22 avril 2018 – 791

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 6 mai 2018, à un horaire indéterminé.

LUNDI.

Vie notulaire. Une demande de désabonnement aux notules.

MERCREDI.

Lecture. Une mort sans nom (From Potter’s Field, Patricia Cornwell, 1995 pour l’édition originale, Le Masque, 1996 pour la traduction française, traduit de l’américain par Hélène Narbonne; rééd. in « Patricia Cornwell 2, Quatre romans », éditions du Masque, coll. Intégrales, 2001; 1240 p., s.p.m.).

Kay Scarpetta vient à bout, dans cet épisode, de Temple Gault, un serial killer qui l’enquiquinait depuis un moment. On regrette qu’elle n’ait pas éliminé en même temps sa complice Carrie Grethen, ce qui aurait peut-être poussé Patricia Cornwell à se renouveler un peu. Celle-ci s’est en effet installée dans une routine qui plongerait le lecteur dans une complète torpeur s’il n’en était tiré régulièrement par les pépites d’une traduction catastrophique, laquelle donne des hanches à un saxophone et place le métacarpe sur les membres inférieurs. Ce qui est tout de même costaud quand on sait que Scarpetta est médecin légiste.

Éphéméride. “Charleville. 18 avril [1919]

Un beau soleil te permet-il d’aller faire une promenade avec cette bonne Guite dont les joues me seraient si bonnes à croquer ? Mais aussi gare à ton teint ! Tu sais que les premiers soleils sont très dangereux , et qu’une fois perdu… dame, ça y est bien ! Tu sais aussi que j’y tiens et que s’il te manque, ma foi, cela ne me fera pas trop plaisir. Donc, ma chérie, attention ! Sois sage et pense à moi. Je veux que tu sois jolie et pour cela, tu dois prendre des précautions.” (Albert Viard, Lettres à Léa)

VENDREDI.

Lecture. Le Publicateur du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 9e série, n° 11 (15 mars 2017, 96 p., 15 €).

“Poussière”

Le cabinet de curiosités du notulographe. Aperçu d’une collection de Lion d’or.

791 (2)-min  791 (1)-min

Ahun (Creuse), 20 avril 2017 / Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales), 8 octobre 2017, photos de Marc-Gabriel Malfant

SAMEDI.

Football. SA Spinalien – Chasselay 3 – 0.

Films vus. Orpheline (Arnaud des Pallières, France, 2016)

Sur les quais (On the Waterfront, Elia Kazan, É.-U., 1954)

Planetarium (Rebecca Zlotowski, France – Belgique, 2016)

À l’est d’Éden (East of Eden, Elia Kazan, É.-U., 1955)

Alibi.com (Philippe Lacheau, France, 2017)

L’Apollonide (Souvenirs de la maison close) (Bertrand Bonello, France, 2011)

Vol au-dessus d’un nid de coucou (One Flew Over the Cuckoo’s Nest, Milos Forman, É.-U., 1975).

              L’Invent’Hair perd ses poils.

791 (3)-min  791 (4)-min

Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône), photo d’Anne-Marie Emery, 8 mars 2011 / Ostende (Belgique), photo de Monique Carlier, 24 décembre 2015

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 1er mai 2016. 110 km. (30854 km).

791 (5)-min

83 habitants

   Pas de monument aux morts visible. Consolons-nous avec les porcs vivants.

791 (6)-min  791 (7)-min

              Poil et plume. “Les effets de la crise économique mondiale sur le métier de coiffeur à Wendisch Burg. Brand, le cordonnier, qui vint se faire couper les cheveux par amitié et par amitié ne voulut payer que la moitié du prix. Nous nous souviendrons de ce cordonnier. À partir de 1933, le salon de coiffure Erichson prospéra, deux apprenties côté Dames, bientôt trois garçons côté Messieurs…” (Uwe Johnson, Une année dans la vie de Gesine Cresspahl)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

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15 avril 2018 – 790

LUNDI.

Lecture. Rapatriés (Néhémy Pierre-Dahomey, Le Seuil, 2017; 192 p., 16 €).

Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2018.

MERCREDI.

Lecture. Les Peaux rouges (Emmanuel Brault, Grasset, 2017; 198 p., 17,50 €).

Éphéméride. “11. 4. [18]95. Marcelle

Cette pauvre petite qui a tant pleuré près de moi cette nuit. “J’aurais pu être heureuse – j’ai honte, vois-tu – maintenant il ne fait même plus attention à moi depuis que mes parents n’ont plus d’argent. Ah, si j’avais un enfant.

J’ai le mal d’aimer, vois-tu, le mal d’aimer. Je voudrais aimer quelqu’un. J’irais le trouver quand j’aurais de la peine – je ne peux pas être seule, j’ai peur, j’ai déjà voulu me tuer et je ne peux pas”. Elle a pleuré longtemps, elle a murmuré les refrains de sentimentales romances, et j’ai tout simplement pleuré avec elle – nous avons été amis, une heure, comme nous avions été amants un instant : pauvre petite fille.

Elle s’appelle Blanche-Marcelle.” Jean de Tinan, Journal intime 1894-1895)

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Miss alimentaires.

790 (2)-min  790 (1)-min

Bussang (Vosges), photo de Gérard Viry, 23 juillet 2016 / La Montagne, 2 août 2016

SAMEDI.

Lecture. Capharnaüm n° 7 (Finitude, été 2016; 96 p., 13,50 €)

“Michel Ohl : catastrophe culturelle”

Vie musicale. Concert de Robert Charlebois à Ludres (Meurthe-et-Moselle). La tournée s’appelle “Cinquante ans, cinquante chansons” et l’âge moyen du public présent donne l’impression qu’on était tous là, déjà, aux débuts du chanteur. La chose a ses avantages : ça commence de bonne heure, ça finit de même, l’artiste empoche son cachet, on avale les nôtres et tout le monde se couche tôt, comme le commandant. Entre-temps, on a revisité les jalons d’une belle carrière et pu constater que l’homme était toujours fringant, avec son tarin en cep de vigne et sa toison certes moins fournie qu’avant (plus question d’y planquer des mégots allumés comme à l’époque des tournées avec Léo Ferré) mais qui permet toujours de ne pas le confondre avec Eddy Mitchell. La voix est toujours là aussi, même si elle ne monte plus au final sur “Avril sur Mars” ou sur ”Ordinaire”. On était venu en se disant que ce serait bien de le voir avant qu’il rejoigne la chorale des cimetières, on le quitte avec la certitude qu’il nous enterrera tous.

Films vus. Jour J (Rheem Kherici, France, 2017)

La Grande Java (Philippe Clair, France, 1971)

Faut pas lui dire (Solange Cicurel, Belgique – France, 2016)

Le Carrefour de la mort (Kiss of Death, Henry Hathaway, É.-U., 1947)

La Fille dans le brouillard (La ragazza nella nebbia, Donato Carrisi, Italie – Allemagne – France, 2017)

Le Cercle parfait (Savrseni krug, Ademir Kenovic, Bosnie-Herzégovine – France, 1997).

              L’Invent’Hair perd ses poils.

