Octobre 2013

6 octobre 2013 – 596

LUNDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Stendhal, Le Rouge et le Noir en GF.

MARDI.

Lecture. Une âme damnée : Paul Gégauff (Arnaud Le Guern, éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2012; 192 p., 19,50 €€).

De Paul Gégauff (1922-1983), il reste quelques scénarios qui le placent immédiatement au Panthéon d’un certain cinéma français : Plein soleil pour René Clément, Que la bête meure et Docteur Popaul (entre autres) pour Chabrol, More pour Barbet Schroeder et surtout, surtout, Le Signe du Lion pour Eric Rohmer, que je tiens pour un des meilleurs films que j’aie jamais vus. De Gégauff; il reste surtout une image, une réputation, celles d’un dandy, d’un séducteur, d’un dilettante, d’un buveur, d’un provocateur qui tenait Gandhi pour le plus grand criminel de son siècle, d’un brûleur de vie qui vit la sienne s’interrompre une nuit de Noël norvégien, sous les coups de couteau de sa dernière compagne. On se réjouissait de lire ici le récit de cette vie mais la joie fut de courte durée. La faute à cet Arnaud Le Guern, admirateur de Gégauff au point de vouloir lui ressembler et de parsemer son évocation de saynètes le mettant en scène et sous-titrées « L’ai-je bien imité ? ». On le voit rapidement à la lumière des noms convoqués, Arnaud Le Guern se place dans la mouvance des Charles Dantzig, Patrick Besson, Eric Neuhoff, Benoît Duteurtre et Yann Moix, à qui Le Figaro ouvre généreusement ses colonnes. Tenants d’une droite qu’ils qualifieraient de décomplexée, ils se voient, dans le champ littéraire, comme les héritiers des Hussards. Seulement, ils n’ont ni le style d’un Blondin ni la classe d’un Bernard Frank, ils sont loin de l’autocombustion d’une Sagan et ils ne porteront jamais la casquette comme Michel Déon. « Je n’écris pas sur Gégauff. Je braconne autour de sa silhouette, de ses mots », écrit Le Guern. Soit. On peut faire ça de façon élégante, subtile, respectueuse et propre, comme on l’a vu avec Bruno Vercier à propos de Charles-Louis Philippe. Le Guern fait ça comme un gougnafier. En attendant, Paul Gégauff attend toujours un biographe, un vrai. Un type qui ne donnerait pas à Henri de Régnier le prénom de Pierre, qui n’utiliserait pas « amener » pour « apporter » et qui saurait orthographier le nom d’Hubert Monteilhet par exemple.

JEUDI.

Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Restauration rapide au Tréport (Seine-Maritime), photo d’Antoine Fetet, 13 mai 2013, et à Boussac (Creuse), photo d’Alice Didion, 1er août 2013.

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SAMEDI.

 IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 16 septembre 2012. 184 km. (20403 km).

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228 habitants

   La route est longue mais le monument vaut le déplacement. Il est érigé sur une esplanade pavée, entouré de géraniums pimpants sous le soleil. Les jardinières sont installées sur une murette, il y a aussi deux vasques fleuries au pied de la stèle et des thuyas de taille inégale, au fond, contre le pignon d’une maison. Le monument est en pierre blonde, très propre, surmontée d’’une Croix de Guerre. La scène qui le décore représente une Victoire ailée emportant ou soutenant un soldat mort. Celui-ci tient encore son fusil et le drapeau de son régiment. A ses pieds une frise usée, on devine un casque, des armes, des branches.

