18 février 2018 – 782

LUNDI.

Vie professionnelle. Je trouve une invitation (à valeur de convocation) à participer à une formation sur les “outils nomades”. Ne possédant pas de camping car et n’ayant aucun intérêt pour les caravanes, j’informe ma hiérarchie que je n’y participerai pas.

Lecture. Bécon-les-Bruyères (Emmanuel Bove, Gallimard, coll. Folio 2 €, 2017; 96 p.).

Quand les éditions Émile-Paul Frères  le sollicitent en 1927 pour un texte destiné à leur collection “Portraits de la France”, Emmanuel Bove fournit Bécon-les-Bruyères, qu’il vient de faire publier dans la revue Europe. Il va ainsi à l’encontre de l’esprit de l’entreprise, qui ne cache pas son ambition touristique : il s’agit de mettre de grands noms au service de lieux prestigieux : Mauriac y parle de Bordeaux, Giono de Manosque, Mac Orlan de Brest, etc. Emmanuel contourne la chose en décrivant un non-lieu, Bécon-les-Bruyères, une banlieue ordinaire qui finit, sous sa plume, par se teinter d’un charme et d’une poésie dignes d’un décor pour un roman d’Antoine Blondin. Ce petit Folio est complété par “Retour de l’enfant”, une nouvelle tirée du recueil Henri Duchemin et ses ombres (1928), à lire d’urgence si les autres textes sont du niveau de celui présenté ici.

MARDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Éliette Abecassis, Une affaire conjugale, Albin Michel, 2011.

Vie professionnelle (suite). Renseignements pris, l’appellation “outils nomades” désigne les tablettes électroniques et les téléphones de poche. Ce qui m’intéresse encore moins que les roulottes ou les verdines.

MERCREDI.

Éphéméride. “14 [février 1923] – Comète.” (Raymond Queneau, Le Journal d’un jeune homme paüvre, 1920-1927)

JEUDI.

Lecture. La Rousse (Fuzz, Ed McBain, 1968 pour l’édition originale, Gallimard, coll. Série Noire n° 1295, 1969 pour la traduction française, traduit de l’américain par Denise May, rééd. in “87e District 4”, Omnibus, 1999, traduction revue et augmentée par Pierre de Laubier; 1042 p., 145 F).

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Préposition malhonnête à Annecy (Haute-Savoie), photo de Laurent Lagarde, 30 juin 2014.

782

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. Primaire (Hélène Angel, France, 2016)

Le Magot de Josefa (Claude Autant-Lara, France – Italie – Suisse, 1963)

Dans la forêt (Gilles Marchand, France – Suède, 2016)

Sous les jupes des filles (Audrey Dana, France, 2014)

Baby Phone (Olivier Casas, France – Belgique, 2017)

Lucky Luke (James Huth, France – Argentine, 2009)

London House (The Ones Below, David Farr, R.-U., 2015).

L’Invent’Hair perd ses poils.

782 (2)  782 (3)

Villeurbanne (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 6 mars 2011 / Cherbourg-Octeville (Manche), photo de Sibylline, 14 juin 2011

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 29 novembre 2015. 32 km. (30009 km).

782 (4)

166 habitants

   Un Poilu blanc monte la garde devant l’église, posté sur un socle encadré par quatre ogives d’obus. En avancée, un petit parterre, sur les côtés une barrière métallique. Une palme et une Croix de Guerre sont fixées sur le socle où l’on peut lire :

Pallegney

A ses enfants

Morts pour la France

1914-1918

782 (1)

   Droite :

COINCHELIN Charles

COINCHELIN Joseph

JACQUES Paul

LAGARDE Joseph

VAUTHIER Louis

BAPTISTE Jules

LOEUILLET Jean

   Gauche :

WEYBECHER Henri

PELLETIER Jules

BERGISTE André

DEMANGE Eugène

VILLEMIN Charles

ANTOINE Ernest

COLIN Pierre

             Poil et pellicule.

782 (5)

Rive droite, rive gauche (Philippe Labro, France, 1984)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

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11 février 2018 – 781

MARDI.

Obituaire. Caroline m’apprend ce soir la mort de Mathieu Riboulet, écrivain d’origine creusoise dont je n’ai lu qu’un titre, Quelqu’un s’approche. Je n’avais pas été pleinement convaincu mais je me réjouissais de le voir en septembre prochain à Guéret où il devait nous mener, dans le cadre des Rencontres de Chaminadour, sur les pas de Jean Genet. 57 ans, mon âge.

Lecture. Le Cœur de l’homme (Hjarta Mannsin, Jón Kalman Stefánsson, 2011 pour l’édition originale, Gallimard, 2013 pour la traduction française, rééd. coll. Folio n° 5713, 2014, traduit de l’islandais par Eric Boury; 480 p., 8,30 €).

Jón Kalman Stefánsson avait marqué les esprits avec Entre ciel et terre, premier volet d’une trilogie qui prend fin ici. Il ranimait les forces des héros des sagas de son pays, l’Islande, pour les donner aux humbles habitants d’un village de pêcheurs et à un gamin, jamais nommé autrement, dont les voyages à travers landes et fjords avaient tout d’une odyssée. La rudesse des paysages et du climat s’étendait aux personnages et à la langue utilisée, distribuée dans des versets dignes de la poésie épique. Dans Le Cœur de l’homme, la magie n’est plus la même. Les ingrédients sont toujours là mais l’effet de surprise n’existe plus, les personnages sont devenus trop nombreux pour qu’on les distingue, la lassitude gagne peu à peu. Il reste une forte expérience de lecture unique, qu’on peut réserver au premier volet de la série.

MERCREDI.

Éphéméride. « [Marseille], 7 février 1910.

Mon cher Delahaye,

Ta lettre qui m’accuse réception de mes dessins, je l’ai bien reçue. Mais depuis, peu après cet envoi, je t’ai écrit de nouveau et t’ai envoyé un mot pour toi, plus une lettre au sujet de Larmandie et de Vanier, à propos d’”Épreuves” au sujet de quoi toi et lui m’aviez écrit à Saint-Raphaël; et, de plus, une demande d’allocation.

As-tu, s’il te plaît, cher ami, reçu tout cela ?” (Germain Nouveau, Correspondance)

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Ruth Rendell, Et l’eau devint sang, Éditions des Deux Terres, 2009.

JEUDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Nora Fraisse, Marion : 13 ans pour toujours, Le Livre de poche, 2015.

VENDREDI.

  Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). David Lagencratz, Millénium 4 : ce qui ne me tue pas, Babel, 2017 à l’aller; Jean Teulé, Je, François Villon, Pocket, 2007 au retour.

Lecture. Inscrit dans les astres (A Jade in Aries, 1970 pour l’édition originale, Payot & Rivages, coll. Rivages/Noir n° 1030, 2017 pour la présente édition, traduit de l’américain par Florian Robinet et Marc Boulet; 256 p., 8,50 €).

Le terrain est accidenté quand on s’aventure dans le domaine des rééditions de Westlake. Rivages a entrepris celles parues initialement sous le pseudonyme de Tucker Coe dans la Série Noire des années 70. Inscrit dans les astres, précédemment intitulé Tantes à gogo, est le quatrième volet des aventures de Mitch Tobin, une des créations les plus intéressantes de Westlake. Tobin est un flic qui a été révoqué : son coéquipier s’est fait tuer par un gangster alors qu’il l’avait laissé seul pour courir une aventure extra-conjugale avec la femme d’un malfrat emprisonné. Depuis, Tobin trimballe son sentiment de culpabilité au gré des enquêtes que d’anciens collègues lui refilent et qu’il mène sans licence de détective privé. Accessoirement, il s’occupe les mains et l’esprit à faire des travaux inutiles dans sa maison comme la construction d’un mur qu’il s’applique à ne jamais terminer. Il cherche ici un meurtrier dans le milieu homosexuel de New York, comme l’indique le titre subtil choisi par la Série Noire. Heureusement, le regard de Tobin et de son créateur est moins caricatural, et plutôt compréhensif si l’on se remet dans le contexte des années 1970. L’enquête n’est pas terrible mais c’est sans importance car c’est l’évolution de Tobin qui intéresse. Pour la première fois, on le voit prêt à sortir de sa dépression et à reprendre une nouvelle vie. Ce qui se fera peut-être dans le dernier épisode de la série dont la parution est annoncée prochainement par les éditions Rivages.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Sur les murs.

