12 mai 2019 – 837

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 25 mai 2019.
DIMANCHE.
                   Bestiolaire local. Identification d’une Adèle verdoyante.
LUNDI.
           Lecture. Le Plancher de Joachim : L’Histoire retrouvée d’un village français (Jacques-Olivier Boudon, Belin, coll. Histoire, 2017; 256 p., 24 €).
                         En France, il y a les Hautes-Alpes. Dans les Hautes-Alpes, il y a Embrun. Dans le canton d’Embrun, il y a Crots.

À Crots, il y a un château. Dans ce château, il y a un plancher. Dans un plancher, il y a des lattes et des cales. Sous les lattes et sur les cales du plancher du château de Picomtal alors en travaux, commune de Crots, on a découvert des inscriptions dues au menuisier qui l’a posé dans les années 1880 et Jacques-Olivier Boudon a entrepris de les étudier. Le menuisier s’appelait Joachim Martin et il a, tout au long de son chantier, écrit des phrases, des petits paragraphes, en sachant que ceux-ci ne seraient peut-être jamais découverts. Ces phrases concernent son travail, sa famille, ses voisins, le prix du pain et du vin, les élections locales, ses rapports avec son patron, la vie du village qui s’appelait alors Les Crottes et qui a changé de nom en 1970 histoire de ne pas effrayer le touriste.

À partir de ce corpus de soixante-douze planches, Boudon retrace l’histoire d’un village et de ses habitants dans la IIIe République naissante. C’est de la microhistoire, parfois plus intéressante à écrire qu’à lire quand il ne s’agit que de recopier des registres communaux et paroissiaux pour donner l’état-civil des différents habitants du lieu, mais qui gagne en intérêt quand l’auteur élargit son propos pour donner à voir ce qu’était la vie rurale de l’époque dans cette région : l’exode rural, les luttes entre cléricaux et républicains, l’arrivée de tout ce qui est destiné à relier ce coin perdu au reste du pays, le chemin de fer, les gares, les routes, les écoles et qui est aujourd’hui inexorablement détricoté. 

MARDI.
            Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Tuula Laakkonen, Le Finnois, Assimil, 2017. La dame qui l’étudie prend des notes sur un bloc de papier. On la comprend.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “8 mai [1947]
Vernissage Oberlé, très couru, à la Galerie Charpentier. S’étant toujours fortement intéressé au beau sexe, ses petits portraits de femmes sont charmants. Beaucoup d’amis. Préjelean, dessinateur de La Vie parisienne d’avant 1914 et aujourd’hui d’Adam, suprêmement élégant – veston pied-de-poule, pantalon gris – est très entouré.
Thorez évincé du ministère : le rouge baisé.
Tirage officiel des hebdomadaires : Samedi-Soir, 424 000; Ici Paris, 315 000; Carrefour, 285 000; Les Lettres françaises, 95 000.
Avis affiché sur la vitre d’une boulangerie de Reims : “

À partir de demain les faux tickets ne seront plus acceptés.” (Jean Galtier-Boissière, Mon journal dans la Grande Pagaïe)

JEUDI.
          Lecture. Ma ZAD (Jean-Bernard Pouy, Gallimard, coll. Série Noire, 2017, rééd. coll. Folio policier n° 876; 208 p., s.p.m.). La politique éditoriale suivie par Jean-Bernard Pouy le rend impossible à suivre. Pour lui, comme pour Manchette en son temps, l’écrivain est un travailleur, un producteur. Pas question d’avoir un autre “vrai” métier : pour croûter il faut fournir, écrire, publier sans cesse, dans tous les azimuts. C’est ce que Pouy a fait tout au long de sa vie, chez Gallimard comme chez des éditeurs sans grade, j’ai même été son voisin de sommaire dans quelques revues, c’est dire si le bonhomme n’est pas bégueule. Seulement, à se disperser ainsi, on perd peu à peu ses forces et il faut bien dire que les derniers Pouy n’ont plus le mordant d’antan. Il surfe ici sur l’actualité en situant son intrigue dans et autour d’une ZAD. Le récit est régulièrement interrompu par des digressions dans lesquelles Pouy, via son personnage narrateur, exprime ses goûts en matière de littérature, de musique ou de cinéma, donne son avis sur les valises à roulettes ou sur les noms des châteaux du Médoc. Puis il se rappelle qu’il a une histoire à finir, une histoire peu captivante il est vrai, dont on se demande s’il a pris la peine de la relire (phrases bancales, fautes diverses…), et l’action reprend cahin-caha. On pardonne à Pouy parce qu’il nous a beaucoup donné, parce qu’il lui reste un style et des jeux de mots vaseux comme on les aime, mais tout cela est bien paresseux.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Belles devises.

837-min  837 (2)-min

Gérardmer (Vosges), photo de l’auteur, 15 avril 2017 / Le Crotoy (Somme), photo de Jean-François Fournié, 18 septembre 2016
SAMEDI.
              Vie en Vosges. Nous passons la majeure partie de la journée en Déodatie, d’abord pour aller monumenter à Saint-Jean-d’Ormont pour l’IPAD. Je dépose ensuite un exemplaire d’Espis à la bibliothèque de Saint-Dié, histoire de nourrir le fonds Gengenbach, et rejoins mes belles au Musée Pierre-Noël, qui jouxte l’établissement. C’est une découverte, et une belle surprise avec une exposition passionnante sur les frères André, des architectes nancéiens actifs tout au long du XXe siècle, notamment pour la reconstruction de Saint-Dié après les bombardements. Ils ont travaillé avec Jean Prouvé dont je peux enfin voir les “Maisons des Jours Meilleurs” que je ne connaissais que de nom. Direction ensuite la vente de livres d’Amnesty qui nous permet, après une belle razzia (j’ai pris du Paul Guimard, plus personne ne lit Paul Guimard, du coup j’ai envie de m’y mettre) de repartir avec une auto bien lestée pour résister au vent qui souffle en rafales.
              Films vus. Crime sans passion (Crime Without Passion, Ben Hecht & Charles MacArthur, É.-U., 1934)
                               La Douleur (Emmanuel Finkiel, France –Belgique – Suisse, 2017)
                               Mange ta soupe (Mathieu Amalric, France, 1997)
                               L’Échappée belle (Émilie Cherpitel, France, 2015)
                               La Mémoire est-elle soluble dans l’eau ? (Charles Najman, France, 1996)
                               Le Cheik blanc (Lo sceicco bianco, Federico Fellini, Italie, 1952)
                               Network – Main basse sur la TV (Network, Sidney Lumet, É.-U., 1976).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
837 (1)-min  837 (3)-min
Marguerittes (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Écully (Rhône), photo du même, 19 novembre 2015
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 3 mars 2018. 122 km. (33 910 km).
837 (4)-min
465 habitants

   L’église est en grès rose mais le monument qui la flanque est en granit gris. Au sommet, sur trois côtés, les mots Honneur, Gloire et Patrie. A mi-hauteur, une Croix de Guerre.

837 (5)-min

1914-1918

Remomeix

À ses enfants

Morts

Pour la France

1914

SONRIER Émile

COLIN Camille

GRANDBLAISE Camille

1915

DURAIN Joseph

DELON Auguste

1916

SIMON René

1917

DEÇOIS Arthur

FERRY Albert

VICTIMES CIVILES

1914

CHAXEL Victor

DEÇOIS Hortense

DEÇOIS André

1940

THIÉBAUT Eugène

1944

MINETTE Gervais

1980

Mort pour la France

Au Liban

Patrice COLIN

              Poil et plume. “Quelle coiffure monsieur le baron désire-t-il ?
   – Les oreilles de chien, et les cheveux retroussés par derrière.
   – Avec un œil de poudre ?
   – Deux yeux si vous voulez, Cadenette.” (Alexandre Dumas, Les Compagnons de Jéhu)
Bon dimanche,
Philippe DIDION
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5 mai 2019 – 836

MERCREDI.

                  Éphéméride. “1er mai [1966]

Sauguet, après avoir vu la pièce de Genet, qui scandalise par sa scatologie le Tout-Paris (même des dames peu bégueules comme Marie-Laure et Louise de Vilmorin) ainsi que les anciens d’Indochine et d’Algérie, Sauguet dit donc en sortant : “Ce ne sont pas les Paravents, plutôt les parapets.”

