31 janvier 2016 – 695

LUNDI.

Courriel. Une demande de désabonnement aux notules.

MERCREDI.

Lecture. Le Braconnier du lac perdu (The Chessmen, Peter May, traduit de l’anglais par Jean-René Dastugue, Rouergue, 2012, rééd. Actes Sud, coll. Babel Noir n° 101, 2013; 368 p., 8,70 €).

Peter May boucle ici sa trilogie écossaise sur l’île de Lewis, qui se révèle, au bout du compte, une parfaite réussite. Le défi tenait dans sa capacité à tenir la distance dans un cadre inattendu, celui des Hébrides battues par les vents et la pluie, après en avoir épuisé les caractéristiques exotiques dans le premier épisode. On craint un moment, à l’ouverture du récit, que l’auteur soit tombé dans la facilité en faisant de son héros, l’ancien policier Fin Macleod, un traqueur de braconniers au service d’un propriétaire terrien, ce qui nous conduisait vers les romans de C.J. Box à la sauce écossaise. Mais cette occupation passe vite au second plan – avant de s’évanouir complètement – quand une découverte inattendue, celle d’une épave d’avion contenant les restes d’un ami de jeunesse disparu depuis des années, vient remettre Macleod sur une piste policière. Celle-ci, comme les deux précédentes, est avant tout un prétexte pour plonger le héros dans les souvenirs de sa jeunesse passée sur l’île. Des intrigues ébauchées dans les volumes précédents trouvent ici leur conclusion au bout du triptyque. La nostalgie est parfois appuyée, quelques tics d’écriture sont à déplorer (le product placement, le “langage corporel” déchiffré par le narrateur) mais ce ne sont que broutilles en comparaison du plaisir pris à lire cet ensemble.

JEUDI.

Presse. Le Monde du jour publie une page entière sur l’Imagerie d’Épinal et ses aventures économiques. L’article est dû à un notulien “envoyé spécial” à Épinal. Renseignements pris auprès de l’intéressé, il ne s’agissait pas d’une sanction disciplinaire.

Lecture. Où boivent les loups (Tristan Tzara, éd. des Cahiers libres, 1932, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

VENDREDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Joël Dicker, Le Livre des Baltimore, de Fallois, 2015 à l’aller et Timur Vermes, Il est de retour, Belfond, 2014 au retour, justement.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Aperçu de la collection ducassienne de Marc-Gabriel Malfant.

lautréamont loterie (2)

SAMEDI.

Films vus. Un illustre inconnu (Matthieu Delaporte, France – Belgique, 2014)

Clara et les méchants (Raoul André, France, 1958)

L’étrange aventure de Benjamin Button (The Curious Case of Benjamin Button, David Fincher, E.-U., 2008)

The Gambler (Rupert Wyatt, E.-U., 2014)

La Vie d’une autre (Sylvie Testud, France – Luxembourg – Belgique, 2012)

A Most Violent Year (J.C. Chandor, E.-U. – Emirats arabes unis, 2014)

Au revoir Charlie (Goodbye Charlie, Vincente Minnelli, E.-U., 1962).

L’Invent’Hair perd ses poils.

coiffure mixte, belvès, 695  mix'tifs, firminy, 695

Belvès (Dordogne), photo de Patrick Chartrain, 8 juillet 2010 / Firminy (Loire), photo de Marc-Gabriel Malfant, 15 juillet 2012

Poil et plume. “Je quittai la maison le 15 janvier 1941 pour aller gagner ma vie à Marseille. Voilà ce que j’écrivais dans la micheline qui m’emmenait : « Je saute le Rubicon ! Je suis assis à l’arrière sur ma valise. Je regarde le drapeau jaune et noir qui flotte près des tampons. Jamais je ne reviendrai, jamais je ne crierai grâce, jamais je n’accepterai une petite vie tranquille. Papa m’a dit ce matin, d’un air mauvais : “Alors, on revient dans huit jours, les cheveux dans le cou ?” Certes, j’aurai mes cheveux dans le cou – depuis le temps que je veux les laisser pousser et qu’il m’en empêche ! -,  mais revenir, jamais, jamais, jamais ! Plutôt crever. »

Je voulais porter les cheveux longs. Il ne voulait pas. Aujourd’hui, je les porte très courts, presque à ras. Il serait content s’il me voyait !