781  781 (2)

Pons (Charente-Maritime), photo de Bernard Cattin, 27 février 2007 / Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 26 juin 2016

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. Mon amie Flicka (My Friend Flicka, Harold D. Schuster, É.-U, 1943)

Brice 3 (James Huth, France, 2016)

Il était une fois… la révolution (Giù la testa, Sergio Leone, Italie – Espagne, 1971)

Dalida (Lisa Azuelos, France, 2016)

Gens de Dublin (The Dead, John Huston, R.-U. – Irlande – É.-U. – R.F.A., 1987)

Corporate (Nicolas Silhol, France, 2017)

Maxime (Henri Verneuil, France, 1958).

L’Invent’Hair perd ses poils.

781 (3)  781 (4)

Paris (Seine), boulevard de l’Hôpital, photo de Philippe de Jonckheere, 20 février 2011 / Aranda de Duero (Espagne), photo de Marc-Gabriel Malfant, 23 juin 2014

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 11 novembre 2015. 132 km. (29977 km).

781 (6)  781 (5)

539 habitants

   Je ne pensais pas trouver de monument : les morts du cru figurent sur celui de Bertrimoutier. Il y a cependant deux plaques de marbre sur le mur de la Mairie. Malgré la date, pas de fleurs, pas de drapeaux.

781 (1)

   Plaque de gauche :

Pair et Grandrupt

Morts au champ d’honneur

1939-1945

En déportation

JEAN Robert

SALZMANN Jean

SALZMANN Robert

Fusillés

FEIGLY Pierre

Aux armées

BERTRAND Paul

   Plaque de droite :

Pair et Grandrupt

Morts au champ d’honneur

1914-1918

ANDLAUËR Louis (M.L.), LEHN Camille

Joseph et Émile (3 frères) MAHUT Paul

ANTOINE Camille MOUGEL Paul (Cap.)

COLIN Charles PETIT Joseph

DELAGOUTTE JN-BTE PICAUD Paul (Serg.)

DURAIN Henri RENAUX Paul

ENAUX René SEILER Eugène

ERRARD Prosper (Cap.) et Henri (2 frères)

FERRY Georges (Serg.) SERTELET Henri (Cap.)

JEAN Eugène TISSELIN Albert

Victimes civiles

BASTIEN Célestin (Maire), COLIN Alfred, PICARD Camille

             Poil et pellicule.

781 (7)

Les Valseuses (Bertrand Blier, France, 1974)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

4 février 2018 – 780

LUNDI.

Obituaire. Mort d’Ingvar Kamprad, fondateur d’Ikea. On n’aimerait pas être à la place de celui qui devra monter le cercueil.

MARDI.

Lecture. L’Ombre chinoise (Georges Simenon, Arthème Fayard,, 1932, rééd. Rencontre, 1967, in “Œuvres complètes Maigret IV”; 528 p., s.p.m.).

Pas de voyage pour Maigret dans cette enquête qui le mène place des Vosges, à deux pas de son domicile. Avantage pour lui : il peut rentrer le soir chez lui et on sait comme il apprécie la douceur du foyer. Simenon fait ici dans le roman d’immeuble, un crime a été commis au rez-de-chaussée et il explore les étages à la recherche du coupable, interrogeant les occupants. L’histoire n’est pas haletante mais une fois l’affaire résolue, le retour de Maigret at home est savoureux. Sa famille d’Alsace s’est invitée en son absence et a apporté “un cruchon d’alcool de fruits et un jambon fumé”. “À neuf heures du soir, il jouait au nain jaune avec sa sœur et son beau-frère. La mirabelle parfumait la salle à manger. Et Mme Maigret riait à tout moment aux éclats parce qu’elle n’était jamais parvenue à connaître les cartes et qu’elle faisait toutes les bêtises imaginables. À Maigret, tout cela faisait l’effet d’un bain chaud. Il n’avait plus mal à la tête.”

MERCREDI.

Éphéméride. « Lundi 31 janvier 1972

Historiographie : Hier, les paras anglais ont abattu treize manifestants irlandais dans un moment de confusion et de panique.

Mme Del Duca cesse de faire paraître Paris-Jour. C’est une manifestation de la déflation générale. C’est aussi le signe de la destruction d’un secteur dépassé – la presse quotidienne – remplacée par le message/massage de McLuhan. Les réactions de défense n’y changent rien.” (Jean-Patrick Manchette, Journal 1966-1974).

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Jacques Prévert, Cinéma : Scénarios inédits, Folio, 2017.

VENDREDI.

  Lecture.

                              Le Publicateur du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 9e série, n° 10 (15 décembre 2016, 96 p., 15 €).

“Traductions & trahisons”

Le cabinet de curiosités du notulographe. Sentences.

780 (5)  780 (6)

Marseille (Bouches-du-Rhône), photo de Sylvie Mura, 26 mai 2016 / Dompierre (Vosges), photo de Vincent Garcia, 6 octobre 2017

SAMEDI.

Football. SA Spinalien – Raon-l’Étape 1 – 1.

Films vus pendant la semaine. Les Enfants de la chance (Malik Chibane, France, 2016)

L’Honneur des Prizzi (Prizzi’s Honor, John Huston, É.-U., 1985)

Paris pieds nus (Dominique Abel, Fiona Gordon, France – Belgique, 2016)

Fred (Pierre Jolivet, France, 1997)

Ouvert la nuit (Édouard Baer, France, 2016)

Par un beau matin d’été (Jacques Deray, France – Italie, 1965)

Fais de beaux rêves (Fai bei sogni, Marco Bellocchio, Italie – France, 2016).

              Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 3800 salons, atteint le 11 août 2017.

Bilan géographique.    

Classement général par pays

1. France : 3200 (+ 82)
2. Espagne : 165 (=)
3. Royaume-Uni : 55 (=)
4. Belgique 51 (=)
5. Italie : 50 (+ 14)
6. États-Unis : 45 (=)
7. Danemark : 21 (=)
8. Suisse : 20 (=)
“. Portugal : 20 (=)
10. Pérou : 19 (=)
“. Canada 19 (=)

Les États-Unis continuent à descendre dans le classement, dépassés cette fois par l’Italie. Plus loin, la Lettonie double son capital (6 salons) et Monaco fait son apparition.

Classement général par régions (France).

1. Rhône-Alpes : 607 (+ 5)
2. Île-de-France : 498 (+ 2)
3. Languedoc-Roussillon : 266 (=)
4. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 256 (+ 40)
5. Lorraine : 241 (+ 1)
6. Midi-Pyrénées : 188 (+ 16)
7. Bretagne : 132 (=)
8. Pays de la Loire : 131 (=)
9 Bourgogne : 124 (+ 1)
10. Centre : 115 (+ 1)

Le maigre salon gagné par la Lorraine ne suffit à celle-ci pour conserver sa 4e place devant l’impressionnant bond en avant de la région PACA. Pour celle-ci, le podium est en vue.

Classement général par départements (France).

1. Seine (Paris) : 399 (+ 2)
2. Rhône : 319 (=)
3. Vosges : 143 (=)
4. Loire-Atlantique : 104 (=)
5. Pyrénées-Orientales : 87 (=)
“. Loire : 87 (=)
7. Alpes-Maritimes : 76 (+ 6)
“. Meurthe-et-Moselle : 76 (+ 1)
9. Saône-et-Loire : 71 (+ 1)
10. Hérault : 69 (=)

Les Alpes-Maritimes rejoignent la Meurthe-et-Moselle. Le principal bénéficiaire de cette centaine est le Var qui, avec 27 nouveaux salons, passe de la 67e à la 21e place.

Classement général par communes.

