnaie. » (Jack London, Les Vagabonds du rail)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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9 mars 2014 – 615

LUNDI.

Vie professionnelle. Premier jour de vacances. Pour fêter l’événement, Caroline retourne au boulot.

MARDI.

Vie technologique. J’emprunte un des téléphones de poche de la maison et envoie mon premier SMS. Ardu, laborieux, mais fait. I am a geek.

MERCREDI.

Vie parisienne. Mon statut tout neuf de bête du portable ne m’empêche pas d’apprécier toute forme d’assistance technologique. Aussi Alice, munie des instruments idoines et de l’agilité digitale qui va avec, m’accompagne-t-elle dans mon périple parisien. Ce qui me permettra d’ajouter quelques activités touristiques à mes habituels travaux d’aiguille en bibliothèque et musée. Pendant ce temps, Caroline et Lucie sont à Strasbourg, avec pour mission d’enrichir l’Invent’Hair de quelques trouvailles locales.

VENDREDI.

Lecture. Mettez un livre dans mon cercueil (Michel Polac, PUF, 2014; 424 p., 19,50 €€).

Compte rendu à rédiger pour Histoires littéraires.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Curiosités féminines, Thaon-les-Vosges (Vosges), exposition Clémentine Delait, « la femme à barbe », 23 novembre 2013, photo de l’auteur / Nantes (Loire-Atlantique), photo de Christophe Hubert, 8 septembre 2013.

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SAMEDI.

Films vus.

Une séparation (Jodaeiye Nader az Simin, Asghar Farhadi, Iran, 2011)

Ma bonne étoile (Anne Fassio, France, 2012)

Mes héros (Eric Besnard, France, 2012)

Supercondriaque (Dany Boon, France-Belgique, 2014)

City on Fire (Ringo Lam, Hongkong, 1987)

Un linceul n’a pas de poches (Jean-Pierre Mocky, France, 1974).

  IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 24 février 2013. 32 km. (21749 km).

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429 habitants

   C’’est une plaque noire sur le mur de l’’école. Les deux colonnes de noms sont séparées par une palme, sous une Croix de Guerre et une frise.

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1914 1918

La commune de Jarménil

A ses enfants

Morts pour la France

FEBVREL Jean Capitaine                   TRABAC Gabriel

CLAUDON Paul Sergent                   DUC Julien

GAVA Georges id                   BALLAND Paul

AMET Auguste Caporal                   GEHIN Henri

TARENTOLA Ferdinand                   JACQUOT Paul

LEVAUDEL René                   HUGUENIN Emile

AMET Charles                       GRANDEMANGE Paul

DUC Louis                             LAPOIRIE Auguste

GAFANESCH Joseph                   MANGEAT Léon

     VALENTIN Henri                  MATTHIEU Emile

LEDUC Adrien                   LAPOIRIE Alphonse

CHAUVELIN Ernest                   ALEXANDRE Auguste

1939                                         1945

ALEXANDRE Albert                   MOREL Paul

DELON Daniel   MDL

AFN

          L’Invent’Hair perd ses poils.

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Rochegude (Drôme), photo de Sophie Bertin, 12 août 2009 / Balbigny (Loire), photo de Marc-Gabriel Malfant, 27 septembre 2013

Poil et plume. « Qu’est-ce que les Billes de billard, mon bon ?
– Les Billes de billard ? mais tu n’as pas encore besoin de connaître ça, tu ne te déplumes pas encore…
– Dis tout de même.
– Eh bien, c’est le club à papa, le club des Billes de billard, ainsi nommé parce qu’il faut posséder un crâne dépouillé par la calvitie pour être admis à l’honneur d’en faire partie. Aristocratie, finance, arts, lettres et sciences, tous les mondes sont représentés aux Billes de billard par des crânes d’élite; fronts hautains de grandes races, sur lesquels ont passé tous les ouragans de la vie, rasant les folles mèches de la jeunesse, fauchant les illusions et dévastant le cuir chevelu ! Fronts de la Fricottière ravagés par une haute et joyeuse vie, fronts bombés de vieux savants, crânes pointus d’hommes politiques, genoux farceurs de gens de lettres, il y a de tout au club des Billes ! Et tous ces crânes se consolent entre eux par de joyeux dîners hebdomadaires, dont papa, en sa qualité de.président, fait le plus bel ornement !