La bonne de D. laisse traîner une lettre qui commence par cette phrase : “Ce matin, j’ai fait une merde si bleue que ça m’a donné envie de t’écrire.” (Mathieu Galey, Journal intégral 1953-1986)

                  Lecture. Son dernier coup d’archet (His Last Bow, Arthur Conan Doyle, éditions John Murray, 1917 pour l’édition originale, in Les Aventures de Sherlock Holmes” vol. 3, nouvelle traduction d’Éric Wittersheim, édition bilingue, Omnibus 2007; 1084 p., 23,50 €).
                                Conan Doyle écrira encore des histoires mettant en scène Sherlock Holmes mais la nouvelle qui donne son titre à ce recueil semble bien être celle qui relate sa dernière enquête : elle se déroule à l’heure de la déclaration de guerre, en août 1914, et le détective retraité, qui s’occupe de ses abeilles dans la campagne anglaise, y reprend du service pour des raisons évidemment patriotiques. Watson est présent mais, fait nouveau, il ne raconte pas l’histoire, prise en charge par un narrateur anonyme. Les nouvelles qui précèdent celle-ci sont d’intérêt inégal mais l’une d’elles a le mérite de mettre en lumière Mycroft, le frère de Sherlock.
VENDREDI.
                  Lecture. La Nuit introuvable (Gabrielle Tuloup, éditions Philippe Rey, 2018; 160 p., 16 €).
                                Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
                 Football. SA Spinalien – Sedan 0 – 2.
                 Le cabinet de curiosités du notulographe. Niaiserie et petite enfance.

836 (1)-min  836 (2)-min

Dinozé (Vosges), photo de l’auteur, 30 avril 2017 / Étain (Meuse), photo de Jean-François Fournié, 26 juin 2018
SAMEDI.
              Films vus. Plus beau que moi, tu meurs (Philippe Clair, France, 1982)
                               Les Lois de l’hospitalité (Our Hospitality, John G. Blystone & Buster Keaton, É.-U., 1923)
                               1900 (Novocento, Bernardo Bertolucci, Italie – France – R.F.A.)
                               L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet (The Young and Prodigious T.S. Spivet, Jean-Pierre Jeunet, France – Canada, 2013).
              Vie météorologique. Un peu de neige sur les coups de midi. Je descendrais bien marcher contre le réchauffement climatique mais il fait vraiment trop froid.
              L’Invent’Hair perd ses poils.
836 (3)-min  836-min
Marguerittes (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Rennes (Ille-et-Vilaine), photo de Bernard Bretonnière, 9 novembre 2011
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 17 février 2018. 57 km. (33 788 km).
836 (6)-min
7 774 habitants

   L’obélisque imposant se dresse au sommet d’un tertre semé de bruyère qui domine le cimetière. La partie supérieure est percée d’espèces de meurtrières, deux par côté. Il faut dire que c’est le premier monument creux que je rencontre : il renferme une crypte fermée par une porte métallique qui n’est pas n’importe quelle porte : « Réalisée en 1923, la porte du Monument aux morts est la première œuvre officielle de Jean Prouvé (1901-1984) célèbre architecte et styliste nancéien », dit une plaque apposée sur le côté. La face avant, que l’on découvre depuis une volée de marches, est ornée de deux personnages en haut-relief dont le coude extérieur repose sur des plaques représentant des glaives pointés vers le sol. Entre eux, les armes de la ville. Sur les autres faces, des casques et des couronnes mortuaires, là aussi en haut-relief. Plusieurs signatures sont présentes : “E.J. Bachelet Statuaire – Paris” sur une face, “H.V. Antoine Architecte Nancy” et “F. Duday Entrepreneur – Saint-Dié” sur une autre. Sans oublier les “Plaques de granit et gravure / Érection 1951 / MR Jean-Marie Grenier Maire / MR Pierre Piaget Architecte / ETS E. Thomas à Vittel”. Les noms sont distribués sur les plaques en question sur toutes les faces de l’obélisque. Pour la Guerre de 14, ils vont d’ADOLFI Charles à ZUSSY Charles.

836 (5)-min

Remiremont

À ses grands morts

Gloire Souvenir

   Le 27 octobre 2015, à l’occasion d’une cérémonie qui se tenait dans l’église de la ville, j’avais pu photographier le monument religieux qu’elle contenait.

836 (4)-min

              Poil et plume. Les femmes se font des mèches pour se persuader qu’elles sont des bombes.” (Olivier Hervy, Formulaire)

Bon dimanche,
Philippe DIDION

28 avril 2019 – 835

MERCREDI.

Éphéméride.

À Edmond et Jules de Goncourt

“Croisset, 24 avril [1860]

Ci-inclus 1° une lettre pour M. Jules Cloquet; 2° une lettre pour le d[octeur] Dumont.

Je suis convaincu que ces deux Esculapes (style Prudhomme) vous recevront très bien.

De plus, j’ai parlé de vous au docteur Forget qui demeure rue de Trévise 8, 18 ou 28 ? (car j’ai perdu son adresse) et vous pouvez vous présenter chez lui, si vous n’obtenez pas, de mes deux amis, les renseignements désirables.

Adieu, mille cordialités, bonne pioche et pas trop d’emmerdements.

À vous.

Dites-moi si vous avez besoin d’une lettre pour un médecin de l’hôpital Saint-Antoine.” (Gustave Flaubert, Correspondance)

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Reliques de saint Crépin en terre limousine, photos de l’auteur.

835-min  835 (6)-min

Guéret (Creuse), 25 juillet 2017 / Ussel (Corrèze), 29 juillet 2017

SAMEDI.

Films vus. L’Amour avec des si (Claude Lelouch, France, 1964)*

La Petite Prairie aux bouleaux (Marceline Loridan-Ivens, France – Allemagne – Pologne, 2003)

Douze hommes en colère (12 Angry Men, Sydney Lumet, – É.-U., 1957)

La Tribu (Yves Boisset, France, 1991)

Le Voyage en douce (Michel Deville, France, 1980)

Le Fauve est lâché (Maurice Labro, France, 1959).

* Où l’on peut voir, dans une courte séquence, I Brutos, groupe italien de comiques grimaçants au sein duquel officiait Aldo Maccione – sa célèbre démarche chaloupée faisait déjà partie du personnage. Maccione devait retrouver Lelouch quelques années plus tard dans L’Aventure c’est l’aventure.

Lecture. Les Enchanteurs (Romain Gary, Gallimard, 1973, rééd. in « Romain Gary – Émile Ajar, Légendes du je », Gallimard, coll. Quarto, édition établie et présentée par Mireille Sacotte; 1428 p., 29,90 €).

J’ai essayé de finir ce livre hier soir – ou plutôt ce matin – mais je revenais d’une java carabinée, les lignes dansaient la gigue, les mots disparaissaient et se mélangeaient sans prévenir. Je l’ai repris aujourd’hui. Une gueule de bois de plusieurs stères m’empêche d’en faire un compte rendu circonstancié. C’est en tout cas un livre magnifique, ce que Gary a fait de mieux au moins sous son nom.

   Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 4 500 salons, atteint le 12 août 2018.

Bilan géographique.        

Classement général par pays.

  1. France : 3 739 (+ 73)
  2. Espagne : 169 (=)
  3. Royaume-Uni : 86 (=)
  4. Belgique : 69 (+ 7)
  5. Italie : 53 (+ 2)
  6. États-Unis : 45 (=)
  7. Portugal : 37 (=)
  8. Danemark : 34 (=)
  9. Allemagne : 30 (=)
  10. Suisse : 29 (=)

Hors de France, c’est l’Irlande qui fait la meilleure opération avec 13 salons de mieux, ce qui porte son total à 22 et l’amène à la 11e place du classement. Deux nouveaux pays apparaissent  : les Émirats arabes unis et la Slovénie.

Classement général par régions (France).

  1. Rhône-Alpes : 654 (+ 7)
  2. Île-de-France : 582 (+ 5)
  3. Languedoc-Roussillon : 305 (+ 22)
  4. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 287 (+ 4)
  5. Lorraine : 276 (+ 1)
  6. Midi-Pyrénées : 223 (+ 1)
  7. Bretagne 167 : (+ 9)
  8. Pays de la Loire : 150 (+ 3)
  9. Bourgogne : 138 (+ 3)
  10. Centre : 129 (+ 3)

Le meilleur score de la centaine est pour le Languedoc-Roussillon, ce qui lui permet de décrocher PACA. 19 régions sur 27 progressent.

Classement général par départements (France).

1. Seine (Paris) : 469 (+ 4)
2. Rhône : 330 (+ 4)
3. Vosges : 155 (=)
4. Loire-Atlantique : 115 (+ 3)
5. Pyrénées-Orientales : 92 (=)
6. Loire : 91 (=)
7. Meurthe-et-Moselle : 85 (=)
8. Hérault : 77 (+ 2)
9. Alpes-Maritimes : 76 (=)
“. Bouches-du-Rhône : 76 (+ 2)
“. Gard : 76 (+ 13)

L’Hérault dépasse les Alpes-Maritimes et le Gard entre dans le top 10.

Classement général par communes.