1. Paris : 399 (+ 2)
2. Lyon : 144 (=)
3. Barcelone : 54 (=)
4. Nantes : 53 (=)
5. Nancy : 44 (=)
6. Épinal 37 (=)
7. Nice : 36 (+ 3)
8. Marseille 24 (=)
“. Villeurbanne 24 (=)
10. Perpignan : 18 (=)

Peu de mouvement dans le top 10 où l’on ne signalera que le fait que Nice se rapproche d’Épinal. Plus loin, belles entrées de Sanremo avec 8 salons (47e) et de Draguignan avec 7 (63e).

Bilan humain.

1. Marc-Gabriel Malfant : 1365 (+ 60)
2. Philippe Didion : 336 (+ 10)
3. Pierre Cohen-Hadria : 254 (+ 6)
4. François Golfier : 185 (+ 5)
5. Jean-Damien Poncet : 168 (+ 5)
6. Jean-Christophe Soum-Fontez : 145 (+ 1)
7. Hervé Bertin : 125 (+ 1)
8. Sylvie Mura : 86 (+ 2)
9. Bernard Cattin : 72 (+ 5)
10. Benoît Howson : 65 (=)

Encore une fois, 9 des 10 contributeurs progressent (95 salons sur 100) et ne laissent que des miettes aux 167 autres.

Étude de cas. Latinisme.

780  780 (3)

Paris (Seine), rue des Écoles, photo de l’auteur, 7 novembre 2015 / idem, avenue Jean-Jaurès, photo de Jean-Damien Poncet, 15 octobre 2016

780 (2)  780 (4)

Dinan (Côtes-du-Nord), photo de François Golfier, 8 janvier 2017 / Draguignan (Var), photo de Marc-Gabriel Malfant, 10 juillet 2017

Poil dessiné.

780 (7)

Frank Margerin, Lucien se met au vert

Bon dimanche,

Philippe DIDION

28 janvier 2018 – 779

DIMANCHE.

Lecture. Derniers feux sur Sunset (West of Sunset, Stewart O’Nan, Viking, 2015 pour l’édition originale, Éditions de l’Olivier, 2016 pour la traduction française, traduit de l’américain par Marc Amfreville; 392 p., 23 €).

L’auteur retrace les trois dernières années de Scott Fitzgerald, celles qu’il passa, seul, à Hollywood. Il a besoin d’argent pour les soins de sa femme et les études de sa fille mais rien ne se passe comme il le souhaite : les scénarios sur lesquels il travaille n’aboutissent pas, les nouvelles qu’il réussit à placer sont mal payées, le roman qu’il met en chantier n’avance pas. Sans parler de la santé qui se dégrade, de l’alcool toujours présent… Comme beaucoup de ses confrères du moment, Stewart O’Nan choisit de mêler réalité et fiction et de faire de Fitzgerald un personnage de roman. La recette est connue, surtout de ce côté-ci de l’Atlantique, on se base sur les faits vrais, on utilise le matériau disponible (journaux, correspondance) et on brode, on invente des dialogues, des pensées, des actions. Comme on est à Hollywood, on fait apparaître au coin d’un décor Humphrey Bogart, Louis B. Mayer, Marlene Dietrich et compagnie, et vogue la galère. Cela peut donner lieu à des réussites éclatantes (Emmanuel Carrère) mais ce n’est pas toujours le cas. Stewart O’Nan ne parvient jamais – sauf dans les dernières pages, quand s’étend l’ombre de la mort – à donner du souffle à son histoire : les dialogues sont ternes, les scènes se succèdent mécaniquement sans aucun relief, c’est plat, plat, plat et vite ennuyeux. Les quelques pages du dernier livre de Catherine Cusset qu’on a lues récemment dans la NRf sont du même tonneau vide : le personnage choisi, David Hockney, a de l’envergure, une vie aussi romanesque que Fitzgerald, mais dans ce cas comme dans l’autre, il manque un écrivain capable de porter son récit.

MERCREDI.

Éphéméride. “17 janvier [1943] Dimanche

– Visite à Daon, qui a encore réussi à obtenir un sursis pour sa thèse : il est vraiment marrant, étendu sur son lit, drapé dans sa robe de chambre, l’œil vif et malin, les cheveux en désordre, au milieu d’une pagaïe extraordinaire d’assiettes de nouilles, de bidons d’alcool, de papiers, de postes de radio… Fait des comptes rendus, et un peu travaillé à G[eneviève] (médiocre). – Aujourd’hui, pas dépensé un sou….” (Jacques Lemarchand, Journal 1942-1944)

JEUDI.

   Lecture. Le Bouchon de cristal (Maurice Leblanc, Lafitte, 1912, rééd. in « Les Aventures extraordinaires d’Arsène Lupin » vol. 1, Omnibus 2004, 1216 p., 23 €).

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Curiosités horlogères.

779  779 (2)

Montfaucon (Doubs), photo de J.-F. Fournié, 26 mai 2017 / Nancy (Meurthe-et-Moselle), photo de l’auteur, 11 février 2016

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. Jamais contente (Émilie Deleuze, France, 2016)

L’Homme qui voulut être roi (The Man Who Would Be King, John Huston, R.-U. – É.-U., 1975)

Moi, Daniel Blake (I, Daniel Blake, Ken Loach, R.-U. – France – Belgique, 2016)

The Social Network (David Fincher, É.-U, 2010)

Il a déjà tes yeux (Lucien Jean-Baptiste, France – Belgique, 2016)

Un nommé La Rocca (Jean Becker, France – Italie, 1961).

L’Invent’Hair perd ses poils.

779 (3)

Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), photo de Philippe de Jonckheere, 30 avril 2011

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 8 novembre 2015. 33 km. (29845 km).

779 (4)

508 habitants

   L’obélisque de granit gris, surmonté d’une Croix de Guerre, est à côté de l’église. Il est posé sur un socle dallé, entouré d’une grille ouvragée, au centre d’un parterre gravillonné. Les géraniums sont encore fleuris, le buis est bien taillé et une gerbe, déposée en une occasion inconnue, toujours présentable. Autres ornements : deux obus dressés de chaque côté de la flèche et une palme collée sur le socle.

779 (1)

   Face :

Aux enfants de Padoux

Morts pour la France

1914-1919

AUBERT Léon 1914

BOURION René –

GAUDENOT Albert –

RICHARD Georges –

LUC Alphonse –

AUBERT Constant –

PIERRE Georges –

RENARD Joseph –

AUBERT Paul 1915

PIERRE Alphonse –

HOUOT Alfred –

LUC Joseph –

BALLAND Alphonse –

CUNY Marcel –

RICHARD René 1916

LECOANET Émile –

VALANCE Paul –

CHAUFFOUR Célestin –

GILLOT Joseph 1917

NOËL Georges 1918

LECOMTE Louis –

   Gauche :

BALLAND Louis 1925

PIERRE Octave 1928

1939-1945

MECKERT Ernest

AUBERTINY Eugène

PARISOT Louis

ROBINOT Hubert

   Droite :

1870-71

AUBERTIN Auguste

CLEMENT Alfred

LEBARRIERE Élisée

   Concernant Padoux, il existe un ex-voto intéressant dans la chapelle réservée à saint Antoine, à l’intérieur de la basilique Saint-Maurice à Épinal (Vosges).

779 (5)

             Poil et plume. “Si j’étais à votre place, dit le coiffeur qui était un petit homme gras, à la figure ronde et douce, je commencerais à me faire un shampoing; ça vous éclaircira les idées, on pourrait aussi rafraîchir un peu M. Michaud, et pendant ce temps ma femme vous fricoterait quelque chose.

Ce fut arrangé ainsi. On frictionnait la tête de Jeanne avec de l’essence de lavande quand le fils du coiffeur accourut pour dire que l’armistice était signé.” (Irène Némirovsky, Suite française)

Vie littéraire. Je pars pour Paris par le 9 heures 29. À la Bibliothèque de l’Arsenal, j’assiste à l’Assemblée Générale de l’Association Georges Perec. À ma gauche, un étudiant qui s’est lancé dans la traduction de La Disparition en chinois (bon courage), à ma droite, la dame qui a acheté l’appartement que Perec occupa jadis rue Linné dans l’immeuble qui servit de modèle à La Vie mode d’emploi. Je lui demande si c’est en connaissance de cause, question idiote, sinon elle ne serait pas là. Elle sort son chéquier pour régler sa cotisation, je lui fais remarquer que sa nouvelle adresse ne figure même pas dessus. Pour le prix… Après la séance et le pot traditionnel au Sully, je prends la direction de la Gare de Lyon, puis RER jusqu’au Vésinet où je bénéficie d’un hébergement grâce à la plate-forme NotulAirbnb. Invitation amicale et chaleureuse bienvenue car l’hôtel miteux qui suffit d’habitude à mon ordinaire parisien est fermé – pour raisons sanitaires je suppose.