– Je voudrais bien voir ça, un dîner de Billes de billard !
– Trop jeune, mon petit, tu n’as pas le genou d’ordonnance.
– Avec la protection ?
– Impossible ! Moi-même, fils de mon auguste père, président de la société, je n’ai jamais pu me faire inviter au club. Ah ! mais, le comité est strict ! Pour être reçu aspirant Bille de billard, il faut présenter au comité d’examen un commencement de.calvitie. S.’il est suffisant, on est admis aux dîners tous les mois d’abord, puis tous les quinze jours, mais on ne dîne pas à la grande table, on dîne à la table des petits. C’est que l’on a le sentiment de la hiérarchie, aux Billes de billard ! Et tous les trois mois, conseil de révision, les aspirants comparaissent devant le bureau pour faire vérifier leur calvitie; si les cheveux repoussent, on est honteusement chassé, tandis que si la calvitie se dessine plus majestueusement, on reçoit les éloges de papa et l’on monte en grade.
– Charmant ! fit Cabassol, ainsi pas d’espoir pour moi… Mes cheveux tiennent encore trop… » (Albert Robida, La Grande Mascarade parisienne, 1881-1884)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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16 mars 2014 – 616

DIMANCHE.

Courriel. Le courriel du dimanche soir est toujours ouvert avec un brin d’appréhension. Les réactions aux notules du jour sont attendues, et souvent présentes. Ce soir, le numéro n’étant pas fameux, je m’attendais à ce qu’elles soient un peu mitigées. Et le fait est que j’en prends pour mon grade :

« C’est bien léger votre prestation !!!!!

Résidant hors de France, je ne trouve ici que fort peu (pour ne pas dire aucun) intérêt à vos probablement “louables” efforts.

A vous lire à ce propos …………….. ????????? »

Le stylo rouge et le trait gras du vrai prof, les points d’exclamation groupés comme des flèches dans un carquois, la posture extérieure et donc supérieure, la parenthèse assassine, les guillemets ironiques, la convocation au parloir pour finir, tout est fait pour mettre le nez de l’élève dans sa crotte. Je tremble dans mes culottes courtes et pense à ceux qui, « hors de France », subissent cela au quotidien.

LUNDI.

Bougies. 13 ans de notules. Comme cadeau, je m’offre la dénotulisation de l’expat qui confond les notules avec RFI.

VENDREDI.

Relecture. Vipère au poing (Hervé Bazin, Grasset, 1948; rééd. Le Livre de poche n° 58, 1954; 192 p., 4 €€).

