14 juillet 2019 – 842

 N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 4 août 2019.
DIMANCHE.
                   Bestiolaire de Saint-Jean-du-Marché. Identification d’une Piéride du chou, d’un Gendarme et d’un Citron.
LUNDI.
           Lecture. À la feuille de rose : Maison turque (Guy de Maupassant, Mille et une nuits n° 573, 2010; 64 p., 2,50 €).
                        “Comédie de mœurs (mauvaises) en un acte et en prose, représentée pour la première fois à Paris en 1875”.
           Vie musicale. Concert de ZZ Top à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Où l’on voit que si le trio a su conserver son public (la salle est pleine comme un œuf), il n’a pas réussi à le renouveler : ça grisonne et ça bedonne rondement dans les travées. Il faut dire qu’asteure il faut une certaine assise sociale pour assister à un concert d’envergure : les artistes ne vendent plus de disques, gagnent des clopinettes sur les plates-formes de téléchargement et se refont la cerise en pratiquant des tarifs de concert démesurés. Ici, le moindre rockaillon de banlieue change de guitare tous les deux ou trois morceaux pour montrer qu’il en a en stock et quand il accède à une certaine notoriété, c’est à chaque titre qu’il se fait livrer un nouvel instrument par un stage hand dévoué. Au Texas, quand on tient un manche – de hache, de pioche, de guitare – on ne le lâche pas et Billy Gibbons jouera l’intégralité du concert sur les mêmes six cordes, à part pour un intermède en slide. Gibbons présente d’ailleurs, guitare oblige, une particularité anatomique intéressante : sa barbe lui arrivant au nombril, il est obligé de tenir son instrument au niveau des rotules pour éviter de mêler poils et cordes. Pour l’atteindre, il s’est donc fait pousser les bras et c’est merveille de le voir sortir de scène en évitant habilement de se marcher sur les doigts. Et la musique dans tout ça ? Disons que si vous la jouez régulièrement dans votre jardin, vous ne serez plus enquiquiné par la Processionnaire du chêne pendant un bon moment.
MARDI.
            Lecture. Évasion (Old Lonesome, Benjamin Whitmer, 2018 pour l’édition originale, Gallmeister, coll. Americana, 2018 pour la traduction française, traduit de l’américain par Jacques Mailhos; 416 p., 23,80 €).
                          Il y a des auteurs exigeants, qui sont une source de plaisir pour le lecteur cherchant à tracer son chemin dans une intrigue pleine de fausses pistes ou dans une écriture pleine de pièges. C’est le modèle de Benjamin Whitmer, qui aimerait être quelque chose comme un Faulkner des temps modernes. Mais Whitmer ne parvient qu’à être fatigant par sa recherche incessante de la formule choc, de la métaphore tordue, et par son soin à ôter toute clarté et toute continuité à son histoire d’évasion. Je m’étais déjà fait avoir par Cry Father (2014), du même auteur, cette deuxième tentative n’aura pas été plus concluante. 
MERCREDI.
                  Éphéméride. “Jungborn, le 10 juillet 1912
Mon très cher Max, je te réponds tout de suite parce que ta lettre me fait tellement plaisir qu’elle me brûle les mains. Ton poème restera l’ornement de ma cabane et quand je me réveillerai la nuit, ce qui arrive souvent, car je ne suis pas encore habitué aux bruits de l’herbe, des arbres et de l’air, je le lirai à la lueur de ma chandelle. Peut-être serai-je à même un jour de le réciter par cœur, dans ce cas j’en serai soulevé, fût-ce dans le secret de mon âme quand je suis méconnu, attablé devant mes noix.” (À Max Brod, Franz Kafka, Lettres à sa famille et à ses amis)
JEUDI. 
En feuilletant Livres Hebdo. Collectif, L’Accordeur de piano dans la littérature et au cinéma, Éditions universitaires de Dijon, 2019; 100 p., 12 €. Et pourquoi pas le coiffeur ?
         Brèves de trottoir.
 842 (1)-min  842 (3)-min*
 * Tiré de Les Murs ont la parole : mai 68, citations recueillies par Julien Besançon, Tchou, 1968.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Pictogrammes canins.
 842 (4)-min  842-min
Breuvannes-en-Bassigny (Haute-Marne), photo de Jean-François Fournié, 7 avril 2004 / Épinal (Vosges), photo d’Alice Didion, 5 mars 2018
SAMEDI.
              Lecture. Schnock n° 25 (La Tengo, décembre 2017; 176 p., 14,50 €).
                            Renaud.
                            Pseudo (Émile Ajar, Mercure de France, 1976; 222 p., s.p.m.).
              Films vus pendant la semaine. Cléopâtre (Cleopatra, Joseph L. Mankiewicz, Suisse – R.-U. – É.-U., 1963)
                                                                Je vais mieux (Jean-Pierre Améris, France, 2017)
                                                                Microcosmos, le peuple de l’herbe (Claude Nuridsany & Marie Pérennou, France – Suisse – Italie, 1996)
                                                                Bécassine (Bruno Podalydès, France, 2018)*
                                                                Au pieu ! (Quentin Duposte), non, Au poste ! (Quentin Dupieux, France, 2018)
                                                                Susie et les Baker Boys (The Fabulous Baker Boys, Steve Kloves, É.-U., 1989)
Un oiseau rare (Richard Pottier, France, 1935).
* Où l’on découvre que Bécassine a d’étranges lectures :
 842 (2)-min
              L’Invent’Hair perd ses poils.
 842 (5)-min  842 (6)-min
Antibes (Alpes-Maritimes), photo de l’auteur, 6 mai 2011 / Neuville-les-Dames (Ain), photo de Marc-Gabriel Malfant, 15 août 2014
IPAD (Itinaraire Patriotique Alphabétique Départemental). 8 avril 2018. 100 km. (34235 km).
842 (7)-min
76 habitants
   C’est un modèle réduit de monument, planté sur une petite place pavée envahie par la mousse. À La base de la flèche, un cerclage métallique présente les supports destinés à accueillir les drapeaux lors des cérémonies.
842 (8)-min
Morts pour la France
1870

G. NOIRIEL 1871 Belfort

1914 à 1918

Sergt NOIRIEL 1914 Morhange

   Droite :

A. LARCHER 1914 Morhange

G. LARCHER 1914 Morhange

H. COLLIN 1914 Champinoux*

M. CHAMBRE 1914 Ste Menehould

   Gauche :

Adjdt E. POIGNANT 1916 Belloy

G. GRANDIDIER 1916 Vertuzey

C. LAHAYE 1917 Regnéville

C. COLLIN 1918 Mannheim

* J’ai lu Champinoux mais il doit s’agir de Champenoux, commune de Meurthe-et-Moselle où eurent lieu de violents combats en 1914.

              Poil et plume. “Après lui avoir passé les ciseaux sur la nuque, le coiffeur proposa :
   – Vous devriez vous faire aplatir les cheveux. Vous avez exactement la nature de cheveux qui convient, fournis et épais.
   – Vous n’y arriverez jamais. C’est de la paille de fer, fit Jimmy.
   – Pensez-vous. Plus ils sont crépus à l’arrivée, plus ils sont raides à la sortie, riposta le coiffeur. Je vous promets des cheveux lisses comme de la soie.
   – Vous croyez ?
   – J’vous le garantis.
   – Et ça coûte combien ?
   – Sept dollars, répondit le coiffeur.” (Chester Himes, Dare-dare)
Bon dimanche,
Philippe DIDION
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7 juillet 2019 – 841

DIMANCHE.
                   En feuilletant Livres Hebdo. Catia Nannoni, Participe présent et gérondif dans la presse française contemporaine, un thriller de 176 pages disponible chez Peter Lang pour la modique somme de 58,03 €.
LUNDI.
           Lecture. Mauvaises graines (Ugly Girls, Lindsay Hunter, 2014 pour l’édition originale, Gallimard, coll. Série Noire, 2018 pour la traduction française, traduit de l’américain par Samuel Todd; 288 p., 22 €).
                         Il est toujours fâcheux de voir un auteur capable de camper des personnages intéressants dans un cadre qui ne l’est pas moins se montrer incapable de leur trouver quoi que ce soit d’intéressant à faire. C’est le cas de Lindsay Hunter qui campe ici deux beaux spécimens de filles paumées, à la limite de la délinquance, dans une petite ville typique de l’Amérique des déclassés. Tout y est, les flirts minables, la vie sordide dans un camp de mobile homes, les virées imbéciles, la tentation de la délinquance. Mais rien ne se passe, ou presque et le final, qui arrive comme un cheveu sur la soupe au moment où l’auteure se rend compte qu’elle a oublié quelque chose, est tellement embrouillé qu’il ne rachète rien. Cela dit, c’est un premier roman, rien n’interdit d’espérer mieux pour la prochaine fois.
MERCREDI.
                   Obituaire. “Je me souviens de Zappy Max.” (Georges Perec, Je me souviens). Je me souviens aussi de lui, de Quitte ou double que j’écoutais sur RMC dans les années 1970 en Provence. Je l’avais vu à Nancy, il y a quelques années, derrière une pile de livres, totalement ignoré de la foule qui se pressait au Livre sur la place.
                   Éphéméride. “Lundi 19 juin 1978
Hier soir, dîner à huit, dans l’appartement, rue des Volontaires, que je partage avec Jean-Guy : Jacqueline, Pierre-Guillaume, Estelle, Serge Doubrovsky, une de ses étudiantes à New York University (Autrichienne qui le console), la petite amie de Patrice Gélinet, Jean-Guy et moi. Patrice arrive après minuit, de Normandie, où il a passé le week-end : chez l’ancien ami de sa nouvelle amie, un certain Matthias, fils de Jean Gabin. Tous les convives – sauf moi et sans doute Isle, qui le connaissons déjà bien – sont frappés par le “cas” Serge. Un garçon charmant, mais complexé à l’extrême, et qui le restera jusqu’à son dernier souffle. Malgré sa grande vitalité, sa fine intelligence, on le sent gêné aux entournures, et cela finit par vous incommoder, alors qu’on souhaiterait le mettre à l’aise.” (Marc Hanrez, Poste restante : Un journal littéraire (1954-1993)
VENDREDI.
                  Lecture. Cinq semaines en ballon : Voyage de découvertes en Afrique (Jules Verne, Hetzel, 1863, rééd. in “Les romans de l’air”, Omnibus, 2001; 1140 p., 22,20 €).
                                On a souvent souligné, et avec raison,  les aspects racistes des albums de Tintin, certains allant même jusqu’à réclamer l’interdiction de Tintin au Congo. Jules Verne, qui a lui aussi fait parcourir à ses héros blancs un monde en grande partie colonisé, n’a pas été l’objet de la même intransigeance. Il y a pourtant, dans son œuvre, des pages qui valent leur pesant de Banania, comme cet échange entre les voyageurs dont le ballon vient d’être attaqué par une horde de singes :
   “En voilà un assaut ! dit Joe.
   – Nous t’avions cru assiégé par des indigènes.
   – Ce n’étaient que des singes, heureusement ! répondit le docteur.
   – De loin, la différence n’est pas grande, mon cher Samuel.
   – Ni même de près, répliqua Joe.”
              Le cabinet de curiosités du notulographe. Enseignes mortes.