DIMANCHE.

Lecture. L’Amour après (Marceline Loridan-Ivens, avec Judith Perrignon, Grasset, 2018; 162 p., 16 €).

Cas rare d’un livre acheté (chez Compagnie) dès sa sortie (le 17 janvier) et aussitôt lu (dans le train du retour). Cas rare car j’achète rarement des nouveautés, non par manque d’intérêt mais parce que ma liste de livres à acquérir est tellement longue qu’il faut un bon bout de temps pour qu’une nouveauté ajoutée en bout de liste remonte tous les échelons avant qu’arrive le moment de procéder à son achat. En général, quand son tour survient, elle n’est d’ailleurs plus disponible en librairie et il faut la commander. Ce n’est pas grave : au moment où elle m’échoit, j’ai autre chose en route, j’ai perdu l’intérêt qui me l’avait fait repérer et je me contente de la ranger. Je ne regrette pas pour autant mon achat : je prends autant de plaisir, sinon plus, à ranger un livre qu’à le lire et la réorganisation, chaque été, de ma bibliothèque est un moment d’intense jubilation : penser, classer, trier, jeter, donner, garder… À Paris, ma foi, on peut s’offrir quelques entorses à la norme et le dernier ouvrage de Marceline Loridan-Ivens est un bon prétexte pour le faire. Même si je savais ce que j’allais trouver dans son livre car sa parole n’est pas rare. Il y est donc question, comme attendu, de Perec, de Francis Loridan, de Joris Ivens, de Simone Veil, de Birkenau, de Paris, de la Chine… Même si je savais ce que je n’allais pas y trouver, à savoir la réponse à la question que je me pose depuis que je connais ce personnage : que venaient faire à Épinal les Rozenberg, venus de Pologne, dans les années 1920 ? Dans Ma vie balagan, en 2008, Marceline en disait peu : elle est née ici en 1928, y est restée un an, y est revenue entre 1937 et 1940, avant le départ pour Bollène et l’arrestation. Dans un entretien radiophonique, en 2012, elle en disait un peu plus : sa mère, avant la guerre, “avait un banc au marché”. Qu’est-ce qu’on fait quand on a un banc au marché ? On vend des légumes, des poules, des lapins… Dans L’Amour après, elle ajoute quelque chose, mais pas sur la même période : Marceline a 19 ans, on est donc en 1947, elle vit à Paris avec sa mère et écrit que celle-ci “n’était pas là pendant la semaine, elle partait tenir sa boutique à Épinal.” Là, ce n’est plus la même chose, ce n’était pas une boutique de poules ou de lapins… Et puis une boutique, ça laisse des traces, il y a des impôts, des patentes, des registres… Je n’ai pas lu le livre précédent de Marceline, Et tu n’es pas revenu. Je vais le faire – il faudra d’abord l’inscrire en bout de liste et attendre que son tour vienne, on ne triche pas – et peut-être y trouverai-je quelques miettes à ajouter sur l’épisode spinalien des Rozenberg. Après, promis, je pars en chasse.

Vie spinalienne. Visite de l’exposition “La Fuite en Égypte” au Musée de l’Image. Lucie, qui effectuait un stage dans l’établissement au moment de son installation nous offre une visite guidée. Les organisateurs ont su établir un parallèle bienvenu et sensible entre l’épisode biblique et les migrations forcées d’aujourd’hui.

MARDI.

Football. SA Spinalien – Olympique de Marseille 0 – 2. 7 000 spectateurs à la Colombière pour ce 16e de finale de la Coupe de France. Ce qui fait tout de même 6 850 de plus que d’habitude. C’est un peu plus bruyant et un peu moins glacial, donc appréciable. Les bonnes places du haut de la tribune occupées habituellement par le notulographe et ses vibrionnants comparses du club des hooligans en charentaises ont été réservées pour les invités, les m’as-tu-vu habitués des matchs de hockey. Nous sommes parqués un peu plus bas, ravis du spectacle mais attendant avec impatience le retour aux combats d’arrière-cour du championnat.

MERCREDI.

Éphéméride.

« Grand Hotel de Paris                                                   [24 janvier 1895]

9 plaza del Pacifico

Sevilla

Cher ami

Après quinze jours de pluies tropicales, le plus admirable soleil vient de se lever sur les eaux avec une apparence de symbole biblique. La chaleur qui n’avait pas diminué, redouble, et on a quelque peine à sortir sans ombrelle. L’âme de Herold, toujours présente, en jubile et s’éponge.

Je vous scandaliserai sans doute, mais je ne vous étonnerai pas en vous disant que malgré vos conseils j’apprends à jouer des castagnettes. – En effet ce pays qui est tout ardeur cultive et développe en moi des passions que vous me connaissez et qui m’affolent un peu.” (Pierre Louÿs/Henri de Régnier, Correspondance 1890-1913)

VENDREDI.

Lecture. Histoires littéraires n° 66 (Du Lérot éditeur, avril-mai-juin 2016; 136 p., 25 €).

Flaubert – Théophile Silvestre – Germain Nouveau – Renée Vivien.

Le Voleur qui comptait les cuillères (The Burglar Who Counted the Spoons, Lawrence Block, 2013 pour l’édition originale, Gallimard, coll. Série Noire, 2016 pour la traduction française, traduit de l’américain par Mona de Pracontal; 354 p., 21 €).

Retour gagnant à la Série Noire pour Lawrence Block après un long détour au Seuil et chez Calmann-Lévy. On retrouve avec grand plaisir son personnage de Bernie Rhodenbarr, libraire-cambrioleur, dans une enquête sophistiquée empreinte d’humour. Avec Bernie, on est dans le polar à références culturelles, celles qui émaillent ses conversations avec son amie Carolyn. Sa librairie ne lui rapporte plus grand-chose, Amazon est passé par là, et il est bien obligé d’assurer ses fins de mois. Bernie n’est pas du genre à faire main basse sur des bijoux ou de vulgaires liasses de billets : on se souvient qu’il avait, dans une histoire précédente, subtilisé un tableau de Mondrian. Il convoite ici le manuscrit de la célèbre nouvelle de Fitzgerald, “L’Étrange Histoire de Benjamin Button”.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Musicothérapie à Paris (Seine), XVIIIe arrondissement, photo de Jean-Christophe Soum-Fontez, 29 octobre 2015.

779 (6)

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. Le Divan de Staline (Fanny Ardant, France – Portugal – Russie, 2016)

Bonsoir (Jean-Pierre Mocky, France, 1994)

Réparer les vivants (Katell Quillévéré, France – Belgique, 2016)

Rue des Prairies (Denys de La Patellière, France – Italie, 1959)

Doctor Strange (Scott Derrickson, É.-U., 2016)

Empire du soleil (Empire of the Sun, Steven Spielberg, É.-U., 1987).

L’Invent’Hair perd ses poils.

créa'tifs, luzy, 779  créa'tifs, égletons, 779

Luzy (Nièvre), 20 février 2011 / Égletons (Corrèze), 6 juin 2011, photos de Philippe de Jonckheere

Poil et plume. “Les vitrines transparentes des salons de coiffure affichent des femmes avec leurs rouleaux collés sur la tête. Leur peignoir les enveloppe du cou jusqu’aux pieds, elles sont difformes et laides, avec leurs soins de beauté, prises en flagrant délit. Pour ne pas les gêner davantage, je me détourne.

