26 février 2017 – 741

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 12 mars 2017.

LUNDI.

           Lecture. Place des Vosges (Michel Braudeau, Seuil, coll. Fiction & Cie, 2017; 160 p., 16 €).

                         Compte rendu rédigé pour Histoires littéraires.

                         Je retrouve avec plaisir, et sans trop de rouille, l’exercice de la chronique abandonné depuis de nombreux mois. La mort de Jean-Jacques Lefrère a été un cap délicat à passer pour la revue qu’il dirigeait et si Histoires littéraires a continué à paraître et à publier des dossiers conséquents, la rubrique “Livres reçus” a eu du mal à retrouver constance et consistance. Après divers tâtonnements, je m’occupe désormais des commandes des services de presse aux éditeurs et cela semble fonctionner : les livres arrivent et sont de nouveau proposés régulièrement aux chroniqueurs. On ne va pas se plaindre, dans ce domaine du moins, d’avoir du travail.

MARDI.

            Lecture. Escales nordiques (Georges Simenon, Le Petit Journal, 1931, rééd. Rencontre, 1967, in “Œuvres complètes Maigret III”; 632 p., s.p.m.).

                          Pour compléter son troisième volume des enquêtes de Maigret, l’éditeur a choisi de reprendre, pour la première fois en volume, une douzaine de chroniques de Simenon parues dans la presse du 1er au 12 mars 1931. Simenon habite à bord de son cotre, L’Ostrogoth, profite des escales pour écrire un Maigret par semaine. Entre-temps, il navigue, découvre la Hollande, l’Allemagne et surtout la Norvège, sujet de la majorité de ses articles. C’est un voyageur attentif, respectueux et admiratif devant les conditions de vie réservées aux habitants de ces froides latitudes, décrites avec la même économie de moyen que celle qui préside à ses romans.

MERCREDI.

                  Éphéméride. “Mercredi 22 février 1899

Levé tard. Réveillé même par coup de sonnette de Cilou qui vient, je ne me rappelle plus pourquoi. En tout cas, on parle des funérailles de Félix Faure qui auront lieu demain. Elle a une amie qui a un appartement rue de Rivoli sur le passage du cortège. Je lui persuade qu’elle doit profiter de cette chance. Mais son amie est en voyage en Algérie. Qu’est-ce que cela fait, lui dis-je. Il paraît que son amie, durant son absence a mis ses fenêtres à sa disposition et son appartement. Or Cilou a un enfant de cinq ans et des spectacles, je dirais historiques, comme ceux de demain, ont le don de passionner les gosses. Je me rappelle, moi galopin, l’enterrement de Victor Hugo (pages pour La Faim) ainsi que, deux ans avant, l’anniversaire de l’Homère bizontin et la défilade de trois cent mille hommes sous les fenêtres du Père comme on disait. Puis le Père apparaissant à la fenêtre de son petit hôtel encadré de Georges et de Jeanne Hugo – et moi, le galopin venu avec une délégation des enfants des écoles de la ville de Paris, et le romantisme passionné, la mélancolie ardente qui frémissait déjà en moi. L’amour de la gloire et de la puissance, de la richesse et de la beauté devant un pareil spectacle. Ma passion de garçonnet qui naissait brusquement pour Jeanne Hugo, alors une gosseline, passion que je me disais sans espoir, sans triomphe possible et l’immense tristesse qui me poignait alors, déjà, de n’être pas riche, fils de roi, un je ne savais quoi de beau, d’angélique, de riche et de prodigieux.” (Jehan-Rictus, Journal quotidien 21 septembre 1898 – 26 avril 1899)

JEUDI.