1. Paris : 469 (+ 4)
2. Lyon : 154 (+ 4)
3. Nantes : 59 (+ 1)
4. Barcelone : 55 (=)
5. Nancy : 48 : (=)
6. Épinal : 43 (=)
7. Nice : 36 (=)
8. Marseille : 31 (=)
9. Strasbourg 24 (+ 2)
“. Copenhague : 24 (=)
“. Villeurbanne : 24 (=)

Strasbourg arrive dans le top 10. Les belles prises de la centaine sont étrangères : Dublin (7), Dubaï et Turin (1).

Bilan humain.

Nous nous étions arrêtés à la 40e place. Poursuivons notre exploration des étages inférieurs.

41. Anonyme : 8 (+ 1)

“. Ronan Céron : 8 (=)

“. Patrick Chartrain : 8 (=)

“. Denis Cosnard : 8 (=)

“. Jean Prod’hom : 8 (=)

46. Patrick Flandrin : 7 (=)

“. Michèle Henné : 7 (=)

“. Yves Lambert : 7 (=)

“. Catherine Stavrinou : 7 (=)

“. Anne-Marie Émery : 7 (=)

Étude de cas. Faux salons, de plus ou moins bon goût, dénichés sur des réseaux divers.

835 (1)-min  835 (7)  835 (2)-min  

Facebook, transmis par Francis Pierre, 20 avril 2016 / idem, transmis par Suzanne Chapuis, 8 mars 2018 / Clémentine Mélois, transmis par Flavie Najean, 11 janvier 2015

835 (3)-min  835 (4)-min  835 (5)-min  

?, transmis par Alain Girard-Daudon, 30 janvier 2017 / ?, transmis par Jean-Christophe Soum-Fontez, 21 novembre 2018 / ?, 22 janvier 2017

Poil et plume. “D’abord se délivrer de la mode qui nous cache l’homme, le faire au saut du lit; donner à ses cheveux le mouvement naturel; et, pour cela, composer une des chevelures humaines. Il y a peut-être dix mouvements naturels des cheveux; il faudrait les étudier, les travailler d’avance, en marbre et en bronze; il y a les cheveux d’Homère, les cheveux de Cicéron, les cheveux de Septime Sévère.” (Alain, Préliminaires à l’esthétique)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

21 avril 2019 – 834

MARDI.
            Lecture. Les Refusés n° 19 (2017; 176 p., 10 €).
                          Dossier “L’Air du temps”
                          Contient une contribution du notulographe consacrée à l’Invent’Hair : “L’Hair du temps : visite de chantier”.
MERCREDI.
                  Lecture. Les Fils de la poussière (Synir duftsins, Arnaldur Indridason, 1997 pour l’édition originale, Métailié, coll. Bibliothèque nordique/Noir, 2018 pour la traduction française, traduit de l’islandais par Éric Boury; 304 p., 21 €).
                                Voici enfin traduit le premier polar d’Indridason, devenu depuis un des phares du polar nordique. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur n’y allait pas de main morte dans ce qui semble être une tentative de démolition dirigée contre son pays, l’Islande, et sa réputation de lieu préservé : drogue et violence y règnent comme au Chicago de la belle époque, et les multinationales profitent de son côté lointain et isolé pour s’adonner à des actions illégales. Tout cela est peut-être vrai mais manque un peu de finesse, comme le commissaire Erlendur, appelé à intervenir dans les autres romans d’Indridason. Il apparaît ici comme un butor efficace et devra attendre un peu avant de voir son caractère s’affirmer et s’affiner.
                  Éphéméride. 10 avril 1944
“L’Armée Rouge est entrée, le 8 avril, en Roumanie et en Tchécoslovaquie. Sa mission : pourchasser les armées allemande et roumaine jusqu’à leur déroute et leur capitulation complète.
Chant russe 
Sur des airs russes
Les Allemands sont perdus
Les nazis sont foutus
Goebbels est tout tordu
Et Goering est fondu.
L’armée rouge est partout
Hitler est aux cent coups
À forc’ de tirer d’sus
L’élastique s’est rompu.
***
Pour le Führer, en avant
En avant pour foutr’ le camp
Plus il en dégringolera
Moins il en rest’ra
Heil !” (Pierre Dac parle aux Français : Textes lus à la radio)
JEUDI.
          Vie morvandelle. Début d’un séjour champêtre dans le Haut-Morvan. Le hameau où nous atterrissons, Varin, commune d’Anost (Saône-et-Loire), abrite la maison de la nourrice de Francis Poulenc qui vint, paraît-il, passer ici ses vacances. Lieu perdu, comme on les aime, mais ça n’empêche pas le prestige. Je n’ai jamais écouté Francis Poulenc, ne l’ai peut-être même jamais entendu.
          Bestiolaire morvandiau. Identification d’une Punaise écuyère. C’est dire si la maison est bien tenue.
VENDREDI.
                  Vie morvandelle. Ravitaillement à Château-Chinon (Nièvre). J’en profite pour photographier l’Hôtel du Vieux Morvan (l’auvent du vieux mortel, Mitterrand oblige), un lieu où j’ai dormi en 1998.
                  Bestiolaire morvandiau. Identification d’un Méloé printanier et d’une Petite tortue.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Conjuguons nos efforts.
834 (2)-min  834 (1)-min
Épinal (Vosges), photo de l’auteur, 29 décembre 2013 / Paris (Seine), rue Saint-Jacques, photo de Martine Sonnet, 15 juillet 2018
SAMEDI.
              Films vus. La Belle et la belle (Sophie Fillières, France, 2018)
                               Australia (Baz Luhrmann, R.-U. – Australie – É.-U., 2008)
                               Le Bonheur (Agnès Varda, France, 1965).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
834 (3)-min  834 (4)-min
Montfrin (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Bruley (Meurthe-et-Moselle), photo de François Golfier, 11 juillet 2017
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 11 février 2018. 81 km. (33 731 km).
834 (5)-min
74 habitants

   Une stèle de fabrication récente se dresse devant l’église. Il faut déplacer une corbeille de végétaux (provenance : Baobab, à Mirecourt) pour lire les noms, en partie masqués.

834 (6)-min

1914-1918

Joseph DIDOT

Rémy DIDOT

Camille ST MICHEL

Georges ANTOINE

Georges MANGIN

              Poil et pellicule.

