28 janvier 2018 – 779

DIMANCHE.

Lecture. Derniers feux sur Sunset (West of Sunset, Stewart O’Nan, Viking, 2015 pour l’édition originale, Éditions de l’Olivier, 2016 pour la traduction française, traduit de l’américain par Marc Amfreville; 392 p., 23 €).

L’auteur retrace les trois dernières années de Scott Fitzgerald, celles qu’il passa, seul, à Hollywood. Il a besoin d’argent pour les soins de sa femme et les études de sa fille mais rien ne se passe comme il le souhaite : les scénarios sur lesquels il travaille n’aboutissent pas, les nouvelles qu’il réussit à placer sont mal payées, le roman qu’il met en chantier n’avance pas. Sans parler de la santé qui se dégrade, de l’alcool toujours présent… Comme beaucoup de ses confrères du moment, Stewart O’Nan choisit de mêler réalité et fiction et de faire de Fitzgerald un personnage de roman. La recette est connue, surtout de ce côté-ci de l’Atlantique, on se base sur les faits vrais, on utilise le matériau disponible (journaux, correspondance) et on brode, on invente des dialogues, des pensées, des actions. Comme on est à Hollywood, on fait apparaître au coin d’un décor Humphrey Bogart, Louis B. Mayer, Marlene Dietrich et compagnie, et vogue la galère. Cela peut donner lieu à des réussites éclatantes (Emmanuel Carrère) mais ce n’est pas toujours le cas. Stewart O’Nan ne parvient jamais – sauf dans les dernières pages, quand s’étend l’ombre de la mort – à donner du souffle à son histoire : les dialogues sont ternes, les scènes se succèdent mécaniquement sans aucun relief, c’est plat, plat, plat et vite ennuyeux. Les quelques pages du dernier livre de Catherine Cusset qu’on a lues récemment dans la NRf sont du même tonneau vide : le personnage choisi, David Hockney, a de l’envergure, une vie aussi romanesque que Fitzgerald, mais dans ce cas comme dans l’autre, il manque un écrivain capable de porter son récit.

MERCREDI.

Éphéméride. “17 janvier [1943] Dimanche

– Visite à Daon, qui a encore réussi à obtenir un sursis pour sa thèse : il est vraiment marrant, étendu sur son lit, drapé dans sa robe de chambre, l’œil vif et malin, les cheveux en désordre, au milieu d’une pagaïe extraordinaire d’assiettes de nouilles, de bidons d’alcool, de papiers, de postes de radio… Fait des comptes rendus, et un peu travaillé à G[eneviève] (médiocre). – Aujourd’hui, pas dépensé un sou….” (Jacques Lemarchand, Journal 1942-1944)

JEUDI.

   Lecture. Le Bouchon de cristal (Maurice Leblanc, Lafitte, 1912, rééd. in « Les Aventures extraordinaires d’Arsène Lupin » vol. 1, Omnibus 2004, 1216 p., 23 €).

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Curiosités horlogères.

779  779 (2)

Montfaucon (Doubs), photo de J.-F. Fournié, 26 mai 2017 / Nancy (Meurthe-et-Moselle), photo de l’auteur, 11 février 2016

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. Jamais contente (Émilie Deleuze, France, 2016)

L’Homme qui voulut être roi (The Man Who Would Be King, John Huston, R.-U. – É.-U., 1975)

Moi, Daniel Blake (I, Daniel Blake, Ken Loach, R.-U. – France – Belgique, 2016)

The Social Network (David Fincher, É.-U, 2010)

Il a déjà tes yeux (Lucien Jean-Baptiste, France – Belgique, 2016)

Un nommé La Rocca (Jean Becker, France – Italie, 1961).

L’Invent’Hair perd ses poils.

779 (3)

Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), photo de Philippe de Jonckheere, 30 avril 2011

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 8 novembre 2015. 33 km. (29845 km).