841-min  841 (2)-min

 Châtelus-Malvaleix (Creuse), 27 juillet 2015 / Nancy (Meurthe-et-Moselle), 10 septembre 2016, photos de l’auteur

SAMEDI.
              Vie littéraire. Retrouvailles familiales à la Sorbonne avec Lucie, parisienne depuis plus d’une semaine. Nous assistons à la première partie du séminaire Perec, particulièrement intéressés par la communication bien enlevée de Danielle Constantin qui montre qu’il y a toujours de quoi s’occuper avec La Vie mode d’emploi, notamment en l’abordant du pont de vue génétique. Nous croûtons rue des Écoles et filons rue du Bac : depuis le temps que j’ai envie de voir les collections entomologiques rassemblées chez Deyrolles, j’ai eu le temps de fantasmer sur le sujet mais la réalité dépasse tout ce que je pouvais imaginer. Nous descendons ensuite le boulevard Raspail pour aller rendre hommage à Agnès Varda, d’abord au cimetière Montparnasse – où je suis infoutu de retrouver la tombe de Baudelaire – puis rue Daguerre, où la façade de sa maison est aisément reconnaissable.
              Lecture. Les Choses de la vie (Paul Guimard, Denoël, 1967, rééd. Gallimard, coll. Folio n° 315, 1973; 160 p., s.p.m.).
              Films vus. Le Collier rouge (Jean Becker, France – Belgique, 2018)
                               Au service secret de Sa Majesté (On Her Majesty’s Secret Service, Peter R. Hunt, R.-U., 1969)
                               L’Amour c’est gai, l’amour c’est triste (Jean-Daniel Pollet, France, 1971)
                               Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli, Luchino Visconti, Italie – France, 1960)
                               Je vais mieux (Jean-Pierre Améris, France, 2017).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
841 (1)-min  841 (3)-min
Paris (Seine), photo de Pierre Cohen-Hadria, 17 avril 2011 / Varages (Var), photo de Marc-Gabriel Malfant, 10 juillet 2017
              Poil et pellicule.
841 (4)-min
Ah ! Si j’étais riche (Gérard Bitton & Michel Munz, France, 2002)
LUNDI.
           Lecture. L’Ironie du sort (Paul Guimard, Denoël, 1961, rééd. Librairie Générale Française, coll. Le Livre de poche, 1969; 160 p., s.p.m.).
MARDI.
            Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Roxane Dambre, La Trace du coyote, Le Livre de poche, 2014.
MERCREDI.
                  Vie interrompue. Quand Caroline, retour du boulot, m’a dit qu’elle avait reçu une mauvaise nouvelle sur son téléphone de poche, j’ai su immédiatement que C. était mort. J’avais beau redouter ce moment – l’absence de nouvelles en provenance de Savenay (Loire-Inférieure) n’avait rien de rassurant – je vacille sous la force de la torgnole. C. avait eu plusieurs vies au gré des rencontres, des événements, des choix qu’il avait faits. La dernière, celle qu’il a passée loin d’ici, a dû être la plus heureuse. Puisse ce bonheur avoir tenu le plus longtemps possible.
JEUDI.
          Vie à l’eau. Si C. était venu avec moi aujourd’hui à Gérardmer, il aurait eu tôt fait de m’abandonner à mes clapotis : il aurait traversé le lac à la nage en long en large et en travers, en aurait fait trois fois le tour à vélo avant de me lancer “Je fais le dernier à cloche-pied et on va boire l’apéro.” C. était sportif. C. était professeur. Il était membre de deux corporations que je ne fréquente guère mais il n’en avait pas les travers, ce qui, ajouté à d’autres raisons, me le rendait cher. Apollinaire avait un ami qui n’était ni sportif, ni professeur, simplement poète : André Salmon. Quand André Salmon s’est marié, le 13 juillet 1909, Apollinaire lui a offert un poème. Devant les drapeaux déployés dans la capitale en vue de la Fête nationale, il écrivait : “On a pavoisé Paris parce que mon ami André Salmon s’y marie”. Aujourd’hui, devant les écoles et collèges fermés, devant les examens reportés, je sais qu’on a foutu la paix aux mômes – et à moi-même – parce que mon ami est mort et que je suis bien triste.
          Lecture. Histoires à faire pâlir la nuit (This One Will Kill You, Dell Publishing, 1971 pour l’édition originale,  Pocket n° 2362, 1985, rééd. in « Alfred Hitchcock présente : Encore 109 histoires extraordinaires », Collectif, Presses de la Cité, 1994; 1230 p., 145 F).
                        Nouvelles.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Enseignes épicières.
841 (6)-min  841 (7)-min
Nancy (Meurthe-et-Moselle), photo de François Golfier, 26 mai 2017 / Ruoms (Ardèche), photo d’Hervé Bertin, 17 juin 2016
SAMEDI.
             Vie littéraire. La deuxième édition des Journées Pierre Michon se déroule en cette fin de semaine à Guéret (Creuse). Michon est prévu au programme, bien sûr, Michon n’est pas venu, c’est dans l’ordre naturel des choses, mais cette fois il a un certificat médical pour excuser son absence. On se contentera donc des interventions d’une universitaire, aussi obscure à l’oral qu’à l’écrit, et de plusieurs auteurs, reliés plus ou moins lâchement à Michon : François-Henri Désérable, orateur habile comme on a pu le constater à la télévision (le lycée La Providence d’Amiens a formé plusieurs orateurs habiles), qui déroule de façon plaisante quelques anecdotes pas neuves de l’histoire littéraire, Jean-Yves Larichesse, qui aime beaucoup ce qu’il écrit, Thierry Froger, auteur d’un livre centré sur Godard susceptible de m’intéresser et qui parlera quand je serai sur la route du retour.
             Films vus. Cœur de lilas (Anatole Litvak, France, 1932)*
                              Tir groupé (Jean-Claude Missiaen, France, 1982)
                              Contre-enquête (Franck Mancuso, France, 2007)
                              Je t’aime moi non plus (Serge Gainsbourg, France, 1976)
                              La Maladie de Sachs (Michel Deville, France, 1999)
                              Lamiel (Jean Aurel, France – Italie, 1967).
* Qui réunit, trente ans avant L’Âge ingrat (Gilles Grangier, France, 1964), Jean Gabin et Fernandel.
             L’Invent’Hair perd ses poils.
841 (8)-min  841 (9)-min
Chaudes-Aigues (Cantal), photo de Marc-Gabriel Malfant), 18 mars 2013 / Tours (Indre-et-Loire), photo de Yannick Séité, 24 octobre 2017
             Poil et plume.Il y en a qui montent sur le fauteuil du salon de coiffure avec autant de majesté que s’ils montaient sur un trône.” (Baldomero Fernández Moreno, Le Papillon et la Poutre)
DIMANCHE.
                   Bestiolaire spinalien. Identification d’un Ténébrion meunier.
LUNDI.
          Lecture. Le Promeneur du Morvan (Vincent Vanoli, Les Requins Marteaux, coll. Transhumance, 2019; n.p., 16 €).
MARDI.
             Bestiolaire spinalien. Identification d’un Poisson d’argent.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “Ces deux derniers jours ma pensée a été occupée par Madeleine. Elle m’avait offert il y a longtemps Art et sagesse en Chine. Mi Fou (1051-1107), de Nicole Vandier-Nicolas, une femme de grand savoir, à la pensée claire et à l’écriture précise et soignée. Ce livre a été pour moi important et je suis souvent revenu aux pages plus spécialement consacrées à Mi Fou. (J’ai prêté ce livre et on ne me l’a pas rendu. J’ai dû attendre plusieurs années avant qu’il soit réédité. Au plaisir que j’ai eu à en acquérir un exemplaire, j’ai su combien cet ouvrage m’avait manqué.)” (Charles Juliet, Apaisement : Journal VII 1997-2003)
                  Lecture. Une vipère lubrique : Paul Léautaud (Auriant, À l’écart, 1988; 198 p., s.p.m.).
                                À l’origine de ce livre, il y a un chapitre qu’Auriant fait paraître dans une petite revue, Quo vadis. On est en 1952, Auriant vient d’entendre les entretiens radiophoniques de Paul Léautaud avec Robert Mallet et son sang ne fait qu’un tour. Léautaud accède à une notoriété qui le fait bouillir et il sort l’arme lourde – voir le titre : l’ermite de Fontenay n’est qu’un poseur, un faiseur, un imposteur, un médiocre, un raté doublé d’un obsédé sexuel. C’est qu’il connaît la bête, qu’il a longtemps côtoyée au Mercure de France. Une relation assez paisible d’ailleurs, jusqu’à ce que les premiers tomes du Journal littéraire de Léautaud paraissent et qu’Auriant s’y voie assez sévèrement traité. Son livre est donc une mise au point, un règlement de comptes qui tourne vite au déballage de querelles de peu d’envergure, mettant en cause des personnages oubliés. Il devient vite lassant : Auriant tourne en rond après sa fulgurante ouverture sur le couple Mallet – Léautaud et peu à peu apparaît sa véritable motivation. Lui aussi est une sorte d’ermite, lui aussi revendique son dégoût du milieu littéraire, lui aussi écrit librement, sans céder aux compromissions. Et c’est l’autre qui est acclamé, c’est l’autre qui reçoit la lumière. Impensable… Il faut donc monter sur le ring, en découdre. Et il perd le match : dans le genre médisant, Léautaud est meilleur, moins direct peut-être mais plus efficace et même si le personnage n’est pas loin de ressembler au portrait qu’en fait Auriant, l’écrivain est meilleur.
JEUDI.
          Vie de quartier. Le bistrot d’en bas de chez moi a installé sur le trottoir une composition végétale d’un goût que l’on ne commentera pas. Derrière ces plantes, il a dressé une sorte de panneau sur lequel il veut que soient écrits et exposés, pour une durée variable, quelques mots susceptibles d’interpeller le passant, de l’intriguer, de susciter ce qu’il appelle un “stop and go” pouvant se transformer, qui sait, en “stop and drink”. Pour les textes, il m’a demandé de fournir, j’ai fourni, je fournirai. Nous sommes tombés d’accord sur un rythme bi-hebdomadaire et les notules présenteront les deux “Brèves de trottoir” de la semaine à la page du jeudi.
841 (5)-min  841 (10)-min
          En feuilletant Livres Hebdo. Amor Tahar, Structure et fonction du paratexte journalistique : une approche sémio-discursive, Saint-Honoré éditions, thriller du mois.
VENDREDI.
                  Vie professionnelle. Dernier jour de boulot. Encore une année d’abattue, il en reste peu. Dans les conversations tenues en salles des professeurs, la “fatigue de fin d’année” s’ajoute à la sacro-sainte “fatigue de fin de trimestre.” Je connais bien la fatigue de fin de trimestre : elle me tombe dessus en général autour du 5 septembre et finit par me lâcher dans la dernière semaine d’août. Cela dit, à part la noire fatigue de plus en plus sensible, usure de la bête oblige, je dois dire que je n’ai jamais vécu une année scolaire aussi paisible. Les élèves ne m’ont jamais semblé aussi agréables, voire aimables : je chercherais en vain le nom d’un emmerdeur ou d’une emmerdeuse. Il faut dire que de mon côté je m’efforce de ne pas trop les enquiquiner. Je suis devenu beaucoup plus compréhensif avec les élèves le jour où j’ai compris qu’ils étaient parfois coincés des heures entières face à telle ou telle personne dont le commerce m’ennuyait au bout de quelques secondes. Ainsi, je m’emploie à être conciliant. Conciliant, pas bienveillant, attention : la bienveillance fait partie désormais du discours officiel, des recommandations émanant de la hiérarchie. En ce moment, je corrige des copies d’examen, la consigne première qui a été donnée est “Soyez bienveillants”. Bienveillance mon cul, aurait dit Zazie, on n’est pas au catéchisme. Je lui préfère, à tout prendre, le “zèle compatissant” prôné par Robespierre et repris par Michon dans Les Onze. La Terreur, voilà une source fiable pour l’enseignement.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Les dessous chics.
841 (11)-min  841 (12)-min
Foulain (Haute-Marne), photo de Jean-François Fournié, 24 septembre 2017 / emboîtage, photo de Thierry Vohl, 9 octobre 2016
SAMEDI.
              Films vus. Birdman (Birdman or The Unexpected Virtue of Ignorance, Alejandro G. Iñárritu, É.-U., 2014)
                               Le Cercle littéraire de Guernesey (The Guernesey Literary and Potato Peel Pie Society, Mike Newell, R.-U. – É.-U., 2018)
                               Où est la liberté (Dov’è la libertà… ?, Roberto Rossellini, Italie, 1954)
                               Dogman (Matteo Garrone, Italie – France, 2018)
                               Haenyo, les femmes de la mer (court métrage, Éloïc Gimenez, France, 2018)
                               Parasite (Gisaengchung, Bong Joon-ho, Corée du Sud, 2019).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
841 (13)-min  841 (14)-min
Saint-Martin-sur-le-Pré (Marne), photo d’Yves Lambert, 26 mars 2011 / Montpon-Ménestérol (Dordogne), photo de Marc-Gabriel Malfant, 9 mai 2018
              Poil et pellicule.
841 (15)-min  841 (16)-min
Roman de gare (Claude Lelouch, France, 2007)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