« Chaque dimanche, il me suffit d’être sous le cèdre où Madeleine vient chercher sa ration hebdomadaire de feuilles à l’envers ». Je retrouve dans cette phrase une expression que j’apprécie particulièrement : « regarder, voir ou contempler les feuilles à l’envers », qui signifie faire l’amour au grand air. C’est d’ailleurs cette phrase qu’utilise comme exemple Le Trésor de la langue française, avec celle-ci, tirée de La Terre, de Zola : « Avec ça que vous êtes arrivée à l’âge de trente-deux ans sans avoir vu la feuille à l’envers ! » Le TLF précise toutefois que l’expression ne peut être utilisée qu’avec un sujet féminin. Le village de Vioménil dans les Vosges, possède une place Hervé-Bazin. L’écrivain était venu l’inaugurer en 1982, après être entré en correspondance avec André Poirot, professeur à Darney, à qui il expliquait la genèse de son livre : « Mon père s’est marié en 1909 et mon frère Ferdinand est né en décembre. Moi en avril 1911. Notre benjamin en août 1912. Aussitôt nés, nous avons été confiés à notre grand-mère. Papa a été grièvement blessé en 1916, réformé puis envoyé en Chine où il resta après l’armistice parce qu’il s’y était fait une belle situation. Grand-mère mourut en 1920, et ses [sic] parents durent rentrer. Nous ne les connaissions pas, nous n’avions aucun souvenir d’eux et ils n’étaient pas très chauds eux-mêmes pour reprendre trois enfants qui leur faisaient perdre les « avantages coloniaux » bien connus de ce temps-là. Ce fut le choc raconté dans Vipère au poing. La vie commune s’avérant impossible, notre père nous mit chez les jésuites, au Mans. Mais le mal était fait et ils eurent fort à faire avec nous. » Renvoyé du Mans, Hervé Bazin fut confié par son père à l’abbé Maire, curé de Vioménil, auprès de qui il apprit le latin et le grec dans les années 1923 et 24. De Vioménil, Bazin se rendait fréquemment à Gruey-lès-Surance, distant de 7 kilomètres, c’est du moins ce qu’on m’a affirmé là-bas. A cette date, Ernest de Gengenbach, l’enfant du pays, était déjà parti au séminaire mais il n’est pas interdit de penser qu’à l’occasion d’un retour au bercail il ait pu croiser Hervé Bazin.

Vie touristique. Quand je suis monté pour la première fois sur la colline de Sion, j’étais enfant, et c’était pour des motifs religieux. Un pèlerinage, sans doute pour la fête de la Nativité de la Vierge à laquelle la basilique est dédiée. Le vrai pèlerinage avec l’autocar affrété par la paroisse, les bigotes égrenant leur chapelet tout au long du parcours et sans doute, une fois sur place, de longues heures de procession et de cérémonies. J’accompagnais ma grand-mère dont c’était sans doute la conception du tourisme. Un peu plus tard, je suis retourné à Sion, à l’occasion de ce que l’on appelait alors une retraite de communion, je ne sais si cela se pratique encore. Trois jours sous la férule d’un abbé débonnaire qui nous passait « Enfants de tous pays » d’Enrico Macias à longueur de temps. Trois jours de rêve car j’étais fou amoureux d’une de mes coreligionnaires, j’étais sur un nuage, touché par une grâce qui n’était pas celle que l’on venait habituellement chercher en ce lieu. Vingt ans après, j’ai revu celle qui m’enflammait à l’époque, elle venait de temps à autre m’entendre chanter en des lieux beaucoup moins sacrés. Le presbytère avait perdu de son charme, et le jardin de son éclat, c’est le moins qu’on puisse dire. Je finis d’ailleurs par tomber en amour avec une autre mélomane égarée dont l’assiduité à nos concerts avait été remarquée par tout le monde sauf moi, il fallut qu’on me fasse une explication de gravure pour que mes yeux se dessillent. Un soir, je dansai avec elle et, comme je suis un type réglo, je l’épousai. Aujourd’hui, je retourne à Sion pour des motifs plus littéraires que religieux avec, à la main, La Colline inspirée de Maurice Barrès que je lis depuis quelques jours. On y suit l’histoire des trois frères Baillard qui, « après avoir commencé, vers 1840, par relever le sanctuaire de Notre-Dame de Sion tombé dans l’abandon au lendemain de la Révolution […] étaient entrés en conflit avec leur évêque et, sombrant dans l’hérésie, étaient allés jusqu’à transformer la colline en lieu de sabbat » (introduction de Vital Rambaud dans l’édition Bouquins). Après avoir photographié un nouveau lieu où j’ai dormi, je trouverai, sur le côté de la basilique, la tombe de Léopold Baillard dont l’orientation hérétique eut pour origine, nous dit Barrès, la rencontre avec Eugène Vintras, un ouvrier normand qui se considérait comme un nouvel Elie et dont la doctrine influença un certain, on n’en sort pas, Ernest de Gengenbach.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Aubusson (Creuse), photo de l’auteur, 3 août 2013.

