11 juin 2017 – 753

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 25 juin 2017. 

LUNDI.
Vie littéraire. Journée studieuse consacrée au bouclage du prochain Bulletin de l’Association Georges Perec et à la rédaction d’un article sur les actes du Colloque de Cerisy concernant le même auteur.

MERCREDI.
Lecture. Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers et Seymour, une introduction (Raise High the Roof Beam, Carpenters  and Seymour : An Introduction, J.D. Salinger, 1963 pour l’édition originale, Robert Laffont, 1964 pour la traduction française, rééd. Robert Laffont, coll. Pavillons Poche, 2016, traduit de l’américain par Bernard Willerval; 272 p., 9 €).

Bulletin du Club Comanche et des lecteurs de J.D. Salinger n° 1 (Librairie du Scalaire, février 1993).
“Le Bulletin s’efforcera de paraître deux ou trois fois par an.” Las, malgré ce vœu exprimé en dernière page, le numéro un n’aura pas de suite. Son concepteur, Marc-Gabriel Malfant, nous assure qu’il est désormais introuvable, sinon dans quelques bibliothèques universitaires américaines. Pour le commun des mortels, Salinger se résume à deux choses : un chef-d’œuvre (L’Attrape-cœurs) et un mystère (la réclusion). La lecture des nouvelles, qui sont rarement évoquées, révèle un troisième élément porteur lui aussi de sa part de chef-d’œuvre et de mystère. Il s’agit d’une sorte de saga qui se lit en pointillés, dans des textes épars, et qui concerne la famille Glass, déjà présente dans Franny et Zooey. Un drame pèse sur cette famille, le suicide du fils aîné, Seymour, qui est le héros absent des deux dernières nouvelles publiées. On suppose qu’il apparaît également ici ou là dans les histoires qui n’ont pas été traduites en français. Le mystère Seymour traverse donc toute l’œuvre courte de Salinger et ce n’est pas le moindre mérite du Bulletin du Club Comanche que de faire la recension de ses apparitions. Le Bulletin traite aussi du sort indigne fait à Salinger par l’édition française et souligne les faits qui interloquent un lecteur un rien attentif : le fouillis des dates de parution, les fautes de traduction, les incohérences contenues dans la préface aux Nouvelles donnée par Jean-Louis Curtis. On disait, en 1993, qu’il était temps de s’atteler à une édition correcte, si possible bilingue, des écrits de J.D. Salinger. Les choses n’ont guère évolué depuis.

Éphéméride.
“Washington, 7 juin 1951

Cher Francis de Miomandre,

J’ai été très sensible à votre amicale pensée, à la délicatesse avec laquelle vous voulez bien me l’exprimer. Elle émane pour moi d’un homme dont j’ai goûté l’œuvre dès ma jeunesse et dont j’associe le nom à tout ce dont j’aime en France la qualité.
Mais il y a trop d’élégance humaine dans votre lettre pour que je ne vous dise pas aussi simplement mon sentiment : non, il ne faut pas donner suite à votre suggestion. Il ne serait pas bien de ma part d’y répondre, par égard même pour l’Institution en cause*. Je n’ai pas, à proprement parler, de vie littéraire, et je n’en aurai point. Je ne vis pas non plus en France. C’est assez, me semble-t-il, pour n’avoir pas à invoquer mon âge ni mes goûts. J’avais déjà eu, bien des années avant la guerre, et malgré l’insistance d’amis comme Larbaud et Fargue, à me récuser simplement lors d’une démarche officielle d’Édouard Dujardin. […]
Amicalement à vous,

Alexis Leger” (Saint-John Perse, Témoignages littéraires)

* l’Académie Mallarmé

JEUDI.
Lecture. La Bonne Formule (A Matter of Form, Margery Allingham, nouvelle parue dans The Strand, mai 1940 pour l’édition originale, Mystère Magazine n° 37, février 1951 pour la traduction française, rééd. in « La Maison des morts étranges et autres aventures d’Albert Campion », Omnibus, 2010; 1024 p., 26 €).

VENDREDI.
Lecture. Hommages (Saint-John Perse, Gallimard, 1972, “Œuvres complètes”, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 240, 1972; 1428 p., 56 €).

Le cabinet de curiosités du notulographe. Ciné flipper, photos d’écran de l’auteur.

753 (1)  753 (2)

Au P’tit Zouave (Gilles Grangier, France, 1950) / Interdit de séjour (Maurice de Canonge, France, 1955)

SAMEDI.
Vie littéraire. J’accomplis mon devoir électoral à Jaligny-sur-Besbre (Allier). C’est un peu tôt pour les législatives, il ne s’agit que du Prix René-Fallet, remporté par Hubert François, auteur de Dulmaa. Ce n’est pas grâce à moi – je vote toujours, là comme ailleurs, pour les petits partis qui n’ont aucune chance de gagner. Mon rituel tour de bourg m’apprend que le Café du Beaujolais, son dernier bistrot, est à vendre. Année après année, j’aurai été témoin de la dévitalisation de ce lieu aimé où il n’y a guère plus que le monument aux morts qui tienne encore debout.

Films vus pendant la semaine. Twin Peaks – Les 7 derniers jours de Laura Palmer (Twin Peaks : Fire Walk with Me, David Lynch, É-U. – France, 1992)
Banco à Bangkok pour OSS 117 (André Hunebelle, France – Italie, 1964)
Danish girl (The Danish Girl, Tom Hooper, R.-U. – É-U. – Allemagne – Danemark – Belgique, 2015)
Les Charlots contre Dracula (Jean-Pierre Desagnat, France, 1980)
Le Convoi (Frédéric Schoendoerffer, France, 2016).

L’Invent’Hair perd ses poils.

753 (3)  753

Les Roches-de-Condrieu (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 24 octobre 2010 / Paris (Seine), rue de Vaugirard, photo de François Golfier, 7 novembre 2015

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 28 mai 2015. 0 km. (29019 km).

753 (5)2220 habitants

Je suis sur mon lieu de travail ou quasiment, donc je ne m’attarde pas et prends mes photos à la va-vite. Le monument est situé sur le côté de l’église mais je crois qu’il a été déplacé. J’ai le souvenir de son emplacement à quelques mètres de là, sur le bord de la route, à côté du Café du Commerce aujourd’hui fermé – malgré les sommes que j’y ai englouties. Une flèche à la base pansue surmontée d’une Croix de Guerre est flanquée de deux dalles de marbre non poli, puis de deux mâts portant des bouquets de drapeaux tricolores. Les quatre côtés de la flèche sont couverts de noms, pas toujours lisibles à cause de la disparition de la dorure. Je renonce à les copier.

Aux enfants de Nomexy

Morts pour la France

                                                                           1914-1919

Poil et plume. “le printemps a coupé les cheveux des filles / les
garçons n’ont rien vu du printemps et de ses
cheveux / la saison commence à se dégager la
nuque / d’une telle douceur recueillir le
sentiment des pierres et des jonquilles / le
printemps s’est allongé sur les pelouses me
viennent des mots aux pieds nus / les offrir en
instants de peau” (Denis Heudré, Sèmes semés)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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