16 juin 2019 – 840

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 7 juillet 2019.

DIMANCHE.

Vie en Vosges. J’effectue ma première promenade kantienne de la saison autour de Saint-Jean-du-Marché.

LUNDI.

Lecture. Qui a peur d’Ed Garpo ? (Fred Kassak, Le Masque n° 2241, 1995, rééd. in “Romans humoristiques”, Le Masque, coll. Intégrales, 2003; 800 p., s.p.m.).

Nouvelles.

MARDI.

Lecture. Le Plancher de Jeannot (Ingrid Thobois, Buchet/Chastel, coll. Qui vive, 2015; 82 p., 9 €).

Bien connu des amateurs d’art brut, le plancher de Jeannot a été découvert en 1993 dans une ferme du sud-ouest de la France. Un paysan y avait tracé au poinçon un long texte énigmatique alors qu’il vivait reclus et privé de nourriture dans cette ferme, auprès du cadavre de sa mère enseveli sous l’escalier. On sait peu de choses sur Jeannot : un service militaire en Algérie, un père suicidé, une sœur qu’Ingrid Thobois choisit de faire parler. Elle s’adresse ici à son frère dans un texte qui est plus poétique qu’informatif mais le but n’est pas d’éclairer un mystère sur lequel tout le monde s’est cassé les dents. Le plancher de Jeannot est aujourd’hui visible à proximité de l’hôpital Sainte-Anne, à Paris.

MERCREDI.

Éphéméride. “5 juin

* Balzac reçoit son brevet d’imprimeur.

* J.-S. Bach pose sa candidature au poste de Cantor de Leipzig, malgré la préférence que le conseil manifeste ostensiblement pour Telemann.

* Commentant son rêve du 28 mai, Madame Guyon dit que la vallée se trouve à mi-hauteur de la montagne où, plus on descend plus on monte, alors que dans la chambre, on s’apprivoise en simplicité.

* Il a neigé, ce matin, sur l’herbe verte de Lans.” (Michelle Grangaud, Calendrier des poètes : Année folle I)

VENDREDI.

Vie littéraire. “Le surréaliste luciférien surgi des oubliettes.” C’est sous ce titre que Le Monde des livres publie un article bien documenté sur notre réédition d’Espis de Gengenbach. Fasse le ciel que ce prestigieux éclairage profite à l’Ernest et à ses œuvres.

Lecture. Les Incurables (The Incurables, Jon Bassoff, 2015 pour l’édition originale, Gallmeister, coll. Americana, 2018 pour la traduction française, traduit de l’américain par Anatole Pons; 240 p., 21,80 €).

Le cabinet de curiosités du notulographe. Halte aux cadences infernales à La Bâthie (Savoie), photo de Sylvie Mura, 1er novembre 2017.

840-min

SAMEDI.

Films vus. Les Plages d’Agnès (Agnès Varda, France, 2008)

On fait comme on a dit (Philippe Bérenger, France, 2000)

L’Affaire Rachel Singer (The Debt, John Madden, É.-U. – R.-U. – Hongrie – Israël, 2010)

Un homme et une femme, 20 ans déjà (Claude Lelouch, France, 1986)

Haute voltige (Entrapment, Jon Amiel, É.-U. – R.-U. – Allemagne, 1999)

Despierta (court métrage, Christian Avilés, Espagne, 2013)

Le Jeune Ahmed (Jean-Pierre & Luc Dardenne, Belgique – France, 2019).

L’Invent’Hair perd ses poils.

840 (3)-min  840 (2)-min

Toulouges (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 15 avril 2011 / Druelle (Aveyron), photo du même, 12 mars 2013

              Poil et pellicule.

840 (4)-min

 Mon Führer – La Vraie Véritable Histoire d’Adolf Hitler (Mein Führer – Die wirklich wahrste Wahrheit über Adolf Hitler, Dani Levy, Allemagne, 2007)

Vie littéraire. À Jaligny-sur-Besbre (Allier), on fête les 30 ans du Prix René-Fallet. On a édité une plaquette pour l’occasion et j’ai plaisir de voir que ma contribution a été retenue et que je suis voisin de sommaire de Serge Joncour et d’Agathe Fallet. Avec Agathe, je poursuis viva voce une conversation entamée par lettres au sujet de Roger Riffard, un auteur devenu introuvable et que j’aimerais beaucoup lire.

LUNDI.

Vie littéraire. Je boucle et envoie à la mise en pages le Bulletin de l’Association Georges Perec n° 74.

Lecture. La Vie devant soi (Émile Ajar, Mercure de France, 1975, rééd. in « Romain Gary – Émile Ajar, Légendes du je », Gallimard, coll. Quarto, édition établie et présentée par Mireille Sacotte; 1428 p., 29,90 €).

MARDI.

            Lecture. Snouk ou Le Rendez-vous des enfants prodiges (Pierre Véry, 1957, in « Les Intégrales du Masque », tome 1, Librairie des Champs-Élysées, 1992; 1024 p., s.p.m.).

Pièce radiophonique.

MERCREDI.

Éphéméride. “12 juin [1892] : Je serais le Menechme d’Ernest Hello. Bloy et plusieurs autres l’affirment. Il n’y a pas selon eux de réalité plus effrayante que notre ressemblance. Vu dans l’espace disait Bloy, Hello faisait penser au Paralytique de la piscine de Bethsaïda guéri par une parole de notre Sauveur, et il avait toujours l’air de porter son lit. Hello, était, en effet, très voûté et paraissait légèrement bossu. J’aurais démonté le lit pour en faire un chevalet de dimension, “installé aux plus brûlantes caves de l’Enfer”.