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Harmonville

A ses héroïques enfants

Morts pour la France

1914-1918

1914                                   1916

RAMBEAUX Ernest                         LECLERC Charles

HAILLANT Georges                       HARMANT René

ROSET Georges                          HENRY Georges

JAUMAIN Lucien

                                                                                                                                                                          1917

                                                                                                                                 1915

                                                 DALEAU Charles

LEBLANC Léon

                                                                                                                     DAVOUST Charles                                 1918

                                                                                                                     BIENFAIT Auguste

                                                                                                                                                                      LECLERC Albert

                                                                                                                                  1916                               RICHARD Albert

                                                                                                                                                                      PERNOT Adrien

                                                                                                                     BASTIEN Aimé                         THANRY Paul

Guerre 1939-1945

DEMOISSON Edmond                         PIERRON Charles

HENRY Gabriel                              PIERRON Léon

JUNG Louis

    L’’église est ouverte. Dans l’’entrée sont entassées des gamelles qui ont dû servir pour un repas dont on entend les convives dans une salle voisine. Sur le mur de droite, un souvenir patriotique, au-dessus d’’une étagère supportant une châsse qui contient une relique de saint Brice. L’’examen des noms fait apparaître que Charles Daleau était maire, que René Harmant est devenu Harmand et que Georges Haillant a disparu.

L’Invent’Hair perd ses poils.

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Aubenas (Ardèche), photo d’Elisabeth Chamontin, 4 juin 2009 / Chavanay (Loire), photo de Marc-Gabriel Malfant, 16 mai 2009

Poil et plume. « Deux coiffeurs à la queue-leuleu font suite au marchand de timbres : le premier coiffeur pour dames, le second Salon pour Messieurs. Coiffeurs pour les deux sexes, vos spécialisations ne sont pas sans saveur. Les lois du monde s’inscrivent en lettres blanches à votre devanture : les bêtes des forêts vierges, voilà vos clients : elles viennent dans vos fauteuils se préparer au plaisir et à la propagation de l’espèce. Vous aiguisez les cheveux et les joues, vous taillez les griffes, vous affûtez les visages pour la grande sélection naturelle. » (Louis Aragon, Le Paysan de Paris)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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13 octobre 2013 – 597

LUNDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Robin Hobb, Le Vol des dragons, Pygmalion, 2013.

MERCREDI.

Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.

JEUDI.

Lecture. Délivrance (Flaskepost Fra P, Jussi Adler-Olsen, Politikens Forlag, Copenhague, 2009 pour l’édition originale, Albin Michel, 2013 pour la traduction française, traduit du danois par Caroline Berg; 672 p., 22,90 €€).

« La troisième enquête du département V ».

Il aura fallu à l’auteur trois volumes assez denses pour trouver la bonne distance et la bonne façon de traiter son personnage principal. Le vice-commissaire Carl Morck, mis au placard par ses supérieurs, est en charge d’un département de la police de Copenhague où il s’occupe de vieilles affaires irrésolues. Avec l’aide de deux assistants, un jeune Syrien imprévisible et une femme peu efficace à première vue, il réussit cependant à se débrouiller et à résoudre des énigmes plutôt ardues. Celle qui l’occupe ici concerne un kidnappeur et assassin d’enfants qui choisit ses victimes dans les milieux religieux sectaires du Danemark. Outre une peinture intéressante de ce milieu curieux et, semble-t-il, plutôt dense, Adler-Olsen offre une enquête qui serait palpitante de bout en bout s’il ne l’étirait pas artificiellement dans le dernier tiers du livre. Le lecteur connaît le malfaiteur dès les premières pages et tout le suspense repose sur le moment où Morck réussira à l’alpaguer, ce qui aurait pu être fait au bout de 400 pages au lieu de 600. La personnalité de Morck, séparé d’une femme dont il redoute par-dessus tout le retour au domicile conjugal, et ses relations avec ses collaborateurs sont traitées sur un mode humoristique plaisant et laissent assez de zones d’ombre pour les prochains épisodes. Malgré l’estampille nordique, on n’atteint pas le niveau d’un Mankell ou d’un Indridason mais les progrès sont nets d’un épisode à l’autre. En espérant que la concision sera au rendez-vous de la prochaine aventure.

VENDREDI.

Lecture. Le Correspondancier du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 8e série, n° 22 (15 décembre 2012, 128 p., 15 €€).