Dans le fond, à tout bien considérer, c’était le mot d’un esprit fort et d’un homme intelligent, bien qu’insensible, cette référence à ma chevelure au moment de la séparation. Qui sait s’il ne voulait pas seulement cacher son émotion ? » (Roger Rudigoz, Saute le temps)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 janvier 2016 – 694

 

DIMANCHE.

Rugby. RA Epinal-Golbey – Hayange 12 – 10.

LUNDI.

Vie automobile. Je sors un peu plus tôt ce soir, quitte le boulot avant la tombée du jour, ce qui me donne l’impression d’être en vacances. Aimablement, une collègue propose de me convoyer jusqu’à Epinal dans son auto. Habituellement, je décline, je préfère ligoter dans le dur qui me laisse quasiment à la porte du logis, et puis dans les autos il faut meubler le silence, faire la conversation, je ne suis pas habile. Mais là, l’occasion est belle, l’horaire du prochain train est assez éloigné, la perspective d’attendre trois quarts d’heure sur un quai battu par les vents me fait plier sans résistance. En route. Le trajet n’est pas direct, il faut s’arrêter en banlieue, la dame doit acheter de la colle à carrelage dans un Brico machin. Je découvre, en curieux. L’endroit est très dépaysant, l’équivalent pour moi d’un parc zoologique. Où l’on prend livraison d’un sac de 25 kilos de colle. Qu’est-ce qu’elle peut bien avoir à carreler ? Une piscine ?

MARDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Guillaume Musso, L’Instant présent, XO, 2015.

Lecture. Au revoir là-haut (Pierre Lemaitre, Albin Michel, 2013; 574 p., 22,50 €).

En un siècle, la littérature sur la guerre de 14 est passée logiquement du roman témoignage au roman pur. Après les Dorgelès, Genevoix, Galtier-Boissière et autres qui ont vécu l’affaire et relaté leur expérience, les romanciers, stimulés par l’actualité (disparition des derniers Poilus, commémorations diverses), ont vu dans ce conflit un puits de fiction inépuisable : Jean Rouaud, Sébastien Japrisot, Marc Dugain ont su en tirer de belles choses. Avec Pierre Lemaitre, on était tranquille : son habileté à tresser des histoires ne pouvait que faire merveille avec un tel arrière-plan et le fait est que son intrigue, mêlant l’itinéraire d’une gueule cassée, une escroquerie aux monuments aux morts et un scandale lié aux cimetières militaires, est parfaitement menée. Ceci établi, le lecteur de Pierre Lemaitre se trouve tout de même un peu déçu face à ce pavé. L’écriture inventive (du moins celle d’avant Sacrifices) a été totalement javellisée, blanchie, comme si le passage de la littérature policière à la littérature dite noble commandait un tel affadissement. On se croirait dans La Bicyclette bleue de Régine Deforges : les personnages sont des stéréotypes et leurs trajectoires se laissent deviner avec des centaines de pages d’avance. Ce qui fait du roman, au bout du compte, rien d’autre que de la chair à téléfilm – et on imagine que ce sera là son avenir. Reste à évoquer le prix Goncourt décerné à ce livre, qui doit beaucoup à la fièvre commémorative de l’époque : il montre le manque d’audace d’une académie décidément bien académique.

694

site du Monde, 16 mars 2013, document transmis par Jean Vaubourg

VENDREDI.

Lecture. Schnock n° 11 (La Tengo, juin 2014; 176 p., 14,50 €).

Brigitte Bardot.

Où l’on apprend que c’est pour Brigitte Bardot que Brassens aurait écrit “La petite Marguerite” et que le nom de scène des Frères ennemis vient d’un roman des frères Tharaud publié en 1906 intitulé La Chronique des frères ennemis.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Tourisme minimaliste à Nonville (Vosges), photo de l’auteur, 21 juin 2015.

694 (2)

SAMEDI.

Films vus.