790-min  790 (3)-min

Lagnieu (Ain), photo de Marc-Gabriel Malfant, 14 mars 2011 / La Salvetat-sur-Agout (Hérault), photo de Nathalie Valdevit, 12 mai 2011

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 28 mars 2016. 107 km. (30744 km).

790 (4)-min

1768 habitants

   Un coq surplombe l’imposant monument planté au cœur de la ville. Des pensées jaunes et violettes fraîchement repiquées agrémentent le parterre, derrière la grille basse qui encadre l’édifice.

790 (7)-min

Aux enfants de Plainfaing

Morts pour la France

1914-1918

   Face : 58 noms sur deux colonnes, de part et d’autre d’un macaron du Souvenir Français, d’ABRELL André à FLEURENT Edmond. En avancée, des plaques pour les victimes de 1939-1945, d’Indochine et d’Algérie.

Droite : 56 noms sur deux colonnes, de FLORENCE Célestin à L’HOTE Albert.

Dos : 59 noms sur deux colonnes, de LOUIS Auguste à PAULUS Victor.

Gauche : 56 noms de PETITDEMAGE Joseph à WIRTH Paul.

Au hit-parade des patronymes, 7 HUMBERT et 7 MARCHAL s’imposent devant 6 CLAUDE et 6 PERROTEY.

Dans l’église, au fond, encadré par trois drapeaux, on trouve un “Tableau d’Honneur des Enfants de la Commune morts pour la Patrie et des citations à l’Ordre du Jour”. On y trouve 12 colonnes de 18 noms (= 216, soit 13 de moins que sur le monument extérieur) écrits à la main.

790 (5)-min  790 (6)-min

              Poil et plume. “Warren broyait du noir en silence, et lorsqu’ils parvinrent à l’hôtel, il se gara le long du trottoir et indiqua d’un signe de tête à Bernice qu’il la suivait. L’auto de Roberta déversa une troupe hilare dans le salon de coiffure, dont les deux arrogantes baies vitrées donnaient sur la rue.

Debout sur le trottoir, Bernice considéra l’enseigne : SALON DE COIFFURE SEVIER. C’était bien une guillotine, avec pour bourreau le coiffeur en chef qui, vêtu d’une blouse blanche et la cigarette au bec, s’appuyait nonchalamment au dossier du premier fauteuil. ” (F. Scott Fitzgerald, “Bernice se coiffe à la garçonne”, in Garçonnes et Philosophes)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

8 avril 2018 – 789

DIMANCHE.

Pâques, le retour.

789-min

Vosges Matin, 17 mars 2018

LUNDI.

Lecture. Pierre Michon (Collectif, L’Herne, Cahier n° 120, 2017; 344 p., 33 €).

Compte rendu rédigé pour Histoires littéraires. Ça meuble un lundi de Pâques.

MERCREDI.

Éphéméride.

“4 [avril 1806]

Troisième leçon de M. Candon C’est un bon maître : il voit bien les petites circonstances de chaque tournure de phrase, il a du feu mais il manque des grandes vues de Tracy, il faudrait le lire.

Déjeuner avec Voisin; bouche bête du général M. Pouvoir de l’éducation entièrement militaire. Contraste avec la délicatesse de son associé. P[érier] me dit qu’il y a de mauvaises anecdotes sur Lambert. De là, à la salle d’armes. Tivollier a eu une femme; remords éternels de cette femme, qui craint que son fils ne soit de Tivollier.

Deuxième déjeuner (dimanche) chez Tivollier, plus agréable que le premier, mais tombant cependant dans l’ennui quand il ne reste plus que deux ou trois personnes. Ennui, désœuvrement de Périer; il ne doit de ne pas se croire malheureux qu’à la stupidité d’imagination qui l’empêche de concevoir un autre bonheur, et à l’orgueil qui l’engage à se croire heureux. Il y est obligé, parce qu’il mène une vie originale” (Stendhal, Journal)

VENDREDI.

Lecture. Comme une grande (Élisa Fourniret, Éditions du Mauconduit, 2017; 240 p., 19,50 €).

Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2018.

Obituaire. La première fois que j’ai entendu le nom et la voix de Jacques Higelin à la radio, ce devait être chez Jean-Bernard Hebey. J’ai immédiatement cherché le disque dont je venais de découvrir un extrait, Alertez les bébés, Irradié ou BBH 75. Introuvable. Et pour cause : j’avais entendu Jacques Higelin et je cherchais Jacky Gelin. Ce n’est qu’en voyant son nom sur les affiches, à l’occasion de sa première apparition à Épinal (son retour, en fait, il y avait effectué une partie de son service militaire) que j’ai compris. En solo à la Louvière, j’y étais, mon premier concert, 1975 ou 76. Il n’avait pas été transcendant mais j’avais attrapé le virus et Higelin est devenu, au fil des ans, l’artiste que j’ai vu le plus souvent en concert, entre ici et La Hague (Manche). Je ne l’ai pas suivi jusqu’au bout, même si ses derniers enregistrements, grâce à la patte de Rodolphe Burger, l’avaient un temps sorti de la panade musicale dans laquelle il s’était embourbé. Mais sa mort, qui signifie la disparition d’un pan de ma jeunesse, me peine et ce ne sont pas les prestations de ses rejetons qui vont me consoler. Là-dessus arrive, par un canal plus intime, l’annonce de la mort de Patrick Font. Pour le coup, ce n’est pas un pan entier mais quand même un beau moellon qui dégringole du même édifice. Grâce à Font et Val, j’ai appris qu’il valait mieux être avare de ses admirations. Font en prison, et sans la mansuétude du milieu dont bénéficiera plus tard Bertrand Cantat, Val en valet de Sarkozy qui m’a tenu éloigné des institutions qu’il a dirigées, Charlie Hebdo et France Inter, avant qu’il s’en éloigne lui-même, c’est quelque chose que j’aurais eu du mal à imaginer quand je les ai vus pour la première fois, annoncés par l’affiche de Cabu, au Théâtre municipal d’Épinal en 1986.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Fantaisies libraires.

789 (7)-min  789 (6)-min

Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), photo de Jean-François Fournié, 19 novembre 2016 / Val-d’Isère (Savoie), photo de l’auteur, 18 août 2016

SAMEDI.

Films vus. L’Étoffe des héros (The Right Stuff, Philip Kaufman, É.-U., 1983)

Mr. et Mme Adelman (Nicolas Bedos, France – Belgique, 2017)

Le Fantôme de Canterville (The Canterville Ghost, Jules Dassin, E.-U., 1944)

  Chez nous (Lucas Belvaux, France-Belgique, 2017)

  Le Mur invisible (Gentleman’s Agreement, Elia Kazan, É.-U., 1947)

De toutes mes forces (Chad Chenouga, France, 2017)

Argo (Ben Affleck, É.-U. 2012).

              Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 3900 salons, atteint le 6 octobre 2017.

Bilan géographique.               

Classement général par pays.