Ça m’est égal après tout, je ne vais jamais chez le coiffeur. Mon coiffeur et moi, nous sommes amis et nous nous invitons tour à tour chez l’un, chez l’autre pour déjeuner, parler, pour rire, ou pour qu’il me coiffe en vue d’une soirée, d’une séance de photos, ou pour me couper les cheveux quand ça devient nécessaire.” (Sophie Marceau, Menteuse)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

14 janvier 2018 – 778

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 28 janvier 2018.
LUNDI.
           Vie ludique. Chaque début d’année, au bistrot, avec mes copains de bistrot, on joue à un jeu de bistrot, le jeu des morts célèbres. Chacun doit donner une liste de dix noms de personnalités appelées, selon lui, à ne pas finir l’année en cours. Les listes sont précieusement mises sous clé, impossible de les modifier. L’exercice est délicat, il faut bien sûr tenir compte de l’âge, répertorier les centenaires, prêter l’oreille aux échos en provenance de Cochin ou de l’Hôpital américain de Neuilly, surveiller les visages et les voix fatigués mais aussi penser aux accidents, aux épidémies, à la malchance, à la maladie foudroyante. Il faut s’interroger : Giscard est-il pour de bon immortel ? Michel Piccoli finira-t-il un jour par payer les orgies tabagiques commises devant la caméra de Claude Sautet ? Yvette Horner est-elle encore vivante (la réponse est oui) ? Peut-on vraiment imaginer un monde sans Jean-Paul Belmondo (la réponse est non, ici, à cause de Lucie qui l’admire) ? Il faut laisser de côté les goûts et les opinions qui vous feront écarter les personnalités appréciées et promettre la tombe à celles qu’on exècre. Une fois les listes enregistrées, la consultation des rubriques nécrologiques apporte plus de déceptions que de satisfactions et le bistrot, certains matins, prend des airs de salon funéraire : comment n’avais-je pas pensé à celle-ci ? Bon sang mais je croyais celui-là déjà mort ! Quand la réussite est là, ce sont des cris de joie qui résonnent et des tournées qui s’alignent. Le mort célèbre, du fond de son frais tombeau, peut alors se réjouir d’avoir contribué par son dernier geste à la joie et à la réussite de l’un d’entre nous. L’année 2017 m’aura été chrysanthèmement bénéfique puisque j’ai fini en tête de la compétition avec quatre défunts sur les dix que j’avais prévus : Max Gallo, Danielle Darrieux, Robert Hirsch et Jean d’Ormesson ont été mes chevaux gagnants. Pour 2018 (les copies sont à rendre le 17 janvier), je suis en train d’affiner mes choix dans une liste d’une quarantaine de noms. Au vu de ma réussite actuelle, il y en a qui pourront pousser un ouf de soulagement quand je déciderai finalement de ne pas les retenir.
MARDI.
            Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Alice Zeniter, Sombre dimanche, Le Livre de poche, 2015.
MERCREDI.
                  Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Jane Austen, Orgueil et préjugés, Éditions retrouvées, 2017.
                  Éphéméride. “10 janvier [1933].
Djibouti. Ville délabrée, mais tout compte fait moins laide que je n’aurais cru. Quelques palmiers. Classiques coloniaux français. Bistrots pas gais.
Il fait humide et frais. Il a plu. Installation dans la maison mise à notre disposition, très spacieuse. Visites diverses de Griaule, dont celle, de rigueur, au gouverneur. Belles femmes arabes et somali, en général assez hautes.
Sitôt dîner, convocation d’urgence : un copain de Griaule, qui a su qu’il était là, lui envoie sa voiture et le chauffeur muni d’une carte de visite le sommant de venir séance tenante. Nous nous amenons à quatre. Il y a là un consul de Belgique et un autre Belge, qui jouaient au bridge. La gentillesse de la maîtresse et du maître de maison fait que nous n’hésitons pas à redîner, bien que n’ayant plus faim.” (Michel Leiris, L’Afrique fantôme)
VENDREDI.
                  Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Peter Wohlleben, La Vie secrète des arbres, Les Arènes, 2017.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. La vie cachée des hommes célèbres.
778 (2)  778
La Montagne, 28 juillet 2015 / Vosges Matin, 17 août 2016
SAMEDI.
             Films vus pendant la semaine. Une question de vie ou de mort (A Matter of Life and Death, R.-U., 1946)
                                                               Mal de pierres (Nicole Garcia, France – Belgique – Canada, 2016)
                                                               The Reader (Stephen Daldry, É.-U. – Allemagne, 2008)
                                                               Corniche Kennedy (Dominique Cabrera, France, 2016)
                                                               Tenue de soirée (Bertrand Blier, France, 1986)
                                                               La Folle Histoire de Max et Léon (Jonathan Barré, France – Belgique, 2016)
                                                               L’Astragale (Brigitte Sy, France, 2015).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
778 (3)   778 (4)
Autun (Saône-et-Loire), photo de Philippe de Jonckheere, 20 février 2011 / Paris (Seine), rue Francœur, photo de Pierre Cohen-Hadria, 3 octobre 2011
           Poil et kitsch.
778 (5)
Puces de Villeurbanne (Rhône)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

 

 

7 janvier 2018 – 777

DIMANCHE.

Lecture. Le Rocambole n° 80 (Bulletin des Amis du Roman populaire, Encrage, automne 2017; 176 p., 18 €).

La vérité sur “Le Rocambole”.

Compte rendu à rédiger pour Histoires littéraires.

Bilan annuel 2017.

* 128 livres lus (- 14 par rapport à 2016)

* 294 films vus (- 10)

* 407 abonnés aux notules courriel + 3 abonnés internet + 1 abonné papier = 411 (+ 7)

Chantiers littéraires :

* 6942 Souvenirs quotidiens notés (+ 324, chantier terminé)

* 495 volumes étudiés dans l’Atlas de la Série Noire (+ 9)

* 384 communes visitées (+ 14) d’Ableuvenettes (Les) à Rebeuville dans le cadre de l’Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental

* 297 photos de Bars clos (+ 20)

* 1330 tableaux commentés dans la Mémoire louvrière (+ 31)

                                                * 625 publicités murales et enseignes peintes photographiées (+ 29)

* 3774 photographies de salons de coiffure pour l’Invent’Hair (+ 531)

                                                * 194 frontons d’école photographiés pour un Aperçu d’épigraphie républicaine (+ 1)

* 109 Lieux où j’ai dormi retrouvés ou ajoutés et photographiés (+ 5)

                                                Parutions :

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 70, juin 2017

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 71, décembre 2017

* “L’Hair du temps : visite de chantier”, Les Refusés n° 19, septembre 2017

* Notes de lecture, Histoires littéraires n° 69, 70 (Du Lérot éditeur, 2017)

Mentions :

* http://oreilletendue.com/2017/01/27/accouplements-81/

* https://bibliomancienne.com/2017/03/12/les-notules-dominicales-de-culture-domestique-en-bibliotheque/

* https://fr.wikipedia.org/wiki/Bianca_Lamblin

* La Licorne n° 122 : Relire Perec (Presses Universitaires de Rennes, 2016)

* Europe n° 1057 : Pierre Bergounioux (mai 2017).

Contribution (anonyme) :

* Le Canard enchaîné, 8 février 2017.

Étude :

* Karine Bissonnette, “Notulie de proximité : un partage du quotidien à l’ère du numérique”, colloque “Littératures et dispositifs médiatiques : pratiques d’écriture et de lecture en contexte numérique”, Université du Québec à Montréal, 26 mai 2017. http://oic.uqam.ca/en/communications/notulie-de-proximite-un-partage-du-quotidien-a-lere-du-numerique

Précision concernant la politique photographique des notules :

* Les notuliens contribuent de façon efficace à l’avancée des chantiers photographiques qui meublent nos livraisons dominicales : le cabinet de curiosités et l’Invent’Hair leur doivent beaucoup, sans parler des aptonymes ou de la rubrique Poil et plume. Merci. Une précision s’impose toutefois : ne sont acceptés que les clichés dûment localisés, pris “en vrai”, à l’aide d’un appareil idoine ou d’un téléphone de poche. Les photos issues de sites internet ou de réseaux plus ou moins sociaux ne sont pas homologuées.