Cette livraison est consacrée aux livres imaginaires. Le catalogue qui en est établi est quasiment exhaustif, mêlant les trouvailles et les sources attendues comme Perec, Borges ou Raymond Roussel. Citons, par intérêt géographique local, Bernard Quiriny qui, dans ses Contes carnivores (2008), présente un livre imaginaire de Bertrand Sombrelieu intitulé Le Président Poincaré : « Il ne s’agit pas de la biographie du président du Conseil, mais de celle de Matthieu Poincaré, président du syndicat d’initiative de Cornimont dans les Vosges. Bertrand Sombrelieu (1915-1984) s’est en effet spécialisé dans les « homonymographies ». Il est ainsi l’auteur d’une Vie de Théophile Gautier, cordonnier à Lattes, d’une Vie de Lénine consacrée à Clément Lénine employé des chemins de fer belges, d’une Vie de Cambronne, représentant de commerce dans le Doubs et de quelques autres du même tonneau. »

Le cabinet de curiosités du notulographe. Enseigne énigmatique à Pantin (Seine-Saint-Denis), photo de Jean-Christophe Soum-Fontez, 7 avril 2013.

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SAMEDI.

Lecture. Le Sandwich (Vassilis Alexakis, Julliard, 1974, rééd. Stock, 2013; 192 p., 16,50 €€).

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 23 septembre 2012. 40 km. (20443 km).

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631 habitants

    Le monument est dans le cimetière, tout près de l’’entrée. C’’est un modèle déjà vu à Bellefontaine et à Greux, un Poilu à fine moustache portant fusil et bouclier avec l’inscription « 1914-1918 – L’’Yser – Verdun – La Marne ». Il est ici entouré d’’une grille métallique, elle-même bordée d’’une haie de buis, sous la surveillance de quatre hauts conifères. Une Croix de Lorraine est accrochée à la grille, deux pots de fleurs sont posés sur les marches qui mènent au socle. Celui-ci porte la signature « Morlet à Grand ». Sur chacune de ses quatre faces, une plaque métallique au motif connu (une Victoire étendant le bras, création de l’Institut Catholique de Vaucouleurs, rencontré dans l’’église de Circourt-sur-Mouzon et peut-être ailleurs). La base de la statue porte aussi une inscription, illisible dans sa totalité mais qui semble aussi parler de Vaucouleurs.

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   Face :

Pro Deo Pro Patria

Guerre 1914-1918

Honneur et Gloire

A nos soldats

La commune de Harol reconnaissante

Souscription publique

   Gauche :

Pro Deo Pro Patria

1914-1918

A nos jeunes soldats

Tombés pour la Patrie

17 noms de L’’Abbé JH THIRIAT Sergt 1914 à Emile DUCHAÎNE 1918

Dona eis requiem

   Dos :

Pro Deo Pro Patria

1914-1918

Les survivants de la Guerre

A leurs compagnons d’’armes

   Droite :

Pro Deo Pro Patria

1914-1918

Aux pères de famille

Morts pour la France

7 noms de Joseph ROUSSEAU sous lieutenant 1916 à Séraphin PERNOT 1917

A nos chers disparus

4 noms de Georges JACQUOT 1915 à Joseph ANTOINE 1918

Lux perpetua luceat eis

    C’’est la première fois que je vois cette distinction entre « jeunes soldats » et « pères de famille ». Un peu à l’’écart du village, à un carrefour, on trouve un monument consacré aux victimes de 1939-1945.

L’Invent’Hair perd ses poils.

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Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), photo de Martine Sonnet, 1er juillet 2009 / La Chapelle-de-Guinchay (Saône-et-Loire), photo de Benoît Howson, 19 avril 2010

Poil et plume. « Si l’arrangement du système capillaire ne remplit pas tout notre objet, nous avons sous les doigts tout ce que Golconde produit de trésors : c’est à nous qu’appartient la disposition des diamants, des perles, des diadèmes; des aigrettes, des croissants : ainsi le général d’armée sait quel fond il doit faire sur une demi-lune placée en avant; ainsi le coiffeur, au moyen d’un croissant placé avec avantage, détermine la victoire d’un joli minois… Nul ennemi ne résiste à notre tactique; nous étendons, nous assurons l’empire de la beauté. » (Journal intime de Léonard, coiffeur de Marie Antoinette, présenté par André Castelot, 1950)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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20 octobre 2013 – 598

LUNDI.