Tirez la langue, mademoiselle (Axelle Ropert, France, 2013)

Leviathan (Leviafan, Andrey Zvyagintsev, Russie, 2014)

Messaline (Messalina, Carmine Gallone, Italie – France – Espagne, 1951)

Papa Was Not a Rolling Stone (Sylvie Ohayon, France, 2014)

Un jour mon père viendra (Martin Valente, France, 2012)

Une merveilleuse histoire du temps (The Theory of Everything, James Marsh, R.-U., 2014).

Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 2800 salons, atteint le 6 décembre 2015.

Bilan géographique.    

Classement général par pays.

  1. France : 2434 (+ 79)
  2. Espagne : 114 (+ 3)
  3. Royaume-Uni : 47 (+ 2)
  4. Etats-Unis : 29 (=)
  5. Portugal : 20 (+ 3)
  6. Belgique : 19 (=)
  7. Canada : 17 (=)
  8. Italie : 14 (+ 1)
  9. République tchèque : 13 (+ 3)
  10. Allemagne 12 (=), Suisse 12 (+ 2)

Le Portugal dépasse la Belgique, la Suisse revient dans le top 10. Madagascar, qui gagne 8 salons, n’est pas loin avec un total de 11. A noter l’apparition d’un petit nouveau, la Croatie, qui porte le total des pays représentés à 33.

Classement général par régions (France).

  1. Rhône-Alpes : 481 (+ 19)
  2. Île-de-France : 341 (+ 21)
  3. Languedoc-Roussillon : 200 (+ 5)
  4. Lorraine : 197 (+ 8)
  5. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 178 (+ 2)
  6. Midi-Pyrénées : 167 (+ 1)
  7. Bourgogne : 103 (=)
  8. Bretagne : 97 (+ 9)
  9. Pays de la Loire : 95 (+ 3)
  10. Centre : 74 (=)

On aura remarqué que l’Invent’Hair fait fi des aléas politiques qui ont réduit le nombre des régions. La refonte du classement avec des entités qui ne sont pas encore toutes nommées occasionnerait un travail longuet et inintéressant. Assumons nos archaïsmes : Châlons sera toujours sur Marne, les Côtes seront toujours du Nord et Paris, qu’on se retient de ne pas appeler Lutèce, situé dans le département de la Seine. Sinon, pour ce qui est de notre classement actualisé, une seule chose à noter : la Bretagne passe devant les Pays de la Loire.

Classement général par départements (France).

  1. Seine (Paris) : 269 (+ 17)
  2. Rhône : 243 (+ 12)
  3. Vosges : 124 (+ 5)
  4. Loire : 78 (=)
  5. Loire-Atlantique : 73 (+ 3)
  6. Alpes-Maritimes : 67 (=), Pyrénées-Orientales : 67 (=)

8. Saône-et-Loire : 65 (=)

9. Meurthe-et-Moselle : 56 (+ 1)

10. Lot : 44 (=), Hérault 44 (=)

Statu quo dans le top 10 dont se rapproche la Drôme (12e) qui gagne 7 salons et 4 places. A noter l’entrée du premier salon en provenance de Tahiti.

Classement général par communes.

  1. Paris : 269 (+ 17)
  2. Lyon : 111 (+ 7)
  3. Nantes : 49 (+ 3)
  4. Barcelone : 48 (=)
  5. Nice : 33 (=)
  6. Epinal : 32 (+ 2)
  7. Nancy : 30 (+ 1)
  8. Villeurbanne 21 (+ 2)
  9. Roanne : 17 (=), Perpignan : 17 (=), Strasbourg : 17 (+ 4)

Strasbourg entre dans le top 10 et Nantes chasse Barcelone du podium. Saluons la belle entrée de Hell-Ville (Madagascar) à la 37e place avec 7 salons. Forte progression de Valence (Drôme), qui gagne 6 salons et passe de la 403e place à la 51e. 22 communes font leur entrée dans le corpus qui en compte désormais 1164.

Bilan humain.