1. France : 3278 (+ 78)
2. Espagne : 165 (=)
3. Royaume-Uni : 58 (+ 3)
4. Belgique 51 (=)
5. Italie : 50 (+ 14)
6. États-Unis : 45 (=)
7. Danemark : 34 (+ 13)
8. Suisse : 21 (+ 1)
9. Portugal : 20 (=)
10. Pérou : 19 (=)
“. Canada 19 (=)

Belle progression du Danemark, qui se rapproche de la 6e place; la Suisse décroche le Portugal. Chypre devient le 38e pays représenté avec 5 salons qui lui donnent la 21e place.

Classement général par régions (France).

1. Rhône-Alpes : 612 (+ 5)
2. Île-de-France : 513 (+ 15)
3. Languedoc-Roussillon : 268 (+ 2)
4. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 258 (+ 2)
5. Lorraine : 250 (+ 9)
6. Midi-Pyrénées : 191 (+ 3)
7. Pays de la Loire : 137 (+ 6)
8. Bretagne : 135 (+ 3)
9 Bourgogne : 130 (+ 6)
10. Centre : 120 (+ 5)

Les Pays de la Loire dépassent la Bretagne. Le top 10 semble bien installé, toutes les autres régions comptent moins de 100 salons.

Classement général par départements (France).

1. Seine (Paris) : 412 (+ 13)
2. Rhône : 319 (=)
3. Vosges : 145 (+ 2)
4. Loire-Atlantique : 108 (+ 4)
5. Pyrénées-Orientales : 87 (=)
“. Loire : 87 (=)
7. Meurthe-et-Moselle : 78 (+ 2)
8. Alpes-Maritimes : 76 (=)
9. Saône-et-Loire : 72 (+ 2)
10. Hérault : 69 (=)

Les Alpes-Maritimes passent derrière la Meurthe-et-Moselle.

Classement général par communes.

1. Paris : 412 (+ 13)
2. Lyon : 144 (=)
3. Nantes : 56 (+ 3)
4.  Barcelone : 54 (=)
5. Nancy : 44 (=)
6. Épinal 37 (=)
7. Nice : 36 (+ 3)
8. Copenhague 24 (+ 13)
“. Marseille 24 (=)
“. Villeurbanne 24 (=)

Nantes chasse Barcelone du podium. Copenhague, précédemment 26e, gagne le top 10 aux dépens de Perpignan.

Bilan humain.

1. Marc-Gabriel Malfant : 1368 (+ 3)
2. Philippe Didion : 338 (+ 2)
3. Pierre Cohen-Hadria : 260 (+ 6)
4. Jean-Damien Poncet : 199 (+ 31)
5.  François Golfier : 192 (+ 7)
6. Jean-Christophe Soum-Fontez : 148 (+ 3)
7. Hervé Bertin : 131 (+ 6)
8. Sylvie Mura : 101 (+ 15)
9. Bernard Cattin : 73 (+ 1)
10. Benoît Howson : 67 (+ 2)

Jean-Damien Poncet continue son ascension vers le podium et dépasse désormais François Golfier.

Étude de cas. Salons des beaux-arts.

789 (5)-min  789 (2)-min

Le Havre (Seine-Inférieure), photo de Jean-Damien Poncet, 12 mars 2016 / San Francisco (Californie, États-Unis), photo de Noémie Fiore, 16 juillet 2014

789 (3)-min  789 (4)-min

Lima (Pérou), photo de Bernard Visse, 29 décembre 2016 / Besançon (Doubs), photo de Jean-Damien Poncet, 16 avril 2017

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 21 février 2016. 47 km. (30636 km).

789 (9)-min

146 habitants

   Le monument, devant l’église, est entouré d’une vieille grille métallique et encadré par des plantes grasses mal taillées dont je ne connais pas le nom. C’est une flèche de pierre blanche avec deux épaulements portant des couronnes en haut-relief. Les noms sont inscrits sur des plaques de marbre blanc. L’ensemble est assez lépreux.

789 (8)-min

La commune de Pierrepont

A ses enfants

Morts pour la France

BLANCK Alfred

GENAY Charles

ETIENNE Théophile

(Maire de Pierrepont)

THIRIET Constant

MAIRE Georges

   Épaulement gauche :

MATHIEU Joseph

CLAUDEL Léon

PHULPIN Charles

   Épaulement droit :

CLAUDEL Nestor

THIRIET Léon

THIRIET Charles

GERARD Pierre

1956 A.F.N.

              Poil et plume. “Et il s’éloigna à pas rapides en direction de la Cinquième Avenue. De retour à l’hôtel, il se sentit mieux, mais en entrant dans l’échoppe du coiffeur, où il comptait demander qu’on lui masse le cuir chevelu, l’odeur des poudres et des lotions fit renaître la vision du sourire suggestif et oblique d’Axia, et il s’en alla sans demander son reste. Sur le seuil de la porte de sa chambre, des ténèbres l’enveloppèrent soudain comme le flot divisé d’une rivière.” (F. Scott Fitzgerald, Loin du paradis)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

1er avril 2018 – 788

MERCREDI.
                  Éphéméride. “Vendredi, 28 mars [1941]
Affligé par la nouvelle d’hier soir, inquiet pour l’avenir. Autrefois, même sous les légionnaires, l’antisémitisme était bestial, mais hors la loi. C’était une sorte de compensation. On pouvait n’importe quand – fût-ce pour la forme – en appeler à l’autorité de l’État. Un minimum de justice était observé dans les mesures officielles. À présent, on perd même le sentiment – aussi précaire fût-il – d’une justice officielle. Tous les journaux du matin publient en première page, sous des titres énormes, la nouvelle de l’expropriation des Juifs. Le reste de l’actualité (la guerre, les victoires d’Afrique, le putsch de Belgrade…) est remisé dans les coins. Ce qui compte en Roumanie, aujourd’hui, vendredi 28 mars 1941, c’est qu’on prend leurs maisons aux Juifs. Rien d’autre n’a d’importance !” (Mihail Sebastian, Journal 1935-1944)
VENDREDI.
                  Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Stephen Hawking, Une brève histoire du temps, J’ai lu, 2007; Anna Todd, After, tome 2, Le Livre de poche, 2016.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Aperçu de ma collection de Léon Noël.
788 (8)-min  788 (5)-min
788 (6)-min
Cannes (Alpes-Maritimes), photo de l’auteur, 23 avril 2010 / Morizécourt (Vosges), monument aux morts, idem, 11 janvier 2015 / “Chronologie” de Vladimir Nabokov, Œuvres romanesques complètes II, Gallimard
SAMEDI.
             Films vus pendant la semaine. Le Serpent aux mille coupures (Éric Valette, Belgique – France, 2017)
                                                               En plein cœur (Pierre Jolivet, France, 1988)
                                                               A United Kingdom (Amma Asante, République tchèque – R.-U. – É.-U., 2016)
                                                              Adieu, ma concubine (Ba wang bie ji, Chen Kaige, Chine – Hongkong, 1993)
                                                               Papa ou maman 2 (Martin Bourboulon, France – Belgique, 2016).
             L’Invent’Hair perd ses poils.
788 (9)-min   788 (7)-min
Lagnieu (Ain), photo de Marc-Gabriel Malfant, 14 mars 2011 / Bruxelles (Belgique), photo de Yannick Bollati, 2 avril 2011
             IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 14 février 2016. 62 km. (30590 km).
788 (2)-min
116 habitants

   Il fait un temps épouvantable, je saute de l’auto, prends les photos, je copierai les listes at home.