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SAMEDI.

  Films vus.

La Femme que j’ai le plus aimée (Robert Vernay, France, 1943).

Sea, No Sex & Sun (Christophe Turpin, France, 2012)

Pauline détective (Marc Fitoussi, France-Belgique, 2012)

Good Morning England (Richard Curtis, G.-B.-Allemagne-France, 2009)

Stalingrad (Enemy at the Gates, Jean-Jacques Annaud, E.-U.-G.-B.-Allemagne-Irlande, 2001)

Johnny s’en va-t-en guerre (Johnny Got His Gun, Dalton Trumbo, E.-U., 1971).

 Football. SA Spinalien – AS Yzeure 2 – 0.

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 5 mars 2013. 58 km. (21807 km).

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1106 habitants

    Le monument se dresse sur une esplanade pavée, derrière une église à l’’architecture moderne –ou qui dut paraître moderne au temps de sa construction. La moitié des buis qui constituent une ligne en arrière de la stèle sont grillés.

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1914-1918

Aux enfants de Jeanménil

Morts pour la France

    Gauche :

ANTOINE Georges

ANTOINE Paul

BICHON Marcel

BOREL Auguste

BOURGEOIS Emile

DIEUDONNE Emile

FOURNIER Paul

FREARD André

FREARD Charles

GEORGE Charles

JACQUOT André

KRUMEICH Armand

KRUMEICH Auguste

    Droite :

1939-1945

ANTOINE André

RICHARD Marcel

SERRIERE Maxime

Victimes civiles

ANTOINE Albert

BANNEROT Germaine

DURAND Jean

DURAND Pierre

GUIZOT Paul

MARCHAL Julie

RICHARD Odile

KRUMEICH Pierre

HAXAIRE Germain

L’HUILLIER André

MOUGIN René

PETITJEAN Léon

POREL André

RENAUX Joseph

RICHARD Alphonse

REMY Hermant

SIMON André

SIMON Pierre

THIEBAUT Henri

THIERY Camille

TISSERANT Camille

TOUSSAINT André

             L’Invent’Hair perd ses pois.

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Paimpol (Côtes-d’Armor), photo de Bernard Gautheron, 14 août 2009 /  Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), photo de Philippe de Jonckheere, 8 novembre 2010

Poil et plume. « Il ne trouve pas de travail, dit Madeleine. Il a suivi un cours de perfectionnement de coiffure pour dames, mais c’est impossible, vous comprenez.

– Si c’est une question de permis de travail, je peux arranger ça.

– Ce n’est pas ça. Aucun patron ne veut engager un coiffeur pour dames noir…

En France ?

Elle fait un geste résigné.

– Même au cours, où il coiffait gratuitement, il y a des bonnes femmes qui ne voulaient pas qu’un Noir les touche… » (Romain Gary, Chien Blanc, 1970).

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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23 mars 2014 – 617

LUNDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Walter Farley, Le Secret de l’étalon noir, Bibliothèque verte, 1977.

MARDI.

En feuilletant Livres Hebdo. Carol de Dobay Fireli, Coiffures : les cheveux dans la littérature et la culture française au XIXe siècle, H. Champion, 2014; 312 p., 65 €€.

Lecture. La Colline inspirée (Maurice Barrès, Emile-Paul, 1913, rééd. in « Romans et voyages », Robert Laffont, coll. Bouquins, édition établie par Vital Rambaud, 1994; 1170 p., 139 F).