Lecture. La Nouvelle Revue française n° 614 (Gallimard, septembre 2015; 144 p., 15 €).                        Une revue, c’est une équipe, paraît-il. Mouais. C’est avant tout un homme, enfin une personne. Voir ce qu’est devenue La Quinzaine depuis le départ de Nadeau, la Revue des Deux mondes depuis celui de Michel Crépu. Et voir ce qu’est en train de devenir la NRf depuis l’arrivée du même Crépu qui a su lui redonner un contenu solide et, partant, de l’intérêt. Pour ce numéro, des lettres inédites d’Artaud, un article sur Leiris, un autre sur Kafka signé David Foster Wallace, une conférence de Christine Angot qui se révèle beaucoup plus lisible qu’on ne le croyait et des ouvertures inattendues sur le musée Emmanuel-Liais de Cherbourg (qui m’a fait penser à celui de Guéret) et sur le footballeur Didier Deschamps. Pour ce dernier sujet, c’est Grégory Schneider qui est aux commandes, gage de qualité. Il y a actuellement, à ma connaissance, trois personnes qui savent écrire sur le football : Vincent Duluc dans L’Équipe, François Bégaudeau dans Le Monde et Grégory Schneider dont les papiers, dans Libération, sont souvent remarquables.

VENDREDI.

Football. SA Spinalien – Créteil 0 – 1.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Humour de cabaret, photos de l’auteur.

  

Strasbourg (Bas-Rhin), 29 octobre 2015 / Paris (Seine), rue Saint-Martin, 29 octobre 2016

SAMEDI.

             Films vus. Jusqu’au dernier (Pierre Billon, France – Italie, 1957)

Le Nouveau (Rudi Rosenberg, France, 2015)

                              Gatsby le magnifique (The Great Gatsby, Baz Luhrmann, Australie – E.-U., 2013)

                              La Vache (Mohamed Hamidi, France, 2016)

                              Les Copains du dimanche (Henri Aisner, France, 1958).

             L’Invent’Hair perd ses poils. Monotonie du paysage capillicole en République tchèque.

  

Lipnik nad Becvou, photo de Francis Pierre, 30 août 2010 / Brno, photo de François Golfier, 18 avril 2012 / Moravsky Krumlov, photo du même, 17 juin 2014

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 5 avril 2015. 69 km. (28270 km).

224 habitants

   Le monument de pierre presque noire, surmonté d’une Croix de Guerre, est situé sur le côté de l’église. Celle-ci est ouverte mais ne contient pas de plaque patriotique. La dorure des lettres a presque totalement disparu.

Moyemont

A ses enfants

Morts pour la France

1914-1918

HERTEMENT Léon

LARGENTIER Auguste

NYSSEN Henri

RENAUD Raymond

ROUSSELLE Charles

VAUTHIER Adolphe

XOUAL René

DEMANGEL Pierre 39-45

   Une plaque ajoutée porte les noms de deux victimes civiles du 15 juin 1940 :

BERNARD André

DEVILLE Jean

   À l’arrière, le monument est signé :

ROMBAUD-ROLAND

Granits

Jeumont (Nord)

   Au cimetière, sont alignées 11 tombes de soldats tués dans les combats locaux du début de la guerre, août-septembre 1914. On trouve aussi deux tombes civiles de victimes du cru, Hertement et Aubert. Seul le premier figure sur le monument aux morts.

  

             Poil et plume. Nouveau coup de fil, rendez-vous au salon de coiffure dans une heure. Tausk se réjouit au moins d’y retrouver sa coiffeuse habituelle, très jolie fille très vive et très bavarde, très bien roulée, mais à son arrivée le gérant du salon lui apprend qu’elle n’est pas là, congé maternité, ce qui contrarie Tausk pour au moins deux raisons. Comme le gérant désigne sa remplaçante, celle-ci lui fait d’emblée froid dans le dos : cheveu presque ras, musclée, tatouée comme un récidiviste, deux anneaux dans le sourcil et un autre dans le nez, regard et geste durs, pas l’ombre d’un sourire d’accueil. De crainte de se prendre un coup de ciseaux collatéral, Tausk n’ose pas trop préciser la coupe qu’il désire et la fille, sans un mot, se met à faire n’importe quoi.” (Echenoz, Jean, Envoyée spéciale)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

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19 février 2017 – 740

DIMANCHE.