788 (1)-min

   Total : je n’arrive pas à lire ce qui est écrit sous la Croix de Guerre (“à nos fils”, peut-être), avant

Pour la Patrie

1914-1918

L’Abbé Ch MATHIEU

VANNEQUÉ A

BRULÉ H

JEANROY H (?)

MARLENGEON J

THIERRY L (?)

THOUVENOT H (?)

VAUCHÉ A

VAUCHÉ R

VAUTHIER J

MANGEOT G

LAROSE H

GUILLEMIN E

PETITDEMANGE G

LAROSE J

   À gauche sont inscrits les noms des quatre victimes de la guerre 39-45.           

   À droite, une plaque avec les portraits de onze des quinze victimes et des différences orthographiques qui ne lèvent pas mes doutes sur les initiales des prénoms : Jeanroy y est prénommé Joseph alors que l’initiale présente les deux barres parallèles d’un H. Par ailleurs, Marlengeon est devenu Marlaugeon.

788-min

             Poil et plume. Nous la suivons à travers un dédale de rues avant qu’elle ne se gare enfin devant un alignement de boutiques de plain-pied sans âme. Mon chauffeur s’arrête de l’autre côté de la rue et, alors que le moteur Diesel du taxi tourne au ralenti en fond sonore, la femme entre dans un salon de coiffure appelé “Coif’n’Cut”. De l’autre côté de la vitrine, quelqu’un qui ressemble au propriétaire lui souhaite la bienvenue. Une bise sur chaque joue, on rit, et elle se débarrasse de son manteau et de son sac avant d’être conduite en dehors de notre champ de vision.” (Peter May, Les Disparus du phare)

Joyeuses Pâques,

Philippe DIDION

25 mars 2018 – 787

MERCREDI.
                  Éphéméride. “Monsieur Jacques Rivière                                                                                             Saragosse, 21 mars XII.
                                        Rue Froidevaux, 15
                                        Paris (Francia)
Mon ami, j’ai eu votre lettre. Merci. Je savais aussi, par une lettre de ma mère, qu’il m’était arrivé à Pau, il y a une quinzaine de jours, une revue portant votre nom; excusez-moi de n’avoir pu la réclamer : je n’avais pas d’adresse fixe; et je vais ici, à peu près sans bagage […].
Je n’ai jamais pensé à vous dire que vous pouviez vous présenter en mon nom chez mon vieux cousin Olivier Sainsère (30, rue de Miromesnil) pour voir ses Gauguin et toute sa collection moderne […]. Je puis lui écrire un mot si vous le voulez […].
Je serai en Espagne six semaines encore, j’imagine. Je rentrerai avant les premières chaleurs, car il me faut parfois mener ici une vie physique qui me fatigue. Mais je ne pouvais plus tenir à Pau, j’ai dû descendre ici comme j’ai pu. Je filerai ensuite vers la Méditerranée, puis je traînerai un peu dans le Sud.
Cette adresse encore pour six jours : Casa Dona Fernanda Carrizo, Calle Santiago, 22. Zaragoza.
A. S.-L.” (Saint-John Perse, Lettres)
                  Lecture. La Nouvelle Revue française n° 619 (Gallimard, juillet 2016; 160 p., 15 €).
                                Canicule (The Dry, Jane Harper, Pan Macmillan Australia, 2016 pour l’édition originale, Kero, coll. Thriller, 2017 pour la traduction française, traduit de l’anglais par Renaud Bombard; 400 p., 19,90 €).
                                Policier à Melbourne, Aaron Falk revient à Kiewarra, sa ville natale, pour assister à l’enterrement de son ami d’enfance. Celui-ci a-t-il vraiment tué femme et enfant avant de se suicider ? Falk va apporter son concours à la police locale pour le savoir, ce qui lui donne l’occasion de replonger dans son passé. Pour sa première incursion dans le monde du polar, Jane Harper réussit un joli coup avec une histoire bien charpentée et des personnages bien dessinés. C’est trop long bien sûr (tous les polars le sont, désormais, comme si la légitimité littéraire à laquelle aspirent leurs auteurs était une question de volume), il y a des niaiseries dans certains dialogues et certaines situations mais c’est largement au-dessus de la moyenne. Jane Harper a le sens du whodunit, elle sait ménager les fausses pistes propres au genre. Mais surtout, elle sait très bien utiliser les particularités de son cadre : la petite ville aux mœurs rurales, le bush qui l’entoure, le climat qui l’assomme, l’économie qui la tue.
                  Football. SA Spinalien – Schiltigheim 1 – 1.
VENDREDI.
                 Lecture. Schnock n° 19 (La Tengo, juin 2016; 176 p., 14,50 €).
                               Mireille Darc
                 Le cabinet de curiosités du notulographe. Parlons chiffons.
787 (2)-min  787 (1)-min
Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Inférieure), photo de Bernard Bretonnière, 10 septembre 2014 / Brest (Finistère), photo de Yannick Séité, 24 octobre 2017
SAMEDI.
             Football. SA Spinalien – Saint-Louis Neuweg 0 – 1.
             Films vus pendant la semaine. L’Ascension (Ludovic Bernard, France, 2017)
                                                               Un Martien à Paris (Jean-Daniel Daninos, France, 1961)
                                                               À fond (Nicolas Benamou, France – Macédoine, 2016)
                                                               Le Poison (The Lost Weekend, Billy Wilder, É.-U., 1945)
                                                               The Lost City of Z (James Gray, É.-U., 2016)
                                                               La Courtisane (Susan Lenox, Robert Z. Leonard, É.-U., 1931).
             L’Invent’Hair perd ses poils.
 787-min   787 (3)-min
Ambérieu-en-Bugey (Ain), photo de Marc-Gabriel Malfant, 14 mars 2011 / Bourgoin-Jallieu (Isère), photo du même, 17 décembre 2012
             IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 3 janvier 2016. 116 km. (30528 km).
787 (4)-min
853 habitants

   Le monument est à côté de l’église, sur une esplanade pavée. La stèle est trapue, en granit poli, entre deux thuyas. Une médaille représentant un Poilu de profil et deux palmes surmontent l’inscription :

La Petite-Raon

A ses enfants

Morts pour la France

1914-1918

787 (5)-min

   Gauche : 28 noms d’ADAM Joseph à LEGRAND Lucien, dont un DIDIO Marcel et un FONTAINE Anthime, prénom peu courant. Sur la base, une plaque avec les victimes de 1939-45.

   Droite : 21 noms de L’HOTE Aimé à VIOLENT Denis (sic). Suivent 6 noms de victimes civiles, de BOISJARDIN Ernest à THOUVENIN Fernand. Sur la base, une plaque avec les victimes de 1939-45.