La première apparition des frères Baillard dans Mes cahiers date de 1902. Barrès y écrit : « Les frères Baillard : l’évêque veut lever l’excommunication chez l’un d’eux. – Les vieilles femmes continuent à l’appeler « Monsieur le Curé ». Très intelligent. C’est le curé de Vaudémont qui veut les chasser de l’église. » Plus loin, Barrès prend copie d’une lettre datée du 17 octobre 1907, dont on ne connaît pas le destinataire : « Mon cher ami, j’ai sous la main dans les archives secrètes de mon bureau un gros carton contenant un dossier archi-complet de l’affaire des Baillard, autrement dit « secte de Vintras », ou « oeuvre de la Miséricorde ». Bien qu’il y ait dans ce dossier un grand nombre de lettres confidentielles, je me ferais un grand plaisir de le communiquer à M. Barrès à la condition qu’il vienne dépouiller ces pièces à l’évêché dans ma chambre où je l’installerai de mon mieux et pour tout le temps qu’il lui sera nécessaire. S’il ne désire que quelques renseignements sur cette affaire, il les trouvera dans le troisième volume de l’Histoire des trois diocèses par M. Martin. Autant que possible qu’il ne vienne pas consulter notre dossier sans me prévenir et me demander mon jour », et c’est signé « Abbé Louis Simon, chanoine honoraire, évêché de Nancy et de Toul ». Le projet de La Colline inspirée aura donc occupé Barrès pendant une bonne dizaine d’années au cours desquelles il ajoutera, à la consultation des documents, l’enquête sur place à la recherche des témoins survivants de l’épopée des Baillard. Ces trois frères, Léopold, François et Quirin, sont nés à Borville, canton de Bayon, après la Révolution française. Ordonnés prêtres, ils se consacrent à la renaissance d’anciens couvents à Flavigny, Mattaincourt, Sainte-Odile, et fondent, sur la colline de Sion, l’Institut des Frères de Notre-Dame de Sion-Vaudémont. L’Institut se développe, emploie du monde, attire des donateurs, génère beaucoup d’argent. Trop. L’évêque de Nancy dit stop et invite les trois prêtres à faire retraite chez les Chartreux de Bosserville. C’est dans cette retraite que Léopold prend connaissance des écrits de Pierre-Michel-Eugène Vintras, un nouveau prophète qui attire les foules à l’aide de récits de visions et d’hosties ensanglantées. Léopold se rend en Normandie, rencontre Vintras, devient son adepte. Il retourne à Sion où il fonde avec ses frères une communauté vintrasienne. Celle-ci se trouve rapidement en conflit avec les habitants des alentours et avec les autorités religieuses qui finissent par chasser les Baillard du sanctuaire. Léopold finira sa vie au pied de la colline, dans le village de Saxon, où il meurt en 1886 après avoir renié ses croyances et être rentré dans le sein de l’église officielle. Barrès utilise ses recherches pour raconter cette aventure de façon passionnante : c’est Truman Capote au pays des soutanes, un récit journalistique captivant, servi par des protagonistes exceptionnels et une écriture parfaite, digne des meilleurs reportages. Mais à côté de ça il y a, Barrès ne serait pas Barrès sans cela, la dimension spirituelle. On devine un homme, un chrétien respectueux des us et coutumes de l’église officielle, qui ne peut cependant s’empêcher de ressentir une véritable fascination pour Baillard le proscrit, l’hérétique. Il admire sa foi dont la pureté n’est jamais remise en cause malgré ses pratiques déviantes. Dans sa religion vintrasienne, Léopold Baillard annonce Ernest de Gengenbach, un autre ecclésiastique dont la mise hors de l’église n’abîma jamais la recherche de la pureté et qui écrira Vintras et La Messe d’Or. Ce qui laisse à penser que le clergé lorrain, entre les Baillard, Gengenbach et le curé d’Uruffe qui n’habitait pas très loin et fréquenta le séminaire de Bosserville, nourrissait tout de même en son sein de drôles de zigotos. Peut-être Barrès voit aussi dans cette chute des Baillard, c’est du moins l’opinion de sa biographe Sarah Vajda, celle qui sera la sienne : en 1913, il est à son apogée, il est de l’Académie, sa parole est écoutée, ses livres lus. Mais lui aussi connaîtra le reniement, le rejet, l’oubli. Au point qu’un auteur d’ici, il y a quelques années, se détourna en se bouchant le nez quand on lui offrit le Prix Maurice-Barrès. On lui souhaite d’écrire un jour un texte qui arrive à la cheville de cette Colline inspirée, un grand livre que l’on peut admirer même si l’on se trouve, idéologiquement, aux antipodes des idées de son auteur.