Courriel. 14 heures 59. Une demande de désabonnement aux notules.

20 heures 52. Une demande d’abonnement aux notules. J’ai failli attendre.

LUNDI.

Vie funéraire. J’assiste à une cérémonie d’hommage civil à un défunt. Il y a de quoi regretter les ors, même ternis, de l’église.

MERCREDI.

Éphéméride. “15 février

* Flaubert raconte à Edmond de Goncourt que Madame Flaubert, après la mort de son mari et de sa fille, est soudain devenue athée.

* Giacomo pleure sur la tombe du Tasse. “C’est le premier et unique plaisir que j’aie connu à Rome.”

* Queneau s’aperçoit, surprise désagréable, qu’il n’y a pas de papier aux cabinets. la bibliothèque est toujours fermée, car le bibliothécaire souffre douloureusement de l’extraction de sa dent de sagesse.” (Michelle Grangaud, Calendrier des poètes : Année folle I)

VENDREDI.

Lecture. Schnock n° 15 (La Tengo, juin 2015; 176 p., 14,50 €).

L’Aventure c’est l’aventure.

Ce numéro tourne autour du film de Lelouch avec une interview du réalisateur, un lexique thématique, des portraits d’Aldo Maccione, Charles Gérard et Jacques Brel. Par ailleurs, on savoure un long entretien avec Robert Charlebois, aussi drôle que le feuilleton estival que lui consacra France Inter, un portrait d’Alice Sapritch, des articles sur Nino Ferrer, Michel Lancelot, Jean-Claude Drouot… Une revue toujours savoureuse, avec très peu de déchets.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Bains-douches des villes et bains-douches des champs, photos de l’auteur.

Paris (Seine), rue du Renard, 3 novembre 2006

Jarnages (Creuse), 26 juillet 2015

SAMEDI.

Lecture. Jean-Edern Hallier : l’idiot insaisissable (Jean-Claude Lamy, Albin Michel, 2017; 608 p., 26 €).

La platitude d’une époque donnée accentue les reliefs de celles qui l’ont précédée. Ainsi, la vie littéraire qu’a traversée Jean-Edern Hallier nous semble aujourd’hui extraordinaire avec ses polémiques, ses scandales, ses hautes figures qui font paraître bien pâles les Houellebecq et Onfray d’aujourd’hui. Il est impossible d’ennuyer avec le récit d’une telle vie. Jean-Claude Lamy, qui a œuvré au sein de nombreuses rédactions (France-Soir, Midi libre…) a bossé son sujet et sait le présenter de façon intéressante, négligeant l’ordre chronologique pour une présentation thématique qui couvre toute la carrière du pamphlétaire, de Tel Quel à son faux enlèvement en passant par L’Idiot international. Lamy n’oublie pas de se servir au passage, rappelant qu’il a bien connu telle ou telle figure du monde des lettres (dont celle qui forme le sujet de sa biographie) et parvient même, impayable, à citer l’ouvrage qu’il a consacré à Jeanne Calment. Chose appréciable, il ne cède jamais à l’empathie et évite l’encensement de cet homme controversé, contrairement à la pratique de la plupart des biographes. La vie de Jean-Edern Hallier, avec ses accidents et ses cahots, a laissé son œuvre dans l’ombre. On la connaît peu mais elle contient une phrase que l’on n’oubliera pas : “Je suis le Voltaire des coiffeurs.”

Films vus. The Revenant (Alejandro G. Iñárritu, E.-U. – Hong Kong – Taïwan, 2015)

Le Bagarreur du Kentucky (The Fighting Kentuckian, George Waggner, E.-U., 1949)

Triple 9 (John Hillcoat, E.-U., 2016)

Airport (George Seaton, E.-U., 1970)

Dangerous People (Henrik Ruben Genz, E.-U. – R.-U. – Danemark – Suède, 2014)

Alyah (Élie Wajeman, France, 2012)

Belgica (Felix van Groeningen, Belgique – France, 2016).