Appel :

* Le début de l’année est généralement propice aux bonnes résolutions. Si parmi ces résolutions figure celle de ne plus vous laisser importuner par des messages électroniques antédiluviens, pesants, inutiles, creux, mal écrits, pompeux, j’en passe, et si vous vous apercevez tout à coup que les notules correspondent à l’une des catégories précitées, inutile d’engorger les tuyaux pour rien : un simple mot « stop » en réponse à ce numéro mettra fin à votre abonnement.

MERCREDI.

Éphéméride. “Jeudi 3 janvier.

Ensuite, étendue un moment sur le divan. J’ai voulu l’embrasser… Refus. J’ai dit “Quoi ! Pas même quelques baisers ?” Non. Rien. Je me suis mis à faire : “Hé : hé !” Elle a deviné. “Tu vas encore penser que c’est parce que j’ai été avec d’autres !” Je me suis mis à rire. Encore une fois répété qu’elle n’avait jamais vu un homme la soupçonner de tout comme je la soupçonne.

Nous verrons-nous samedi soir ? Dimanche ? Elle n’en sait rien. Elle m’avisera.” (Paul Léautaud, Journal particulier 1935)

                  Lecture. Capharnaüm n° 5 (Finitude, été 2016; 120 p., 14 €)

“Une heure avec…”

Sur les 400 entretiens avec des écrivains réalisés par Frédéric Lefèvre pour Les Nouvelles littéraires entre 1922 et 1940, la revue en a retenu une dizaine. On n’y trouve pas vraiment de réflexion approfondie sur le travail de chacun, plutôt des propos d’ordre général et des anecdotes (Maurice Leblanc qui dit avoir été mis au monde par le docteur Flaubert, frère de Gustave), mais cela permet de retrouver la parole de Maurice Leblanc déjà cité, Emile Chautard (inconnu de nos services), Stefan Zweig, Eugène Zamiatine, Jean Giono, Joseph Delteil, Pierre Drieu La Rochelle, Irène Némirovsky, Marcel Aymé et George Moore.

JEUDI.

Lecture. La Gloire des Pythre (Richard Millet, P.O.L., 1995, rééd. Gallimard, coll. Folio n° 3018, 2006; 384 p., s.p.m.).

Il fut un temps, on a un peu de mal à le croire aujourd’hui après son Éloge littéraire d’Anders Breivik, où Richard Millet était quelqu’un d’estimable, au moins comme écrivain. Avant de devenir une figure du monde parisien de l’édition en intégrant le comité de lecture de Gallimard, il a publié bon nombre de romans ayant pour cadre sa Corrèze natale. Millevaches, plus précisément. Il est né dans un village du plateau et à lire cette Gloire des Pythre, on peut se dire que sur les mille sources qui lui on donné son nom, il y en a une qui donne de l’encre et du talent à ceux qui savent y tremper leur plume. Le texte de Millet ressemble d’ailleurs beaucoup aux premiers romans de Bergounioux publiés chez Gallimard : même cadre, même ampleur, même souffle, même mise en avant de figures exemplaires. Millet y ajoute un style encore plus épique que celui de son compatriote avec des phrases qui peuvent prendre la dimension d’une page ou plus. C’est parfois fatigant, ne le cachons pas, et on n’est pas certain d’aller voir si ses autres titres sont du même tonneau mais on ne peut que regretter que l’homme ait gâché ce talent dans les écrits et les propos peu ragoûtants qui font aujourd’hui son ordinaire.

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Home sweet home.

777 (1)  777 (2)

Coust (Cher), photo de Jean-François Fournié, 4 mai 2015 / Gérardmer (Vosges), photo de l’auteur, 11 avril 2016

SAMEDI.

Lecture. Un trou dans la toile (Luc Chomarat, Payot & Rivages, coll. Rivages/Noir n° 1011, 2016; 272 p., 8,20 €).

Films vus pendant la semaine. Sully (Clint Eastwood, É.-U., 2016)

Les Cinglés en safari (Carry on Up the Jungle, R.-U., 1970)

Un sac de billes (Christian Duguay, France – Canada – République tchèque, 2017)

Promenade avec l’amour et la mort (A Walk with Love and Death, John Huston, É.-U., 1969)

Le Cœur en braille (Michel Boujenah, France – Belgique, 2016)

Les Évadés (The Shawshank Redemption, É.-U., 1994)

Goldstone (Ivan Sen, Australie, 2016).

L’Invent’Hair perd ses poils.

777 (3)  777 (4)

Le Soler (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 17 février 2011 / Kaysersberg (Haut-Rhin), photo d’Olivier Cuenin, 5 février 2012

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 25 octobre 2015. 62 km. (29812 km).

777 (5)

84 habitants

   Ce n’est pas un monument à proprement parler, j’ai d’ailleurs failli quitter les lieux sans voir cette plaque vissée sur la base d’une croix de calvaire surmontant le mur du cimetière.

777 (6)

1914 – 1918

Ortoncourt

A ses enfants

Morts pour la France

VICHARD Raymond

THOMAS André

POIROT Camille

CÉSAR Zéphir

SERRIERE Gabriel

                        VAUTRIN Gabriel

               Poil et presse.

777

Mooguy (Charlie Hebdo, 8 juin 2016)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

 

 

 

31 décembre 2017 – 776

MARDI.
            Lecture. L’Ordre du jour (Éric Vuillard, Actes Sud, coll. Un endroit où aller, 2017; 160 p., 16 €).
                          Le genre est désormais couru : il s’agit de prendre un événement historique (ici l’Anschluss), des personnalités de l’époque (Hitler, Schuschnigg, Krupp…), de raconter la part que ceux-ci ont prise dans celui-là en ajoutant à la réalité des faits possibles, des considérations psychologiques, des motivations, des détails qui sortent de l’imagination de l’auteur. Schwob fut un pionnier dans un domaine sur lequel s’étend aujourd’hui l’ombre gigantesque de Pierre Michon. Et c’est très rapidement la figure de Michon qui vient à l’esprit à la lecture des pages de Vuillard : la brièveté de son récit, son jeu sur les temps, ses spéculations (”on peut croire que”, “peut-être”…), son goût du détail imaginé (“Il allume un cigare”, “un capuchon de stylo fit un minuscule cliquetis”…) sont autant de petits cailloux semés sur le chemin qui mène aux Cards. Maintenant, Vuillard n’est pas Michon, son envergure et ses préoccupations sont autres. Il n’empêche que si on le compare à quelques prédécesseurs sur la liste des Goncourt, son livre possède une valeur littéraire infiniment plus forte que le pavé indigeste de Pierre Lemaitre ou l’inconsistant soufflé de Leïla Slimani récemment couronnés.
MERCREDI.
                  Vie en Creuse. Nous sommes à Aubusson pour quelques jours, destination propre à faire pâlir d’envie tout un chacun. Cet après-midi, nous excursionnons autour de Sous-Parsat, où les figurines de Noël qui décorent le village semblent avoir remplacé les habitants, absents, cachés ou enfuis. Le vent est cinglant, la température polaire, la nature que l’on devine à travers les averses de neige et de grêle – arbres étiques, chemins sales, bêtes embourbées jusqu’au canon dans les parcs – est à son plus laid. N’importe. Je ne donnerais pas ma place pour un boulet de canon.
                  Éphéméride. “Anvers. Jeudi 27 XII [1934]
Cure de peinture et architecture flamandes; ce sont elles, peut-être, qui communiquent cette énergie et cet élan à la marche, malgré la pluie, dans tout le CASCO, toute la journée. J’ai même eu un supplément de forces et d’initiative pour regarder ce qu’il y a dans deux ou trois librairies (rue des Tanneurs), chercher à me procurer des originales des Max Elskamp antérieurs aux recueils du “Mercure”, et déposer ma carte chez Ludo van Bogaert, un bibliophile avec qui je suis en relations depuis plus de dix ans, par lettres (c’est lui qui a commencé). Il doit avoir une belle collection de Français contemporains.“ (Valery Larbaud, Journal)
JEUDI.
          Vie littéraire. Le travail que j’ai emporté ici (une préface à rédiger pour une réédition de Gengenbach) avance bien après des mois d’inertie. Comme j’ai déjà pu le constater pour d’autres tâches d’écriture, il me suffit de changer de cadre pour que tout devienne facile.
          Lecture. Mes amis (Emmanuel Bove, Émile-Paul Frères, 1924, rééd. Flammarion, 1977; 222 p., s.p.m.).
                        On redécouvre régulièrement l’œuvre d’Emmanuel Bove et c’est fort heureux car la lecture de Mes amis montre qu’elle vaut le détour. C’est un récit à la première personne d’un homme tombé dans la débine à la suite de la Première Guerre mondiale, qui survit grâce à sa pension d’invalide et qui arpente les rue de Paris à la recherche de l’amitié. Les pauvres n’ont pas d’amis, c’est bien connu, et les tentatives du personnage pour se lier avec tel homme ou telle femme ne déboucheront que sur des déceptions. Sans que cela donne lieu à quelque forme de révolte ou d’emportement : les événements glissent sur l’homme, résigné, fataliste et même  – serait-ce une trace des origines russes de Bobovnikoff, le vrai nom de Bove – amusé par ce qui lui tombe sur le coin de la figure. L’errance désargentée a beau être un thème couru dans la littérature, on ne voit pas vraiment d’autre écrivain de langue française qui l’ait traité sur ce ton à la fois léger et tragique.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Présence (discrète) de Jean-Luc Godard à Raon-aux-Bois (Vosges) le 30 avril 2017, photo de l’auteur.
  776
SAMEDI.
              Films vus pendant la semaine. Iris (Jalil Lespert, France – Belgique, 2016)
                                                                Les Fugitifs (Francis Veber, France, 1986)
                                                                Sunday (Jonathan Nossiter, É.-U., 1997).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
776 (1)    776 (3)
Catllar (Pyrénées-Orientales), photos de Marc-Gabriel Malfant, 17 février 2011
                 Poil et BD.
776 (2)
Binet, Les Bidochon, tome IV
Bonne année,
Philippe DIDION