En feuilletant Livres Hebdo. 100 noms en breton pour mon chien, Emgleo Breiz, 2013; 104 p., 5 €€.

MARDI.
Vie professionnelle. Pas de cours au collège pour moi aujourd’hui. J’ai été convoqué pour une formation, sur place, dont j’ai déjà oublié l’intitulé. Convoqué par une inspectrice qui, bien sûr, est retenue ailleurs, on ne lui en voudra pas d’y regarder à deux fois avant de venir s’embourber dans nos campagnes. On nous a dépêché un conseiller pédagogique qui commence sa première phrase par « Donc » et toutes les autres par « Je rebondis sur ce que vous venez de dire » – il sera aussi le seul malotru à ne pas avoir éteint son téléphone de poche – et une émissaire de l’IUFM qui a vu son dernier élève sous Mitterrand et est devenue depuis experte en Power Point. Un second conseiller pédagogique les rejoindra à midi, ce qui signifie que la croûte est gratuite. Participent aux réjouissances quelques instituteurs du secteur, ce qui me permet de retrouver J. J. dirige l’école de Châtel-sur-Moselle, ce qui m’amène à le fréquenter de temps à autre dans le cadre professionnel. J. est une grande gueule comme on en fait peu, un enquiquineur de première qui donne sa pleine mesure dans le genre de cénacle qui nous réunit aujourd’hui. De sa voix grave inapte au chuchotement, il passe son temps à interrompre l’orateur pour déflorer les mouches et placer ses jeux de mots vaseux. J. c’est j’ai tout vu, j’ai tout fait, c’est pour ça que je sais tout, un ramenard de première, un cuistre de compétition. Un type que j’ai toutes les raisons de détester et que j’aime bien. Parce que ses blagues douteuses, ses calembours marécageux, ça fait plus de quarante ans que je me les coltine. J. est, comme moi, un gosse de la ZUP. Un pauvre gosse, pour ce qui le concerne. D’abord, il y avait son père, instituteur déjà. Quand on était placé sous sa férule, comme nous le fûmes J. et moi à l’école de la ZUP, on apprenait vite le sens du mot férule. J. ne voyait son père qu’à l’école, ce qui devait amplement lui suffire, car il avait quitté le domicile conjugal. Parce qu’il y avait aussi la mère. La mère de J. était folle. C’est ce qu’on disait à l’époque, où l’on ne s’encombrait pas avec les euphémismes. La mère de J. est la première femme nue que j’ai vue. Rien de coquin là-dessous, croyez-moi : retour de l’école, un après-midi, mes parents au boulot, décision prise d’aller chez J. histoire de passer le temps et de casser une graine. Et là, stupeur, on tombe sur sa mère, sans linge, étendue sur le carrelage de la cuisine. Je ne sais pas si elle dormait, si elle cuvait, si elle parlait, elle était folle de toute façon. Je suis parti en courant sans demander mon reste ni mon goûter. Je n’ai jamais revu sa mère, je n’ai jamais revu son père, mais j’ai revu J. une dizaine d’années plus tard. Il vivait dans un foyer, il faisait de la musique, il était devenu excellent guitariste. Nous avons monté un spectacle ensemble, un petit concert, c’est là que j’ai vu que l’excellent guitariste en chambre tombait en quenouille une fois posé sur scène. Il y avait du mou dans les arpèges, heureusement qu’on avait derrière nous un contrebassiste qui savait tenir la baraque. Après, nous nous sommes vus de loin en loin, je ne cherchais pas forcément sa compagnie, il fallait se l’appuyer, mon J., à haute dose, c’était déconseillé. On partait en bordée, genre « Et si on allait en Ardèche ? », le lendemain on était à Aubenas avec arrêt à Clermont-Ferrand pour acheter des sacs de couchage chez Jean-Pierre Romeu. Une fois l’Ardèche atteinte, il voulait aller retrouver une créature à Douarnenez, cap sur la Bretagne, et vogue la Kadett. Je crois que c’était une Kadett, en ce temps-là. Parce qu’il y eut aussi une Simca 1501. Je ne sais pas si tout le monde se rappelle les formes audacieuses de la Simca 1501 mais je n’ai pas besoin d’Internet pour les revoir. Pour une péniche, c’était une péniche, avec la fumée des Fontenoy qu’on tétait à l’époque, ça devenait un sous-marin. Voilà ce qui me revient, ce matin, pendant que J. pérore à son habitude. J’étais content de la revoir, de l’entendre me dire « Salut D’Ail » – les gens qui m’appellent D’Ail peuvent se vanter ou se désoler de m’avoir vu mener une autre vie que celle qui est la mienne aujourd’hui – mais je sais que comme d’habitude J. ne va pas tarder à me courir sur le haricot. Je lui suis, en attendant, reconnaissant d’avoir nourri cette notule dont la rédaction m’aura évité de sombrer dans l’ennui complet. Je gagne du temps, dimanche je n’aurai plus qu’à recopier. Merci qui ? Merci J.

VENDREDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Luigi Carletti, Prison avec piscine, Liana Levi, 2012.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Rome-Orantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), photo de l’auteur, 4 novembre 2012.

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SAMEDI.

Football. SA Spinalien – O. Lyonnais B 3 – 0.

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 30 septembre 2012. 55 km. (20498 km).

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428 habitants

Une stèle grise, à flanc d’’église, entourée d’’une grille noire et égayée par une jardinière de fleurs rutilantes.

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   Face :

A ses morts pour la Patrie

La commune reconnaissante

1914-1918

2 colonnes de 20 noms chacune, à gauche de NOËL A. à EMON E., à droite de DIDIER L. à ROMEVAUX A.

    Une plaque de granit gris est appuyée sur la base :

La commune d’’Harsault

A ses enfants

Victimes de la Guerre

1939-1945

5 noms

    Droite :

Algérie – Indochine

3 noms

             L’Invent’Hair perd ses poils.

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Paris, rue du Moulin-Vert, photo de Danielle Constantin, 18 juillet 2009 / Limonest (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 3 novembre 2011

Poil et plume. 

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http://le-tampographe-sardon.blogspot.fr/2013/06/retour-de-flamme.html

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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27 octobre 2013 – 599

LUNDI.

Lecture. 7 jours (Seven Days, Deon Meyer, Hodder & Stoughton, 2012 pour l’édition originale, Le Seuil, coll. Policiers, 2013 pour l’édition française, traduit de l’anglais par Estelle Roudet; 498 p., 22 €€).

Quelques pages suffisent pour se rendre compte que Deon Meyer ne tire pas dans la même catégorie que l’aimable mais un peu juste Idri Adler-Olsen qui a occupé notre rayon polar pendant quelques semaines. La tension du récit, l’épaisseur du personnage (Benny Griessel, un flic qui, en alternance avec Matt Joubert, occupe régulièrement la première place des livres de Meyer), le contexte politique, la complexité des affaires traitées sont, chez le Sud-Africain, des ingrédients autrement épicés que ceux de la trilogie du Danois. Les deux intrigues parallèles – le meurtre d’une avocate et les agissements d’un sniper – ne trouvent leur résolution qu’après de longs méandres qui font appel à des connaissances dans les domaines de la finance et de l’informatique mais comme, dans ces matières, le lecteur, quand il s’agit de ma pomme, est aussi démuni que l’enquêteur principal, l’identification avec le personnage est parfaite.

MARDI.

Lecture. Guide des amateurs de littérature à Paris (Sophie Herber, Parigramme, coll. Paris est à nous, 2013, 112 p., 6 €€).

Compte rendu à rédiger pour Histoires littéraires.

MERCREDI.

Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.