              L’Invent’Hair perd ses poils.

  

Troyes (Aube), photo de Catherine Stavrinou, 14 septembre 2010 / Villefranche-sur-Saône (Rhône), photo de Benoît Howson, 22 décembre 2011

Poil et plume. « Je ne me souviens pas bien du moment précis où Georges s’est mis à porter la barbe. » (Marcel Bénabou, À Georges Perec, Bibliothèque oulipienne n° 23)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

12 février 2017 – 739

MERCREDI.

Éphéméride. “8 février [1857]

Une jeune fille, Blanche, a eu la plus fraîche, la plus fine et la plus poétique idée. Elle a eu un reliquaire de gants, les gants qu’elle portait quand elle a donné la main à une personne qu’elle aimait.

Louis me dit :

“Je suis en train de découvrir des documents sur Boucher.

– Ah ! Comment ?

– Par sa petite-fille.

– Tu la connais ?

– Non, c’est chez Mme Dailly… J’ai rencontré un médecin qui la soigne pour des maladies, tu sais… et à qui elle a donné deux pastels de Boucher, trouvés dans la maison où il est mort, à Château-Thierry… C’est une femme galante.”

La petite fille de Boucher putain ! Comme c’était dans le sang !” (Edmond et Jules de Goncourt, Journal : Mémoires de la vie littéraire)

Jeux de mémoire. Un jeune homme que je croise régulièrement en montant au boulot. Il emmène deux petits garçons à l’école, peut-être ses enfants. On se salue, on se connaît, je l’ai eu en classe il y a des années mais j’ai oublié son nom – j’ai beau chercher à chaque fois, je ne le retrouve pas. Aujourd’hui, pour mettre fin à ces interrogations, je l’arrête et m’excuse d’avoir à lui demander comment il s’appelle. “Jérémie Untel”, décline-t-il. Puis il ajoute : “Vous êtes un prof que je n’oublierai jamais, M. Didion”. Je n’ai pas osé le questionner sur la raison de cette persistance dans sa mémoire, j’aime mieux ne pas la connaître. Les professeurs dont je me souviens ne sont pas forcément ceux que j’ai portés dans mon cœur et mieux vaut, dans ce métier, cultiver l’insignifiance. Tout le monde n’a pas la prétention d’être ou d’avoir un “de ces profs qui portent les élèves, changent le cours d’une vie, révèlent des vocations” (portrait de Mme Brigitte Macron, L’Obs n° 2704, 1er septembre 2016).

Lecture. Londres après minuit (Londres después de medianoche, Augusto Cruz, 2012 pour l’édition originale, Christian Bourgois, 2015 pour la traduction française, traduit de l’espagnol par André Gabastou, rééd. Gallimard, coll. Folio n° 6225, 2016; 448 p., 8,20 €).

Un ancien agent du FBI est embauché par un riche collectionneur. Celui-ci est à la recherche d’un film introuvable, une copie de Londres après minuit tourné par Tod Browning en 1927. La première partie du roman raconte la quête de ce Graal. C’est une exploration passionnante au cœur d’un monde perdu, celui du cinéma muet et de ses vestiges : studios désaffectés, greniers poussiéreux, vieilles malles abandonnées, bobines oubliées, acteurs et actrices survivants à la mémoire vacillante… Peu à peu, la réalité s’efface au profit d’un univers de moins en moins  logique, de plus en plus pénétré par le rêve. L’imagination débridée d’Augusto Cruz fait merveille dans la création de cette ambiance fantastique mais l’exercice est trop long, presque trop riche, et devient fatigant. Le retour à la réalité, dans les dernières pages, est bienvenu mais tardif : l’intérêt s’est émoussé et ne parvient pas à renaître.