La vraie tombe d’Hello, assure-t-il, est certainement vide.

On m’a dit également que je ressemblais à François Coppée (!!!). Je n’hésite pas. Je préfère Hello !

Il faudrait être inconscient comme une brute ou un demi-dieu pour se complaire à tout ce qui vient de là.” (Henry de Groux, Journal)

JEUDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Arnaldur Indridason, La Femme en vert, Points, 2007.

Lecture. La Grande Descente (Roger Riffard, Julliard, 1954; 192 p., S.P.).

Quand j’ai confié à Agathe Fallet mon désir de lire La Grande Descente avant d’entamer la mienne, elle a fait diligence : à Jaligny, elle m’en a apporté un exemplaire. Et pas n’importe lequel : celui de René Fallet, un service de presse à partir duquel il avait écrit sa critique dans Le Canard enchaîné. Je ne sais pas si quelqu’un avait souligné le talent de Riffard avant Fallet, toujours est-il que celui-ci prit celui-là sous son aile, le présenta à Brassens, l’emmena à Jaligny, l’entoura de son amitié jusqu’à une brouille dont Agathe me révéla les raisons. La période littéraire de Riffard fut brève et obscure, deux titres, pas plus, mais il fit ensuite une carrière de chanteur et d’acteur. Brassens, pas gêné par le fait que Riffard chantait faux comme pas permis, le prit dans ses premières parties et l’emmena en tournée. Bertrand Blier et d’autres le firent tourner, la plupart du temps dans des rôles minuscules mais nombreux : j’ai vu Roger Riffard dans 16 films réalisés entre 1967 (Un idiot à Paris de Serge Korber) et 1981 (Pétrole ! Pétrole ! de Christian Gion). Pour en revenir à La Grande Descente, il n’y a pas à s’étonner de l’intérêt de Fallet. Il y a en effet dans cette histoire de règlements de comptes entre cheminots (un métier qu’exerça Roger Riffard) une grande similitude avec les thèmes abordés dans Banlieue sud-est : l’amitié, le monde ouvrier, les amours simples, la poésie urbaine, les virées à la campagne. Le tout enveloppé dans une noirceur populiste qu’on retrouvera deux ans plus tard dans La Grande Ceinture, roman de Fallet qu’on dirait, cette fois, inspiré de Riffard.

840 (7)-min

VENDREDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Elena Ferrante, L’Amie prodigieuse, Folio, 2016.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Bilinguisme commercial.

840 (5)-min  840 (6)-min

Aubusson (Creuse), 1er août 2018 / Paris (Seine), boulevard de Rochechouart, 19 août 2015, photos de l’auteur

SAMEDI.

Vie littéraire. Arrivée du Bulletin de l’Association Georges Perec n° 74, pour la première fois en version dématérialisée. Il faut que je l’imprime de suite sinon ce sera le premier de mes textes que je ne lirai jamais.

Films vus. Inside Llewyn Davis (Ethan & Joel Coen, É.-U. – R.-U. – France, 2013)

… Sans laisser d’adresse (Jean-Paul Le Chanois, France, 1951)

  L’Arbre, le Maire et la Médiathèque (Éric Rohmer, France, 1993)

  Parfait amour ! (Catherine Breillat, France, 1996)

  Projection privée (François Leterrier, France, 1973)

  Nous finirons ensemble (Guillaume Canet, France – Belgique, 2019)

Zazie dans le métro (Louis Malle, France, 1960).

L’Invent’Hair perd ses poils.

840 (8)-min  840 (9)-min

Toulouges (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 15 avril 2011 / Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne), photo d’Antoine Fetet, 3 août 2011

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 2 avril 2018. 27 km. (34 135 km).

840 (11)-min

116 habitants

      Une plaque est fixée contre un gros rocher posé sur l’herbe, derrière la Mairie. Elle a l’apparence du marbre mais c’est du bois compressé recouvert de plastique.

840 (1)-min

Renauvoid

Morts pour la France

1914-1918

BLAUDEZ Albert

BRIOT Roger

CAUVE Justin

CARETTE Louis

CHARLES Louis

GERARDIN Joseph

GRANDMAIRE Charles

SEGUIN Jean

1939-1945

MANGIN Robert

              Poil royal.

840 (10)-min

Lyon (Rhône)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 juin 2019 – 839

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 16 juin 2019.
DIMANCHE.
                    Vie musicale. Alain Damasio est à Épinal, et sa présence remue les foules. Même moi, qui vais l’écouter présenter des textes que je ne lirai sans doute jamais. Il faut dire qu’il est accompagné par Yan Péchin, qui a traîné ses six cordes dans tous les studios et sur toutes les scènes de France aux côtés d’Alain Bashung et bien d’autres. Ce qui laisse des traces : comparé à lui, Iggy Pop a une bonne bouille de Bébé Cadum.
MARDI.
            Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “29 mai [1864]
Il y a certains gros maris matériels de jolis femmes qui me font l’effet de ces brutes d’Auvergnats des commissaires-priseurs, maniant et montrant les plus délicates choses.” (Edmond et Jules de Goncourt, Journal : Mémoires de la vie littéraire)
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Histoires d’eau.

839 (1)-min  839 (2)-min

Cucuron (Vaucluse), photo d’Hervé Bertin, 6 octobre 2017 / RD 166 (Vosges), photo d’Emmanuelle Rouillon, 4 juillet 2016
SAMEDI.
              Films vus. Enzo (court métrage, Serena Porcher-Carli, France, 2018) 
                               Chronique d’un été (Paris 1960) (Edgar Morin & Jean Rouch, France, 1961)*
                               Fastlife (Thomas N’Gijol, France, 2014)
                               La Rose pourpre du Caire (The Purple Rose of Cairo, Woody Allen, É.-U., 1985)
                               Smic Smac Smoc (Claude Lelouch, France, 1971)
                               Je suis de la revue (Botta e riposta, Mario Soldati, Italie – France, 1950)**
                               Inlove (court métrage, Alexis & Jeremie Lopez, France, 2018)
                               Les Plus Belles Années d’une vie (Claude Lelouch, France, 2019).
* Avec la jeune Marceline Loridan, pas encore Loridan-Ivens.
** Vu en version française pour entendre l’accent italien de Louis de Funès qui double Nino Taranto.
              Lecture. L’Idiot (Fiodor Dostoïevski, 1868-69 pour l’édition originale, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 94, 1953, traduit du russe par Albert Mousset; 1984 p., 55 €).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
839 (3)-min  839 (4)
Beaune (Côte-d’Or), photo de François Golfier, 18 avril 2011 / Pontarlier (Doubs), photo de Francis Pierre, 2 août 2012
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 25 mars 2018. 120 km. (34 108 km).
839 (5)-min
202 habitants
   L’obélisque de pierre grise, dû à E. PERRIN à Pouxeux, est situé sur une esplanade dallée mais il n’en occupe pas le centre : déporté à l’extrême gauche, il semble laisser de la place pour l’édification des monuments consacrés aux guerres à venir.
839 (6)-min

Guerre 1914-1918

Removille

À ses enfants

Morts pour la France

   Droite :

DURAND Thomas

HOUDAUT Jules Lnt

CERTEUX Alexandre

VOUILLAUME Léon Lnt

LOQUIER Pierre Adnt

DURAND Charles

FONTAINE Georges

   Gauche :

DURAND Georges

URGUETTE Henri Capne

PIERROT Octave Snt

MAUCOTEL Camille Snt

LOQUIER Marcel

CHARPENTIER Jean

BRETON Jules

CUNIN Émile

              Poil et pellicule.
839-min
Stars 80 (Frédéric Forestier & Thomas Langmann, France – Belgique, 2012)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

26 mai 2019 – 838

DIMANCHE.
                   Lecture. L’Atelier Michon (Annie Mavrakis, Presses universitaires de Vincennes, coll. L’Imaginaire du texte, 2019; 200 p., 19 €).
                                 Compte rendu à rédiger pour Histoires littéraires.
MARDI.
            Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Anne Rice, La Reine des damnés, Pocket, 1991.  
            Vie merdicale. Entendu à la radio (RTL), à propos de cet anesthésiste bisontin soupçonné d’avoir empoisonné ses patients : “L’homme nie tout en bloc”.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “15 mai [1942]
Je suis allé ce matin au déjeuner mensuel de l’Académie de l’humour. L’institution fut créée naguère par Jules Lévy, un joyeux loufoque, juif, homme de bien, ancien hydropathe, collaborateur de Courteline. Je l’aimais bien. Il était brave et honnête. Jadis il avait tenu une petite maison d’édition et avait fait faillite. Pendant trente ans, il travailla pour payer ses créanciers et, comme César Birotteau, ne fit tort à personne. Sa femme est aujourd’hui dans un asile de vieillards pauvres.
Jules Lévy était joyeux. Il eut l’idée d’une académie de joyeux hommes et nous réunit. J’y avais été admis à cause d’Alfred Rautare eu la Coupable Innocence, méchant livre de jeunesse qui ne valait pas grand-chose mais qui était écrit de bonne humeur.
L’Académie a publié plusieurs dictionnaires d’humour qui se vendent bien. Le premier était drôle, les autres le sont moins. On se réunit tous les mois dans un restaurant pour discuter les définitions en cours.
Je vais rarement, maintenant, à ces réunions. J’ai voulu, étant libre aujourd’hui, m’y rendre un moment. Je n’y retournerai plus.
Il ne faut pas voir les gens d’esprit en réunion et encore moins quand ils sont vieux. Je me suis rarement tant ennuyé qu’avec cette collection de têtes de pipes alignée.” (Maurice Garçon, Journal 1939-1945)
JEUDI.
          Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Ian Kershaw, Hitler, Folio, 2001.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Question idiote posée dans un épisode de la série TV Blindspot (É.-U., 2015- ).