24 décembre 2017 – 775

LUNDI.

           Lecture. Je me tuerais pour vous : et autres nouvelles inédites (I’d Die For You, and Other Lost Stories, F. Scott Fitzgerald, Hoffmann & Campe Verlag, 2017 pour l’édition originale, Grasset/Fayard, 2017 pour la traduction française, traduit de l’américain par Marc Amfreville; 480 p., 23 €).
                         Il est assez frustrant de passer d’une édition annotée de Fitzgerald, celle de la Pléiade en l’occurrence, à ce volume qui ne propose, en guise de présentation, qu’une postface vague et peu utile. On pourrait dire qu’importe, le texte se suffit à lui même mais pour le coup ça ne marche pas car le texte en question est composé de nouvelles plutôt faiblardes, mal bâties, en un mot décevantes. Aussi aurait-il été précieux de savoir, pour chacune d’elles, s’il s’agissait d’une ébauche, d’un projet, d’un brouillon ou si elle avait envoyée telle quelle à un éditeur et quel accueil lui avait été réservé. Sans parler du problème des dates, au sujet desquelles on doit se contenter de la phrase suivante : “La plupart de ces nouvelles datent de l’époque où l’Amérique et le monde connaissent de la Grande Dépression”. Voilà qui est précis. On serait tenté d’oublier ce recueil qui n’ajoute rien à la gloire de Fitzgerald si ses concepteurs n’avaient fait preuve d’un seul talent : celui de la construction du volume, en plaçant en ouverture et en clôture les deux textes les plus intéressants.
MARDI.
            Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Eckhart Tolle, Le Pouvoir du moment présent : Guide d’éveil spirituel, J’ai lu, 2010.
MERCREDI.
                  Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Ernest Hemingway, Le Chat sous la pluie, Folio, 2017.
                 Éphéméride. “20 décembre [1913]
Pas de lettre.
L’effet produit par un visage paisible, par des propos calmes, surtout quand ils viennent d’une personne étrangère que l’on n’a pas encore pénétrée. La voix de Dieu sortant d’une bouche humaine.” (Franz Kafka, Journaux)
                 Lecture. Schnock n° 18 (La Tengo, mars 2015; 176 p., 14,50 €).
                              Philippe Noiret.
JEUDI.
          Lecture. Choc en retour (My Old Man’s Badge, 1950 pour l’édition originale, Presses de la Cité, coll. Un Mystère n° 34, 1950 pour la traduction française, rééd. in « Polars années 50 », vol. 2, Omnibus, 1996; 1078 p., 145 F).
                        Ce polar hard boiled – on imagine très bien Eddie Constantine dans le rôle du flic déterminé à venger son père tué par un gangster – présente peu d’intérêt : les premières pages recèlent quelques trouvailles de langage séduisantes vite mises sous le boisseau d’une intrigue convenue et peu vraisemblable. Comme la Série Noire, la collection Un mystère ne contenait pas que des joyaux.
VENDREDI.
                Le cabinet de curiosités du notulographe. Variations sur le monde du travail. 

775 (2)    775 (1)  775 (3)

Libération, 6 décembre 2017 / Le Figaro, 7 décembre 2017 / Saint-Jean-de-Sixt (Haute-Savoie), photo de Laurent Lagarde, 5 août, 2008
SAMEDI.
              Vie littéraire. Parution du Bulletin de l’Association Georges Perec n° 71.
              Films vus pendant la semaine. Le Fruit défendu (Henri Verneuil, France, 1952)
                                                                Cézanne et moi (Danièle Thompson, Belgique – France, 2016)
                                                                Loulou (Maurice Pialat, France, 1980)
                                                                Maman a tort (Marc Fitoussi, France – Belgique, 2016)
                                                                Plus fort que le diable (Beat the Devil, John Huston, É.-U., 1953)
                                                                Juste la fin du monde (Xavier Dolan, Canada – France, 2016)
                                                                Her (Spike Jonze, É.-U., 2013).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Prades (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 17 février 2011 / Camaret-sur-Aigues (Vaucluse), photo d’Hervé Bertin, 26 janvier 2012
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 18 octobre 2015. 31 km. (29750 km).
775
182 habitants
   Pas de monument aux morts visible.
               Poil et BD.
775 (6)   775 (7)   775 (8)
Barbapapa : La Coiffure (Annette Tison & Talus Taylor)
Bon Noël,
Philippe DIDION

 

17 décembre 2017 – 774

DIMANCHE.
                   Football. SA Spinalien – Le Blanc-Mesnil 2 – 1.
MERCREDI.
                 Éphéméride. “13 décembre [2004]
Nous sommes ancrés dans notre quotidien, dans des vies étriquées, sans grandeur, souvent assombries par la pensée de la mort, et pour échapper à l’ennui, au découragement, nous désirons nous projeter dans un espace sans limites, un espace où nous serions délivrés du temps et de notre condition. Parfois, nous accédons à l’intemporel, de rares moments de suave plénitude nous sont donnés, mais ils ne durent pas, et c’est alors la douloureuse retombée dans un quotidien où nous ne trouvons pas ce que nous attendons de la vie.” (Charles Juliet, Gratitude : Journal IX 2004-2008)
JEUDI.
          Vie commerciale. “Le gouvernement se réunit à Cahors pour parler de la désertification des centres urbains” (les radios). Samedi déjà, Le Monde publiait une enquête sur le sujet, notant que le pays atteignait désormais le taux de 11,3 % de vacance commerciale avec des sommets au-dessus de 25 % pour des villes comme Calais, Béziers, Châtellerault, Vierzon et Guéret. Des villes moyennes, comme la nôtre, qui perd peu à peu tous les atouts qui pouvaient motiver une installation en centre-ville. Le phénomène semble irréversible : je connais Guéret, je sais à quoi ressemblera Épinal dans quelque temps et je me dis que plus tard, ma foi, désert pour désert, la Creuse…  Ici, la ville s’éteint doucement, le cœur rongé par des zones commerciales où je n’ai jamais mis les pieds. Ses notables qui jouent les importants ne semblent pas se rendre compte qu’ils ne sont plus que des généraux d’une armée morte. Elle ne se réveille déjà plus que pour des manifestations ponctuelles propres à faire revenir pour quelques heures ceux qui sont partis s’empavillonner ailleurs, histoire de goûter au solennel emmerdement de la ruralité. La disparition des commerces de centre-ville est regrettable mais ne doit pas donner lieu à une nostalgie aveugle. Surtout quand on est assez vieux pour avoir connu l’épicier copie conforme du Poissonnard de Dutourd, le boucher qui mouille le jambon, la libraire qui fait la gueule quand le lycéen vient commander le petit classique Larousse prescrit par son prof, la boulangère qui ignore le gamin qui attend depuis un quart d’heure pour s’empresser de servir Maître Tartempion, bâtonnier du barreau de la ville, en un mot l’honneur de Pédonzigue. Ceux-là, il n’y a pas lieu de les regretter.
          Vie ferroviaire. Vendredi dernier, une contrôleuse s’est fait agresser sur une ligne de Moselle et ses collègues ont fait valoir leur droit de retrait. Depuis, plus de trains ou presque sur les lignes de la région Lorraine, j’ai eu de la chance mardi où j’ai pu rentrer par le 21 heures 03. Ce matin, on espérait un retour à la normale mais la nuit a été venteuse, des arbres sont tombés sur la voie, c’est coupé. Si jamais un contrôleur a pris une branche sur le coin de la casquette, on en a pour six mois.
VENDREDI.
                Le cabinet de curiosités du notulographe. Dégâts collatéraux de l’invasion touristique à Palma de Majorque (Espagne), photo de Francis Pierre, 11 avril 2016.