  1. Marc-Gabriel Malfant : 1094 (+ 21)
  2. Philippe Didion : 274 (+ 10)
  3. Pierre Cohen-Hadria : 208 (+ 2)
  4. François Golfier : 127 (+ 23)
  5. Jean-Christophe Soum-Fontez : 105 (+ 8)
  6. Hervé Bertin : 81 (+ 4)
  7. Benoît Howson : 65 (=)
  8. Christophe Hubert 57 (=), Sylvie Mura : 57 (+ 3)
  1. Philippe de Jonckheere : 43 (=)

Sylvie Mura gagne une place, seul changement en tête, mais on notera que, pour une fois, Marc-Gabriel Malfant s’est vu dépasser pour le nombre de contributions dans cette dernière centaine. Bravo à François Golfier, car l’exploit est de taille. Les 8 photos retenues envoyées par Antoine Fetet permettent à leur auteur d’atteindre le 15e rang (+ 2). Avec l’arrivée de Sébastien Rongier et d’Alain Poncet, le chantier compte aujourd’hui 158 contributeurs.

Etude de cas. Concurrence échevelée.

694 (6)  694 (7)

Lépanges-sur-Vologne (Vosges), photo de l’auteur, 3 mai 2015 / Rouen (Seine-Maritime), photo de Jean-Christophe Soum-Fontez, 4 août 2013

L’Invent’Hair perd ses poils.

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Céaucé (Orne), photo de Martine Sonnet, 15 juin 2010 / Le Soler (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 17 février 2011

Poil et plume. ”Hervé Bazin, né le 17 avril 1911, ne fait pas exprès de se coiffer comme ça. C’est son coiffeur qui trouve ça très joli.” (Pierre Desproges, L’Almanach)

DIMANCHE.

Vie francilienne. Hier, je pensais au mot de Charles Dantzig qui disait ou écrivait quelque part qu’on était vieux quand on commençait à mettre des chaussettes noires. J’y pensais en préparant mes affaires pour Paris, après avoir comme de juste enfilé mes chaussettes noires : un autre signe de vieillissement, c’est quand les médicaments – même si beaucoup sont préventifs – occupent plus de place que les produits d’hygiène dans la trousse de toilette. J’ai donc participé hier à ma énième assemblée générale de l’Association Georges Perec à la Bibliothèque de l’Arsenal, puis je suis parti au Vésinet. J’aime beaucoup Le Vésinet, sans y avoir jamais mis les pieds avant ce jour, parce que c’est là qu’habitait Maguy, alias Rosy Varte, dans le feuilleton du même nom dont je ne ratais pas un épisode le dimanche soir, dans les années 80. Mais ce ne sont pas chez les Boissier que j’ai pris pension hier soir : le notulographe visitait un notulien à domicile. Un notulien que certains reconnaîtront, dont les initiales traversent l’alphabet de part en part et qui aurait pu signer à la place de Cueco Le Collectionneur de collections. Je suis sorti légèrement étourdi de mon séjour dans cette maison qui contient tout ce qui a pu être publié par l’Oulipo et le Collège de ‘Pataphysique, des livres, un peu moins que chez Gibert mais tout juste, des casse-tête par centaines, des films par milliers, des objets insolites, des Joconde à moustache, à poil et à vapeur et autres merveilles, du sol au plafond et de la cave au grenier.

LUNDI.

Lecture. La Mort franco de port (Stamped for Murder, Ben Benson, 1952, Presses de la Cité, coll. Un Mystère n° 111, 1953, rééd. in « Polars années 50 », vol. 1, Omnibus, 1995, traduit et adapté de l’américain par Igor B. Maslowski; 1182 p., 145 F).

La collection Un Mystère a traduit tous les romans policiers de Ben Benson, dont une série consacrée à l’inspecteur Wade Paris. C’est lui qu’on trouve à la tête de cette histoire de timbres lavés où il apparaît comme un policier froid, intransigeant, au service de la loi et de rien d’autre. Benson ne se perd pas en descriptions ou considérations psychologiques : l’enquête ne progresse que par les dialogues successifs entre Paris et les personnes impliquées dans l’affaire. Dans le Dictionnaire des littératures policières, François Guérif souligne que les livres de Benson se caractérisent par “une certaine sécheresse”, ce qui est le cas ici où l’intérêt du lecteur n’est jamais stimulé par une quelconque péripétie et s’affaiblit au fil des pages.

MARDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). David Yallop, Le Pape doit mourir : Enquête sur la mort suspecte de Jean Paul Ier, Nouveau Monde éditions, 2011.

MERCREDI.

Lecture. L’Homme approximatif (Tristan Tzara, éd. Fourcade, 1931, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

JEUDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Irène Némirovsky, Suite française, Folio, 2006.

Lecture. Mademoiselle B. (Maurice Pons, Denoël, 1973, rééd. id., coll. Empreinte, 2014; 272 p., 13,90 €).

Le roman le plus connu de Maurice Pons, Les Saisons, parut en même temps que Les Choses et chez le même éditeur, Julliard. Lors de la remise du prix Renaudot à Perec, les deux auteurs firent connaissance et Pons invita Perec à découvrir le Moulin d’Andé où celui-ci fit de nombreux et fructueux séjours, y composant notamment La Disparition. Tous deux poursuivirent leur carrière et leurs publications, avec une exposition plus importante pour Perec que pour Pons. On réédite cependant ce dernier, petit à petit, ce qui permet de découvrir ou de redécouvrir une œuvre qui, à la lueur de cette Mademoiselle B., ne manque pas d’intérêt. Maurice Pons s’y met en scène en tant qu’auteur retiré dans un village où les suicides s’accumulent. Le pouvoir maléfique et érotique d’une certaine Mademoiselle B. ne serait pas étranger à cette macabre série. On trouve dans ce récit une sorte de fantastique rural qu’on a déjà rencontré dans nos lectures chez André Dhôtel, chez Claude Daubercies, me semble-t-il, et chez Michel Arrivé (L’Homme qui achetait les rêves). L’œuvre de Maurice Pons mérite sans doute une visite plus approfondie.

VENDREDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Stephen King, Revival, Albin Michel, 2015.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Calembour franco-batave à Monthureux-sur-Saône (Vosges), photo de l’auteur, 9 novembre 2014.

694 (3)

SAMEDI.

Films vus. Zodiac (David Fincher, E.-U., 2007)

Blague dans le coin (Maurice Labro, France, 1963)

Toute première fois (Maxime Govare et Noémie Saglio, France, 2015)

L’Ordre et la Morale (Mathieu Kassovitz, France, 2011)

Shérif Jackson (Sweetwater, Logan Miller, E.-U., 2013)

Comme un homme (Safy Nebbou, Luxembourg – Belgique – France, 2012).

L’Invent’Hair perd ses poils.

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Epinal (Vosges), photo de Lucie Didion, 19 juin 2010 / Lesparre-Médoc (Gironde), photo de Sylvie Mura, 4 août 2008

Poil et plume. “Je me souviens du jour où Georges, revenant du coiffeur, nous apparut chez Paul Fournel, à notre surprise un peu indignée, la barbe réduite à un bouc et son ample chevelure considérablement diminuée, et de son aveu qu’il n’avait su résister aux audaces du perruquier, puis de son retour parmi nous, quelques semaines plus tard, déjà en passe de retrouver sa tête, et de notre soulagement.” (Noël Arnaud, “À Georges Perec”, Bibliothèque oulipienne n° 23)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10 janvier 2016 – 693

LUNDI.

               Lecture scolaire. Antigone (Jean Anouilh, La Table Ronde, 1946, rééd. id., coll. La petite vermillon n° 300, 2008; 128 p., 5,90 €).

               Courriel. Une demande d’abonnement aux notules, effet inattendu du traditionnel appel au désabonnement de début d’année figurant dans le dernier numéro.

MARDI.

               Lecture. L’Arbre des voyageurs (Tristan Tzara, éd. de la Montagne, 1930, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

JEUDI.

              Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Gilles Legardinier, Et soudain tout change, Fleuve Noir, 2013.

VENDREDI.