834-min
Marseille (Kad Merad, France, 2016)
              Vie morvandelle. Nous suivons la rive du lac des Settons, encore un lieu où j’ai dormi, jadis. Dans mon souvenir, nous campions dans un sous-bois, près du lac, et les gendarmes nous avaient délogés au bout de quelques jours. La récolte est maigre sur la plan ornithologique, à peine quelques grèbes huppés.
               Lecture. Mendiants et orgueilleux (Albert Cossery, Julliard, 1955 pour l’édition originale, rééd. Joëlle Losfeld, coll. Arcanes, 1999; 240 p., s.p.m.).
DIMANCHE.
                   Vie morvandelle. Reposons nos arpions fatigués et laissons la nouvelle auto nous conduire jusqu’à Saulieu (Côte-d’Or). En chemin, écoutons le “Concert champêtre” de Francis Poulenc, expérience moins redoutable que ce que je craignais. À Saulieu, on trouve d’autres animaux que le célèbre et défunt Loiseau, ceux sculptés par François Pompon, natif du lieu, rassemblés dans le petit musée qui lui est consacré. Où j’apprends, avec la satisfaction qu’on devine, que l’homme a aussi réalisé le monument aux morts de Cuy-Saint-Fiacre (Seine-Inférieure). Nous passons ensuite dans la Nièvre pour une halte littéraire à Alligny-en-Morvan. Poulenc, Pompon, c’est du hasard, on ne savait pas qu’ils avaient vu le jour ou vécu à quelques kilomètres de notre villégiature. Alligny, c’était prévu, souhaité car je savais de longue date que Jean Genet, placé par  l’Assistance publique, y avait passé son enfance. En septembre dernier, j’avais découvert, dans un film projeté à Guéret, le petit cimetière de Larache (Maroc) où il repose. Aujourd’hui, c’est la même émotion qui m’étreint en découvrant les lieux où tout a commencé : la maison des époux Régnier qui l’élevèrent, l’école voisine où il obtint son certificat d’études et où ses condisciples se nommaient Cullafroy, Querelle et Lefranc, le petit pont “à trois arches de pierre sur trois arches d’eau claire” évoqué dans Notre-Dame-des-Fleurs, l’église où il servit la messe, les rues, aujourd’hui désertes où il commit ses premiers larcins. “Je fus élevé dans le Morvan par des paysans. Quand je rencontre dans la lande des fleurs de genêt j’éprouve à leur égard une sympathie profonde”, dit la plaque dévoilée par Mitterrand (comment imaginer un de ses successeurs en ce lieu ?) en 1994.
LUNDI.
           Lecture. L’Arbre sur la rivière (Pierre Bergounioux, Gallimard, 1988; 204 p., 82 F).
                         Curieusement, c’est au moment où il s’apprête à abandonner le roman que Bergounioux donne son meilleur dans le genre. Toujours sous la forte influence de Faulkner, il ajoute ici, par rapport à ses titres précédents, une véritable dramaturgie qui touche parfois au suspense. Cette histoire de quatre garçons passant de l’enfance à l’âge adulte rassemble les thèmes connus de l’auteur et annonce quelques pages de La Mort de Brune et des Carnes de notes. On y trouve donc un Bergounioux connu, le peintre de la vie provinciale étouffante, l’observateur précis de la nature et des états d’âme, le pessimiste invétéré, mais aussi un écrivain d’action inattendu dans le récit, à couper le souffle, d’une escapade en DS le long de la Nationale 20.
MARDI.
            Vie morvandelle (fin). Nous regagnons les Vosges avec, pour ma part, la satisfaction du devoir accompli : les articles que je m’étais promis d’écrire sur place pour Jaligny (30e anniversaire du Prix René-Fallet) et pour Les Refusés (sur les papillons) sont quasiment bouclés et j’ai un peu de temps libre avant d’attaquer le prochain Bulletin Perec.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “17 avril [1950]. Comme on est bien, tout seul, ce soir, in the baraque. Radio, boulot et plénitude, pour une fois… Dormi toute la journée ? Celle-ci a commencé à 17 heures, heure française. Elle se terminera tard dans la nuit. Pourtant, pas un cul à se mettre sous la dent. Le R.C.P. joue la finale, beau 14 mai en perspective. Vive Fallet. J’ai repris la pièce. Elle se terminera, c’est ça qui est chouette. Et sera peut-être jouée, ce qui l’est encore plus.” (René Fallet, Carnets de jeunesse 3 : 9 septembre 1948 – 25 décembre 1950)
JEUDI.
          Lecture. Schnock n° 24 (La Tengo, septembre 2017; 176 p., 14,50 €).
                        Les Charlots.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Contrepèteries avec ou sans linge, Nancy (Meurthe-et-Moselle), photos de l’auteur.
834 (8)-min  834 (7)-min
10 septembre 2016 / 11 février 2016
SAMEDI.
              Lecture. Faune et flore du dedans (Blandine Fauré, Arléa, coll. 1er / mille, 2018; 208 p., 20 €).
                            Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
              Films vus. Jusqu’à la garde (Xavier Legrand, France, 2017)
                               Être (Fara Sene, France – Belgique, 2014)
                               La Belle Verte (Coline Serreau, France, 1996)
                               Partir, revenir (Claude Lelouch, France, 1985)
                               Normandie nue (Philippe Le Guay, France, 2018).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
843 (1)-min  843 (2)-min
Aramon (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Lourmarin (Vaucluse), photo de Bernard Gautheron, 15 juillet 2015
              Poil et plume. Un chant d’oiseau ou le cri d’un marchand d’habits me jettent dans d’autres pensées. Un soldat qui salue respecte. La perruque donne aussitôt le sérieux au magistrat; la coiffure et l’aigrette effacent tout sérieux dans une femme parée pour le bal; supposez-lui des cheveux pendants et une robe de chambre, elle pensera d’autre manière.” (Alain, Esquisses de l’homme)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

7 avril 2019 – 833

 N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 21 avril 2019.

DIMANCHE.
                      Lecture. Morts en eaux troubles (Cause of Death, Patricia Cornwell, G.P. Putnam’s Sons, 1996 pour l’édition originale, Le Masque, 1996 pour la traduction française, traduit de l’américain par Hélène Narbonne; rééd. in « Patricia Cornwell 2, Quatre romans », éditions du Masque, coll. Intégrales, 2001; 1240 p., s.p.m.).
Volume terminé, et c’est tant mieux, il reste un titre après celui-là, Mordoc, mais déjà lu en 2000. Les histoires mettant en scène Kay Scarpetta sont de moins en moins intéressantes et ce qui constituait leur nouveauté, le point de vue du personnage médecin légiste, est totalement éventé. Il reste des enquêtes poussives, agrémentées de considérations tartignoles sur les liens de Scarpetta avec son entourage familial, professionnel et sentimental. Il était temps que prenne fin cette plongée dans la littérature américaine de grande distribution.

MERCREDI.
                     Éphéméride.Trois avril [1978]

Que de morts enfouis et combien chèrement nous payons nos pauvres courtes joies. Trouvez-vous vraiment, mes frères, que ce monde soit bien fait, et n’est-il pas absurde que nous arrivions ici, en bas, sur cette terre, avec tant d’espoirs et de rires enfantins, que nous venions pour disparaître, que nous naissions pour mourir, que nos rires soient toujours pères des pleurs de demain, et que moi et toi soyons assurés, si assurés d’avance, d’une affreuse grimace à l’heure de notre mort, lorsque nos mains encore vivantes écarteront les draps, creuseront, grifferont nos poitrines pour en ôter la mort qui entre ?” (Albert Cohen, Carnets 1978)

JEUDI.
            Lecture. Les Déraisons (Odile d’Oultremont, É ditions de l’Observatoire/ Humensis, 2018; 224 p., 18 €).
Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.

VENDREDI.
                    Lecture. À la demande générale (André Blanchard, Le Dilettante, 2013; 256 p., 18 €).
Carnets 2009-2011.
“En ces temps où donner ses coordonnées tient du réflexe, et de ces réflexes que les marchands savent exciter, le prestige, c’est d’être injoignable.”
Si l’on m’avait dit un jour que j’en arriverais à citer, sans pouffer, une phrase de Blanchard… Même si, pour l’occasion, je préfère parler de confort que de privilège.

                   Le cabinet de curiosités du notulographe. Aperçu d’une collection de cocottes.

833-min  833 (2)-min  833 (1)-minFontenay (Vosges), document Françoise Cuenin, septembre 2018 / Épinal (Vosges), photo de l’auteur, 16 février 2016 / Ahun (Creuse), photo du même, 2 août 2014

SAMEDI.
                Films vus. La Revanche d’une blonde (Legally Blonde, Robert Luketic, É.-U., 2001)
                                   La Pointe-Courte (Agnès Varda, France, 1955)
                                   Le Château des amants maudits (Beatrice Cenci, Riccardo Freda, France – Italie, 1956)
                                   Les Sorcières de Salem (Raymond Rouleau, France – R.D.A., 1957)
                                   Le Chat à neuf queues (Il gatto a nove code, Dario Argento, Italie – France – R.F.A., 1971)
                                   Platoon (Oliver Stone, É.-U. – R.-U, 1986)*
                                   Coup dur chez les mous (Jean Loubignac, France, 1956).

* Qui bénéficie d’un joli carton en guise d’image finale :

833 (8)-min
                L’Invent’Hair perd ses poils.

833 (4)-min  833 (3)-minRemoulins (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Pourrain (Yonne), photo de Bernard Cattin, 16 avril 2017

               IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 4 février 2018. 88 km. (33 650 km).

833 (6)-min
215 habitants

   Le monument se trouve dans la rue qui mène à la Mairie, au centre d’un parterre planté de rosiers situé derrière un portail métallique. Métallique aussi la chaîne à gros maillons qui l’entoure. À ses pieds la gerbe du 11-novembre dans laquelle seule une branche de sapin a survécu. Coulés dans le sol, des spots pour l’éclairage électrique. Les noms sont inscrits sur des plaques de marbre blanc.

833 (7)-min

Relanges

À ses enfants

Morts pour la France

1914-1918

PROTOIS Charles

MICHEL Hubert

AUBERTIN Albert

SUPRIN Eugène

AUBERTIN Eugène

MORQUIN Ernest

SUPRIN Émile

PROTOIS Henri

AUBERTIN Émile

La neige tombe et mouille mon papier qui va devenir illisible si je poursuis. J’arrête là.

               Poil et pellicule.