Lecture. Récits odessites (Isaac Babel, 1921-1933 pour les textes originaux, traduit du russe par Sophie Benech, in « Oeuvres complètes », Le Bruit du temps, 2011; 1312 p., 39 €€).

Sont regroupées sous ce titre cinq nouvelles qui n’ont pas été incluses dans le recueil Récits d’Odessa paru en 1931. Elles ne l’auraient pourtant pas déparé puisque la thématique et l’écriture vive de Babel s’y retrouvent parfaitement. L’auteur y décrit la vie du quartier juif d’Odessa et principalement ses figures de brigands en s’attardant, et c’est peut-être la raison de cette mise à l’écart, sur les changements induits par l’arrivée du communisme dans la communauté hassidique.

VENDREDI.

Opération Augias. A chaque période de vacances, j’extrais de ma bibliothèque quelques livres afin de laisser la place à des acquisitions plus récentes ou plus intéressantes. J’ai décidé il y a un moment de ne plus acheter de nouveaux rayonnages et de me limiter à l’espace disponible, et ce sont en général des bibliothèques de villages voisins qui profitent de mes surplus. Chaque opération amène ses surprises : découvertes d’ouvrages oubliés, inconnus, perdus, de trucs au sujet desquels je me demande ce qui a bien pu me pousser à en faire l’acquisition. Ce soir, je m’aperçois que j’ai acheté deux fois le même livre à trois ans d’intervalle. Il s’agit pourtant d’un objet qui ne passe pas inaperçu avec ses six cent cinquante pages : Aux confins de la Terre : Une vie en Terre de Feu (1874-1910), d’E. Lucas Bridges. Une des éditions est encore munie de son bandeau sur lequel on peut lire une appréciation de Jean Malaurie : « Une oeuvre unique ». Tu parles.

 Le cabinet de curiosités du notulographe. Vari (Grèce), photo d’Eric Dejaeger, 25 juillet 2013.

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SAMEDI.

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 14 octobre 2012. 88 km. (20586 km).

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Commune de Sapois

   Le hameau ne semble pas posséder de monument extérieur mais sa petite église est ouverte. Sur le mur à droite de l’’entrée, une plaque.

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Paroisse du Haut du Tot

A la mémoire de

Charles PIERRAT                    Louis JACQUOT

Léon FRANCOIS                   Charles BARNET

Justin LAURENT                   Eugéne BASTIEN

Emile GRANDEMANGE                     Ernest DIDIER

Joseph HUMBERT                   Jean BT TISSERANT

Nicolas VOIRIN                   Joseph DEMANGE

Alphonse DURAND                   Ernest ROUSSEL

Albert HAXAIRE                   Maurice PIERRAT

Emile MAXEL                   Léon CLAUDEL

Louis DURAND                   André FRANCOIS 1943

Morts pour la France

1914-1918

             L’Invent’Hair perd ses poils.

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Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, photo de Pierre Cohen-Hadria, 25 février 2010

             Invent’Hair, bilan d’étape (1700 salons).