779 (4)

508 habitants

   L’obélisque de granit gris, surmonté d’une Croix de Guerre, est à côté de l’église. Il est posé sur un socle dallé, entouré d’une grille ouvragée, au centre d’un parterre gravillonné. Les géraniums sont encore fleuris, le buis est bien taillé et une gerbe, déposée en une occasion inconnue, toujours présentable. Autres ornements : deux obus dressés de chaque côté de la flèche et une palme collée sur le socle.

779 (1)

   Face :

Aux enfants de Padoux

Morts pour la France

1914-1919

AUBERT Léon 1914

BOURION René –

GAUDENOT Albert –

RICHARD Georges –

LUC Alphonse –

AUBERT Constant –

PIERRE Georges –

RENARD Joseph –

AUBERT Paul 1915

PIERRE Alphonse –

HOUOT Alfred –

LUC Joseph –

BALLAND Alphonse –

CUNY Marcel –

RICHARD René 1916

LECOANET Émile –

VALANCE Paul –

CHAUFFOUR Célestin –

GILLOT Joseph 1917

NOËL Georges 1918

LECOMTE Louis –

   Gauche :

BALLAND Louis 1925

PIERRE Octave 1928

1939-1945

MECKERT Ernest

AUBERTINY Eugène

PARISOT Louis

ROBINOT Hubert

   Droite :

1870-71

AUBERTIN Auguste

CLEMENT Alfred

LEBARRIERE Élisée

   Concernant Padoux, il existe un ex-voto intéressant dans la chapelle réservée à saint Antoine, à l’intérieur de la basilique Saint-Maurice à Épinal (Vosges).

779 (5)

             Poil et plume. “Si j’étais à votre place, dit le coiffeur qui était un petit homme gras, à la figure ronde et douce, je commencerais à me faire un shampoing; ça vous éclaircira les idées, on pourrait aussi rafraîchir un peu M. Michaud, et pendant ce temps ma femme vous fricoterait quelque chose.

Ce fut arrangé ainsi. On frictionnait la tête de Jeanne avec de l’essence de lavande quand le fils du coiffeur accourut pour dire que l’armistice était signé.” (Irène Némirovsky, Suite française)

Vie littéraire. Je pars pour Paris par le 9 heures 29. À la Bibliothèque de l’Arsenal, j’assiste à l’Assemblée Générale de l’Association Georges Perec. À ma gauche, un étudiant qui s’est lancé dans la traduction de La Disparition en chinois (bon courage), à ma droite, la dame qui a acheté l’appartement que Perec occupa jadis rue Linné dans l’immeuble qui servit de modèle à La Vie mode d’emploi. Je lui demande si c’est en connaissance de cause, question idiote, sinon elle ne serait pas là. Elle sort son chéquier pour régler sa cotisation, je lui fais remarquer que sa nouvelle adresse ne figure même pas dessus. Pour le prix… Après la séance et le pot traditionnel au Sully, je prends la direction de la Gare de Lyon, puis RER jusqu’au Vésinet où je bénéficie d’un hébergement grâce à la plate-forme NotulAirbnb. Invitation amicale et chaleureuse bienvenue car l’hôtel miteux qui suffit d’habitude à mon ordinaire parisien est fermé – pour raisons sanitaires je suppose.

DIMANCHE.

Lecture. L’Amour après (Marceline Loridan-Ivens, avec Judith Perrignon, Grasset, 2018; 162 p., 16 €).

