3 mai 2020- 880

 DIMANCHE.

                   Lecture. Rémi des Rauches (Maurice Genevoix, Flammarion, 1922, rééd. in “Romans, récits et contes”, Omnibus/Plon, 1995; 1184 p., 150 F).
                                 On trouve dans ce roman ce qu’on peut attendre de Genevoix quand on ne connaît, c’est mon cas, que l’image de l’auteur, celle du gentleman farmer popularisée par ses apparitions télévisée : un goût profond pour la nature, des personnages humbles et proches de celle-ci, une langue soignée, un vocabulaire extrêmement précis au service de descriptions développées. Cela suffirait à en justifier la lecture, à penser qu’on n’a pas perdu son temps à comparer l’image et le reflet. Mais il y a plus, dans Rémi des Rauches. Comme Maupassant dans ses nouvelles rurales, Genevoix ne se contente pas de la peinture d’un milieu, il lui ajoute un véritable scénario qui rend la lecture d’autant plus plaisante. Ainsi, l’existence de Rémi, tout d’abord entièrement tournée vers son métier de tonnelier et son activité de pêcheur de Loire, s’enrichit d’une aventure sentimentale qui ouvre des perspectives inattendues en créant une véritable intrigue, sans oublier une dimension sociale avec l’opposition entre le travail de l’artisan et l’apparition des fabriques qui transforment celui-ci et le dévalorisent.
LUNDI.
           Lecture. Le Fou de Bergerac (Georges Simenon, Arthème Fayard, 1932, rééd. Rencontre, 1967, in “Œuvres complètes Maigret” IV; 528 p., s.p.m.).
                         “Lui qui éprouvait une telle volupté à aller renifler des atmosphères !” Oui, lui, Maigret, le roi de l’imprégnation, de la déambulation bonhomme, le voilà coincé dans une chambre d’hôtel de Bergerac après avoir reçu une balle dans l’épaule. Obligé d’enquêter depuis son lit de douleur, de courir sur place après un tueur en série. Heureusement, Madame Maigret est venue à son chevet et endosse le rôle d’auxiliaire de police, en plus de celui, habituel, d’épouse dévouée. Le succès sera au rendez-vous, l’enquête résolue. Les vertus du confinement, l’efficacité du travail à distance ? Voyez Simenon, 1932.
           Bestiolaire domestique. Identification d’une Coccinelle à vingt-deux points. Difficiles à compter sur une bestiole de 5 millimètres.
MARDI.
            Lecture. Le Vieux qui lisait des romans d’amour (Un viejo que lela novelas del amor, Luis Sepúlveda, 1989 pour l’édition originale, Métailié, 1992 pour la traduction française, rééd. coll. Suites n° 90, 2004, traduit de l’espagnol par François Maspero; 144 p., 9 €).
                          
MERCREDI.
                 Éphéméride. “Dimanche, 29 avril [1934].
Belle journée avec une ondée vers 11 h p.m. Toute consacrée à Laeta, ou presque toute. A.M. : courrier, puis je la conduis à Notre-Dame; dans la nef jusqu’après la communion, puis aux tribunes d’où elle a vu le défilé du clergé (un évêque avec crosse et mitre en tête, beaucoup de chanoines, ornements somptueux et le chœur). Elle a été dûment impressionnée, mais plutôt par les couleurs que par les sons. Rentrés à pied par le jardin, les quais, la rue de Poissy, la rue Monge, faisant de petits achats.” (Valery Larbaud, Journal)
                 Bestiolaire domestique. Identification d’un Anthrène du bouillon blanc. Faute de pouvoir courir après les papillons, on se contente de ce qui entre par la fenêtre.
JEUDI.
           Lecture/Écriture. Mots croisés 3 (Robert Scipion, Zulma, coll. Grain d’orage, 2006; 144 p., 9,50 €).
VENDREDI.
                  Lecture. Le Cri du hibou (The Cry of the Owl, Patricia Highsmith, Harper & Row, 1962 pour l’édition originale, Calmann-Lévy, 1964 pour la traduction française, traduit de l’américain par Marianne Gallet, rééd. Librairie Générale Française, coll. Le Livre de poche Thrillers n° 4426, 1991; 384 p., s.p.m.).
Le cabinet de curiosités du notulographe. Baignoires champêtres.

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Certilleux (Vosges), 24 décembre 2017 / Anost (Saône-et-Loire), 12 avril 2019, photos de l’auteur

 

SAMEDI.
              Lecture. Cuaderno San Martín (Jorge Luis Borges, 1929 pour l’édition originale, Gallimard, in « Œuvres complètes I », Bibliothèque de la Pléiade n° 400, 2010, traduit de l’espagnol par Jean-Pierre Bernès et Nestor Ibarra; 1766 p., 68,50 €).
                            On retiendra de ces poèmes célébrant Buenos Aires l’image des croix dressées dans un cimetière, “pièces noires d’un final échiquier.”
                            Le Publicateur du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 9e série, n° 21 (15 septembre 2018, 80 p., 15 €).
                            “Calendriers”
              Films vus. Jusqu’ici tout va bien (Mohamed Hamidi, France – Belgique, 2019)
                               Symphonie pour un massacre (Jacques Deray, France – Italie, 1963)
                               Les Fauves (Vincent Mariette, France, 2018)
                               Les Fleurs de Shanghai (Hai shang hua, Hou Hsiao-Hsien, Taïwan – Japon, 1998)
                               Au petit Marguery (Laurent Bénégui, France, 1995)
                               Antoine et Sébastien (Jean-Marie Périer, France – Italie, 1974)
                               La Mort de Belle (Édouard Molinaro, France 1961).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Paris (Seine), boulevard de Sébastopol, photo de Pierre Cohen-Hadria, 17 juillet 2011 / Saint-Mihiel (Meuse), photo de Régis Conraud, 11 juillet 2015
              Poil et pellicule. 
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Ils sont partout (Yvan Attal, France – Belgique, 2016)
Bon dimanche,
Philippe DIDION
                              

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