                        Le cabinet de curiosités du notulographe. Aperçu d’une collection de cocottes.

la cocotte, le val-d'ajol, caroline didion (2)  les cocottes, nancy, caroline didion, 693  les cocottes, châteaulin, 693

Le Val-d’Ajol (Vosges), 26 mai 2015, Nancy (Meurthe-et-Moselle), 30 mai 2015, photos de Caroline Didion / Châteaulin (Finistère), photo de l’auteur, 10 juillet 2014

SAMEDI.

                 Films vus. Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street, Martin Scorsese, E.-U., 2013)

                                     Lady Chatterley (Pascale Ferran, Belgique – France, 2006)

                                     Les Jours venus (Romain Goupil, France, 2014)

                                     Boire et déboires (Blind Date, Blake Edwards, E.-U., 1987)

                                    Gemma Bovery (Anne Fontaine, France, 2014)

                                    Le Hussard sur le toit (Jean-Paul Rappeneau, France, 1995)

                                    Un homme très recherché (A Most Wanted Man, Anton Corbijn, R.-U., E.-U., Allemagne, 2014).

                L’Invent’Hair perd ses poils.

S
S

l'épi-tête, gap

Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), photo d’Elisabeth Chamontin, 6 juin 2010 / Gap (Hautes-Alpes), photo de Marc-Gabriel Malfant, 6 décembre 2013

                IPAD. 15 août 2014. 91 km. (26491 km).

ménil-en-xaintois, 693

169 habitants

   Surmontée d’une croix chrétienne et ornée d’un bas-relief (végétaux et Croix de Guerre), la flèche de pierre, autrefois peinte en blanc, se dresse au fond du cimetière, derrière l’église.

ménil-en-xaintois monument, 693

A nos morts

1914-1918

POULET Léon 1882-1914

BARJONNET Henri 1880-1914

LASSAUX Paul AdjT 1880-1914

COLIN André 1886-1914

MALDEME Henri AdjT 1891-1915

MARCHAL Paul S. LT 1881-1915

MEILHAC Victor AdjT 1894-1915

THOUVENEL Abel 1891-1914

PIERROT Raynald 1894-1915

LAURENT Alphonse 1883-1915

GARNIER René ST-CF 1911-1940

                Poil et plume. “Mon père passe ses journées dans le grenier. Je le vois le samedi, quand l’autre est chez le coiffeur pour une bonne heure de crêpage. Il est heureux de me voir, une heure par semaine. Il ne me verrait pas seule si l‘autre n’avait pas cette obsession de se faire la tête en pièce montée pour se grandir encore sur ses talons de pute.” (Sylvia Kristel, Nue)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

3 janvier 2016 – 692

LUNDI.

Lecture. L’Horizon (Patrick Modiano, Gallimard, 2010, rééd. Gallimard, Quarto “Romans”, 1088 p., 23,50 €).

Cette fois, ce n’est pas le SAS Football qui me vient à l’esprit en lisant Modiano mais ce cher Ernest Gengenbach. A cela deux raisons : la présence d’un personnage aux allures de prêtre défroqué et l’évocation d’une “messe d’or” située dans un appartement parisien de la rue Bleue.

vintras 2 (2)

manuscrit d’Ernest Gengenbach, bibliothèque de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), photographie de l’auteur, 2 janvier 2014

MARDI.

Lecture. Elimination transcendantale (Solved by Inspection, Ronald A. Knox, 1925 pour l’édition originale, traduit de l’anglais par Isabelle Reinharez in « Mystères à huis clos », Omnibus, 2007; 1148 p., 27 €).

Voici incontestablement le meilleur texte figurant dans ce que j’ai lu (la moitié environ) de ce volume consacré aux meurtres en chambre close. La solution est véritablement inattendue et ingénieuse. On doit cette nouvelle à un personnage intéressant, le père Ronald Arbuthnot Knox (1888-1957), moins connu que Chesterton (qu’il fréquenta) mais proche de lui en de nombreux points : prêtre catholique, traducteur de la Bible, auteur de livres de théologie et de romans policiers, il fut l’un des premiers théoriciens de Sherlock Holmes. En 1937, les autorités ecclésiastiques lui interdirent de pratiquer la littérature policière. On est en droit de le regretter.