Curiosité physique. “N’ayant pas de réponse après douze sonneries, je retournai à ma table et mordis deux fois le sandwich. Les glaçons de la citronnade ayant fondu, le niveau de la boisson avait tellement monté qu’elle débordait.”

VENDREDI.

Football. SA Spinalien – Belfort 0 – 1.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Note (avec coquille) de Mme Penelope Fillon, alias Pauline Camille, Revue des Deux Mondes, septembre 2012, bibliothèque de l’auteur.

SAMEDI.

Films vus. Arrêtez-moi là (Gilles Bannier, France, 2015)

Un grand seigneur (Gilles Grangier & Georges Lautner, France, 1965)

Je suis un soldat (Laurent Larivière, France – Belgique, 2015)

Tout ça… pour ça ! (Claude Lelouch, France – Canada, 1993)

  Les Tuche 2 : Le Rêve américain (Olivier Baroux, France, 2016)

  Lucrèce Borgia (Abel Gance, France, 1935).

              Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 3300 salons, atteint le 15 octobre 2016.

Bilan géographique.        

Classement général par pays.

  1. France : 2823 (+ 66)
  2. Espagne : 153 (+ 6)
  3. Royaume-Uni : 52 (=)
  4. États-Unis : 45 (+ 16)
  5. Belgique : 29 (+ 4)
  6. Italie : 24 (=)
  7. Portugal : 20 (=)
  8. Suisse : 19 (=)

“. Canada : 19 (=)

10. Maroc : 15 (=)

Pas de changement en tête de classement mais on notera la belle progression du Japon, désormais 13e, qui gagne 7 salons et 4 places.

Classement général par régions (France).

  1. Rhône-Alpes : 564 (+ 26)
  2. Île-de-France : 428 (+ 15)
  3. Languedoc-Roussillon : 253 (+ 5)
  4. Lorraine : 222 (+ 1)
  5. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 202 (+ 9)
  6. Midi-Pyrénées : 170 (=)
  7. Bourgogne : 112 (+ 1)
  8. Pays de la Loire : 104 (+ 2)
  9. Bretagne : 100 (+ 1)
  10. Centre : 92 (+ 1)

Positions inchangées sur  toute l’étendue du classement.

Classement général par départements (France).

  1. Seine (Paris) : 347 (+ 15)
  2. Rhône : 299 (+ 24)
  3. Vosges : 136 (=)
  4. Loire-Atlantique : 81 (+ 2)
  5. Loire : 79 (=)

“. Pyrénées-Orientales : 79 (+ 2)

  1. Alpes-Maritimes : 70 (=)
  2. Saône-et-Loire : 68 (=)

“. Meurthe-et-Moselle : 68 (+ 1)

  1. Hérault : 66 (+ 2)

Une place de mieux pour les Pyrénées-Orientales et la Meurthe-et-Moselle. Plus bas dans le classement, les changements sont plus significatifs : le département de Vaucluse (46, + 7) passe de la 17e à la 13e place, la Haute-Marne (17) gagne 4 salons et passe de la 59e à la 46e place.

Classement général par communes.

  1. Paris : 347 (+ 15)
  2. Lyon : 136 (+ 4)
  3. Barcelone : 53 (=)

“. Nantes : 53 (+ 1)

  1. Nancy : 38 (=)
  2. Épinal 35 (=)
  3. Nice : 33 (=)
  4. Villeurbanne 24 (=)
  5. Perpignan : 18 (=)
  6. Roanne : 17 (=)

“.  Strasbourg : 17 (=)

Nantes rejoint Barcelone sur le podium. Deux métropoles font une entrée remarquée, San Francisco à la 20e place avec 11 salons et Tokyo à la 49e avec 7 salons.

Bilan humain.