Bilan géographique. 100 salons sont venus s’’ajouter à notre corpus depuis le début du mois d’’août. 89 sont français, 4 portugais, 1 suisse, 1 britannique et 1 canadien, émanant de pays déjà représentés. La nouveauté est à chercher du côté de Cuba et de la Grèce qui font leur entrée avec 2 salons pour chacun de ces pays. Derrière la France (1502 salons), l’’Espagne (53) et le Royaume-Uni (33) complètent le podium et le Portugal passe de la 18e à la 10e place des 27 pays classés. En France, 17 régions sur 26 progressent, principalement l’’Île-de-France (+ 22). La Martinique, jusque là absente des tablettes, fait son entrée à la 22e place. Le classement général est dominé par Rhône-Alpes (331), l’’Île-de-France (212) et le Languedoc-Roussillon (132). Le Centre (39) prend la 12e place à la Normandie (38), seul mouvement notable. Pour ce qui est des départements, le Pas-de-Calais fait enfin son apparition, avec un seul salon mais il faut bien commencer un jour. Puissent le Cher, l’’Eure, le Gers, l’’Indre et le Territoire de Belfort, les 5 départements chauves qui nous restent sur les bras, suivre cet exemple. Il leur faudra du temps pour menacer Paris (175, + 16), le Rhône (159, + 4) ou les Vosges (70, + 2) mais on peut rêver. Outre la Martinique, déjà citée, qui se place d’’emblée en 41e position, signalons les belles progressions de l’’Allier qui gagne 13 places (22e avec 18 salons, + 7), des Côtes-du-Nord, 11 places (34e avec 14 salons, + 6), et du département de Vaucluse, 5 places (16e avec 23 salons, + 4). Aux communes, maintenant. 17 villes entrent dans le classement, la plupart modestement avec un seul cliché, d’’autres de façon plus tonitruante comme Nemours et Fort-de-France (5 salons), ou Lisbonne (4). 794 communes sont classées, en tête desquelles on trouve logiquement Paris (175, + 16) et Lyon (69, + 2). Derrière suivent Barcelone (37, =), Nantes (27, =) et Epinal (20, + 1). Dans le cœoeur du classement, les mouvements peuvent être rapides : avec 3 salons qui portent son total à 6, Montluçon passe ainsi de la 63e à la 34e position.

Bilan humain. L’’activité réduite de Marc-Gabriel Malfant (+ 2) ne l’’empêche pas de régner sur le classement avec un total de 612 photos. Jean-Christophe Soum-Fontez (+ 20), François Golfier (+ 14) et le notulographe (+ 12) ont profité de l’’accalmie pour améliorer ou consolider leurs positions. Derrière le leader, on trouve toujours le notulographe (174) et Pierre Cohen-Hadria (141, + 4), Benoît Howson (65, + 1), suivis de Jean-Christophe Soum-Fontez (46) qui gagne trois places, Hervé Bertin (+ 6) et Philippe de Jonckheere (=) tous deux avec 41 salons, François Golfier (40) qui passe de la 9e à la 8e place.

                                                                 Etude de cas. La crise économique n’’épargne pas la profession, dont les membres ont parfois bien du mal à joindre les deux branches de leurs ciseaux. Comme à l’’époque révolue des cafés-coiffeurs, certains merlans se sont vus obligés d’’ajouter une activité annexe à leur occupation principale. En voici quelques exemples.

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Paris, rue Philippe-de-Girard, photo de l’auteur, 29 juillet 2012 / Paris, rue Louis-Blanc, photo de l’auteur, même date

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Burgeat (Corrèze), photo de Benoît Howson, 30 avril 2011 / Caylus (Tarn-et-Garonne), photo de Marc-Gabriel Malfant, 8 mars 2013

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Lamarche (Vosges), photo de l’auteur, 9 mai 2013

             Poil et plume. « Note roman.

S’il devait s’imaginer personnage de roman comment monsieur Songe se verrait-il ? Vieux mais sans âge défini. Parfois barbu, parfois glabre. Le cheveu rare et argenté mais propre. Il va régulièrement chez le coiffeur. Parler des séances de coiffeur, de l’atmosphère de la boutique. Deux clients tout au plus. Odeur d’eau de Cologne qui ne domine pas celle de graillon venant de la cuisine attenante. Le patron ou l’apprenti en referme continuellement la porte qui s’ouvre par les courants d’air. On entend la femme du coiffeur parler toute seule dans sa cuisine ou à l’étage. Le patron en plaisante avec ses clients ou s’irrite.

Et cætera.

Et est-ce que dans la rue il se tient droit ou légèrement voûté ? Est-ce qu’il a une canne ? Est-ce qu’il tousse et s’arrête pour cracher ?

Et est-ce qu’il parle volontiers aux commerçants ? Ça c’est selon. Il a des aversions. Et des mouvements de sympathie imprévisibles.

Et cætera.

Et est-ce que…

La barbe. » (Robert Pinget, Charrue)

Bon dimanche,

Philippe DIDION