838

SAMEDI.
              Films vus. L’Enlèvement des Sabines (Il ratto delle Sabine, Richard Pottier, Italie – France – Yougoslavie, 1961)*
                              Bons baisers de Russie (From Russia With Love, Terence Young, R.-U., 1963)
                              Le Fantôme de la liberté (Luis Buñuel, France, 1974)
                              Montmartre sur Seine (Georges Lacombe, France, 1941)
                              Wonder Wheel (Woody Allen, É.-U., 2017)
                              Le Voyou (Claude Lelouch, France – Italie, 1970).
* Permet de voir Francis Blanche en toge.
              L’Invent’Hair perd ses poils.
838 (1)-min  838 (2)-min
Canohès (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 15 avril 2011 / Rieumes (Haute-Garonne), photo du même, 19 juillet 2017
              Poil et plume. En voyant la tête de saint Jean sur un plateau, nous imaginons qu’il fut décapité alors qu’on s’apprêtait à le raser.” (Ramòn Gòmez de la Serna, Greguerìas)
             Vie en Vosges. Des agapes à grande échelle nous conduisent sur les hauteurs de Cornimont (Vosges). La prudence commandant de coucher sur place, je peux ainsi ajouter un nouveau “Lieu où j’ai dormi” à ma collection. Un lieu intéressant d’ailleurs, un hôtel ambiance 1955, peu aéré depuis, dans lequel on ne s’étonnerait pas de voir Jean Gabin sortir d’une piaule en pyjama rayé. Si j’avais choisi de collecter les lieux où j’ai mangé je ne serais pas malheureux non plus car le banquet se tient dans une chapelle sécularisée qui a conservé tous ses attributs liturgiques : les goguenots sont derrière l’autel, les confessionnaux abritent les boutanches, la sacristie tient lieu de cuisine, les statues des saints servent de portemanteaux, les farceurs font sonner les cloches, les mômes font les andouilles dans les escaliers de la chaire et là on ne pense plus à Gabin mais à Jacques Legras et à son sermon cataclysmique dans Le Petit Baigneur. Notre table se trouve sous la onzième station du chemin vers le Calvaire, “Jésus est cloué sur la croix”. Qu’en aurait pensé l’abbé Gengenbach ?
MERCREDI.
                  Éphéméride. “22 mai [1942]
L’on commença de comprendre alors que certains acteurs de ce drame énorme tenaient assez mal leur rôle et, somme toute, ne l’avaient presque pas étudié. D’autres, au contraire, savaient le leur à merveille et le faisaient valoir au point que ce rôle prenait une sorte de prépondérance sur tout le reste de la pièce, de sorte que celle-ci s’en trouvait comme désaxée. Pour l’instant, on n’entendait qu’eux. Les autres acteurs semblaient bafouiller; au point que, par moments, la pièce devenait incompréhensible; comme il advient parfois d’une de nos tragédies classiques lorsque, pour quelque raison que ce soit, un excellent acteur assume un rôle subalterne et qui devrait demeurer au second plan…” (André Gide, Journal)
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Dimanche, on vote. Pensons à l’avenir.
838 (3)-min  838 (4)-min
Autun (Saône-et-Loire), photo de Gilles Bertin, 25 avril 2018 / Xonrupt-Longemer (Vosges), photo de l’auteur, 30 avril 2018
SAMEDI.
              Films vus. Madame Hyde (Serge Bozon, France – Belgique, 2017)
                              Ziegfeld Follies (Lemuel Ayers, Roy Del Ruth, Robert Lewis, Vincente Minnelli & George Sidney, É.-U., 1945)
                              Le Tueur (Cédric Anger, France, 2007)
                              Jeux de pouvoir (State of Play, Kevin MacDonald, É.-U. – R.-U. – France, 2009)
                              La Ferme aux loups (Richard Pottier, France, 1943)
                              Douleur et gloire (Dolor y gloria, Pedro Almodóvar, Espagne, 2019).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
838 (5)-min  838 (6)-min
Canohès (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 15 avril 2011 / Saint-Remèze (Ardèche), photo du même, 21 septembre 2014
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 11 mars 2018. 78 km. (33 988 km).
838 (11)-min
605 habitants
   Le monument est posé sur une éminence qui domine le bourg, à l’entrée du cimetière. La base est en pierre jaune, la flèche courte est en granit gris. Les inscriptions sont précédées d’une Croix de Lorraine. À la base, une vasque de plantes fanées avec un ruban flottant. Le vent fait claquer le drapeau au sommet de son mât.
838 (10)-min

   Face :

Remoncourt

A ses enfants

Morts pour la France

1914-1918

10 noms de DESBOEUF Célin 24 ans à MAROULIER Louis 21 ans

   Droite :

11 noms de BRUNCHER Nic 33 ans à COSSIN Augte 40 ans

   Dos :

6 noms d’ADAM Raoul 23 ans à CONRAUX Édouard 40 ans

   Gauche :

11 noms de MOURAUX Abel 21 ans à MAROULIER Ars 44 ans

   Sur une plaque ajoutée à la base, deux noms :

LAGNEAUX Pierre 26 ans

PHILIPPE Paul 22 ans

   L’église est ouverte, contient un tableau sur lequel figurent 38 noms. Ce qui correspond au total des noms inscrits sur les 4 faces du monument extérieur (10 + 11 + 6 + 11), sans les deux noms ajoutés, morts sans doute bien après la fin des combats.
838 (9)-min

              Poil et pellicule.

838 (7)-min  838 (8)-min
Fur : Un portrait imaginaire de Diane Arbus (Fur : An Imaginary Portrait of Diane Arbus, Steven Shainberg, É.-U., 2006)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

12 mai 2019 – 837

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 25 mai 2019.
DIMANCHE.
                   Bestiolaire local. Identification d’une Adèle verdoyante.
LUNDI.
           Lecture. Le Plancher de Joachim : L’Histoire retrouvée d’un village français (Jacques-Olivier Boudon, Belin, coll. Histoire, 2017; 256 p., 24 €).
                         En France, il y a les Hautes-Alpes. Dans les Hautes-Alpes, il y a Embrun. Dans le canton d’Embrun, il y a Crots.

À Crots, il y a un château. Dans ce château, il y a un plancher. Dans un plancher, il y a des lattes et des cales. Sous les lattes et sur les cales du plancher du château de Picomtal alors en travaux, commune de Crots, on a découvert des inscriptions dues au menuisier qui l’a posé dans les années 1880 et Jacques-Olivier Boudon a entrepris de les étudier. Le menuisier s’appelait Joachim Martin et il a, tout au long de son chantier, écrit des phrases, des petits paragraphes, en sachant que ceux-ci ne seraient peut-être jamais découverts. Ces phrases concernent son travail, sa famille, ses voisins, le prix du pain et du vin, les élections locales, ses rapports avec son patron, la vie du village qui s’appelait alors Les Crottes et qui a changé de nom en 1970 histoire de ne pas effrayer le touriste.

À partir de ce corpus de soixante-douze planches, Boudon retrace l’histoire d’un village et de ses habitants dans la IIIe République naissante. C’est de la microhistoire, parfois plus intéressante à écrire qu’à lire quand il ne s’agit que de recopier des registres communaux et paroissiaux pour donner l’état-civil des différents habitants du lieu, mais qui gagne en intérêt quand l’auteur élargit son propos pour donner à voir ce qu’était la vie rurale de l’époque dans cette région : l’exode rural, les luttes entre cléricaux et républicains, l’arrivée de tout ce qui est destiné à relier ce coin perdu au reste du pays, le chemin de fer, les gares, les routes, les écoles et qui est aujourd’hui inexorablement détricoté. 

MARDI.
            Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Tuula Laakkonen, Le Finnois, Assimil, 2017. La dame qui l’étudie prend des notes sur un bloc de papier. On la comprend.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “8 mai [1947]
Vernissage Oberlé, très couru, à la Galerie Charpentier. S’étant toujours fortement intéressé au beau sexe, ses petits portraits de femmes sont charmants. Beaucoup d’amis. Préjelean, dessinateur de La Vie parisienne d’avant 1914 et aujourd’hui d’Adam, suprêmement élégant – veston pied-de-poule, pantalon gris – est très entouré.
Thorez évincé du ministère : le rouge baisé.
Tirage officiel des hebdomadaires : Samedi-Soir, 424 000; Ici Paris, 315 000; Carrefour, 285 000; Les Lettres françaises, 95 000.
Avis affiché sur la vitre d’une boulangerie de Reims : “

À partir de demain les faux tickets ne seront plus acceptés.” (Jean Galtier-Boissière, Mon journal dans la Grande Pagaïe)

JEUDI.
          Lecture. Ma ZAD (Jean-Bernard Pouy, Gallimard, coll. Série Noire, 2017, rééd. coll. Folio policier n° 876; 208 p., s.p.m.). La politique éditoriale suivie par Jean-Bernard Pouy le rend impossible à suivre. Pour lui, comme pour Manchette en son temps, l’écrivain est un travailleur, un producteur. Pas question d’avoir un autre “vrai” métier : pour croûter il faut fournir, écrire, publier sans cesse, dans tous les azimuts. C’est ce que Pouy a fait tout au long de sa vie, chez Gallimard comme chez des éditeurs sans grade, j’ai même été son voisin de sommaire dans quelques revues, c’est dire si le bonhomme n’est pas bégueule. Seulement, à se disperser ainsi, on perd peu à peu ses forces et il faut bien dire que les derniers Pouy n’ont plus le mordant d’antan. Il surfe ici sur l’actualité en situant son intrigue dans et autour d’une ZAD. Le récit est régulièrement interrompu par des digressions dans lesquelles Pouy, via son personnage narrateur, exprime ses goûts en matière de littérature, de musique ou de cinéma, donne son avis sur les valises à roulettes ou sur les noms des châteaux du Médoc. Puis il se rappelle qu’il a une histoire à finir, une histoire peu captivante il est vrai, dont on se demande s’il a pris la peine de la relire (phrases bancales, fautes diverses…), et l’action reprend cahin-caha. On pardonne à Pouy parce qu’il nous a beaucoup donné, parce qu’il lui reste un style et des jeux de mots vaseux comme on les aime, mais tout cela est bien paresseux.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Belles devises.