833 (5)-min
                                            Un + une (Claude Lelouch, France, 2015)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

31 mars 2019 – 832

LUNDI.
           Lecture. La Vérité sort de la bouche du cheval (Meryem Alaoui, Gallimard, 2018; 272 p., 21 €).
                         Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
MARDI.
            Lecture. Trouble dans les andains (Boris Vian, La Jeune Parque, 1966, rééd. in « Œuvres romanesques complètes I », Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 562, 2010; 1312 p., 57,50 €).
                          Comme le Conte de fées à l’usage des moyennes personnes, ce texte était à l’origine destiné à un public restreint, amical et familial. Sa publication posthume intéressera ceux qui souhaitent voir à quel point Napoléon perçait sous Bonaparte, autrement dit déceler dans ces pages de potache la promesse de l’œuvre à venir. Pour l’instant, Vian fait ses gammes, à l’ombre de l’Almanach Vermot et de L’Os à moelle, il aligne les jeux de mots et les galipettes verbales, il est doué pour ce sport, c’est indéniable. Notons la présence, parmi les protagonistes de l’histoire, de Jacques Loustalot, alias le Major, personnage important de la jeunesse de Vian partant ici à la recherche d’un objet imaginaire nommé, ça ne s’invente pas, “le barbarin fourchu”.
MERCREDI.
                  Lecture. Europe n° 1039-1040 (novembre-décembre 2015; 352 p., 20 €).
                                Les frères Goncourt – Jules Renard – Remy de Gourmont.
                  Vie littéraire. Je reçois mes exemplaires d’Espis, un nouveau Lourdes ?, réédition de deux textes de Gengenbach, fruit d’un travail de longue haleine accompli en compagnie de Marc-Gabriel Malfant, éditeur du volume. Cela fait plus d’un an en effet que j’en ai rédigé la présentation mais la recherche des textes remonte à plus loin encore. Il avait fallu remettre la main sur une thèse qui contenait une lettre du surréaliste vosgien, thèse perdue, introuvable – et qui se trouvait quasiment sous mon nez. Malfant avait, de son côté déniché, là aussi presque par miracle, sur une édition d’Espis, parue à compte d’auteur en 1949. Il a fallu ensuite composer le texte, l’imprimer, lire et relire maintes fois des épreuves où les coquilles semblaient renaître aussitôt la liasse reposée. Il y a un mois, les cinq cents exemplaires sortirent des presses… pour être mis instantanément au pilon : les notes avaient sauté, la force satanique du vieil Ernest avait encore frappé. Les exemplaires ordinaires attendent encore une jaquette et nous pourrons enfin souffler.
                  Éphéméride. “27. III. 70
Mon Cher Pia,
La biographie et les O[euvres] C[omplètes] en fac-similé doivent sortir en même temps, le 15 avril.
Les O[euvres] C[omplètes] seront livrées à la T[able] R[onde] le lundi 6. Je vous les ferai porter le plus vite possible.
Je pense qu’Hubert Juin veut faire qque chose dans le “Magazine” (il rentre à Paris le 1er avril mais Brochier est peut-être au courant ?).
Je n’ai pas vu Nadeau. J’ai remis ma note (déjà parue) à Erval. Il ne m’a parlé de rien. Peut-être Nadeau  a-t-il envie d’y jeter un coup d’œil, je n’en sais rien.
Brrr…
… Queneau vous a-t-il en fin de compte donné ses érotica ? Il faudrait normalement commencer à demander ou à forcer les autorisations le 15 avril. Ce ne sont pas les représentants Hachette qui vendront ce livre, mais sans doute d’autres, plus sérieux, qui demandent un “matériel” de vente assez vite pour ne pas rater leur coup (si j’ose dire).
Je vais m’attaquer aux biographies d’Allais et de Raymond Roussel. Sauvagement.
Bien amicalement
Fr. Caradec”
(François Caradec & Pascal Pia, Correspondance 1957-1979)
JEUDI.
          Vie automobile. Nous prenons possession de notre nouvelle auto. J’ai hâte de cingler à son bord vers des monuments aux morts encore inconnus de l’IPAD. Depuis la création de ce chantier, j’ai bien dû crever quatre ou cinq véhicules, ce devrait être facile à vérifier car ils apparaissent de temps en temps sur les photos des pancartes derrière lesquelles je me suis garé. Le kilométrage est soigneusement noté : j’en suis à 34 000 kilomètres parcourus. J’en étais à 33 000 lorsque j’ai présenté, l’an dernier, l’IPAD dans un article de revue. Plusieurs lecteurs s’étaient alors émus devant la quantité de carburant utilisée à ces fins futiles, devant l’argent dépensé, la pollution occasionnée par mes facéties. Maintenant, que se serait-il passé si l’envie m’avait pris d’effectuer, en lieu et place de ces pérégrinations stériles, un beau voyage à l’autre bout du monde ? J’aurais pris un vol pour Melbourne, loué sur place un gros véhicule tout-terrain pour partir à la découverte du bush, j’aurais pris soin, précédemment, de me munir d’un téléphone de poche dernier cri avec lequel j’aurais inondé des réseaux plus ou moins sociaux de photos et vidéos exotiques et je serais rentré couvert de “likes” sans que personne n’ait l’idée de me chercher des poux dans la tonsure au sujet des 40 000 bornes que j’aurais parcourues. Les kilomètres n’ont pas la même valeur, selon qu’ils vous séparent des kangourous de l’hémisphère sud ou des défunts Poilus de Circourt-sur-Mouzon.
VENDREDI.
                  Obituaire. “Je me souviens qu’Agnès Varda était photographe au T.N.P.” (Georges Perec, Je me souviens).
                 Le cabinet de curiosités du notulographe. Présence de Clet Abraham (ou de ses émules) sur les trottoirs de Paris (Seine), photos de l’auteur.

832 (1)-min  832 (2)-min  832 (3)-min  832 (4)-min

place Jean-Baptiste-Clément, rue de Dunkerque, rue de l’Épée-de-Bois, 26 août 2017 / rue du Château-Landon, 23 décembre 2015
SAMEDI.
              Films vus. Viva la vie (Claude Lelouch, France, 1984)
                               Détective (Jean-Luc Godard, France – Suisse, 1985)
                               Garde alternée (Alexandra Leclère, France, 2017)
                               Passion (Brian De Palma, France – Allemagne, 2012)
                               Le Passage du Rhin (André Cayatte, France – Italie – R.F.A., 1960)
                               Le Plus Beau Jour de ma vie (Julie Lipinski, France – Belgique, 2004)
                               L’Œil écarlate (Dominique Roulet, France 1993).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
832 (5)-min  832 (6)-min
Vincennes (Val-de-Marne), photo de Philippe de Jonckheere, 11 avril 2011 / Montrouge (Hauts-de-Seine), photo de Pierre Cohen-Hadria, 24 août 2015
              Poil et plume. “Ses cheveux sautant dans la boutique du coiffeur, c’est vraiment la première chose qui me vienne à l’esprit avec quelque force. Nous allions chez le coiffeur, en général, après deux enregistrements, c’est-à-dire tous les quinze jours, en sortant de l’école. Le coiffeur avait sa boutique au coin de Broadway et de la 108e Rue : elle s’y nichait “vertement” (hum… il est temps d’arrêter ça !) entre un restaurant chinois et une épicerie fine. Si nous avions oublié de déjeuner ou, chose plus probable, si nous avions perdu notre déjeuner quelque part, nous achetions parfois pour quinze cents de salami et quelques pickles; nous mangions tout cela sur le fauteuil du coiffeur, en attendant que nos cheveux commencent à tomber. Les coiffeurs s’appelaient Mario et Victor. Ils ont dû mourir, depuis si longtemps que je ne les ai revus, d’un excès d’ail, ce qui est la cause de mortalité la plus répandue parmi les coiffeurs de New York.” (J.D. Salinger, Seymour, une introduction)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

24 mars 2019 – 831

LUNDI.