             Poil et plume. Gamin espiègle à guetter le père Léon en ce temps-là. Dieu, qu’il rigolait quand Léon allait “au” coiffeur. La seule sortie du bonhomme, une fois par mois. Le père, il arrivait tout fringant, souriant à l’avance de sa journée avec les copains. Parce que le coiffeur, c’était vite fait ! Un coup de ciseaux sur les cheveux délavés et gras, un bon passage du coupe-chou sur le menton et les joues pour le rasage « de près » et hop ! Tout le monde au bistrot chez Raymond. […] c’était la fête lorsque Léon débarquait sous prétexte de coiffure ! Léon, rectifié autour des oreilles et parfois balafré sur le côté du menton, s’installait d’abord au bar recouvert de zinc blanc et marqué de ronds de verres.” (Anne Rouet, Le Rêve de Julien)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

18 mars 2018 – 786

DIMANCHE.

                   Bougies. “On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans”. C’est aujourd’hui l’âge des notules.
LUNDI.
           Vie littéraire. “Le romancier, éditeur et critique littéraire Patrick Grainville a été élu, jeudi 8 mars, par l’Académie française, au fauteuil d’Alain Decaux, vacant depuis 2016. Treize voix lui ont été favorables, et deux au chanoine et maître en théologie Dominique-Marie Dauzet.” C’était dans Le Monde du 10 mars dernier mais il m’a fallu faire quelques recherches avant d’en parler. Car il se trouve que j’ai très bien connu ce Dauzet, à une époque où il se prénommait Dominique tout court : nous avons partagé douze mois durant la même chambrée à l’École Militaire de Strasbourg aux temps lointains de la conscription universelle et obligatoire. Dauzet venait de Versailles, et c’était un véritable Versaillais : il avait appris à lire dans Le Figaro, l’hostie avait été sa première nourriture solide et l’uniforme lui donnait pour la première fois l’occasion de porter autre chose que du bleu marine. Au-delà de ses vues sur la politique et la société que je ne cherchais pas à connaître, il était d’un commerce agréable, fin lettré, et se montrait à la fois ébahi et ravi de découvrir le fossé qui existait entre le milieu où il avait grandi et celui où il se trouvait encaserné. Je lui souhaite de réussir à une future élection académique car j’ai d’autres photos du genre de celle-ci à lui envoyer quai Conti.
786-min
Camp militaire de Bitche (Moselle), Service photographique des armées, août 1983
   Sur ce document qui explique beaucoup de guerres perdues, on peut voir le notulographe en train d’essayer de sortir d’un Zodiac dans un mouvement qui sent bon le marin d’exception. Debout derrière lui, tenant la pagaie déjà comme une crosse d’évêque, l’académicien en devenir observe un de ses conscrits occupé à pilonner les têtards ennemis à grands coups de pelle.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “Dimanche 14 [mars 1875]. J’ai eu un immense bonheur aujourd’hui. Il fait beau depuis quelque temps; il ne gèle pas du tout.” (Vitalie Rimbaud, Journal et autres récits)
JEUDI.
          Lecture. Goodbye, Columbus (Goodbye, Columbus and Five Short Stories, Philip Roth, Houghton Mifflin, New York, 1959, Gallimard, 1962 pour la traduction française, traduit de l’américain par Céline Zins, rééd. in “Romans et nouvelles 1959-1977”, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 625, 2017, traduction revue par Ada Savin; 1208 p., 64 €).
                        Son visage, son âge, sa renommée, l’ampleur de son œuvre, le nombre – équivalent – de ses admirateurs et de ses contempteurs, ses thèmes de prédilection (le sexe, la judéité), son nom prononcé et jamais couronné à chaque Prix Nobel, Philip Roth impressionne. M’impressionne, en tout cas. A tel point que le volume Quarto de ses romans que j’ai acheté jadis n’a jamais été ouvert. Il arrive que ce soit l’appareil critique d’une édition qui permette d’attaquer plus facilement un auteur impressionnant. Une préface éclairante, des notes limpides, des explications abordables, voilà qui aide à faire son chemin dans une œuvre qui semble difficile d’accès. Rien de tel ici : les commentateurs de la Pléiade ne sont pas dans le sens de l’apaisement, ils rehaussent encore la statue et rendent l’homme encore plus impressionnant. Pour une fois, et c’est un bonheur, la lumière vient des textes eux-mêmes. Goodbye, Columbus en contient six, une novella et cinq nouvelles, six histoires limpides, drôles, intéressantes, qui se lisent sans difficulté, avec plaisir, avec gourmandise même pour celle qui donne son titre au volume. Bien sûr, les préoccupations de Roth sont déjà présentes, la place du juif dans la société américaine, la spécificité des groupes sociaux et religieux, la vie amoureuse et son évolution au cours d’une existence mais tout cela n’est que la toile de fond d’histoires simples, peuplées de personnages humains, vivants, dont le parcours captive immédiatement le lecteur.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Clin d’œil ducassien à Paris (Seine), rue de Jouy, photo de Marc-Gabriel Malfant, novembre 2013.
786 (2)-min
SAMEDI.
             Films vus pendant la semaine. Meurtre (Murder !, Alfred Hitchcock, R.-U., 1930)
                                                               Raid dingue (Dany Boon, France – Belgique, 2016)
                                                               Down by Law – Sous le coup de la loi (Down by Law, Jim Jarmusch, É.-U. – R.F.A., 1986)
                                                               20th Century Women (Mike Mills, É.-U., 2016)
                                                               Portrait de femme (The Portrait of a Lady, Jane Campion, R.-U. – É.-U., 1996)
                                                               Sous le même toit (Dominique Farrugia, France, 2017)
                                                               Fortunat (Alex Joffé, France – Italie, 1960).
             L’Invent’Hair perd ses poils.
786 (1)-min   786 (3)-min
Ambérieu-en-Bugey (Ain), photo de Marc-Gabriel Malfant, 14 mars 2011 / Bouguenais (Loire-Inférieure), photo de Bernard Bretonnière, 13 juin 2011
             IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 27 décembre 2015. 138 km. (30412 km).
786 (5)-min
87 habitants
   Pas de monument aux morts (le fait est confirmé par l’autochtone que j’interroge) mais, en bordure du cimetière, un alignement de 19 croix sur un parterre de cailloux blancs encadré par deux grands thuyas. À quelques exceptions près, les plaques indiquent que ces hommes faisaient partie du 99e R.I. et qu’ils sont tombés le 13 décembre 1914. Au milieu, une gerbe déposée par la commune, sans doute le 11 novembre.
786 (4)-min
             Poil et plume. La salle d’exécution, dans la cave, sert aussi de salon de coiffure. Quand les prisonniers y sont conduits, ils ne savent jamais ce qui les attend, car la direction de la prison a décidé que les bourreaux et les coiffeurs porteraient le même uniforme.” (Johan Theorin, Fin d’été)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

        

11 mars 2018 – 785

LUNDI.