837-min  837 (2)-min

Gérardmer (Vosges), photo de l’auteur, 15 avril 2017 / Le Crotoy (Somme), photo de Jean-François Fournié, 18 septembre 2016
SAMEDI.
              Vie en Vosges. Nous passons la majeure partie de la journée en Déodatie, d’abord pour aller monumenter à Saint-Jean-d’Ormont pour l’IPAD. Je dépose ensuite un exemplaire d’Espis à la bibliothèque de Saint-Dié, histoire de nourrir le fonds Gengenbach, et rejoins mes belles au Musée Pierre-Noël, qui jouxte l’établissement. C’est une découverte, et une belle surprise avec une exposition passionnante sur les frères André, des architectes nancéiens actifs tout au long du XXe siècle, notamment pour la reconstruction de Saint-Dié après les bombardements. Ils ont travaillé avec Jean Prouvé dont je peux enfin voir les “Maisons des Jours Meilleurs” que je ne connaissais que de nom. Direction ensuite la vente de livres d’Amnesty qui nous permet, après une belle razzia (j’ai pris du Paul Guimard, plus personne ne lit Paul Guimard, du coup j’ai envie de m’y mettre) de repartir avec une auto bien lestée pour résister au vent qui souffle en rafales.
              Films vus. Crime sans passion (Crime Without Passion, Ben Hecht & Charles MacArthur, É.-U., 1934)
                               La Douleur (Emmanuel Finkiel, France –Belgique – Suisse, 2017)
                               Mange ta soupe (Mathieu Amalric, France, 1997)
                               L’Échappée belle (Émilie Cherpitel, France, 2015)
                               La Mémoire est-elle soluble dans l’eau ? (Charles Najman, France, 1996)
                               Le Cheik blanc (Lo sceicco bianco, Federico Fellini, Italie, 1952)
                               Network – Main basse sur la TV (Network, Sidney Lumet, É.-U., 1976).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
837 (1)-min  837 (3)-min
Marguerittes (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Écully (Rhône), photo du même, 19 novembre 2015
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 3 mars 2018. 122 km. (33 910 km).
837 (4)-min
465 habitants

   L’église est en grès rose mais le monument qui la flanque est en granit gris. Au sommet, sur trois côtés, les mots Honneur, Gloire et Patrie. A mi-hauteur, une Croix de Guerre.

837 (5)-min

1914-1918

Remomeix

À ses enfants

Morts

Pour la France

1914

SONRIER Émile

COLIN Camille

GRANDBLAISE Camille

1915

DURAIN Joseph

DELON Auguste

1916

SIMON René

1917

DEÇOIS Arthur

FERRY Albert

VICTIMES CIVILES

1914

CHAXEL Victor

DEÇOIS Hortense

DEÇOIS André

1940

THIÉBAUT Eugène

1944

MINETTE Gervais

1980

Mort pour la France

Au Liban

Patrice COLIN

              Poil et plume. “Quelle coiffure monsieur le baron désire-t-il ?
   – Les oreilles de chien, et les cheveux retroussés par derrière.
   – Avec un œil de poudre ?
   – Deux yeux si vous voulez, Cadenette.” (Alexandre Dumas, Les Compagnons de Jéhu)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

5 mai 2019 – 836

MERCREDI.

                  Éphéméride. “1er mai [1966]

Sauguet, après avoir vu la pièce de Genet, qui scandalise par sa scatologie le Tout-Paris (même des dames peu bégueules comme Marie-Laure et Louise de Vilmorin) ainsi que les anciens d’Indochine et d’Algérie, Sauguet dit donc en sortant : “Ce ne sont pas les Paravents, plutôt les parapets.”

La bonne de D. laisse traîner une lettre qui commence par cette phrase : “Ce matin, j’ai fait une merde si bleue que ça m’a donné envie de t’écrire.” (Mathieu Galey, Journal intégral 1953-1986)

                  Lecture. Son dernier coup d’archet (His Last Bow, Arthur Conan Doyle, éditions John Murray, 1917 pour l’édition originale, in Les Aventures de Sherlock Holmes” vol. 3, nouvelle traduction d’Éric Wittersheim, édition bilingue, Omnibus 2007; 1084 p., 23,50 €).
                                Conan Doyle écrira encore des histoires mettant en scène Sherlock Holmes mais la nouvelle qui donne son titre à ce recueil semble bien être celle qui relate sa dernière enquête : elle se déroule à l’heure de la déclaration de guerre, en août 1914, et le détective retraité, qui s’occupe de ses abeilles dans la campagne anglaise, y reprend du service pour des raisons évidemment patriotiques. Watson est présent mais, fait nouveau, il ne raconte pas l’histoire, prise en charge par un narrateur anonyme. Les nouvelles qui précèdent celle-ci sont d’intérêt inégal mais l’une d’elles a le mérite de mettre en lumière Mycroft, le frère de Sherlock.
VENDREDI.
                  Lecture. La Nuit introuvable (Gabrielle Tuloup, éditions Philippe Rey, 2018; 160 p., 16 €).
                                Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
                 Football. SA Spinalien – Sedan 0 – 2.
                 Le cabinet de curiosités du notulographe. Niaiserie et petite enfance.

836 (1)-min  836 (2)-min

Dinozé (Vosges), photo de l’auteur, 30 avril 2017 / Étain (Meuse), photo de Jean-François Fournié, 26 juin 2018
SAMEDI.
              Films vus. Plus beau que moi, tu meurs (Philippe Clair, France, 1982)
                               Les Lois de l’hospitalité (Our Hospitality, John G. Blystone & Buster Keaton, É.-U., 1923)
                               1900 (Novocento, Bernardo Bertolucci, Italie – France – R.F.A.)
                               L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet (The Young and Prodigious T.S. Spivet, Jean-Pierre Jeunet, France – Canada, 2013).
              Vie météorologique. Un peu de neige sur les coups de midi. Je descendrais bien marcher contre le réchauffement climatique mais il fait vraiment trop froid.
              L’Invent’Hair perd ses poils.
836 (3)-min  836-min
Marguerittes (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Rennes (Ille-et-Vilaine), photo de Bernard Bretonnière, 9 novembre 2011
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 17 février 2018. 57 km. (33 788 km).
836 (6)-min
7 774 habitants

   L’obélisque imposant se dresse au sommet d’un tertre semé de bruyère qui domine le cimetière. La partie supérieure est percée d’espèces de meurtrières, deux par côté. Il faut dire que c’est le premier monument creux que je rencontre : il renferme une crypte fermée par une porte métallique qui n’est pas n’importe quelle porte : « Réalisée en 1923, la porte du Monument aux morts est la première œuvre officielle de Jean Prouvé (1901-1984) célèbre architecte et styliste nancéien », dit une plaque apposée sur le côté. La face avant, que l’on découvre depuis une volée de marches, est ornée de deux personnages en haut-relief dont le coude extérieur repose sur des plaques représentant des glaives pointés vers le sol. Entre eux, les armes de la ville. Sur les autres faces, des casques et des couronnes mortuaires, là aussi en haut-relief. Plusieurs signatures sont présentes : “E.J. Bachelet Statuaire – Paris” sur une face, “H.V. Antoine Architecte Nancy” et “F. Duday Entrepreneur – Saint-Dié” sur une autre. Sans oublier les “Plaques de granit et gravure / Érection 1951 / MR Jean-Marie Grenier Maire / MR Pierre Piaget Architecte / ETS E. Thomas à Vittel”. Les noms sont distribués sur les plaques en question sur toutes les faces de l’obélisque. Pour la Guerre de 14, ils vont d’ADOLFI Charles à ZUSSY Charles.

836 (5)-min

Remiremont

À ses grands morts

Gloire Souvenir

   Le 27 octobre 2015, à l’occasion d’une cérémonie qui se tenait dans l’église de la ville, j’avais pu photographier le monument religieux qu’elle contenait.

836 (4)-min

              Poil et plume. Les femmes se font des mèches pour se persuader qu’elles sont des bombes.” (Olivier Hervy, Formulaire)

Bon dimanche,
Philippe DIDION

28 avril 2019 – 835

MERCREDI.

Éphéméride.

À Edmond et Jules de Goncourt

“Croisset, 24 avril [1860]

Ci-inclus 1° une lettre pour M. Jules Cloquet; 2° une lettre pour le d[octeur] Dumont.

Je suis convaincu que ces deux Esculapes (style Prudhomme) vous recevront très bien.

De plus, j’ai parlé de vous au docteur Forget qui demeure rue de Trévise 8, 18 ou 28 ? (car j’ai perdu son adresse) et vous pouvez vous présenter chez lui, si vous n’obtenez pas, de mes deux amis, les renseignements désirables.

Adieu, mille cordialités, bonne pioche et pas trop d’emmerdements.

À vous.

Dites-moi si vous avez besoin d’une lettre pour un médecin de l’hôpital Saint-Antoine.” (Gustave Flaubert, Correspondance)

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Reliques de saint Crépin en terre limousine, photos de l’auteur.

835-min  835 (6)-min

Guéret (Creuse), 25 juillet 2017 / Ussel (Corrèze), 29 juillet 2017

SAMEDI.

Films vus. L’Amour avec des si (Claude Lelouch, France, 1964)*

La Petite Prairie aux bouleaux (Marceline Loridan-Ivens, France – Allemagne – Pologne, 2003)

Douze hommes en colère (12 Angry Men, Sydney Lumet, – É.-U., 1957)

La Tribu (Yves Boisset, France, 1991)

Le Voyage en douce (Michel Deville, France, 1980)

Le Fauve est lâché (Maurice Labro, France, 1959).