774

SAMEDI.
              Films vus pendant la semaine. La Danseuse (Stéphanie Di Giusto, France – Belgique – République tchèque, 2016)
                                                                Les Mystères de Paris (André Hunebelle, France – Italie, 1962)
                                                                Une vie (Stéphane Brizé, France – Belgique, 2016)
                                                                20 ans d’écart (David Moreau, France, 2013)
                                                                La File de Brest (Emmanuelle Bercot, France, 2016).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
774 (2)  774 (3)
Prades (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 17 février 2011 / Lyon (Rhône), photo du même, 19 décembre 2012
               Poil et pellicule.
774 (4)
In girum imus et consumimur igni (Guy Debord, France, 1978)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

 

10 décembre 2017 – 773

MARDI.
            Obituaire. Jean d’Ormesson est mort sans savoir qu’il devait les sept dernières années de sa longue vie à un obscur notulographe, roturier et provincial de surcroît. En témoigne ce bout de notule, en conclusion du récit d’une visite au salon du livre de Nancy (n° 462, 19 septembre 2010) : “En repassant place Thiers, Jean d’Ormesson qui s’apprêtait à traverser au rouge juste devant notre capot est retenu par une main secourable. Dommage. Ça aurait eu de la gueule de rentrer à Épinal avec Jean d’Ormesson collé au pare-brise.”
MERCREDI.
                 Obituaire. En entendant France Culture diffuser une chanson de Johnny Hallyday ce matin à 6 heures, je me suis dit que quelque chose était arrivé. L’homme, en l’occurrence, au bout de son parcours terrestre. Là aussi, plongeons dans les archives notulaires pour y retrouver ce qu’on en a dit. Dans le n° 79 du 6 octobre 2002, il était mentionné que le plus grand mystère d’Hallyday (outre celui d’une carrière incroyablement longue et riche au vu de la pauvreté du contenu musical sur laquelle elle était bâtie) tenait au fait “qu’on ne se rappelle jamais le nombre de y qu’il faut mettre à son nom”. La preuve : “Je me souviens que Johnny Halliday est passé en vedette à Bobino avant Raymond Devos (je crois même avoir dit quelque chose du genre de “si ce type fait une carrière, je veux bien être pendu…”)” (Georges Perec, Je me souviens).
 

773  773 (2)

Monthureux-sur-Saône (Vosges), photo de l’auteur, 9 novembre 2014 / Theux (Belgique), photo de J.-F. Fournié, 24 mars 2017
                 Éphéméride. À Harriet Shaw Weaver (carte postale)
“6 décembre 1915                                                     Kreuzstrasse 19, Zurich VII
[…] J’écris un roman, Ulysse, et je voudrais que l’autre fût publié et que j’en sois débarrassé une fois pour toutes; quand il s’agit de publication, toute correspondance est trop fastidieuse pour mon caractère (très paresseux).” (James Joyce, Choix de lettres)
VENDREDI.
                Le cabinet de curiosités du notulographe. Métamorphoses folkloriques de la fille cadette du notulographe, photos de son père.
773 (1)  773 (3)
Le Faou (Finistère), 11 juillet 2014 / Strasbourg (Bas-Rhin), 29 octobre 2015
                  Lecture. Sur les hauteurs du mont Crève-Cœur (Breakheart Hill, Thomas H. Cook, Bantam Books, 1995 pour l’édition originale, Le Seuil, 2016 pour la traduction française, rééd. Points Policier P 4629, 2017, traduit de l’américain par Philippe Loubat-Delranc; 360 p., 7,50 €).
SAMEDI.
              Vie (et mort) des idoles. Les commentateurs de tout poil s’en donnent à cœur joie au sujet des cérémonies qui vont accompagner Johnny Hallyday dans son dernier voyage. On évoque Victor Hugo, Édith Piaf, Charles de Gaulle, Jacques Brel. C’est faire preuve de courte vue. Pour voir une nation entière sombrer, élites en tête, dans un tel potage, il faut remonter beaucoup plus loin dans le temps : “… ce peuple […] s’est corrompu. Il s’est bien vite détourné de la voie que je lui avais ordonné de suivre; il s’est fait un veau en métal fondu, s’est prosterné devant lui, et lui a offert des sacrifices…” (Ancien Testament, Exode, 7-9).
              Films vus pendant la semaine. Elvis & Nixon (Liza Johnson, É.-U., 2016)
                                                                Les 3 Mousquetaires (André Hunebelle, France – Italie, 1953)
                                                                La Mécanique de l’ombre (Thomas Kruithof, Belgique – France, 2016)
                                                                Asphalte (Samuel Benchetrit, France, 2015)
                                                                Sing Street (John Carney, Irlande – R.-U. – É.-U., 2016)
                                                                Daisy Clover (Inside Daisy Clover, Robert Mulligan, É.-U., 1965).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
773 (4)
Maizières (Meurthe-et-Moselle), photo de François Golfier, 4 février 2011
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 11 octobre 2015. 124 km. (29719 km).
773 (6)
69 habitants
   Le monument est dans le cimetière, au bout d’une allée pavée. Le sommet est occupé par une sculpture indéterminée, une sorte d’urne à moitié drapée – peut-être en manque-t-il un morceau. En avancée, trois pots de fleurs et un parpaing dans lequel sont scellés les tubes appelés à recevoir les hampes des drapeaux. La Croix de Guerre réglementaire apparaît en bas-relief. Le monument est signé Binot à Châtenois.
773 (5)
   Droite :

Aux enfants d’Ollainville

Morts pour la Patrie

1914-1918

BOURGON Henri

8 juin 1915

Bois-le-Prêtre

CHAMPAGNE Georges

Lieutnt 4 7bre 1916

Verdun

MAILLARD Camille

5 mai 1917

Mourmelon-le-Grand

GROSSELIN Paul

Me Btier 20 8bre 1918

Le Puy

   Gauche :

BRENEL Aléxis

Off. D’adon de 1ère classe

20 avril 1915

Fontainebleau

FREBILLOT Joseph

1er mai 1915

Troyes

RENAUD Alix

13 mai 1915

Bois-le-Prêtre

LASSAUX Gaston

30 mai 1915

Bois-le-Prêtre

               Poil et plume. Dans le domaine de la mode, signalons les nouveaux Peignes Pleins Pour Personnes Pelées. On a remarqué bien souvent, en effet, combien était absurde, pour des personnes entièrement chauves, l’usage du peigne ordinaire à dents divisées. Le peigne plein, au contraire, est un polissoir du plus heureux effet qui, loin d’écorcher le crâne inutilement, lui donne l’aspect brillant d’un ivoire ancien.” Gaston de Pawlowski, Inventions nouvelles & dernières nouveautés)
Bon dimanche,
Philippe DIDION