Cas rare d’un livre acheté (chez Compagnie) dès sa sortie (le 17 janvier) et aussitôt lu (dans le train du retour). Cas rare car j’achète rarement des nouveautés, non par manque d’intérêt mais parce que ma liste de livres à acquérir est tellement longue qu’il faut un bon bout de temps pour qu’une nouveauté ajoutée en bout de liste remonte tous les échelons avant qu’arrive le moment de procéder à son achat. En général, quand son tour survient, elle n’est d’ailleurs plus disponible en librairie et il faut la commander. Ce n’est pas grave : au moment où elle m’échoit, j’ai autre chose en route, j’ai perdu l’intérêt qui me l’avait fait repérer et je me contente de la ranger. Je ne regrette pas pour autant mon achat : je prends autant de plaisir, sinon plus, à ranger un livre qu’à le lire et la réorganisation, chaque été, de ma bibliothèque est un moment d’intense jubilation : penser, classer, trier, jeter, donner, garder… À Paris, ma foi, on peut s’offrir quelques entorses à la norme et le dernier ouvrage de Marceline Loridan-Ivens est un bon prétexte pour le faire. Même si je savais ce que j’allais trouver dans son livre car sa parole n’est pas rare. Il y est donc question, comme attendu, de Perec, de Francis Loridan, de Joris Ivens, de Simone Veil, de Birkenau, de Paris, de la Chine… Même si je savais ce que je n’allais pas y trouver, à savoir la réponse à la question que je me pose depuis que je connais ce personnage : que venaient faire à Épinal les Rozenberg, venus de Pologne, dans les années 1920 ? Dans Ma vie balagan, en 2008, Marceline en disait peu : elle est née ici en 1928, y est restée un an, y est revenue entre 1937 et 1940, avant le départ pour Bollène et l’arrestation. Dans un entretien radiophonique, en 2012, elle en disait un peu plus : sa mère, avant la guerre, “avait un banc au marché”. Qu’est-ce qu’on fait quand on a un banc au marché ? On vend des légumes, des poules, des lapins… Dans L’Amour après, elle ajoute quelque chose, mais pas sur la même période : Marceline a 19 ans, on est donc en 1947, elle vit à Paris avec sa mère et écrit que celle-ci “n’était pas là pendant la semaine, elle partait tenir sa boutique à Épinal.” Là, ce n’est plus la même chose, ce n’était pas une boutique de poules ou de lapins… Et puis une boutique, ça laisse des traces, il y a des impôts, des patentes, des registres… Je n’ai pas lu le livre précédent de Marceline, Et tu n’es pas revenu. Je vais le faire – il faudra d’abord l’inscrire en bout de liste et attendre que son tour vienne, on ne triche pas – et peut-être y trouverai-je quelques miettes à ajouter sur l’épisode spinalien des Rozenberg. Après, promis, je pars en chasse.

Vie spinalienne. Visite de l’exposition “La Fuite en Égypte” au Musée de l’Image. Lucie, qui effectuait un stage dans l’établissement au moment de son installation nous offre une visite guidée. Les organisateurs ont su établir un parallèle bienvenu et sensible entre l’épisode biblique et les migrations forcées d’aujourd’hui.

MARDI.

Football. SA Spinalien – Olympique de Marseille 0 – 2. 7 000 spectateurs à la Colombière pour ce 16e de finale de la Coupe de France. Ce qui fait tout de même 6 850 de plus que d’habitude. C’est un peu plus bruyant et un peu moins glacial, donc appréciable. Les bonnes places du haut de la tribune occupées habituellement par le notulographe et ses vibrionnants comparses du club des hooligans en charentaises ont été réservées pour les invités, les m’as-tu-vu habitués des matchs de hockey. Nous sommes parqués un peu plus bas, ravis du spectacle mais attendant avec impatience le retour aux combats d’arrière-cour du championnat.

MERCREDI.

Éphéméride.

« Grand Hotel de Paris                                                   [24 janvier 1895]

9 plaza del Pacifico

Sevilla

Cher ami

Après quinze jours de pluies tropicales, le plus admirable soleil vient de se lever sur les eaux avec une apparence de symbole biblique. La chaleur qui n’avait pas diminué, redouble, et on a quelque peine à sortir sans ombrelle. L’âme de Herold, toujours présente, en jubile et s’éponge.

Je vous scandaliserai sans doute, mais je ne vous étonnerai pas en vous disant que malgré vos conseils j’apprends à jouer des castagnettes. – En effet ce pays qui est tout ardeur cultive et développe en moi des passions que vous me connaissez et qui m’affolent un peu.” (Pierre Louÿs/Henri de Régnier, Correspondance 1890-1913)

VENDREDI.

Lecture. Histoires littéraires n° 66 (Du Lérot éditeur, avril-mai-juin 2016; 136 p., 25 €).