  1. Marc-Gabriel Malfant : 1211 (+ 41)
  2. Philippe Didion : 307 (=)
  3. Pierre Cohen-Hadria : 224 (+ 1)
  4. François Golfier : 142 (+ 1)
  5. Jean-Christophe Soum-Fontez : 129 (+ 4)
  6. Hervé Bertin : 108 (=)
  7. Jean-Damien Poncet : 92 (+ 10)
  8. Sylvie Mura : 81 (+ 3)
  9. Benoît Howson : 65 (=)
  10. Christophe Hubert 61 (+ 1)

Marc-Gabriel Malfant a repris du service et augmenté son avance en tête d’un top 10 inchangé. Désormais classés respectivement 22e, 24e et 27e, Noémie Fiore (20 photos, + 16), J.-F. Fournié (19, + 7) et Yannick Séité (16, + 7) enregistrent les plus belles progressions de la période.

Étude de cas. Écriture inversée.

  

Nantes (Loire-Inférieure), photo de Bernard Bretonnière, 6 octobre 2015 / Castelnaudary (Aude), photo d’Étienne Roba, 27 mai 2014

Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 4 février 2016

Lourinha (Portugal), photo de Marc-Gabriel Malfant, 11 juillet 2014

              Poil ethnographie.

  

Musée de l’Homme, Paris (Seine), photos de l’auteur, 23 décembre 2015

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

5 février 2017 – 738

 

DIMANCHE.

                   Lecture. 80 millions de voyeurs (80 Million Eyes, Ed McBain, 1966 pour l’édition originale, Gallimard, coll. Série Noire n° 1108, 1967 pour la traduction française, traduit de l’américain par André Bénat, rééd. in “87e District 3”, Omnibus, 1999; 1016 p., 145 F).

                                 On connaît l’histoire du roman de Jim Thompson, Pop. 1280 en version originale, traduit en français dans la Série Noire par 1275 âmes. Jean-Bernard Pouy avait même, en 2000, écrit un roman, 1280 âmes, dans lequel il imaginait un personnage partant à la recherche des cinq habitants disparus entre les deux versions. Le problème posé par le titre d’Ed McBain se situe sur une autre échelle. Les 80 Million Eyes de l’original, qui devraient appartenir, si nos calculs sont exacts, à 40 millions de personnes, en désignent le double dans la traduction française. La seule explication plausible serait que nous ayons affaire à 80 millions de borgnes ce qui fait beaucoup, même dans un pays à forte population où l’usage des armes à feu est assez répandu.

LUNDI.

           Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.

MARDI.

            Lecture. L’Enchanteur (The Enchanteur, Vladimir Nabokov, Article 3b Trust, 1986 pour la traduction anglaise, Rivages, 1986 pour la traduction française, traduit de l’anglais par Gilles Bardebette, rééd. in “Œuvres romanesques complètes » II, Gallimard 2010, Bibliothèque de la Pléiade n° 561, révision de la traduction par Yvonne Couturier; 1764 p., 75 €). 

                          Dans la genèse de Lolita, L’Enchanteur apparaît comme la deuxième étape. La première se situe dans Le Don où un personnage évoque un projet de roman : “Imaginez ce genre de chose : un vieux type – mais encore vert, fougueux, assoiffé de bonheur – vient à connaître une veuve, et elle a une fille, presque encore une enfant – vous voyez ce que je veux dire –“. Ce “genre de chose”, c’est L’Enchanteur, dernière œuvre en langue russe de Nabokov, écrite en 1940 et traduite par son fils près de cinquante ans plus tard. On ne sera pas étonné qu’elle n’ait pas été publiée à ce moment-là, le sujet scabreux et la manière plutôt explicite qu’a Nabokov de le traiter ne pouvaient que conduire au scandale. L’auteur ne fit d’ailleurs pas le siège des éditeurs, se contentant de lire son texte à quelques amis, l’important était pour lui d’avoir franchi une étape supplémentaire dans son cheminement vers Lolita.

MERCREDI.