Indicateur des chemins de cœur (Tristan Tzara, éd. Jeanne Bucher, 1928, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

JEUDI.

Lecture. L’Herbe des nuits (Patrick Modiano, Gallimard, coll. Blanche, 2012; 192 p., 16,90 €).

“Non, je n’ai pas rêvé. La preuve, c’est qu’il me reste un carnet noir rempli de notes. […] Sur les pages du carnet se succèdent des noms, des numéros de téléphone, des dates de rendez-vous, et aussi des textes courts qui ont peut-être quelque chose à voir avec la littérature.” Au moment d’en finir avec Modiano, après avoir lu tous ses livres, ce qui est mon cas désormais, le lecteur se trouve dans la même situation que le narrateur de L’Herbe des nuits et de nombre de ses semblables apparaissant au fil des volumes précédents et à venir : il lui reste une trentaine de romans, qui sont autant de carnets noirs, eux aussi remplis d’innombrables notes. Les personnages, les lieux, les parcours, les histoires se mélangent dans son esprit, sans qu’il puisse déterminer avec précision ce qui appartient à la réalité ou à l’imagination. Comme un héros de Modiano, il peut à loisir piocher dans ses carnets, suivre un fil, déambuler, enquêter, revenir sur ses pas, se perdre. Le monde flou échafaudé page après page par le romancier est désormais le sien et il a plus que quelque chose à voir avec la littérature. Chez Modiano, comme chez Proust, le terme de l’œuvre n’est qu’un appel à la reprendre depuis le début. Et à s’intéresser à ce qu’on en a dit : les études sur l’auteur sont bien fréquentées – Denis Cosnard, Maryline Heck, Claude Burgelin… – et promettent quelques satisfactions.

VENDREDI.

Vie votive. Il fut un temps où envoyer des cartes de vœux ressemblait à une corvée. C’est maintenant le fait d’en recevoir qui en devient une avec l’appareillage électronique et l’utilisation du paresseux bouton “envoyer à tout le carnet d’adresses”.

Bilan annuel 2015.

* 124 livres lus (- 9 par rapport à 2014)

* 253 films vus (- 22)

* 403 abonnés aux notules version électronique, sans oublier les irréductibles abonnés papier de l’Aveyron (+ 3)

Remarque :

* Le fait d’avoir réussi à conserver une population notulienne stable, en dépit des désabonnements, des déménagements à la cloche de bois informatique et, malheureusement, des décès, est une sorte de performance dans la mesure où, en l’absence de site Internet depuis 2012, le renouvellement du public ne peut plus se faire que par le bouche à oreille. Dans un récent article sur la littérature fragmentée, un critique évoque rapidement nos notules et leur “envoi antédiluvien par mail”. A Dieu ne plaise : nous resterons antédiluvien jusqu’au prochain déluge. Les choses sont cependant en passe de changer puisque l’année qui s’ouvre devrait permettre une meilleure exposition avec l’arrivée d’un nouveau site sur lequel les archives seront rassemblées grâce à l’initiative et au travail d’Alain Nowak, ici remercié.

Chantiers littéraires :

* 5887 Souvenirs quotidiens notés (+ 365, le compte est bon)

* 474 volumes étudiés dans L’Atlas de la Série Noire (+ 13)

* 352 communes visitées (+ 29) d’Ableuvenettes (Les) à Petite-Fosse (La) dans le cadre de L’Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental

* 264 photos de Bars clos (+ 22)

* 1260 tableaux commentés dans la Mémoire louvrière (+ 69)

                                                * 556 publicités murales et enseignes peintes photographiées (+ 65)

* 2778 photographies de salons de coiffure pour l’Invent’Hair (+ 356)

                                                * 184 frontons d’école photographiés pour un Aperçu d’épigraphie républicaine (+ 17)

* 96 Lieux où j’ai dormi retrouvés ou ajoutés et photographiés (+ 13)

                                                Parutions :

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 66, juin 2015

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 67, décembre 2015

* Notes de lecture, Histoires littéraires n° 61, 62, 63, 2015

                                                * “Lautréamont, pour moi, désormais, c’est terminé”, Histoires littéraires n° 63, juillet-août-septembre 2015