Flaubert – Théophile Silvestre – Germain Nouveau – Renée Vivien.

Le Voleur qui comptait les cuillères (The Burglar Who Counted the Spoons, Lawrence Block, 2013 pour l’édition originale, Gallimard, coll. Série Noire, 2016 pour la traduction française, traduit de l’américain par Mona de Pracontal; 354 p., 21 €).

Retour gagnant à la Série Noire pour Lawrence Block après un long détour au Seuil et chez Calmann-Lévy. On retrouve avec grand plaisir son personnage de Bernie Rhodenbarr, libraire-cambrioleur, dans une enquête sophistiquée empreinte d’humour. Avec Bernie, on est dans le polar à références culturelles, celles qui émaillent ses conversations avec son amie Carolyn. Sa librairie ne lui rapporte plus grand-chose, Amazon est passé par là, et il est bien obligé d’assurer ses fins de mois. Bernie n’est pas du genre à faire main basse sur des bijoux ou de vulgaires liasses de billets : on se souvient qu’il avait, dans une histoire précédente, subtilisé un tableau de Mondrian. Il convoite ici le manuscrit de la célèbre nouvelle de Fitzgerald, “L’Étrange Histoire de Benjamin Button”.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Musicothérapie à Paris (Seine), XVIIIe arrondissement, photo de Jean-Christophe Soum-Fontez, 29 octobre 2015.

779 (6)

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. Le Divan de Staline (Fanny Ardant, France – Portugal – Russie, 2016)

Bonsoir (Jean-Pierre Mocky, France, 1994)

Réparer les vivants (Katell Quillévéré, France – Belgique, 2016)

Rue des Prairies (Denys de La Patellière, France – Italie, 1959)

Doctor Strange (Scott Derrickson, É.-U., 2016)

Empire du soleil (Empire of the Sun, Steven Spielberg, É.-U., 1987).

L’Invent’Hair perd ses poils.

créa'tifs, luzy, 779  créa'tifs, égletons, 779

Luzy (Nièvre), 20 février 2011 / Égletons (Corrèze), 6 juin 2011, photos de Philippe de Jonckheere

Poil et plume. “Les vitrines transparentes des salons de coiffure affichent des femmes avec leurs rouleaux collés sur la tête. Leur peignoir les enveloppe du cou jusqu’aux pieds, elles sont difformes et laides, avec leurs soins de beauté, prises en flagrant délit. Pour ne pas les gêner davantage, je me détourne.

Ça m’est égal après tout, je ne vais jamais chez le coiffeur. Mon coiffeur et moi, nous sommes amis et nous nous invitons tour à tour chez l’un, chez l’autre pour déjeuner, parler, pour rire, ou pour qu’il me coiffe en vue d’une soirée, d’une séance de photos, ou pour me couper les cheveux quand ça devient nécessaire.” (Sophie Marceau, Menteuse)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