* Où l’on peut voir, dans une courte séquence, I Brutos, groupe italien de comiques grimaçants au sein duquel officiait Aldo Maccione – sa célèbre démarche chaloupée faisait déjà partie du personnage. Maccione devait retrouver Lelouch quelques années plus tard dans L’Aventure c’est l’aventure.

Lecture. Les Enchanteurs (Romain Gary, Gallimard, 1973, rééd. in « Romain Gary – Émile Ajar, Légendes du je », Gallimard, coll. Quarto, édition établie et présentée par Mireille Sacotte; 1428 p., 29,90 €).

J’ai essayé de finir ce livre hier soir – ou plutôt ce matin – mais je revenais d’une java carabinée, les lignes dansaient la gigue, les mots disparaissaient et se mélangeaient sans prévenir. Je l’ai repris aujourd’hui. Une gueule de bois de plusieurs stères m’empêche d’en faire un compte rendu circonstancié. C’est en tout cas un livre magnifique, ce que Gary a fait de mieux au moins sous son nom.

   Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 4 500 salons, atteint le 12 août 2018.

Bilan géographique.        

Classement général par pays.

  1. France : 3 739 (+ 73)
  2. Espagne : 169 (=)
  3. Royaume-Uni : 86 (=)
  4. Belgique : 69 (+ 7)
  5. Italie : 53 (+ 2)
  6. États-Unis : 45 (=)
  7. Portugal : 37 (=)
  8. Danemark : 34 (=)
  9. Allemagne : 30 (=)
  10. Suisse : 29 (=)

Hors de France, c’est l’Irlande qui fait la meilleure opération avec 13 salons de mieux, ce qui porte son total à 22 et l’amène à la 11e place du classement. Deux nouveaux pays apparaissent  : les Émirats arabes unis et la Slovénie.

Classement général par régions (France).

  1. Rhône-Alpes : 654 (+ 7)
  2. Île-de-France : 582 (+ 5)
  3. Languedoc-Roussillon : 305 (+ 22)
  4. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 287 (+ 4)
  5. Lorraine : 276 (+ 1)
  6. Midi-Pyrénées : 223 (+ 1)
  7. Bretagne 167 : (+ 9)
  8. Pays de la Loire : 150 (+ 3)
  9. Bourgogne : 138 (+ 3)
  10. Centre : 129 (+ 3)

Le meilleur score de la centaine est pour le Languedoc-Roussillon, ce qui lui permet de décrocher PACA. 19 régions sur 27 progressent.

Classement général par départements (France).

1. Seine (Paris) : 469 (+ 4)
2. Rhône : 330 (+ 4)
3. Vosges : 155 (=)
4. Loire-Atlantique : 115 (+ 3)
5. Pyrénées-Orientales : 92 (=)
6. Loire : 91 (=)
7. Meurthe-et-Moselle : 85 (=)
8. Hérault : 77 (+ 2)
9. Alpes-Maritimes : 76 (=)
“. Bouches-du-Rhône : 76 (+ 2)
“. Gard : 76 (+ 13)

L’Hérault dépasse les Alpes-Maritimes et le Gard entre dans le top 10.

Classement général par communes.

1. Paris : 469 (+ 4)
2. Lyon : 154 (+ 4)
3. Nantes : 59 (+ 1)
4. Barcelone : 55 (=)
5. Nancy : 48 : (=)
6. Épinal : 43 (=)
7. Nice : 36 (=)
8. Marseille : 31 (=)
9. Strasbourg 24 (+ 2)
“. Copenhague : 24 (=)
“. Villeurbanne : 24 (=)

Strasbourg arrive dans le top 10. Les belles prises de la centaine sont étrangères : Dublin (7), Dubaï et Turin (1).

Bilan humain.

Nous nous étions arrêtés à la 40e place. Poursuivons notre exploration des étages inférieurs.

41. Anonyme : 8 (+ 1)

“. Ronan Céron : 8 (=)

“. Patrick Chartrain : 8 (=)

“. Denis Cosnard : 8 (=)

“. Jean Prod’hom : 8 (=)

46. Patrick Flandrin : 7 (=)

“. Michèle Henné : 7 (=)

“. Yves Lambert : 7 (=)

“. Catherine Stavrinou : 7 (=)

“. Anne-Marie Émery : 7 (=)

Étude de cas. Faux salons, de plus ou moins bon goût, dénichés sur des réseaux divers.

835 (1)-min  835 (7)  835 (2)-min  

Facebook, transmis par Francis Pierre, 20 avril 2016 / idem, transmis par Suzanne Chapuis, 8 mars 2018 / Clémentine Mélois, transmis par Flavie Najean, 11 janvier 2015

835 (3)-min  835 (4)-min  835 (5)-min  

?, transmis par Alain Girard-Daudon, 30 janvier 2017 / ?, transmis par Jean-Christophe Soum-Fontez, 21 novembre 2018 / ?, 22 janvier 2017

Poil et plume. “D’abord se délivrer de la mode qui nous cache l’homme, le faire au saut du lit; donner à ses cheveux le mouvement naturel; et, pour cela, composer une des chevelures humaines. Il y a peut-être dix mouvements naturels des cheveux; il faudrait les étudier, les travailler d’avance, en marbre et en bronze; il y a les cheveux d’Homère, les cheveux de Cicéron, les cheveux de Septime Sévère.” (Alain, Préliminaires à l’esthétique)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

21 avril 2019 – 834

MARDI.
            Lecture. Les Refusés n° 19 (2017; 176 p., 10 €).
                          Dossier “L’Air du temps”
                          Contient une contribution du notulographe consacrée à l’Invent’Hair : “L’Hair du temps : visite de chantier”.
MERCREDI.
                  Lecture. Les Fils de la poussière (Synir duftsins, Arnaldur Indridason, 1997 pour l’édition originale, Métailié, coll. Bibliothèque nordique/Noir, 2018 pour la traduction française, traduit de l’islandais par Éric Boury; 304 p., 21 €).
                                Voici enfin traduit le premier polar d’Indridason, devenu depuis un des phares du polar nordique. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur n’y allait pas de main morte dans ce qui semble être une tentative de démolition dirigée contre son pays, l’Islande, et sa réputation de lieu préservé : drogue et violence y règnent comme au Chicago de la belle époque, et les multinationales profitent de son côté lointain et isolé pour s’adonner à des actions illégales. Tout cela est peut-être vrai mais manque un peu de finesse, comme le commissaire Erlendur, appelé à intervenir dans les autres romans d’Indridason. Il apparaît ici comme un butor efficace et devra attendre un peu avant de voir son caractère s’affirmer et s’affiner.
                  Éphéméride. 10 avril 1944
“L’Armée Rouge est entrée, le 8 avril, en Roumanie et en Tchécoslovaquie. Sa mission : pourchasser les armées allemande et roumaine jusqu’à leur déroute et leur capitulation complète.
Chant russe 
Sur des airs russes
Les Allemands sont perdus
Les nazis sont foutus
Goebbels est tout tordu
Et Goering est fondu.
L’armée rouge est partout
Hitler est aux cent coups
À forc’ de tirer d’sus
L’élastique s’est rompu.
***
Pour le Führer, en avant
En avant pour foutr’ le camp
Plus il en dégringolera
Moins il en rest’ra
Heil !” (Pierre Dac parle aux Français : Textes lus à la radio)
JEUDI.
          Vie morvandelle. Début d’un séjour champêtre dans le Haut-Morvan. Le hameau où nous atterrissons, Varin, commune d’Anost (Saône-et-Loire), abrite la maison de la nourrice de Francis Poulenc qui vint, paraît-il, passer ici ses vacances. Lieu perdu, comme on les aime, mais ça n’empêche pas le prestige. Je n’ai jamais écouté Francis Poulenc, ne l’ai peut-être même jamais entendu.
          Bestiolaire morvandiau. Identification d’une Punaise écuyère. C’est dire si la maison est bien tenue.
VENDREDI.
                  Vie morvandelle. Ravitaillement à Château-Chinon (Nièvre). J’en profite pour photographier l’Hôtel du Vieux Morvan (l’auvent du vieux mortel, Mitterrand oblige), un lieu où j’ai dormi en 1998.
                  Bestiolaire morvandiau. Identification d’un Méloé printanier et d’une Petite tortue.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Conjuguons nos efforts.
834 (2)-min  834 (1)-min
Épinal (Vosges), photo de l’auteur, 29 décembre 2013 / Paris (Seine), rue Saint-Jacques, photo de Martine Sonnet, 15 juillet 2018
SAMEDI.
              Films vus. La Belle et la belle (Sophie Fillières, France, 2018)
                               Australia (Baz Luhrmann, R.-U. – Australie – É.-U., 2008)
                               Le Bonheur (Agnès Varda, France, 1965).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
834 (3)-min  834 (4)-min
Montfrin (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Bruley (Meurthe-et-Moselle), photo de François Golfier, 11 juillet 2017
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 11 février 2018. 81 km. (33 731 km).
834 (5)-min
74 habitants

   Une stèle de fabrication récente se dresse devant l’église. Il faut déplacer une corbeille de végétaux (provenance : Baobab, à Mirecourt) pour lire les noms, en partie masqués.

834 (6)-min

1914-1918

Joseph DIDOT

Rémy DIDOT

Camille ST MICHEL

Georges ANTOINE

Georges MANGIN

              Poil et pellicule.