           Lecture. La Théorie du panda (Pascal Garnier, Zulma, 2008, rééd. Points P 2743, 2016; 192 p., 6,50 €).
                         À le lire, on dirait bien que Pascal Garnier n’a pas eu énormément de regrets au moment de quitter ses semblables en 2010. Ses romans présentent tous une humanité peu engageante, terne, fade, triste. Un homme seul y évolue sans parvenir à y trouver sa place, un tueur dans Comment va la douleur ?, un déraciné sortant d’une tragédie familiale dans cette Théorie du panda. Pas d’amitié, pas d’amour, pas de lien, chacun fait sa course dans son couloir sans se préoccuper des autres. Pascal Garnier écrivait des romans noirs presque sans intrigue, sans stéréotypes (quelques coups de feu à la fin histoire de dire que c’est fait), sans préoccupations politiques ou sociologiques car dans ses pages la société n’existe pas. Ce qu’il parvient à faire avec ce néant, grâce à l’acuité de son regard et de son écriture, est remarquable.
MARDI.
            Lecture. La Maison fantôme (Safe as Houses, Margery Allingham, nouvelle parue dans The Strand, janvier 1940 pour l’édition originale, Mystère Magazine n° 24, janvier 1950 pour la traduction française, rééd. in « La Maison des morts étranges et autres aventures d’Albert Campion », Omnibus, 2010; 1024 p., 26 €).
MERCREDI.
                  Éphéméride.                                                                                                                                                                                                                                         “Lyon 7 mars 1898
Cher Monsieur Dufour,
J’ai bien reçu votre carte postale samedi matin. Vous avez bien fait de ne pas vous exposer au mauvais temps qu’il faisait ce jour-là. Ma femme et moi nous avons regretté d’apprendre l’indisposition de Madame Dufour et nous serions allés nous-mêmes prendre de ses nouvelles si notre départ n’avait été fixé pour le même jour à 2 h 15 de l’après-midi.
Nous aimons à penser qu’elle est maintenant tout à fait rétablie. Nous rentrerons probablement à la fin de la semaine à S[ain]t[-]Geoire. Je suis toujours tout à votre disposition au sujet de Rimbaud.
Je vous envoie un recueil de notes que j’ai communiquées au ministère de l’Instruction Publique dont je suis membre correspondant officiel. C’est sur la demande du Dr. Hamy et de Mr Maunoir que cette publication a été faite[.] Ces messieurs ont bien voulu suivre depuis 18 ans les quelques travaux que j’ai faits sur le Somal et le Harar.
Mes hommages respectueux à Madame Dufour et à vous bien cordialement.
Alfred Bardey” (à Paterne Berrichon, in Arthur Rimbaud, Correspondance posthume, 1891-1900)
VENDREDI.
                 L’éducation ressentimentale. Une notion intéressante dans Le Monde des livres du jour où la critique chargée de faire part de l’ennui distillé par le dernier livre de Joël Dicker termine ainsi son article : “De manière générale, le temps passe très lentement, en lisant ce polar supposément échevelé. Il donnerait […] l’envie d’emprunter à la météo le concept de “températures ressenties”, pour noter que le nombre de pages ressenti est ici très largement supérieur aux 630 officiellement affichées.”
                
                 Le cabinet de curiosités du notulographe. Gros mots.
785-min   785 (2)-min
Lieu inconnu, photo de Victorio Palmas, 31 décembre 2003 / Grenade (Espagne), photo d’Hervé Bertin, 13 mai 2016
SAMEDI.
              Football. SA Spinalien – Annecy 1 – 1.
             Films vus pendant la semaine. Pluie noire (Kuroi ame, Shôhei Imamura, Japon, 1989)
                                                               L’Autre Côté de l’espoir (Toivon tuolla puolen, Aki Kaurismäki, Finlande – Allemagne, 2017)
                                                               Fatima (Philippe Faucon, France – Canada, 2015)
                                                               À ceux qui nous ont offensés (Trespass Against Us, Adam Smith, R.-U., 2016)
                                                               Les Idiots (Idiotern, Lars von Trier, Danemark – Espagne – Suède – France – Pays-Bas – Italie, 1998)
                                                               L’Embarras du choix (Éric Lavaine, France, 2017).
             L’Invent’Hair perd ses poils.
785 (3)-min   785 (1)-min
Meximieux (Ain), photo de Marc-Gabriel Malfant, 14 mars 2011 / Saint-Julien (Rhône), photo de Benoît Howson, 21 février 2012
         
              Poil et plume. « Petit, j’imaginais très souvent, couché sur mon lit, les muscles tendus par la peur de m’endormir, que tout le monde disparaissait de la ville et que je circulais dans les rues vides poursuivi par les orbites creuses des statues qui me guettaient avec l’implacable férocité inerte des choses, pétrifiées dans l’attitude artificielle et pompeuse des photographies de l’époque héroïque, ou alors j’évitais les arbres dont les feuilles tremblaient dans une inquiétude marine d’écaillés, et, même encore aujourd’hui, vous savez, je continue à me croire tout seul dans la nuit de ces places, de ces mélancoliques avenues sans grandeur, de ces transversales secondaires, comme des affluents, qui traînent avec elles des mercières banlieusardes et des coiffeurs décrépits, Salon Nelinha, Salon Pereira, Salon Pérola do Faial, exhibant des modèles de coiffure découpés dans des journaux de mode et collés aux carreaux de leurs fenêtres.” (Antonio Lobo Antunes, Le Cul de Judas)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

4 mars 2018 – 784

MARDI.

            Lecture. La Course du lièvre à travers les champs (Sébastien Japrisot, Denoël, 1972, rééd. in « Romans policiers », Gallimard, coll. Quarto, 2011; 1036 p., 25 €).  
                          C’est encore un dialogue de film (tourné par René Clément) mais contrairement aux deux autres textes de ce genre figurant dans le volume (Adieu l’ami et Le Passager de la pluie), il ne se suffit pas à lui-même : l’histoire, traitée en montage parallèle, ne peut être saisie qu’au moyen des images. Mais il est intéressant de constater combien l’écriture de Japrisot, ainsi réduite au strict nécessaire, ressemble à celle de Manchette.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “28 février [1898]
Le moineau piquant graines et insectes : on ne vit pas seulement de pain.
Vive l’armée ! Avec ça, que les officiers la connaissent ! S’ils entendaient deux ou trois dialogues de chambrée, ils frissonneraient.
Nous, nous sommes à peu près garés. Je plains les jeunes qui viennent.
Je déteste l’émotion : c’est trop long, beaucoup plus long que la joie et le rire.
La cascade de son rire sous les vannes de ses dents.” (Jules Renard, Journal)
                  Lecture. Histoires littéraires n° 65 (Du Lérot éditeur, janvier-février-mars 2016; 176 p., 25 €).
                                Dossier Baudelaire II.
VENDREDI.
                 Vie sanitaire. Première séance d’ostéopathie. L’homme de l’art est un ancien élève. Encore un. Comme dit Bergounioux, ils sont partout. Celui-ci me vend une auto, celui-là un ordinateur, celle-ci me coupe les cheveux, celle-là s’occupe de nos contrats d’assurance… Il y en a un qui parfois pilote le train qui me mène au boulot et il s’en trouvera bien un pour me conduire en terre. En attendant, seul l’ostéopathe peut faire rigoler les autres en racontant qu’il a mis son prof en slip.
                  Lecture. Vivre à Madère (Jacques Chardonne, Grasset, 1953, rééd. coll. Les Cahiers Rouges, 2004; 176 p., 7,70 €).
                 Le cabinet de curiosités du notulographe. Transports littéraires.
784 (1)-min  784 (2)-min
Autoroute A7, 11 décembre 2014 / Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), été 2015, photos de Marc-Gabriel Malfant
SAMEDI.
             Films vus pendant la semaine. Meurtre d’un bookmaker chinois (The Killing of a Chinese Bookmaker, John Cassavetes, É.-U., 1976)
                                                               Nocturama (Bertrand Bonello, France – Allemagne – Belgique, 2016)
                                                               Pyromaniac (Pyromanen, Erik Skjoldbærg, Norvège, 2016)
                                                               L’Odyssée (Jérôme Salle, France – Belgique, 2016)
                                                               Paradis perdu (Abel Gance, France, 1940)
                                                               L’Histoire de l’amour (The History of Love, Radu Mihaileanu, France – Belgique – Canada – Roumanie, 2016).
             L’Invent’Hair perd ses poils.
784-min   784 (3)-min
Dagneux (Ain), photo de Marc-Gabriel Malfant, 14 mars 2011 / Saint-Pierre-d’Entremont (Orne), photo de Pierre Cohen-Hadria, 11 août 2014
             IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 21 décembre 2015. 164 km. (30274 km).
784 (5)-min
189 habitants