* “Carpe diem, ou gardons l’espoir”, Les Refusés n° 17, septembre 2015

* ”Petites coupures. Perec et les petits papiers”, http://associationgeorgesperec.fr/IMG/pdf/pdidion.pdf

* “Le XIXe Colloque des Invalides”, http://histoires-litteraires.fr/philippe-didion-notules-sur-le-xixe-colloque-des-invalides/

Précision concernant la politique photographique des notules :

* Les notuliens contribuent de façon efficace à l’avancée des chantiers photographiques qui meublent nos livraisons dominicales : le cabinet de curiosités et l’Invent’Hair leur doivent beaucoup, sans parler des aptonymes, enseigne peintes ou bars clos. Merci. Une précision s’impose toutefois : ne sont acceptés que les clichés dûment localisés, pris “en vrai”, à l’aide d’un appareil idoine ou d’un téléphone de poche. Les photos issues de sites Internet ou de réseaux plus ou moins sociaux ne sont pas homologuées.

Appel :

* Le début de l’année est généralement propice aux bonnes résolutions. Si parmi ces résolutions figure celle de ne plus vous laisser importuner par des messages électroniques antédiluviens, pesants, inutiles, creux, mal écrits, pompeux, j’en passe, et si vous vous apercevez tout à coup que les notules correspondent à l’une des catégories précitées, inutile d’engorger les tuyaux pour rien : un simple mot « stop » en réponse à ce numéro mettra fin à votre abonnement.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Le bien nommé, maison paroissiale, place de l’Eglise du Vésinet (Yvelines), photo d’Alain Zalmanski, avril 2015.

l 1visible (2)

SAMEDI.

Lecture. Rosy & John (Pierre Lemaitre, LGF, coll. Le Livre de poche thriller n° 33423, 2014; 144 p., 5,90 €).

Films vus. Ginger et Fred (Ginger e Fred, Federico Fellini, Italie- France – R.F.A., 1986)

Cavalcade (Steve Suissa, France, 2005)

La Rançon de la gloire (Xavier Beauvois, France – Suisse – Belgique, 2014)

La Valse des pantins (The King of Comedy, Martin Scorsese, E.-U., 1982)

Charlot garçon de café (Caught in a Cabaret, Mabel Normand, E.-U., 1914)

A la vie (Jean-Jacques Zilbermann, France, 2014)

La Tendresse (Marion Hänsel, Belgique – France – Allemagne, 2013).

L’Invent’Hair perd ses poils.

anna belle, bavans, 692 (3)  ana coiff, épinal, 692

Bavans (Doubs), photo de l’auteur, 6 juin 2010 / Epinal (Vosges), photo du même, 27 octobre 2015

IPAD. 9 juin 2014. 124 km. (26400 km).

ménil-de-senones, 692

149 habitants

   A l’entrée du village, la flèche de granit gris se dresse adossée à une haie de thuyas, au centre d’un square miniature dont la grille métallique porte des médaillons représentant des Croix de Guerre. Le parterre est fleuri d’œillets d’Inde, de bégonias et de muscaris.

ménil-de-senones monument, 692

   Face :

A nos morts

Pour la Patrie

CURIEN E

DOLMAIRE R

FLEURETTE C

GRANDCOLAS L

GUIDAT E

NICOLLE E

NICOLLE L

NICOLLE L A

PETER J

ROCHE G

SIMON J

TRABACH L

ANDRE C CAPAL

COLLOTTE A CAPAL

DITER E BRIGIER

PETER A MAL DES LIS

VIRIOT L LIEUTNT

KRIEGER H.

COLIN. A.

Commune de Ménil

Guerre 1914-1918

   Au pied de la stèle, sur un cube minéral :

Ici a été déposé

de la terre de Dachau

22 novembre 1945

   Droite : une plaque porte les noms des victimes de 1939-1945

Poil et plume. “Rasé de près, les tifs coupés, la face massée, le Nantais sortit du merlan. Le soleil éclaboussa ses pompes sur mesure.” (Auguste Le Breton, Razzia sur la chnouf)

Bonne année,

Philippe DIDION