Lecture. Les Mal Partis (Sébastien Japrisot, Robert Laffont, 1950, rééd. France Loisirs, 2000 ; 272 p., s.p.m.).
Le premier roman de Sébastien Japrisot, écrit dans sa prime jeunesse et signé de son vrai nom (Jean-Baptiste Rossi), n’annonce en rien l’œuvre à suivre, axée sur le policier et le romanesque. Japrisot raconte une histoire d’amour improbable, mais pas impossible, entre un jeune collégien et une nonne. Histoire d’abord secrète mais trop choquante pour le rester longtemps. La famille, la religion, les convenances, l’Histoire même (on est dans les derniers moments de l’Occupation) s’insurgent, s’opposent, agissent pour éloigner les deux auteurs du scandale. Roman inattendu, qui m’a fait penser, sans que je sache pourquoi, au Moderato cantabile de Marguerite Duras.
MARDI.
            Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Brad Watson, Le Paradis perdu de Mercury, Le Livre de poche, 2018.
            Lecture. Le Lambeau (Philippe Lançon, Gallimard, 2018 ; 512 p., 21 €).
Il y des livres nécessaires, aussi bien pour un auteur que pour ses lecteurs. Celui-ci en est un, aucun doute là-dessus. Nécessaire à Lançon pour revenir sur l’attentat de Charlie Hebdo dont il fut un des rares rescapés et raconter ce que fut sa vie ensuite, nécessaire pour, utilisons le mot pour une fois dans son véritable sens, se reconstruire. Nécessaire au lecteur pour comprendre, dans la mesure du possible, ce qui s’est passé, savoir ce qu’est Lançon devenu, ce qu’il a traversé. Le livre a sa raison d’être, il réussit là où les chroniques hospitalières que Lançon donna à Charlie pendant son séjour à la Salpêtrière avaient échoué. Il fut justement salué à sa sortie, on réclama pour lui le Goncourt et autres lauriers mais un livre nécessaire n’est pas forcément un chef-d’œuvre. Le Lambeau a ses défauts, ses longueurs, ses répétitions, elles aussi nécessaires. Au-delà de sa nécessité, le livre présente un intérêt sociologique : il montre comment un homme reste, quoi qu’il lui arrive, attaché à son milieu. Lançon est un intellectuel parisien, il est tout le temps fourré au théâtre, va plus souvent à l’Opéra que nous autres à Monoprix, fréquente des danseuses argentines et des dissidents cubains, se trouve aussi à l’aise à New York qu’un Didion en Creuse. Eh bien quand il est à l’hôpital, rien ne change : son infirmière est passionnée d’art lyrique, il se fait couper les douilles au son de Jean-Sébastien Bach, il lit Proust sur sa civière, il parle d’art chinois ou de je ne sais quoi avec son anesthésiste et quand on le visite, on lui offre un recueil de poèmes persans. Nous, quand on va chez le coiffeur, la radio est bloquée sur RFM, quand on va à l’hôpital, on nous parle de dépassement d’honoraires, et quand on nous visite, on a des chocolats.
MERCREDI.
                  Éphéméride. Jeudi 20 mars [1941]
Le vers de Sully-Prudhomme : “Tu m’appartiens dès le passé” est un vers admirable.
Amené à connaître dans le privé mes professeurs, j’ai pu constater quels hommes charmants, serviables ils étaient. Mais je ne juge pas ici des hommes, mais des professeurs.” (Jacques Brenner, Journal, tome I : Du côté de chez Gide 1940-1949)
JEUDI.
Presse.
831-min
photo de Pierre Gleizes, AP
       Extraordinaire photo publiée dans Libération de ce matin. On y voit Georges Courtois, “célèbre pour avoir séquestré durant trente-quatre heures la cour d’assises de Nantes”. L’affaire date de 1985 et montre qu’à cette époque on fumait vraiment partout et en toutes circonstances. La question est : comment Courtois va-t-il allumer sa clope avec un flingue dans chaque main ? À moins que l’homme de gauche, qui n’est autre que le président de la cour d’assises, ne s’apprête à lui donner du feu ? Georges Courtois est mort, nous apprend l’article, le 16 mars dernier. Dans un incendie.
          Lecture. Assurance sur la mort (Double Indemnity, James M. Cain, 1936 pour l’édition originale, Gallimard, 1948 pour la première traduction française ; rééd. Gallmeister, coll. Totem n° 77, 2017, traduit de l’américain par Simon Baril ; 160 p., 8,60 €).
Tous les éléments obligatoires du roman noir sont réunis : un homme happé par une femme fatale, un mari encombrant, une belle somme en jeu, sans oublier la fille de la femme fatale promise à une belle carrière dans la même discipline. On pourrait donc dire qu’on a vu et lu ça cent fois mais James M. Cain se distingue par le rythme qu’il sait donner à son texte, un rythme particulièrement sensible dans des dialogues qui vont de suite à l’essentiel, sans incises ni verbes de parole.
VENDREDI.
                  Lecture. Europe n° 1038 (octobre 2015; 352 p., 20 €).
                                Patrick Modiano.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Ciné flipper.
831 (1a)-min  831 (2a)-min
À mort l’arbitre (Jean-Pierre Mocky, France, 1984) / À nous deux (Claude Lelouch, France – Canada, 1979)
SAMEDI.
              Films vus. Non-Stop (Jaume Collet-Serra, R.-U. – France – É.-U. – Canada, 2014)
Les Tuche 3 (Olivier Baroux, France, 2018)
Quatre garçons pleins d’avenir (Jean-Paul Lilienfeld, France, 1997)
La Montagne entre nous (The Mountain Between Us, Hany Abu-Assad, É.-U., 2017)
U.S. Marshals (Stuart Baird, É.-U., 1998)
Les Stances à Sophie (Moshé Mizrahi, France – Canada, 1971)*
Derrière le miroir (Bigger Than Life, Nicholas Ray, É.-U., 1956).
* Film absent  des encyclopédies du cinéma et des dictionnaires spécialisés, intéressant pourtant à plusieurs titres : Bernadette Lafont en est l’interprète principale, dans son registre habituel de femme rebelle, on y voit et entend l’Art Ensemble of Chicago, et Jacques Robiolles (l’ami de Jean-Pierre Léaud dans Domicile conjugal) y tient un petit rôle non crédité (merci à Lucie qui l’a reconnu).
              Lecture. Histoires littéraires n° 69 (Du Lérot éditeur, janvier – février – mars 2017; 192 p., 25 €).
                            Où l’on apprend au détour d’une note qu’André Jacquemin, gloire locale, participa aux illustrations d’un ouvrage d’hommage au Maréchal Pétain, Paris au Maréchal. Dans les “Livres reçus”, le notulographe s’est occupé de Michel Braudeau et de Muriel Gilbert.
              L’Invent’Hair perd ses poils.
831 (1)-min  831 (2)-min
Saint-Nicolas-de-Redon (Loire-Inférieure), photo de Philippe de Jonckheere, 11 avril 2011 / Lambesc (Bouches-du-Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 10 juillet 2017
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 25 janvier 2018. 54 km. (33562 km).
831 (5)-min
197 habitants

   Le monument, récent, est un disque tronqué de granit gris adossé à une haie de thuyas taillée au carré. Les dalles portant les noms sont collées sur le disque, en avancée, sous une Croix de Lorraine. La colonne centrale et celle de droite sont occupées par les fusillés du 9 septembre 1944, celle de gauche porte les noms des victimes de la première Guerre.

831 (4)-min

1914-1918

BADONNEL Joseph

BEDEL Léon

COLNEL Albert

DORIDANT Albert

GEORGES Léon

HAOUY Charles

LECOMTE Émile

PERRIN Alfred

RIVAT Albert

RIVAT Charles

VELON Hippolyte

Morts au champ d’honneur.

   Plus loin, à la sortie du village, un autre stèle de même facture rappelle les fusillés de 1944, parmi ceux-ci figurent le maire de l’époque et un de ses adjoints. On apprend sur Internet que 10 hommes ont été fusillés à cet endroit le 9 septembre 1944, suite à l’attaque d’un véhicule allemand par le maquis de Beauménil.

            Poil et pellicule.
831 (3)-min
Tout ça… pour ça ! (Claude Lelouch, France – Canada, 1993)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

17 mars 2019 – 830

LUNDI.
           Vie notulaire. Les notules, nées le 11 mars 2001, atteignent aujourd’hui leur majorité. Pour l’occasion, ARTE a choisi de programmer cette semaine La Vie domestique, film d’Isabelle Czajka.
           Vie littéraire. Nous voilà ramené à notre immaturité : le Prix René-Fallet aura trente ans cette année et Jaligny me demande une contribution pour un recueil célébrant l’événement.
MARDI.
             Lecture. Tandis que j’agonise (As I Lay Dying, William Faulkner, 1930, Gallimard, 1934 pour la première traduction française, rééd. in Œuvres romanesques I, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 269, 1977; traduction de l’américain par Maurice-Edgar Coindreau, revue par le traducteur en collaboration avec Michel Gresset, édition présentée et annotée par Michel Gresset; 1620 p., 57,50 €€).
                           Que serait l’écrivain sans sa légende ? Faulkner connaissait son boulot dans ce domaine et pour raconter la genèse de Tandis que j’agonise, il n’y était pas allé de main morte : le livre avait été écrit d’une traite, sur une brouette renversée, dans la cave à charbon d’une usine qui l’employait comme gardien de nuit. Oui madame. Restons sérieux. Le travail qu’il a fallu fournir pour aligner et relier les 59 monologues intérieurs qui constituent le bouquin a dû être d’une autre envergure. En tout cas, celui que doit faire le lecteur pour assembler les morceaux et leur donner un sens est considérable. Que faire de ces phrases qui s’interrompent brusquement, de ces chapitres qui répètent la même scène vue par des yeux différents, de ces ellipses inattendues, de ces changements soudains de point de vue, de temps, de lieu, que faire de ces pronoms qui surgissent sans qu’on sache s’ils désignent un homme, un chapeau, une vache, une rivière , le soleil… Débrouille-toi, lecteur… Le père Coindreau a dû s’amuser… C’est Valery Larbaud qui a préfacé sa première traduction, en 1934. On n’est pas surpris de le trouver là : il était déjà aux premières loges quelques années plus tôt pour la traduction d’Ulysse et comme Joyce, Faulkner exige énormément de ses lecteurs. Il crée un univers géographique, linguistique et et stylistique qui réclame un arpentage patient, attentif, répété. Dommage qu’on n’ait plus vraiment le temps de l’effectuer.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “Toutes les fois que Josef Florian, qui est un pauvre parmi les pauvres, trouve quelques francs, il me les envoie. C’est à pleurer de voir ce que fait cet indigent, contre ma volonté et malgré ce que j’ai pu lui dire. Il m’a répondu, en diverses lettres prodigieuses, que le fait de me donner ce qu’il possède est pour lui une manière de gagner sa vie et d’assurer l’abondance dans sa maison. En lisant ça, on se sent à plusieurs milliards de lieues des chrétiens modernes.(Léon Bloy, Le Vieux de la montagne, 13 mars 1908)
                  Lecture. Chanson de gestes (The Meaning of the Act, Margery Allingham, nouvelle parue dans The Strand, septembre 1939 pour l’édition originale, Mystère Magazine n° 31, août 1950 pour la traduction française, rééd. in « La Maison des morts étranges et autres aventures d’Albert Campion », Omnibus, 2010; 1024 p., 26 €).
                                Le Publicateur du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 9e série, n° 16 (15 juin 2018, 80 p., 15 €).
                                “Correspondance Pia & Latis”
VENDREDI.
                  Lecture. Les Dix Vœux d’Alfréd (Maude Mihami, NiL, 2018; 254 p., 18 €).
                                Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Cave canem. La collection n’est pas passionnante. Les panonceaux “Chien méchant”, achetés dans le commerce, sont vite répétitifs. Pour regagner un peu d’intérêt, il faut s’intéresser à ce qu’il y a autour, élargir le champ, comme dans cet exemple où l’on se demande quelle est la créature la plus féroce.