   C’est un monument ouvragé avec buste de Poilu, posé face à l’église sur une esplanade qu’on imagine volontiers convertie en terrain de pétanque au retour des beaux jours. Il est signé WALSER – LIFFOL, où l’on semble apprécier les traits d’union.

784 (4)-min

La commune de Pargny

A ses héros

Morts pour-la France

1914-1918

MOREL-Auguste

1893-1914

FLOQUET Eugène

1884-1915

DINE-Louis

1881-1915

SIMONET Auguste

1892-1916

HAFF-Lucien

1895-1916

HUSSON-Louis

1895-1916

MILLOT Pierre

1883-1917

MANGIN André

1898-1918

MARCHAL Marcel

1895-1918

              Poil et plume. « Cette nuit-là, les Boches bombardèrent Bus pour la première fois depuis le début de la guerre et le premier obus tomba en plein sur la voiture de la 6e Cie, qui débouchait sur la place du Marché. Le cheval, le cocher et Lang furent écrabouillés. On ramassa deux, trois écuellées de petits débris et les quelques gros morceaux furent noués dans une toile de tente. C’est ainsi que furent enterrés Lang, le cocher et de la bidoche de cheval. Et l’on planta une croix de bois sur le tumulus.

Mais en revenant du cimetière quelqu’un remarqua la moustache de Lang qui flottait dans la brise du matin. Elle était collée contre la façade, juste au-dessus de la boutique du coiffeur. Il fallut dresser une échelle, aller détacher ça, envelopper cette touffe sanglante dans un mouchoir, retourner au cimetière, faire un trou et enterrer ces poils absurdes avec le reste. Puis nous remontâmes en ligne, dégoûtés. » (Blaise Cendrars, La Main coupée)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

25 février 2018 – 783

DIMANCHE.

Lecture. La Nouvelle Revue française n° 618 (Gallimard, mai 2016; 160 p., 15 €).

MARDI.

Lecture. Maléfices (Boileau-Narcejac, Denoël, coll. Crime-Club n° 34, 1961 pour la première édition, rééd. in « Quarante ans de suspense » vol. 2, Robert Laffont, coll. Bouquins, édition établie par Francis Lacassin, 1988; 1314 p., 120 F).

Le livre prend la forme d’une longue confession adressée à “Maître Maurice Garçon de l’Académie française Avocat à la Cour (Paris)”, qui n’a rien d’un personnage fictif. Autre curiosité, le signataire, François Rauchelle, vétérinaire à Beauvoir-sur-Mer (Vendée), entame ainsi sa lettre : “Tout a commencé le 3 mars dernier. Du moins, il me semble. Je ne sais plus ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas. Est-ce la visite de Vial qui a tout déclenché ? En un sens, oui. Mais si l’on ne croit pas au hasard, le drame a commencé deux ans plus tôt. En mars, justement !… C’est en mars que je me suis installé ici, avec Éliane. Nous arrivions d’Épinal.” Ce qui serait flatteur si le personnage ne manifestait à plusieurs reprises par la suite son désir de retourner “en Alsace”.

MERCREDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Roger Fisher, Daniel Shapiro, Gérer ses émotions, Robert Laffont, 2008.

Éphéméride. “Les enfants terribles

21 février [1930]

Dans le bas de la rue Pigalle, Moyses a fait jaillir de la roche montmartroise une nouvelle source de champagne : Les Enfants Terribles.

Au Grand Écart, on peut voir, à côté du vestiaire, un petit dessin encadré de Jean Cocteau; ce dessin représente un chasseur qui tient une grande feuille de papier sur laquelle est écrit :

“À Louis Moyses, Paris.

Puisque mes titres te servent de fétiches, je t’autorise à prendre Le Grand Écart…

Avec Les Enfants Terribles, la veine continue :

Moyses et les titres des romans de Cocteau sont aimés des Dieux.” (Pierre de Régnier, Chroniques d’un patachon : Paris 1930-1935)

JEUDI.

Lecture. Souvenirs dormants (Patrick Modiano, Gallimard, coll. nrf, 2017; 112 p., 14,50 €).

“Il m’a demandé “ce que je faisais dans la vie” et je lui ai répondu de manière évasive. Puis, comme si ce renseignement pouvait lui être utile, il m’a posé une question qui m’a surpris : “Vous habitez Paris ?” J’ai pensé qu’il n’avait pas toujours habité Paris. Geneviève Dalame m’avait dit qu’elle était née dans une ville des Vosges dont je ne sais plus si c’était Épinal ou Saint-Dié.” On note une forte présence spinalienne dans les lectures de cette semaine avec un peu plus de correction géographique chez Modiano que chez Boileau-Narcejac. À part ça, quoi de neuf chez Modiano ? Rien, la fabrique tourne parfaitement, la machine est bien huilée au point que l’auteur ne fait même plus semblant de s’encombrer d’une intrigue suivie. Les bribes lui suffisent, quelques noms, quelques adresses, quelques numéros de téléphone et voguent les souvenirs dans le flou qui est devenu son emblème. Il donne toujours quelques miettes à ceux qui s’intéresse aux traces de Gurdjieff et de Perec présentes dans son œuvre, ménage quelques ouvertures autobiographiques qui sont autant d’énigmes et l’affaire est faite. On pourrait s’en lasser, crier au procédé, à la redite, on a beau ne pas être dupe du personnage que Modiano lui-même s’est créé, rien n’y fait : la magie est toujours là.

Vie musicale. On est venu pour le concert de Volo et on se fait cueillir par la chorale du lycée local, invitée sur scène parce que la prof de musique copine avec l’organisatrice. Mœurs de province, dirait l’autre. Bon, Volo, les frères Volovitch, un duo secondé par un guitariste qui, de loin, ferait passer Keith Richards pour un bébé Guigoz et Renaud pour une communiante chlorotique. De la chanson française sans surprise (ils n’aiment pas Trump, ni Goldman Sachs et s’inquiètent pour la planète) bien jouée, sans artifices de mise en scène. Pas de reprise et c’est dommage – j’aime bien jauger les artistes par le choix et l’interprétation des reprises qu’ils s’autorisent.