834-min
Marseille (Kad Merad, France, 2016)
              Vie morvandelle. Nous suivons la rive du lac des Settons, encore un lieu où j’ai dormi, jadis. Dans mon souvenir, nous campions dans un sous-bois, près du lac, et les gendarmes nous avaient délogés au bout de quelques jours. La récolte est maigre sur la plan ornithologique, à peine quelques grèbes huppés.
               Lecture. Mendiants et orgueilleux (Albert Cossery, Julliard, 1955 pour l’édition originale, rééd. Joëlle Losfeld, coll. Arcanes, 1999; 240 p., s.p.m.).
DIMANCHE.
                   Vie morvandelle. Reposons nos arpions fatigués et laissons la nouvelle auto nous conduire jusqu’à Saulieu (Côte-d’Or). En chemin, écoutons le “Concert champêtre” de Francis Poulenc, expérience moins redoutable que ce que je craignais. À Saulieu, on trouve d’autres animaux que le célèbre et défunt Loiseau, ceux sculptés par François Pompon, natif du lieu, rassemblés dans le petit musée qui lui est consacré. Où j’apprends, avec la satisfaction qu’on devine, que l’homme a aussi réalisé le monument aux morts de Cuy-Saint-Fiacre (Seine-Inférieure). Nous passons ensuite dans la Nièvre pour une halte littéraire à Alligny-en-Morvan. Poulenc, Pompon, c’est du hasard, on ne savait pas qu’ils avaient vu le jour ou vécu à quelques kilomètres de notre villégiature. Alligny, c’était prévu, souhaité car je savais de longue date que Jean Genet, placé par  l’Assistance publique, y avait passé son enfance. En septembre dernier, j’avais découvert, dans un film projeté à Guéret, le petit cimetière de Larache (Maroc) où il repose. Aujourd’hui, c’est la même émotion qui m’étreint en découvrant les lieux où tout a commencé : la maison des époux Régnier qui l’élevèrent, l’école voisine où il obtint son certificat d’études et où ses condisciples se nommaient Cullafroy, Querelle et Lefranc, le petit pont “à trois arches de pierre sur trois arches d’eau claire” évoqué dans Notre-Dame-des-Fleurs, l’église où il servit la messe, les rues, aujourd’hui désertes où il commit ses premiers larcins. “Je fus élevé dans le Morvan par des paysans. Quand je rencontre dans la lande des fleurs de genêt j’éprouve à leur égard une sympathie profonde”, dit la plaque dévoilée par Mitterrand (comment imaginer un de ses successeurs en ce lieu ?) en 1994.
LUNDI.
           Lecture. L’Arbre sur la rivière (Pierre Bergounioux, Gallimard, 1988; 204 p., 82 F).
                         Curieusement, c’est au moment où il s’apprête à abandonner le roman que Bergounioux donne son meilleur dans le genre. Toujours sous la forte influence de Faulkner, il ajoute ici, par rapport à ses titres précédents, une véritable dramaturgie qui touche parfois au suspense. Cette histoire de quatre garçons passant de l’enfance à l’âge adulte rassemble les thèmes connus de l’auteur et annonce quelques pages de La Mort de Brune et des Carnes de notes. On y trouve donc un Bergounioux connu, le peintre de la vie provinciale étouffante, l’observateur précis de la nature et des états d’âme, le pessimiste invétéré, mais aussi un écrivain d’action inattendu dans le récit, à couper le souffle, d’une escapade en DS le long de la Nationale 20.
MARDI.
            Vie morvandelle (fin). Nous regagnons les Vosges avec, pour ma part, la satisfaction du devoir accompli : les articles que je m’étais promis d’écrire sur place pour Jaligny (30e anniversaire du Prix René-Fallet) et pour Les Refusés (sur les papillons) sont quasiment bouclés et j’ai un peu de temps libre avant d’attaquer le prochain Bulletin Perec.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “17 avril [1950]. Comme on est bien, tout seul, ce soir, in the baraque. Radio, boulot et plénitude, pour une fois… Dormi toute la journée ? Celle-ci a commencé à 17 heures, heure française. Elle se terminera tard dans la nuit. Pourtant, pas un cul à se mettre sous la dent. Le R.C.P. joue la finale, beau 14 mai en perspective. Vive Fallet. J’ai repris la pièce. Elle se terminera, c’est ça qui est chouette. Et sera peut-être jouée, ce qui l’est encore plus.” (René Fallet, Carnets de jeunesse 3 : 9 septembre 1948 – 25 décembre 1950)
JEUDI.
          Lecture. Schnock n° 24 (La Tengo, septembre 2017; 176 p., 14,50 €).
                        Les Charlots.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Contrepèteries avec ou sans linge, Nancy (Meurthe-et-Moselle), photos de l’auteur.
834 (8)-min  834 (7)-min
10 septembre 2016 / 11 février 2016
SAMEDI.
              Lecture. Faune et flore du dedans (Blandine Fauré, Arléa, coll. 1er / mille, 2018; 208 p., 20 €).
                            Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
              Films vus. Jusqu’à la garde (Xavier Legrand, France, 2017)
                               Être (Fara Sene, France – Belgique, 2014)
                               La Belle Verte (Coline Serreau, France, 1996)
                               Partir, revenir (Claude Lelouch, France, 1985)
                               Normandie nue (Philippe Le Guay, France, 2018).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
843 (1)-min  843 (2)-min
Aramon (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Lourmarin (Vaucluse), photo de Bernard Gautheron, 15 juillet 2015
              Poil et plume. Un chant d’oiseau ou le cri d’un marchand d’habits me jettent dans d’autres pensées. Un soldat qui salue respecte. La perruque donne aussitôt le sérieux au magistrat; la coiffure et l’aigrette effacent tout sérieux dans une femme parée pour le bal; supposez-lui des cheveux pendants et une robe de chambre, elle pensera d’autre manière.” (Alain, Esquisses de l’homme)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

7 avril 2019 – 833

 N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 21 avril 2019.

DIMANCHE.
                      Lecture. Morts en eaux troubles (Cause of Death, Patricia Cornwell, G.P. Putnam’s Sons, 1996 pour l’édition originale, Le Masque, 1996 pour la traduction française, traduit de l’américain par Hélène Narbonne; rééd. in « Patricia Cornwell 2, Quatre romans », éditions du Masque, coll. Intégrales, 2001; 1240 p., s.p.m.).
Volume terminé, et c’est tant mieux, il reste un titre après celui-là, Mordoc, mais déjà lu en 2000. Les histoires mettant en scène Kay Scarpetta sont de moins en moins intéressantes et ce qui constituait leur nouveauté, le point de vue du personnage médecin légiste, est totalement éventé. Il reste des enquêtes poussives, agrémentées de considérations tartignoles sur les liens de Scarpetta avec son entourage familial, professionnel et sentimental. Il était temps que prenne fin cette plongée dans la littérature américaine de grande distribution.

MERCREDI.
                     Éphéméride.Trois avril [1978]

Que de morts enfouis et combien chèrement nous payons nos pauvres courtes joies. Trouvez-vous vraiment, mes frères, que ce monde soit bien fait, et n’est-il pas absurde que nous arrivions ici, en bas, sur cette terre, avec tant d’espoirs et de rires enfantins, que nous venions pour disparaître, que nous naissions pour mourir, que nos rires soient toujours pères des pleurs de demain, et que moi et toi soyons assurés, si assurés d’avance, d’une affreuse grimace à l’heure de notre mort, lorsque nos mains encore vivantes écarteront les draps, creuseront, grifferont nos poitrines pour en ôter la mort qui entre ?” (Albert Cohen, Carnets 1978)

JEUDI.
            Lecture. Les Déraisons (Odile d’Oultremont, É ditions de l’Observatoire/ Humensis, 2018; 224 p., 18 €).
Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.

VENDREDI.
                    Lecture. À la demande générale (André Blanchard, Le Dilettante, 2013; 256 p., 18 €).
Carnets 2009-2011.
“En ces temps où donner ses coordonnées tient du réflexe, et de ces réflexes que les marchands savent exciter, le prestige, c’est d’être injoignable.”
Si l’on m’avait dit un jour que j’en arriverais à citer, sans pouffer, une phrase de Blanchard… Même si, pour l’occasion, je préfère parler de confort que de privilège.

                   Le cabinet de curiosités du notulographe. Aperçu d’une collection de cocottes.

833-min  833 (2)-min  833 (1)-minFontenay (Vosges), document Françoise Cuenin, septembre 2018 / Épinal (Vosges), photo de l’auteur, 16 février 2016 / Ahun (Creuse), photo du même, 2 août 2014

SAMEDI.
                Films vus. La Revanche d’une blonde (Legally Blonde, Robert Luketic, É.-U., 2001)
                                   La Pointe-Courte (Agnès Varda, France, 1955)
                                   Le Château des amants maudits (Beatrice Cenci, Riccardo Freda, France – Italie, 1956)
                                   Les Sorcières de Salem (Raymond Rouleau, France – R.D.A., 1957)
                                   Le Chat à neuf queues (Il gatto a nove code, Dario Argento, Italie – France – R.F.A., 1971)
                                   Platoon (Oliver Stone, É.-U. – R.-U, 1986)*
                                   Coup dur chez les mous (Jean Loubignac, France, 1956).

* Qui bénéficie d’un joli carton en guise d’image finale :

833 (8)-min
                L’Invent’Hair perd ses poils.

833 (4)-min  833 (3)-minRemoulins (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Pourrain (Yonne), photo de Bernard Cattin, 16 avril 2017

               IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 4 février 2018. 88 km. (33 650 km).

833 (6)-min
215 habitants

   Le monument se trouve dans la rue qui mène à la Mairie, au centre d’un parterre planté de rosiers situé derrière un portail métallique. Métallique aussi la chaîne à gros maillons qui l’entoure. À ses pieds la gerbe du 11-novembre dans laquelle seule une branche de sapin a survécu. Coulés dans le sol, des spots pour l’éclairage électrique. Les noms sont inscrits sur des plaques de marbre blanc.

833 (7)-min

Relanges

À ses enfants

Morts pour la France

1914-1918

PROTOIS Charles

MICHEL Hubert

AUBERTIN Albert

SUPRIN Eugène

AUBERTIN Eugène

MORQUIN Ernest

SUPRIN Émile

PROTOIS Henri

AUBERTIN Émile

La neige tombe et mouille mon papier qui va devenir illisible si je poursuis. J’arrête là.

               Poil et pellicule.

833 (5)-min
                                            Un + une (Claude Lelouch, France, 2015)

Bon dimanche,

Philippe DIDION