830-min

Rainville (Vosges), photo de l’auteur, 12 mars 2017
   Comme à Rainville, la photo du chien accompagne souvent la mise en garde écrite. Le “coup du roi” consiste à photographier le modèle à côté de son image, un exploit réalisé une seule fois  à ce jour, à grand renfort de “susucre” et “nonos”.
830 (3)-min
Charmes (Vosges), photo de l’auteur, 4 juillet 2017
SAMEDI.
              Vie culturelle. Visite de l’exposition “Peindre la nuit” au Centre Pompidou de Metz (Moselle). Pour moi, peindre la nuit, c’était une image : Kirk Douglas coiffé d’un chapeau orné de bougies, palette et pinceaux à la main, battant la campagne dans le Van Gogh de Minnelli. Image fausse sans doute – pensez, un chapeau de paille – mais image magique que j’aurais aimé retrouver ici. Ce ne fut pas le cas, même si le cinéma n’est pas négligé dans le parcours où “la nuit” est davantage utilisé comme complément d’objet direct que comme complément circonstanciel de temps.
              Films vus. Santa & Cie (Alain Chabat, France – Belgique, 2017)
                               Alice et Martin (André Téchiné, France – Espagne, 1998)
                               Hitman & Bodyguard (The Hitman’s Bodyguard, Patrick Hughes, É.-U. – Hong Kong – Bulgarie – Pays-Bas, 2017)
                               Exotica (Atom Egoyan, Canada, 1994)
                               La Prière (Cédric Kahn, France, 2018)
                               Boomerang (François Favrat, France, 2015)
                               Broadway by Light (William Klein, France, 1958)
                               La Deuxième Étoile (Lucien Jean-Baptiste, France, 2017).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
830 (1)-min  830 (2)-min
Pipriac (Ille-et-Vilaine), photo de Philippe de Jonckheere, 10 avril 2011 / Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 9 avril 2012
              Poil et plume. Il n’y a pas de meilleure preuve de l’imperfection du monde que les coiffeurs qui vous font la conversation.” (Dominique Noguez, Pensées bleues : aphorismes)
830 (4)-min
Dominique Noguez (12 septembre 1942 – 15 mars 2019) au Colloque des Invalides (Paris), photo de l’auteur, 31 octobre 2008
Bon dimanche,
Philippe DIDION

10 mars 2019 – 829

MERCREDI.
                  Éphéméride. “6 mars [1951] .”Dot, Francis et moi avons passé la matinée à nettoyer et à organiser les placards. Il nous a fallu plus d’une demi-heure pour marcher jusqu’à l’auberge, en sueur sous la chaleur. Épuisée mais ne voulant pas que Dot s’attelle toute seule au dîner, j’ai essayé de l’aider un peu à la cuisine, jusqu’à ce que Francis nous prie de nous reposer pour ne pas nous rendre malades. J’étais très déprimée, comme lui.” (Katherine Biddle, Journal 1940-1970)
                  Lecture. Les Chemins de la haine (Long Way Home, Eva Dolan, 2014 pour l’édition originale, Liana Levi, 2018 pour la traduction française, rééd. Points Policier P 4918, 2019 ; traduit de l’anglais par Lise Garond ; 528 p,, 8,30 €).
                               Quand il est passé, à la rentrée de septembre, de RTL à Europe 1, l’excellent Bernard Poirette a emporté avec lui sa chronique hebdomadaire consacrée au roman policier. Elle s’appelait « C’est à lire », aujourd’hui, c’est « Le polar de Poirette » mais le contenu n’a pas changé. Poirette s’y montre souvent de bon conseil, mais il n’est pas infaillible. On peut se demander ce qui a suscité son enthousiasme devant ces Chemins de la haine, chroniqués en février dernier. Eva Dolan imagine une enquête sur la mort d’un travailleur clandestin étranger brûlé vif dans l’abri de jardin qui lui servait de refuge. L’histoire se passe dans une ville de province, Peterborough, qui rassemble tous les aspects sinistres de l’Angleterre d’aujourd’hui : immigration, racisme, délinquance, violence, chômage, pauvreté, aucun personnage n’est épargné par l’un de ces fléaux, à part les deux enquêteurs. C’est vite caricatural, et c’est vite répétitif, filandreux, long, beaucoup trop long. Samedi, avouant à demi-mot son erreur, Poirette a dit que le deuxième roman d’Eva Dolan, qui vient de sortir, était de loin supérieur au premier. On ne demande qu’à le croire.
VENDREDI.
                  Vie en raccourci. Dans le 7 heures 43, une gendarme de la brigade cynophile envoie son molosse baveux renifler mon cartable. De retour at home, je trouve au courrier une lettre de la mutuelle dont je dépends m’invitant à un “forum séniors”. Le matin, je suis un jeune drogué, le soir, un vieillard. Ça va vite.
                  Lecture. L’Été circulaire (Marion Brunet, Albin Michel, 2018; 270 p., 18 €).
                                Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Pointures.

829-min  829 (2)-min

Salins-les-Bains (Jura), photo de Jean-Damien Poncet, 21 août 2017 / Le Havre (Seine-Inférieure), photo du même, 19 mai 2018
SAMEDI.
              Films vus. Le Garde du corps (François Leterrier, France, 1984)
                               The Passenger (Jaume Collet-Serra, France – É.-U., 2018)
                               L’Extravagant Mr. Ruggles (Ruggles of Red Gap, Leo McCarey, É.-U., 1935)
                               Les Aventures de Spirou et Fantasio (Alexandre Coffre, France – Belgique, 2018)
                               Libre comme le vent (Saddle the Wind, Robert Parrish, É.-U., 1958)
                               Carnivores (Jérémie & Yannick Renier, France – Belgique, 2018)
                               Rain Man (Barry Levinson, É.-U., 1988).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
829 (1)-min  829 (3)-min
Pipriac (Ille-et-Vilaine), photo de Philippe de Jonckheere, 10 avril 2011 / Paris (Seine), rue René-Boulanger, photo de Sylvie Mura, 17 septembre 2016
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 18 janvier 2018. 56 km. (33508 km).
829 (5)-min
331 habitants

   Je me dépêche, il fait un temps exécrable et je ne veux pas m’attarder ici, je connais trop de monde. Je travaillerai à partir des photos, elles aussi prises à la hâte. Résultat : l’une est floue et rend les noms difficiles à lire et à retranscrire, source d’erreurs possibles. Le monument est sur le côté de l’église, en surplomb de la rue qui descend vers la Mairie. Les ogives d’obus, habituellement au sol, sont ici sur une corniche qui sépare la base de la flèche.

829 (4)-min

Aux enfants

de

Rehaincourt

Morts

Pour la France

Pro Deo

Et Patria

Semper

   Droite :

1916

HUMBERT Georges

?OINE Alphonse

NOLL Auguste

TERRAUX Jean

1917

MOREL Georges

PIERRON Xavier

VOITOT Auguste

1918

BROCART Paul

COSSERAT Émile

MICHEL Delphin

ROL Hyacinthe

VARRIER Charles

   Gauche :

1914

BRABAN Jacques

LAURENT Antoine

ROCHET Paul

1915

ANTOINE Léon

BOURGON Émile

CHOLEZ Aimé

DANYS Henri

GORIDAT Joseph

JACQUETTE Maximilien

MOREL Paul

THOMAS Henri

VILLAUME Henri

   Plus bas dans le village, un monument plus massif et plus récent rappelle un épisode tragique de la Seconde Guerre mondiale qui fit l’objet d’un ouvrage sur lequel j’eus pour la première fois le plaisir de lire mon nom imprimé (j’en avais seulement corrigé les épreuves) : Rehaincourt septembre 1944 – Mai 1945 : Chronique d’une population déchirée (Christian Remy, Imprima, 1995).

