14 janvier 2018 – 778

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 28 janvier 2018.
LUNDI.
           Vie ludique. Chaque début d’année, au bistrot, avec mes copains de bistrot, on joue à un jeu de bistrot, le jeu des morts célèbres. Chacun doit donner une liste de dix noms de personnalités appelées, selon lui, à ne pas finir l’année en cours. Les listes sont précieusement mises sous clé, impossible de les modifier. L’exercice est délicat, il faut bien sûr tenir compte de l’âge, répertorier les centenaires, prêter l’oreille aux échos en provenance de Cochin ou de l’Hôpital américain de Neuilly, surveiller les visages et les voix fatigués mais aussi penser aux accidents, aux épidémies, à la malchance, à la maladie foudroyante. Il faut s’interroger : Giscard est-il pour de bon immortel ? Michel Piccoli finira-t-il un jour par payer les orgies tabagiques commises devant la caméra de Claude Sautet ? Yvette Horner est-elle encore vivante (la réponse est oui) ? Peut-on vraiment imaginer un monde sans Jean-Paul Belmondo (la réponse est non, ici, à cause de Lucie qui l’admire) ? Il faut laisser de côté les goûts et les opinions qui vous feront écarter les personnalités appréciées et promettre la tombe à celles qu’on exècre. Une fois les listes enregistrées, la consultation des rubriques nécrologiques apporte plus de déceptions que de satisfactions et le bistrot, certains matins, prend des airs de salon funéraire : comment n’avais-je pas pensé à celle-ci ? Bon sang mais je croyais celui-là déjà mort ! Quand la réussite est là, ce sont des cris de joie qui résonnent et des tournées qui s’alignent. Le mort célèbre, du fond de son frais tombeau, peut alors se réjouir d’avoir contribué par son dernier geste à la joie et à la réussite de l’un d’entre nous. L’année 2017 m’aura été chrysanthèmement bénéfique puisque j’ai fini en tête de la compétition avec quatre défunts sur les dix que j’avais prévus : Max Gallo, Danielle Darrieux, Robert Hirsch et Jean d’Ormesson ont été mes chevaux gagnants. Pour 2018 (les copies sont à rendre le 17 janvier), je suis en train d’affiner mes choix dans une liste d’une quarantaine de noms. Au vu de ma réussite actuelle, il y en a qui pourront pousser un ouf de soulagement quand je déciderai finalement de ne pas les retenir.
MARDI.
            Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Alice Zeniter, Sombre dimanche, Le Livre de poche, 2015.
MERCREDI.
                  Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Jane Austen, Orgueil et préjugés, Éditions retrouvées, 2017.
                  Éphéméride. “10 janvier [1933].
Djibouti. Ville délabrée, mais tout compte fait moins laide que je n’aurais cru. Quelques palmiers. Classiques coloniaux français. Bistrots pas gais.
Il fait humide et frais. Il a plu. Installation dans la maison mise à notre disposition, très spacieuse. Visites diverses de Griaule, dont celle, de rigueur, au gouverneur. Belles femmes arabes et somali, en général assez hautes.
Sitôt dîner, convocation d’urgence : un copain de Griaule, qui a su qu’il était là, lui envoie sa voiture et le chauffeur muni d’une carte de visite le sommant de venir séance tenante. Nous nous amenons à quatre. Il y a là un consul de Belgique et un autre Belge, qui jouaient au bridge. La gentillesse de la maîtresse et du maître de maison fait que nous n’hésitons pas à redîner, bien que n’ayant plus faim.” (Michel Leiris, L’Afrique fantôme)
VENDREDI.
                  Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Peter Wohlleben, La Vie secrète des arbres, Les Arènes, 2017.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. La vie cachée des hommes célèbres.
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La Montagne, 28 juillet 2015 / Vosges Matin, 17 août 2016
SAMEDI.
             Films vus pendant la semaine. Une question de vie ou de mort (A Matter of Life and Death, R.-U., 1946)
                                                               Mal de pierres (Nicole Garcia, France – Belgique – Canada, 2016)
                                                               The Reader (Stephen Daldry, É.-U. – Allemagne, 2008)
                                                               Corniche Kennedy (Dominique Cabrera, France, 2016)
                                                               Tenue de soirée (Bertrand Blier, France, 1986)
                                                               La Folle Histoire de Max et Léon (Jonathan Barré, France – Belgique, 2016)
                                                               L’Astragale (Brigitte Sy, France, 2015).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Autun (Saône-et-Loire), photo de Philippe de Jonckheere, 20 février 2011 / Paris (Seine), rue Francœur, photo de Pierre Cohen-Hadria, 3 octobre 2011
           Poil et kitsch.
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Puces de Villeurbanne (Rhône)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

 

 

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