MERCREDI.

Lecture. Documents (Léo Malet, in Robert Laffont, coll. Bouquins, « Dernières enquêtes de Nestor Burma », 1987; 1088 p., 100 F).

Francis Lacassin a rassemblé sous ce titre, en fin de volume, l’ultime apparition de Nestor Burma dans un chapitre de l’ouvrage collectif Le Roman des quarante publié dans Le Figaro au cours de l’été 1985, une nouvelle publicitaire pour le magazine Radar  le mettant en scène en 1952, un article sur la femme dans le roman policier tiré du magazine Pan (1948) et un compte rendu de l’affaire Steinheil écrit par Léo Malet pour Le Figaro en 1984. Ce ne sont pas des textes essentiels mais on n’en voudra pas à Lacassin de vouloir être complet.

JEUDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Philippe Perrenoud, Pédagogie différenciée : des intentions à l’action, ESF, 2010. Pauvre jeune.

VENDREDI.

Football. SA Spinalien – Lyon Duchère AS 0 – 0.

 Lecture. La Fugitive (Marcel Proust, Gallimard, 1925, rééd. Gallimard, A la recherche du temps perdu III, Bibliothèque de la Pléiade n° 102, édition établie et présentée par Pierre Clarac et André Ferré, 1954; 1342 p., s.p.m.).

C’est sous le titre d’Albertine disparue que parut ce texte, trois ans après la mort de Proust, un titre repris, me semble-t-il, dans les éditions les plus récentes. Un texte inachevé, incertain, qui a donné lieu à de multiples versions. C’est du Proust en chambre : le narrateur se trouve entièrement préoccupé par la fuite, puis l’annonce de la mort de cette Albertine qu’il a tenté de tenir recluse dans La Prisonnière. La Recherche me semble ainsi suivre le mouvement d’un enfermement progressif : entamée au grand air, dans les campagnes de Combray puis de Balbec, elle s’enferme ensuite dans les salons (Le Côté de Guermantes) puis dans le crâne du narrateur. La Prisonnière et La Fugitive ménagent très peu de sorties vers l’extérieur et sont presque entièrement consacrées à l’introspection, le narrateur s’efforçant d’analyser et de comprendre son amour et sa jalousie. Viendra ensuite l’échappée vers la littérature, dernière porte de sortie offerte par Le Temps retrouvé que je n’ai encore jamais lu, retournant toujours, après chaque épisode, à la lecture du Côté de chez Swann qui reste mon Proust de chevet.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Manuscrit de Vintras et La Messe d’Or d’Ernest de Gengenbach, bibliothèque de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), photo de l’auteur, 2 janvier 2014; tombe de Léopold Baillard, Sion (Meurthe-et-Moselle), photo de l’auteur, 14 mars 2014

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SAMEDI.

  Films vus.

Au bout du conte (Agnès Jaoui, France, 2013)

Le Diable et les dix commandements (Julien Duvivier, France-Italie, 1962)

Effets secondaires (Side Effects, Steven Soderbergh, E.-U., 2012)

La vraie vie des profs (Emmanuel Klotz & Albert Pereira-Lazzaro, France, 2013)

Halal police d’Etat (Rachid Dhibou, France, 2011)

Le Messager (Raymond Rouleau, France, 1937).

  IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 10 mars 2013. 72 km. (21879 km).