829 (7)-min  829 (6)-min

              Poil et pellicule.

829 (8)-min

Joy (David O. Russell, É.-U., 2015)

Bon dimanche,
Philippe DIDION

3 mars 2019 – 828

LUNDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Douglas Kennedy, Cet instant-là, Pocket, 2013.

MERCREDI.

Éphéméride.

Je 27.2.1992

Le brouillard se dissipe vers midi et laisse place au soleil. Toujours à chercher un prolongement aux trois pages du chapitres deux. La tâche est d’une rudesse extrême. Je suis contre la muraille, pèse de toutes mes forces, suis tenté, continuellement, d’arrêter, de souffler et dois lutter aussi contre la tentation. Je remplirai, assez tard, une page et demie peu prometteuse.

Jacques Réda m’appelle en début d’après-midi. Le manuscrit que j’avais adressé à Pascal Quignard – le rapport mortel que mon père a cru devoir instaurer entre nous – sera publié à l’automne.” (Pierre Bergounioux, Carnet de notes 1991-2000)

JEUDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Tatiana de Rosnay, Le Cœur d’une autre, Le Livre de poche, 2009.

Lecture. Au Rendez-vous des Mariniers (Frédéric Vitoux, Fayard, 2016, rééd. LGF, coll. Le Livre de poche n° 35206; 360 p., 7,40 €).

Installé sur un quai de l’île Saint-Louis, à Paris, le café-restaurant Au Rendez-vous des Mariniers fut actif de 1904 à 1953, gouverné par trois propriétaires successifs. Frédéric Vitoux, qui a toujours habité le quartier, entreprend d’en raconter l’histoire. Le projet est plus qu’intéressant puisqu’il se trouve que l’établissement a été fréquenté par plusieurs écrivains plus ou moins renommés. L’enquête de Frédéric Vitoux prend comme support les témoignages oraux des rares survivants de l’époque, les photographies et les écrits. La mention du café dans un roman, dans un journal ou, plus fréquemment, dans une lettre l’amène à rechercher en quelles circonstances son auteur a pu connaître ce café. Il y a dans tout cela plus de doutes que de certitudes et Vitoux n’hésite pas à supposer, à imaginer, à rêver pourquoi et comment Jean de La Ville de Mirmont, Dos Passos, Hemingway, Malraux, Cendrars et d’autres ont atterri dans cet établissement. L’exercice est plaisant, donnant lieu entre autres à un très bon chapitre sur Simenon, un marinier d’expérience. Le style est châtié, Frédéric Vitoux, n’est-ce pas, “de l’Académie française”, a un rang à tenir, il ne va pas nous faire une vie imaginaire à la Pierre Michon. Dommage que le tableau soit terni par la complaisance dont l’auteur fait preuve face aux positions de Drieu La Rochelle pendant l’Occupation – mais au moins celles-ci sont évoquées, alors que le passé de collaborateur de Ramon Fernandez est totalement passé sous silence.

VENDREDI.

Lecture. Revue des Deux Mondes, mai 2017 (192 p., 15 €).

“L’écrivain face au pouvoir”

Le cabinet de curiosités du notulographe. Vitalité du petit commerce à Chambon-sur-Voueize (Creuse), photos de l’auteur 7 août 2013.

828 (5)-min  828 (6)-min

SAMEDI.

Films vus. Tulip Fever (Justin Chadwick, R.-U. – É.-U., 2017)

À l’heure des souvenirs (The Sense of an Ending, Ritesh Batra, R.-U., 2017)

Quatre garçons dans le vent (A Hard Day’s Night, Richard Lester, R.-U., 1964)

The Secret Man – Mark Felt (Mark Felt : The Man Who Brought Down the White House, Peter Landesman, É.-U., 2017)

Total Recall (Paul Verhoeven, É.-U., 1990)

Le Retour du héros (Laurent Tirard, France – Belgique, 2018)

Docteur Folamour, ou : Comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying  and Love the Bomb, Stanley Kubrick, É.-U. – R.-U., 1964).

L’Échange des princesses (Marc Dugain, France-Belgique, 2017).

              Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 4400 salons, atteint le 20 juillet 2018.

Bilan géographique.    

Classement général par pays.

  1. France : 3 666 (+ 80)
  2. Espagne : 169 (=)
  3. Royaume-Uni : 86 (+ 4)
  4. Belgique : 62 (+ 3)
  5. Italie : 51 (=)
  6. États-Unis : 45 (=)
  7. Portugal : 37 (=)
  8. Danemark : 34 (=)
  9. Allemagne : 30 (=)
  10. Suisse : 29 (+ 3)

Pas de changement en tête. À l’étranger, c’est l’Irlande qui fait le meilleur score avec 7 salons, passant de la 28e à la 18e place.

Classement général par régions (France).

1. Rhône-Alpes : 647 (+ 2)
2. Île-de-France : 577 (+ 22)
3. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 283 (+ 2)
“. Languedoc-Roussillon : 283 (+ 4)
5. Lorraine : 275 (+ 4)
6. Midi-Pyrénées : 222 (=)
7. Bretagne 158 : (+ 17)
8. Pays de la Loire : 147 (+ 6)
9. Bourgogne : 135 (+ 1)
10. Centre : 126 (+ 2)

Le Languedoc-Roussillon rejoint PACA sur le podium mais la Lorraine reste en embuscade.

Classement général par départements (France).

  1. Seine (Paris) : 465 (+ 19)
  2. Rhône : 326 (=)
  3. Vosges : 155 (+ 3)
  4. Loire-Atlantique : 112 (+ 1)
  5. Pyrénées-Orientales : 92 (=)
  6. Loire : 91 (=)
  7. Meurthe-et-Moselle : 85 (+ 1)
  8. Alpes-Maritimes : 76 (=)
  9. Hérault : 75 (+ 4)
  10. Bouches-du-Rhône : 74 (+ 2)

L’Hérault revient dans le top 10 aux dépens de la Saône-et-Loire. 14 salons de mieux pour l’Ille-et-Vilaine qui gagne 10 places (24e).

Classement général par communes.

1. Paris : 465 (+ 19)
2. Lyon : 150 (+ 1)
3. Nantes : 58 (+ 1)
4. Barcelone : 55 (=)
5. Nancy : 48 : (+ 1)
6. Épinal : 43 (+ 2)
7. Nice : 36 (=)
8. Marseille : 31 (+ 2)
9. Copenhague : 24 (=)
“. Villeurbanne : 24 (=)

Pas de changement dans le top 10 mais Le Havre (+ 7), Strasbourg (+ 4) et Toulouse (=), qui comptent 22 salons, sont à ses portes. Saint-Malo fait la bonne opération de cette centaine avec 13 salons de mieux sur un total de 16 et un bond de la 230e à la 19e place.

Bilan humain.

Nous nous étions arrêtés à la 30e place. Poursuivons notre exploration des étages inférieurs.

31. Sibylline : 18 (=)
32. Élisabeth Chamontin : 12 (=)
33. Lucie Didion : 12 (=)
34. Clotilde Eav : 12 (=)
35. Alain Zalmanski : 10 (+ 1)
36. Damien Didier-Laurent : 10 (=)
37. François Bon : 9 (=)
38.Denis Garcia : 8 (=)
“. Vincent Garcia : 8 (=)
“. Thierry Vohl : 8 (=)

Étude de cas. Exotisme à portée de séchoir.

828 (1)-min  828 (2)-min

Paris (Seine), avenue Stephen-Pichon, photo de Jean-Damien Poncet, 24 avril 2016 / idem, boulevard Davout, photo de Jean-Christophe Soum-Fontez, 6 décembre 2016

828 (3)-min  828 (4)-min

Marseille (Bouches-du-Rhône), photo de Jean-Damien Poncet, 29 décembre 2016 / Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 13 février 2017

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 14 janvier 2018. 51 km. (33452 km).

828-min

   88 habitants

   Le monument commun aux villages de Madegney et de Regney et décrit le 11 novembre 2013 a changé de place. Précédemment situé au cœur du cimetière, il est maintenant sur le côté de l’église Saint-Martin.

828 (7)-min

              Poil et pellicule.

828 (8)-min

Le Nouveau Stagiaire (The Intern, Nancy Meyers, É.-U., 2015)

Bon dimanche,

Philippe DIDION