20 mars 2016 – 702

DIMANCHE.

Vie régionale. “Grande région : trois noms retenus. Quel sera le nom de la grande région ? Acalie, Nouvelle Austrasie ou Rhin-Champagne sont les trois propositions retenues. La liste sera soumise dès lundi, et jusqu’au 1er avril, au vote des internautes” (Vosges Matin du jour). Cela ne va sûrement pas remuer les foules dans les Vosges, où la méfiance à l’égard de Nancy et l’éloignement de Metz font qu’on ne s’est jamais vraiment considéré comme de vrais Lorrains. A tout prendre, on serait d’ailleurs plus proche des Comtois. Mais le choix proposé interpelle tout de même. Là où on aurait pensé qu’un “Grand Est” aurait, sinon contenté tout le monde, du moins créé le moins de mécontentement, on se trouve face à un brelan prometteur : un embrayeur de calembours (Acalie fourchon et ainsi de suite), un constat d’inexistence (le vide entre le Rhin et la Champagne) et un retour à l’époque mérovingienne. Félicitons-nous donc de ne pas être internaute, nous éviterons ainsi d’être tenu pour responsable de ce qui suivra.

Lecture. Les Arpenteurs (The Ploughmen, Kim Zupan, Henry Holt and Company, 2014 pour l’édition originale, Gallmeister, coll. Nature Writing, 2015 pour la traduction française, traduit de l’américain par Laura Derajinski; 280 p., 23,50 €).

Le dispositif imaginé par Kim Zupan est intéressant : une prison du Montana avec, d’un côté des barreaux, un vieillard ayant derrière lui une longue carrière de tueur, de l’autre un jeune adjoint du shérif chargé des veilles nocturnes. Tous deux souffrent d’insomnie et passent leurs nuits à discuter, le premier dévoilant petit à petit des éléments de son brillant passé, le second avouant peu à peu les tourments de sa vie conjugale et professionnelle. Leur drôle de relation passe par l’écoute, le respect, l’estime, puis une certaine forme d’amitié. C’est très bien conduit par l’auteur qui sait alterner temps forts et moments de calme. Le problème vient de l’écriture. Kim Zupan fait partie de cette satanée “école du Montana” au sein de laquelle Jim Harrison et James Crumley, qui en furent les pionniers, auraient du mal à reconnaître leurs petits. Pour ceux-ci, la clarté est une ennemie. L’image doit surprendre (“un promontoire colossal et couvert de lichens qui s’étendaient au-dessus de l’herbe tel le dos d’une baleine constellé de coquillages”), l’adjectif qui accompagne un nom doit créer un déséquilibre (“des claquements squelettiques” , “une nuit chimique”), les dialogues doivent prendre la forme de charades ou de devinettes, les questions posées n’obtenant jamais de réponses. Ces gens-là n’écrivent jamais sans avoir à portée de mains les guides ornithologiques, botaniques et géologiques de leur contrée, histoire d’étaler leurs connaissances en sciences naturelles – ce qui leur permet d’atteindre sans effort une édition française chez Gallmeister. C’est dommage car les personnages valent mieux que ça, notamment le jeune Millimaki, l’adjoint du shérif, qu’on aimerait retrouver dans d’autres volumes moins affectés.

Rugby. Saint-Avold – RA Epinal-Golbey 36 – 27.

MERCREDI.

Lecture. Midis gagnés (Tristan Tzara, Denoël, 1939, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

VENDREDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Mary Higgins Clark, Le Démon du passé, Livre de poche, 1989.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Aperçu de ma collection de Lions d’or.

lion d'or, aubusson  lion d'or

Aubusson (Creuse), photo de l’auteur, 30 juillet 2015 / Estivareilles (Allier), carte postale

SAMEDI.

Films vus. J’ai tué ma mère (Xavier Dolan, Canada, 2009)

Nos femmes (Richard Berry, France, 2015)

  Chapeau melon et Bottes de cuir (The Avengers, Jeremiah S. Chechik, E.-U., 1998)

Alabama Monroe (The Broken Circle Breakdown, Felix van Groeningen, Belgique – Pays-Bas, 2012)

  Discount (Louis-Julien Petit, France, 2014)

Retour à Cold Mountain (Cold Mountain, Anthony Minghella, E.-U. – R.-U. – Roumanie – Italie, 2003).

  L’Invent’Hair perd ses poils.

coiff&co, concarneau, 702  coiff&co, paris, rue de l'ourcq, 702 (2)

Concarneau (Finistère), photo de Francis Henné, 16 juillet 2010 / Paris (Seine), rue de l’Ourcq, photo de Pierre Cohen-Hadria, 22 mai 2011

Poil et plume. “Je l’ai toujours vu souriant, immensément souriant, un sourire à vrai dire quelque peu béat (à quelques circonstances près). Au coiffeur même, il tendait la joue en souriant. Il eût souri au bourreau.

Je me souviens qu’à son lit de mort, quatre ou cinq heures avant le dernier soupir, le coiffeur, tout en le rasant gaiement (une espèce de sorcier ce coiffeur, un tantinet mystique et visionnaire), récitait son oraison funèbre : “Cet homme-là, pour être si tranquille, il n’a jamais fait le mal dans sa vie !” Ah ! plaise à Dieu que je sois le fils de mon père ! (Le même coiffeur, décidément en forme, définissait la santé comme un équilibre entre l’agressivité du monde et la force d’âme; notre peau c’est notre armure).” (Joseph Deltheil, La Deltheillerie)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

 

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Une réflexion sur “20 mars 2016 – 702

  1. Bonjour,
    Comme si un mot pouvait changer les hommes.
    En famille les politiques font leurs lois, pendant que des jeunes dorment dans la rue.
    Quelle misère en un pays de richesses et de biens. Les champs en jachère, et les maisons vidés quand il fait faim et froid.
    Même louis 16 n’était pas allé si loin.
    Cordialement

    J'aime

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