                  Vie associative. Caroline, qui est en lien avec Chaminadour par des canaux que je ne fréquente pas, m’apprend que vient de se constituer une Association des Amis de Pierre Michon. Inutile de dire que cela m’intéresse au premier chef. Je sais bien que Pierre Michon a autant besoin et envie de mon amitié que moi d’une page Facebook mais il est important que je participe à ce cénacle pour mettre en œuvre la stratégie suivante : j’adhère, je m’empare le plus vite possible de la présidence ou d’un poste suffisamment élevé pour mettre la main sur l’agenda de l’association et je convoque une réunion tous les quinze jours à Guéret, ce qui me permet de sacrer mon camp en Creuse un week-end sur deux. Et je ne parle pas du symposium annuel au Lion d’Or de Gouzon.

                  Éphéméride. “1er février [1916]

À la N.R.F. Entrevue avec Marcel Péguy. Déjeuner chez Suzanne Schlumberger. Après-midi : Foyer.

J’abandonne la lecture des Élévations de Bossuet avant que mon dégoût me déborde et n’entraîne à son tour ce que je voudrais préserver. J’ai poursuivi le plus loin que j’ai pu, mais aucune lecture n’est plus propre à me précipiter dans l’opposition, et c’est par précaution que je l’arrête.

Je tâche à réserver, chaque soir et chaque matin, une demi-heure de méditation, de dépouillement, d’apaisement et d’attente… “Demeurer simplement attentif à cette présence de Dieu, exposé à ses divins regards, continuant ainsi cette dévote attention ou exposition… en tranquillité aux rayons du divin soleil de justice.”

J’aspire ardemment à écrire ce livre de méditations, ou d’élévations, qui fasse pendant aux Nourritures, et qui se confond par endroits avec les Conseils à un jeune écrivain, que je prépare. Puissé-je…

Où Francis Jammes m’irrite le plus c’est quand il croit, ou feint de croire, que c’est par raisonnement et besoin maniaque de dialectique que je m’écarte et m’oppose, lorsque tout au contraire… Mais à quoi sert d’engager la discussion sur ce point ? Ce n’est point l’ignorance, ni l’humilité, ni le renoncement – c’est le mensonge, que j’abomine. Et cette simagrée par laquelle l’âme se dupe et s’offre en dupe à Dieu.” (André Gide, Journal)

VENDREDI.

                  Football. SA Spinalien – Pau 1 – 1.

                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Baignoires champêtres, photos de l’auteur.

  

Domeyrot (Creuse), 31 juillet 2016 / Plateau des Glières (Haute-Savoie), 14 mai 2016

SAMEDI.

              Films vus. 

                              La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (Joann Sfar, France-Belgique, 2015)

                              La Crème de la crème (Kim Chapiron, France, 2014)

                              Carol (Todd Haynes, R.-U. – E.-U. – Australie, 2015)

                              125 rue Montmartre (Gilles Grangier, France, 1959)

                              La Fille du patron (Olivier Loustau, France, 2015)

                              Le petit roi (Julien Duvivier, France, 1933).    

              L’Invent’Hair perd ses poils.

  

Villefranche-sur-Saône (Rhône), photo de Benoît Howson, 21 juillet 2011 / Paris (Seine), rue Saint-Jacques, photo de Marc-Gabriel Malfant, 5 novembre 2013

              Poil et plume. “Sur la droite, à l’aplomb de l’église de Belleville, des forains montent un manège. Armand y va voir, se déroute de deux cents mètres. Depuis qu’il est mouflet, c’est le spectacle qu’il a toujours aimé. C’est la bonne bifur. Pas vingt mètres plus loin qui s’apporte ? Antoinette ! Elle décarre de son merlan, ça éclate à la raideur des crans. Armand, ça lui rappelle l’ondulation Marcel, qu’était de mode en ses jeunes années. Conjuguée à la fête qui se prépare, cette coiffure ça lui chatouille la fibre juvénile.” (Albert Simonin, Du mouron pour les petits oiseaux)

Bon dimanche,

Philippe DIDION