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122 habitants

    Au pied de la côte qui monte à l’’église, un Poilu à l’’air résolu, l’’arme à la main, semble marcher vers la victoire. Il se tient sur une stèle à deux niveaux, sur une plate-forme encadrée par une barrière métallique noire. Quatre projecteurs sont coulés dans le sol. De la corbeille fleurie déposée sur la première marche ne restent qu’’une branche de sapin et un ruban devenu bleu blanc jaune. Au dos, c’’est une première, un écriteau donne l’’historique du monument.

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Aux morts de la Grande Guerre

1914-1918

GAUDE Maxime

PIERREFITTE Henri

JEANROY Henri

MATTON René

GORNET Camille

VILMIN Maurice

THYRIET Ernest

JEANROY Emile

GAUDE René

GRANDIDIER Armand

THOMAS Lucien

AUDINOT Jules

ROMMEVAUX André

ROLLET Albert

GAUDE Adrien

GAUDE Raymond

1939-1945

ROMEVAUX Hélène

             L’Invent’Hair perd ses pois.

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Coussey (Vosges), photo de l’auteur, 15 août 2009 /  Saint-André (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 23 mars 2011

  Poil et plume.

barbier rusé 

Je suis allé me faire couper les cheveux chez un –

chez un barbier chez qui je n’’ai jamais été

et avant de m’’asseoir sur la chaise

je lui ai dit en le fixant :

je ne veux pas une de ces

coupes modernes.

Certainement pas,

a-t-il dit offensé, je ne le ferai jamais, je

coupe à la bonne manière ancienne.

Pendant qu’’il me coupait les cheveux, ça me semblait bien –

je me regardais dans le miroir

et j’’avais l’’impression de voir Simon

Bolivar

traverser le col

là-haut dans les sommets rocheux,

chevaucher vers la mort

(El Liberador)

enveloppé d’’une couverture brûlant de fièvre,

il tomba à 45 kilos mais

ne renonça pas.

Derrière lui sept mules portent des valises

avec soixante-dix décorations,

à côté de lui le colonel

Wilson et une poignée de

desperados, voyous et mercenaires fidèles;

au-dessus d’’eux des neiges éternelles des Andes et les clochettes jaunes,

et plus bas dans les profondeurs les pâturages où

l’’on peut se noyer.

 

Mais en sortant j’’ai vu écrit sur

les vitres du salon du barbier

« coupes modernes »

et en effet, en regardant mon reflet dans la vitre

j’’ai compris que le vieil âne m’’avait trompé,

ce qui m’’a mis en colère.

 

Tomica Bajsic, traduit par Brankica Radic,

in Neige d’’août n° 13, automne 2005

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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30 mars 2014 – 618

DIMANCHE.

Courriel. Un notulien m’apprend que la ville de Saint-Sébastien-sur-Loire (Loire-Atlantique) abrite, jusqu’au 30 mars, une exposition intitulée « Les épi-phénomènes » ainsi présentée : « Transformées pendant tout le mois de mars en salons de coiffure décalés, la gare d’Anjou et la médiathèque accueilleront une expo inédite de façades et d’’enseignes de salons de France, de Navarre et d’’ailleurs. » On devrait logiquement y trouver des éléments de l’Invent’Hair, la région comptant quelques correspondants particulièrement actifs.

LUNDI.

Relecture. Nada (Jean-Patrick Manchette, Gallimard, coll. Série Noire n° 1538, 1972; rééd. in Jean-Patrick Manchette « Romans noirs », Gallimard, coll. Quarto, 2005, 1344 p., 29,50 €€).

On ne peut pas dire que rien n’a vieilli dans ce polar qui prend pour thème l’enlèvement de l’ambassadeur des Etats-Unis, pas moins, par un groupe anarchiste. La situation est un rien manichéenne et caricaturale mais il faut bien se dire qu’à l’époque, la politique avait des angles plus vifs qu’aujourd’hui. Manchette maîtrise parfaitement la progression du récit et les scènes d’action, on sent qu’il n’a pas perdu son temps en fréquentant les salles de cinéma, son sens du découpage vient de là. La rapidité avec laquelle tout cela est mené montre un auteur efficace et économe de ses moyens mais la lecture du Journal de Manchette nous donne aussi les raisons économiques de cette fulgurance : Manchette a toujours trente-six fers au feu, traductions, novélisations, scénarios, romans et ne quitte pas sa machine à écrire. Pas forcément par goût ou passion : il a une famille à nourrir et il n’entend le faire que par le biais de son écriture.