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14 janvier 2018 – 778

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 28 janvier 2018.
LUNDI.
           Vie ludique. Chaque début d’année, au bistrot, avec mes copains de bistrot, on joue à un jeu de bistrot, le jeu des morts célèbres. Chacun doit donner une liste de dix noms de personnalités appelées, selon lui, à ne pas finir l’année en cours. Les listes sont précieusement mises sous clé, impossible de les modifier. L’exercice est délicat, il faut bien sûr tenir compte de l’âge, répertorier les centenaires, prêter l’oreille aux échos en provenance de Cochin ou de l’Hôpital américain de Neuilly, surveiller les visages et les voix fatigués mais aussi penser aux accidents, aux épidémies, à la malchance, à la maladie foudroyante. Il faut s’interroger : Giscard est-il pour de bon immortel ? Michel Piccoli finira-t-il un jour par payer les orgies tabagiques commises devant la caméra de Claude Sautet ? Yvette Horner est-elle encore vivante (la réponse est oui) ? Peut-on vraiment imaginer un monde sans Jean-Paul Belmondo (la réponse est non, ici, à cause de Lucie qui l’admire) ? Il faut laisser de côté les goûts et les opinions qui vous feront écarter les personnalités appréciées et promettre la tombe à celles qu’on exècre. Une fois les listes enregistrées, la consultation des rubriques nécrologiques apporte plus de déceptions que de satisfactions et le bistrot, certains matins, prend des airs de salon funéraire : comment n’avais-je pas pensé à celle-ci ? Bon sang mais je croyais celui-là déjà mort ! Quand la réussite est là, ce sont des cris de joie qui résonnent et des tournées qui s’alignent. Le mort célèbre, du fond de son frais tombeau, peut alors se réjouir d’avoir contribué par son dernier geste à la joie et à la réussite de l’un d’entre nous. L’année 2017 m’aura été chrysanthèmement bénéfique puisque j’ai fini en tête de la compétition avec quatre défunts sur les dix que j’avais prévus : Max Gallo, Danielle Darrieux, Robert Hirsch et Jean d’Ormesson ont été mes chevaux gagnants. Pour 2018 (les copies sont à rendre le 17 janvier), je suis en train d’affiner mes choix dans une liste d’une quarantaine de noms. Au vu de ma réussite actuelle, il y en a qui pourront pousser un ouf de soulagement quand je déciderai finalement de ne pas les retenir.
MARDI.
            Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Alice Zeniter, Sombre dimanche, Le Livre de poche, 2015.
MERCREDI.
                  Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Jane Austen, Orgueil et préjugés, Éditions retrouvées, 2017.
                  Éphéméride. “10 janvier [1933].
Djibouti. Ville délabrée, mais tout compte fait moins laide que je n’aurais cru. Quelques palmiers. Classiques coloniaux français. Bistrots pas gais.
Il fait humide et frais. Il a plu. Installation dans la maison mise à notre disposition, très spacieuse. Visites diverses de Griaule, dont celle, de rigueur, au gouverneur. Belles femmes arabes et somali, en général assez hautes.
Sitôt dîner, convocation d’urgence : un copain de Griaule, qui a su qu’il était là, lui envoie sa voiture et le chauffeur muni d’une carte de visite le sommant de venir séance tenante. Nous nous amenons à quatre. Il y a là un consul de Belgique et un autre Belge, qui jouaient au bridge. La gentillesse de la maîtresse et du maître de maison fait que nous n’hésitons pas à redîner, bien que n’ayant plus faim.” (Michel Leiris, L’Afrique fantôme)
VENDREDI.
                  Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Peter Wohlleben, La Vie secrète des arbres, Les Arènes, 2017.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. La vie cachée des hommes célèbres.
778 (2)  778
La Montagne, 28 juillet 2015 / Vosges Matin, 17 août 2016
SAMEDI.
             Films vus pendant la semaine. Une question de vie ou de mort (A Matter of Life and Death, R.-U., 1946)
                                                               Mal de pierres (Nicole Garcia, France – Belgique – Canada, 2016)
                                                               The Reader (Stephen Daldry, É.-U. – Allemagne, 2008)
                                                               Corniche Kennedy (Dominique Cabrera, France, 2016)
                                                               Tenue de soirée (Bertrand Blier, France, 1986)
                                                               La Folle Histoire de Max et Léon (Jonathan Barré, France – Belgique, 2016)
                                                               L’Astragale (Brigitte Sy, France, 2015).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Autun (Saône-et-Loire), photo de Philippe de Jonckheere, 20 février 2011 / Paris (Seine), rue Francœur, photo de Pierre Cohen-Hadria, 3 octobre 2011
           Poil et kitsch.
778 (5)
Puces de Villeurbanne (Rhône)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

 

 

7 janvier 2018 – 777

DIMANCHE.

Lecture. Le Rocambole n° 80 (Bulletin des Amis du Roman populaire, Encrage, automne 2017; 176 p., 18 €).

La vérité sur “Le Rocambole”.

Compte rendu à rédiger pour Histoires littéraires.

Bilan annuel 2017.

