25 octobre 2015 – 684

MARDI.
            Lecture. Le Publicateur du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 9e série, n° 2 (15 décembre 2014, 88 p., 15 €).
                          Un numéro consacré aux machines volantes et à leurs inventeurs, qui se penche notamment sur Henry de Graffigny, immortalisé par Céline dans Mort à crédit sous le nom de Courtial des Pereires. Céline en fait l’auteur de L’Electricité sans ampoule, de La Révélation hindoustane et du Langage des herbes, ce qui pourrait passer pour une aimable fantaisie si l’on n’avait ici quelques titres commis par le véritable Graffigny : L’Automobile sur mesure pour 322 francs 25 : Guide de construction intégrale, Manuel de l’horloger et du mécanicien amateur, L’Outillage agricole, Cours de cinématographe à l’usage des élèves opérateurs projectionnistes et débutants et bien d’autres qui laissent à penser que dans ce seul corps et dans ce seul cerveau se cachaient Bouvard et Pécuchet.
MERCREDI.
                  Lecture. Le Correspondancier du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 8e série, n° 27 (15 juin 2014, 176 p., 15 €).
                                On parle ici, et longuement, de Jean Dayros, ce qui nous permettra d’en savoir davantage sur ce poète dont on ne connaissait qu’un alexandrin, à juste titre inoubliable : “L’hiver est à Paris la plus froide saison”. On y croise aussi un certain Isidore Boulnois, auteur, dans les années 1890, de Notules hybrides d’un dégénéré. Tout rapprochement avec un autre notulographe serait forcément désobligeant.
JEUDI.
          Vie culturelle. La grande exposition Warhol, celle dont parlent les journaux, c’est celle du Musée d’art moderne de la Ville de Paris. On aurait pu craindre que celle qu’accueille, en même temps, le Centre Pompidou de Metz n’ait que des miettes à proposer à ses visiteurs mais l’homme a suffisamment produit pour que les deux sites y trouvent leur compte. On trouve à Metz, dans un décor aux panneaux argentés rappelant la fameuse Factory, les multiples facettes du dandy Andy pour qui tout faisait ventre : la photographie, la danse, la sérigraphie, le design, le cinéma et, par-dessus tout, la musique. Ce qui m’a fait ressortir, au retour, mes vieux Velvet Underground et passer en heavy rotation le magnifique Songs For Drella, écrit et interprété par Lou Reed et John Cale, anciens du Velvet, en hommage à leur mentor. Dans l’album comme dans l’exposition, celui-ci échappe à son image réductrice de provocateur touche-à-tout pour redevenir ce qu’il était sans doute en réalité : un type gentil, ouvert, prêt à accueillir et à aider tous ceux qui, autour de lui, semblaient porteurs de quelque chose de neuf dans les domaines artistiques les plus variés. J’ajoute un grand merci à ce père pédagogue qui a illuminé ma journée en demandant à son rejeton devant la série d’Electric chairs exposée : “Laquelle tu préfères ?”
VENDREDI.
                  Lecture. Les Nuits de Reykjavik (Reykjavikurnoetur, Arnaldur Indridason, Forlagid, 2012 pour l’édition originale, Métailié, coll. Bibliothèque nordique/Noir, 2015 pour la traduction française, traduit de l’islandais par Eric Boury; 264 p., 19 €).
                                Le tout jeune Erlendur, héros familier des polars d’Indridason, faisait une brève apparition à la fin du Duel, son précédent roman. C’est à cette époque qu’on le retrouve ici, policier débutant voué aux patrouilles de nuit, aux accidents de voiture et aux querelles domestiques. Ce qui ne l’empêche pas, dans ses heures libres, de s’intéresser à la mort d’un clochard qu’il considère comme suspecte. Erlendur montre ici son souci des gens de peu, clochards, alcooliques, solitaires, qu’il gardera tout au long de ses enquêtes à venir. Il devient, au fil des romans, un personnage de plus en plus attachant, de plus en plus humain, et l’exotisme qui avait tout d’abord suscité l’intérêt que l’on portait à ses aventures, passe désormais au second plan dans le plaisir qu’on éprouve à les lire.
                                Curiosité p. 145 : “Un de leurs collègues avait laissé dans le véhicule un numéro d’Althydubladid, l’organe du parti social-démocrate. Erlendur était plongé dans la lecture du roman-feuilleton traduit du suédois et intitulé “Le policier qui rit”. Il y était question d’un massacre commis dans un autobus à Stockholm. Le nom de l’auteur n’était mentionné nulle part, mais Sigurgeir avait déjà lu ce feuilleton et lui avait raconté qu’il avait été écrit à quatre mains, par un couple, pensait-il.” Les amateurs auront reconnu ce Policier qui rit, de Sjöwall et Wahlöö, pionniers du polar scandinave.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Il était question dimanche dernier, dans la rubrique “Poil et plume”, des produits Forvil, shampooings et brillantine. La brillantine, ça laisse des traces, comme on peut le constater sur quelques murs de nos campagnes photographiés par le notulographe à Ajain (Creuse, 27 juillet 2015), Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne, 14 octobre 2007), Chénérailles (Creuse, 25 juillet 2007) et Villefort (Lozère, 29 octobre 2005).
ajain 2[5]  bourbonne-les-bains, forvil[3]
chénérailles, forvil[3]  villefort, forvil[4]
SAMEDI.
              Lecture. Vingt-cinq poèmes (Tristan Tzara, collection Dada, 1918, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).
nous allons nuages parmi les esquimaux
embellir la convalescence de nos pensées botaniques
sous les crépuscules tordus
ordure verdie vibrante
blan […]” (Froid jaune)
              Films vus. Maintenant ou jamais (Serge Frydman, France – Belgique, 2014)
                               La Vie facile (Easy Living, Mitchell Leisen, E.-U., 1937)
                               Get on Up (Tate Taylor, E.-U. – G.-B., 2014)
                               La Marseillaise (Jean Renoir, France, 1938).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
elle'm, montréjeau, 684 (2)[3][1]    lm, sainte-foy-l'argentière (2)[4]
Montréjeau (Haute-Garonne), photo de Marc-Gabriel Malfant, 20 avril 2010 / Sainte-Foy-l’Argentière (Rhône), photo du même, 28 mai 2011
    IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 30 mars 2014. 169 km (25810 km).
maxey-sur-meuse, 684[3]
258 habitants