JEUDI.

Lecture. Le Correspondancier du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 8e série, n° 24 (15 juin 2013, 112 p., 15 €€).

Ce numéro se penche sur la pataphysique portègne et met à l’honneur deux de ses représentants, Xul Solar et Macedonio Fernandez. Je n’avais jamais entendu parler ni de l’un ni de l’autre mais une récente plongée dans Borges m’a appris que ce dernier vouait une grande admiration à celui-ci. Macedonio Fernandez (1874-1952) fut en effet le maître à penser de son compatriote argentin qui confiait à son sujet  dans son Essai d’autobiographie : « De tous les gens que j’ai rencontrés au cours de mon existence – et j’ai rencontré beaucoup d’hommes remarquables – aucun n’a fait sur moi une impression aussi profonde et durable. » On trouve ici plusieurs textes de Macedonio Fernandez, dont une intéressante dissertation sur la phrase « Les absents étaient si nombreux qu’un absent de plus ne pouvait trouver sa place », propre à susciter un certain vertige. A part ça, notons la présence, p. 108, d’une photo de Marc-Gabriel Malfant qui n’alimente donc pas seulement les notules.

VENDREDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Maria Daraki, Dionysos et la déesse Terre, Flammarion, coll. Champs, 1999.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Dinan (Côtes-d’Armor), photo de ?, 15 avril 2010.

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SAMEDI.

 Films vus.

La jeune fille et la mort (Death and the Maiden, Roman Polanski, G.-B – E.-U – France, 1994)

L’Etoile de Robinson (The Island on Bird Street, Soren Kragh-Jacobsen, Danemark – G.-B.- Allemagne, 1997)

Dead Man Down (Niels Arden Opler, E.-U., 2013)

Frida (Julie Taymor, E.-U. – Canada – Mexique, 2002)

Amateur (Hal Hartley, E.-U., G.-B., France, 1994)

Livraison à domicile (Bruno Delahaye, France, 2003)

La Leçon de piano (The Piano, Jane Campion, Australie – Nouvelle-Zélande – France, 1993). 

IPAD. 17 mars 2013. 14 km. (21893 km).

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702 habitants

    L’’esplanade, sur le côté de l’’église, surplombe la maigre partie de campagne entre Jeuxey et Epinal qui n’’a pas encore été défigurée par les verrues commerciales. La stèle est surmontée d’’une Croix de Guerre. A ses pieds, des conifères taillés en boule, une guirlande d’’obus et deux mignons petits canons pointés vers le photographe.

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Jeuxey

A ses enfants

Morts pour la France

1914-1918

   Face : 23 noms d’’AUBERT Juste à RUER Léon, parmi lesquels un DIETRICH Fridolin (!). Le temps est trop moche pour que je les recopie.

Les autres faces sont consacrées aux victimes de 1939-1945 et de la guerre d’Algérie.

  L’Invent’Hair perd ses pois.

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Remiremont (Vosges), photo de l’auteur, 18 août 2009 /  Primelin (Finistère), photo de Francis Henné, 15 juillet 2010

Poil et plume. « J’ai cessé d’aller chez le coiffeur à l’âge de quatorze ans à cause de l’odeur de la laque, du crissement des doigts de la shampouineuse sur mes cheveux mouillés, et de la douleur de ma nuque sur le bac en forme de U. Je coupe moi-même mes cheveux, ce qui étonne mes amis puisque avec l’expérience, je me rate peu. » (Edouard Levé, Autoportrait, P.O.L., 2005)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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