* 128 livres lus (- 14 par rapport à 2016)

* 294 films vus (- 10)

* 407 abonnés aux notules courriel + 3 abonnés internet + 1 abonné papier = 411 (+ 7)

Chantiers littéraires :

* 6942 Souvenirs quotidiens notés (+ 324, chantier terminé)

* 495 volumes étudiés dans l’Atlas de la Série Noire (+ 9)

* 384 communes visitées (+ 14) d’Ableuvenettes (Les) à Rebeuville dans le cadre de l’Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental

* 297 photos de Bars clos (+ 20)

* 1330 tableaux commentés dans la Mémoire louvrière (+ 31)

                                                * 625 publicités murales et enseignes peintes photographiées (+ 29)

* 3774 photographies de salons de coiffure pour l’Invent’Hair (+ 531)

                                                * 194 frontons d’école photographiés pour un Aperçu d’épigraphie républicaine (+ 1)

* 109 Lieux où j’ai dormi retrouvés ou ajoutés et photographiés (+ 5)

                                                Parutions :

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 70, juin 2017

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 71, décembre 2017

* “L’Hair du temps : visite de chantier”, Les Refusés n° 19, septembre 2017

* Notes de lecture, Histoires littéraires n° 69, 70 (Du Lérot éditeur, 2017)

Mentions :

* http://oreilletendue.com/2017/01/27/accouplements-81/

* https://bibliomancienne.com/2017/03/12/les-notules-dominicales-de-culture-domestique-en-bibliotheque/

* https://fr.wikipedia.org/wiki/Bianca_Lamblin

* La Licorne n° 122 : Relire Perec (Presses Universitaires de Rennes, 2016)

* Europe n° 1057 : Pierre Bergounioux (mai 2017).

Contribution (anonyme) :

* Le Canard enchaîné, 8 février 2017.

Étude :

* Karine Bissonnette, “Notulie de proximité : un partage du quotidien à l’ère du numérique”, colloque “Littératures et dispositifs médiatiques : pratiques d’écriture et de lecture en contexte numérique”, Université du Québec à Montréal, 26 mai 2017. http://oic.uqam.ca/en/communications/notulie-de-proximite-un-partage-du-quotidien-a-lere-du-numerique

Précision concernant la politique photographique des notules :

* Les notuliens contribuent de façon efficace à l’avancée des chantiers photographiques qui meublent nos livraisons dominicales : le cabinet de curiosités et l’Invent’Hair leur doivent beaucoup, sans parler des aptonymes ou de la rubrique Poil et plume. Merci. Une précision s’impose toutefois : ne sont acceptés que les clichés dûment localisés, pris “en vrai”, à l’aide d’un appareil idoine ou d’un téléphone de poche. Les photos issues de sites internet ou de réseaux plus ou moins sociaux ne sont pas homologuées.

Appel :

* Le début de l’année est généralement propice aux bonnes résolutions. Si parmi ces résolutions figure celle de ne plus vous laisser importuner par des messages électroniques antédiluviens, pesants, inutiles, creux, mal écrits, pompeux, j’en passe, et si vous vous apercevez tout à coup que les notules correspondent à l’une des catégories précitées, inutile d’engorger les tuyaux pour rien : un simple mot « stop » en réponse à ce numéro mettra fin à votre abonnement.

MERCREDI.

Éphéméride. “Jeudi 3 janvier.

Ensuite, étendue un moment sur le divan. J’ai voulu l’embrasser… Refus. J’ai dit “Quoi ! Pas même quelques baisers ?” Non. Rien. Je me suis mis à faire : “Hé : hé !” Elle a deviné. “Tu vas encore penser que c’est parce que j’ai été avec d’autres !” Je me suis mis à rire. Encore une fois répété qu’elle n’avait jamais vu un homme la soupçonner de tout comme je la soupçonne.