C’est, posté devant l’église, le même Poilu que celui de Mattaincourt, le modèle issu des Fonderies Tusey à Vaucouleurs, mais ici recouvert d’une couleur vert d’eau qui lui va beaucoup moins bien. La stèle sur laquelle il se dresse est posée sur trois marches et entourée d’une chaîne dorée. Il n’a pas droit au drapeau tricolore, contrairement à Jeanne d’Arc dont la statue (nous sommes à 3 kilomètres de Domrémy) trône de l’autre côté de l’église. Des plaques noires portent les noms écrits en lettres d’or.

maxey-sur-meuse monument, 684[3]
   Face :

A la mémoire

Glorieuse des Enfants

De Maxey-sur-Meuse

Morts pour la France

Yser

Verdun

Champagne

1914-1918

   Gauche :

LAY Gaston

OUDOT Émile

BARBE Fernand

MAUDET Louis

HOLVECK Henri

HOLVECK Emile

VARNIER Georges

BERNAGE Henri

JOLY Eugène

   Droite :

THERY Paul

MOUGEL Marcel

MAIRE Louis

FINEL Charles

BOURGUIGNON Augustin

PANICHOT René

   Dos :

FERRY Gabriel (Maroc, 1913

Guerre 1939-1945

LEPAND Marcel

BECK Paul

PARAGE André

HUTTAUX Maurice F.F.I.

              Poil et plume. “Tous les matins, quand c’était possible, j’allais le voir dans sa petite salle de bains sans baignoire. Nous parlions longuement. Il avait toujours un filet à cheveux bien vissé sur la tête pour essayer d’aplatir complètement son épaisse chevelure crépue.
   – C’est embêtant d’avoir l’air d’un métèque dans ce pays, me disait-il.” (Daniel Filipacchi, Ceci n’est pas une autobiographie)
Bon dimanche,
Philippe DIDION
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