VENDREDI.

Chronique d’un patachon. Concert tranquille donc hier soir mais entorse aux habitudes, coucher plus tardif. De plus, Lucie, rentrée un jour plus tôt que prévu, nous attendait au retour. Discussion nocturne, entorse aux habitudes, coucher encore plus tardif. Impossible de dormir, nuit éprouvante. Ce matin, en allant au boulot, j’ai l’impression de m’être roulé dans la boue pendant trois jours sous l’emprise de substances diverses aux Eurockéennes de Belfort. Il faut peu de chose, à nos âges, pour détraquer la machine.

Lecture. Histoires littéraires n° 59-60 (Du Lérot éditeur, juillet-décembre 2014; 326 p., 40 €).

Le texte et l’image.

Chaleur (Joseph Incardona, Finitude, 2016; 160 p., 15,50 €)

Un polar ayant pour cadre un championnat du monde de sauna en Finlande. Lu sur un quai de gare par une température de – 3° par goût du contraste.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Marques de lassitude onomastique.

783-min  783 (2)-min

Vosges Matin, 26 juin 2015 / Le Dauphiné libéré, 18 août 2015, document transmis par Hervé Bertin

 783 (3)-min

 bibliothèque de l’auteur

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. Un petit coin aux cieux (Cabin in the Sky, Vincente Minnelli, É.-U., 1943)

                                                               Ça s’est passé en plein jour (Es geschah am hellichten Tag, Ladislao Vajda, Suisse – R.F.A. – Espagne, 1958)

Grand Central (Rebecca Zlotowski, France – Autriche, 2013)

Lumière ! (Thierry Frémaux, France, 2016)

La Ballade de Narayama (Narayama bushitô, Shôhei Imamura, Japon, 1983)

Les Confessions (Le confessioni, Roberto Andò, Italie – France, 2016).

Football. SA Spinalien – Jura Sud 1 – 2.

L’Invent’Hair perd ses poils.

783 (4)-min  783 (5)-min

Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 11 mars 2011 / Lauzach (Morbihan), photo du même, 22 avril 2017

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 6 décembre 2015. 101 km. (30110 km).

783 (7)-min

138 habitants

   Sur le côté de l’église, un parterre gazonné reçoit un obélisque en pierre moche. Des bas-reliefs compliqués (on devine un lion à cheval sur un casque) sont censés l’embellir. Les chrysanthèmes du 11 novembre (gerbe provenant de La porte de la forêt, à Darney) sont mal en point. Une plaque métallique à la mémoire de GABRIEL Henri est devenue presque entièrement illisible.

Hommage

Aux enfants de Parey-s/s-Montfort

Morts pour la Patrie

1914-1918

1940 – Gabriel MAGNIER 1907-1940 – 1945

   Gauche :

HURAUX Alfred

LIEBAUX Maurice

MAGNIER Maurice

JEANDEL Gaston

   Dos :

LOUVIOT Arsène

PASTEMPS Émile

   Droite :

THIEBAUT Georges

MULOT Lucien

MATHIEU Paul

GABRIEL René

              Poil et pellicule.

783 (8)-min

Black mic mac (Thomas Gilou, France, 1986)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

18 février 2018 – 782

LUNDI.

Vie professionnelle. Je trouve une invitation (à valeur de convocation) à participer à une formation sur les “outils nomades”. Ne possédant pas de camping car et n’ayant aucun intérêt pour les caravanes, j’informe ma hiérarchie que je n’y participerai pas.

Lecture. Bécon-les-Bruyères (Emmanuel Bove, Gallimard, coll. Folio 2 €, 2017; 96 p.).

Quand les éditions Émile-Paul Frères  le sollicitent en 1927 pour un texte destiné à leur collection “Portraits de la France”, Emmanuel Bove fournit Bécon-les-Bruyères, qu’il vient de faire publier dans la revue Europe. Il va ainsi à l’encontre de l’esprit de l’entreprise, qui ne cache pas son ambition touristique : il s’agit de mettre de grands noms au service de lieux prestigieux : Mauriac y parle de Bordeaux, Giono de Manosque, Mac Orlan de Brest, etc. Emmanuel contourne la chose en décrivant un non-lieu, Bécon-les-Bruyères, une banlieue ordinaire qui finit, sous sa plume, par se teinter d’un charme et d’une poésie dignes d’un décor pour un roman d’Antoine Blondin. Ce petit Folio est complété par “Retour de l’enfant”, une nouvelle tirée du recueil Henri Duchemin et ses ombres (1928), à lire d’urgence si les autres textes sont du niveau de celui présenté ici.

MARDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Éliette Abecassis, Une affaire conjugale, Albin Michel, 2011.

Vie professionnelle (suite). Renseignements pris, l’appellation “outils nomades” désigne les tablettes électroniques et les téléphones de poche. Ce qui m’intéresse encore moins que les roulottes ou les verdines.

MERCREDI.

Éphéméride. “14 [février 1923] – Comète.” (Raymond Queneau, Le Journal d’un jeune homme paüvre, 1920-1927)

JEUDI.

Lecture. La Rousse (Fuzz, Ed McBain, 1968 pour l’édition originale, Gallimard, coll. Série Noire n° 1295, 1969 pour la traduction française, traduit de l’américain par Denise May, rééd. in “87e District 4”, Omnibus, 1999, traduction revue et augmentée par Pierre de Laubier; 1042 p., 145 F).

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Préposition malhonnête à Annecy (Haute-Savoie), photo de Laurent Lagarde, 30 juin 2014.

782

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. Primaire (Hélène Angel, France, 2016)

Le Magot de Josefa (Claude Autant-Lara, France – Italie – Suisse, 1963)

Dans la forêt (Gilles Marchand, France – Suède, 2016)

Sous les jupes des filles (Audrey Dana, France, 2014)

Baby Phone (Olivier Casas, France – Belgique, 2017)

Lucky Luke (James Huth, France – Argentine, 2009)

London House (The Ones Below, David Farr, R.-U., 2015).

L’Invent’Hair perd ses poils.

782 (2)  782 (3)

Villeurbanne (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 6 mars 2011 / Cherbourg-Octeville (Manche), photo de Sibylline, 14 juin 2011

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 29 novembre 2015. 32 km. (30009 km).

782 (4)

166 habitants

   Un Poilu blanc monte la garde devant l’église, posté sur un socle encadré par quatre ogives d’obus. En avancée, un petit parterre, sur les côtés une barrière métallique. Une palme et une Croix de Guerre sont fixées sur le socle où l’on peut lire :

Pallegney

A ses enfants

Morts pour la France

1914-1918

782 (1)

   Droite :

COINCHELIN Charles

COINCHELIN Joseph

JACQUES Paul

LAGARDE Joseph

VAUTHIER Louis

BAPTISTE Jules

LOEUILLET Jean

   Gauche :

WEYBECHER Henri

PELLETIER Jules

BERGISTE André

DEMANGE Eugène

VILLEMIN Charles

ANTOINE Ernest

COLIN Pierre

             Poil et pellicule.

782 (5)

Rive droite, rive gauche (Philippe Labro, France, 1984)

Bon dimanche,

Philippe DIDION