Nous verrons-nous samedi soir ? Dimanche ? Elle n’en sait rien. Elle m’avisera.” (Paul Léautaud, Journal particulier 1935)

                  Lecture. Capharnaüm n° 6 (Finitude, été 2016; 120 p., 14 €)

“Une heure avec…”

Sur les 400 entretiens avec des écrivains réalisés par Frédéric Lefèvre pour Les Nouvelles littéraires entre 1922 et 1940, la revue en a retenu une dizaine. On n’y trouve pas vraiment de réflexion approfondie sur le travail de chacun, plutôt des propos d’ordre général et des anecdotes (Maurice Leblanc qui dit avoir été mis au monde par le docteur Flaubert, frère de Gustave), mais cela permet de retrouver la parole de Maurice Leblanc déjà cité, Emile Chautard (inconnu de nos services), Stefan Zweig, Eugène Zamiatine, Jean Giono, Joseph Delteil, Pierre Drieu La Rochelle, Irène Némirovsky, Marcel Aymé et George Moore.

JEUDI.

Lecture. La Gloire des Pythre (Richard Millet, P.O.L., 1995, rééd. Gallimard, coll. Folio n° 3018, 2006; 384 p., s.p.m.).

Il fut un temps, on a un peu de mal à le croire aujourd’hui après son Éloge littéraire d’Anders Breivik, où Richard Millet était quelqu’un d’estimable, au moins comme écrivain. Avant de devenir une figure du monde parisien de l’édition en intégrant le comité de lecture de Gallimard, il a publié bon nombre de romans ayant pour cadre sa Corrèze natale. Millevaches, plus précisément. Il est né dans un village du plateau et à lire cette Gloire des Pythre, on peut se dire que sur les mille sources qui lui on donné son nom, il y en a une qui donne de l’encre et du talent à ceux qui savent y tremper leur plume. Le texte de Millet ressemble d’ailleurs beaucoup aux premiers romans de Bergounioux publiés chez Gallimard : même cadre, même ampleur, même souffle, même mise en avant de figures exemplaires. Millet y ajoute un style encore plus épique que celui de son compatriote avec des phrases qui peuvent prendre la dimension d’une page ou plus. C’est parfois fatigant, ne le cachons pas, et on n’est pas certain d’aller voir si ses autres titres sont du même tonneau mais on ne peut que regretter que l’homme ait gâché ce talent dans les écrits et les propos peu ragoûtants qui font aujourd’hui son ordinaire.

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Home sweet home.

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Coust (Cher), photo de Jean-François Fournié, 4 mai 2015 / Gérardmer (Vosges), photo de l’auteur, 11 avril 2016

SAMEDI.

Lecture. Un trou dans la toile (Luc Chomarat, Payot & Rivages, coll. Rivages/Noir n° 1011, 2016; 272 p., 8,20 €).

Films vus pendant la semaine. Sully (Clint Eastwood, É.-U., 2016)

Les Cinglés en safari (Carry on Up the Jungle, R.-U., 1970)

Un sac de billes (Christian Duguay, France – Canada – République tchèque, 2017)

Promenade avec l’amour et la mort (A Walk with Love and Death, John Huston, É.-U., 1969)

Le Cœur en braille (Michel Boujenah, France – Belgique, 2016)

Les Évadés (The Shawshank Redemption, É.-U., 1994)

Goldstone (Ivan Sen, Australie, 2016).

L’Invent’Hair perd ses poils.

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Le Soler (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 17 février 2011 / Kaysersberg (Haut-Rhin), photo d’Olivier Cuenin, 5 février 2012

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 25 octobre 2015. 62 km. (29812 km).

777 (5)

84 habitants

   Ce n’est pas un monument à proprement parler, j’ai d’ailleurs failli quitter les lieux sans voir cette plaque vissée sur la base d’une croix de calvaire surmontant le mur du cimetière.

777 (6)

1914 – 1918

Ortoncourt

A ses enfants

Morts pour la France

VICHARD Raymond

THOMAS André

POIROT Camille

CÉSAR Zéphir

SERRIERE Gabriel

                        VAUTRIN Gabriel

               Poil et presse.

777

Mooguy (Charlie Hebdo, 8 juin 2016)

Bon dimanche,

Philippe DIDION