2 février 2020 – 867

DIMANCHE.

                    Courriel. Une demande de désabonnement aux notules.
MARDI.
            Lecture. C’était nous (Pierre Bergounioux, Gallimard, coll. Blanche, 1989; 154 p., s.p.m.).
                          Arrivé à ce stade de sa carrière de romancier, Bergounioux abandonne l’imagination, un tournant amorcé avec le titre précédent, L’Arbre sur la rivière. La dimension autobiographique devient primordiale, elle l’amènera à quitter le roman, un tournant nécessaire et salutaire. Bergounioux raconte ici l’enfance, son lien avec son cousin, les escapades dans la nature, l’aventure, la découverte, un mode de vie auquel les adultes n’ont pas accès et qui donne envie de ne pas leur ressembler, même quand l’âge sera venu. Bergounioux révèle, dans ses Carnets de notes, les difficultés qu’il a à traduire sur le papier ce qu’il veut exprimer, sa lenteur à venir à bout d’une page. On comprend cette difficulté en le lisant car le lecteur n’est pas non plus à la noce, contraint, comme lui, à reprendre plusieurs fois la phrase pour en venir à bout. Ce travail est rémunérateur puisqu’il conduit à un final magistral mais la pente est rude.
MERCREDI.
                  Éphéméride.
“Le 29 janvier 1948
Monsieur,
Nous avons l’honneur, de vous informer que nous déclarons à l’Administration des Contributions Directes, vous avoir versé pendant l’année 1947, une somme nette de
Frs : 170.000
à titre de droits d’auteur.
Dans le cas où vous ne seriez pas d’accord sur ce qui précède, nous vous prions de bien vouloir nous en informer par retour du courrier.
Veuillez agréer, Monsieur, nos salutations distinguées.
[signature illisible]
Ci-joint, veuillez trouver relevé.” (“Correspondance Jean d’Halluin / Raymond Guérin, in Capharnaüm n° 4)
                  Football. SA Spinalien – Lille 2 – 1.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. L’art de la serrurerie.

867 (1)-min 867 (2)-min

Chaumont (Haute-Marne), photo de Jean-Damien Poncet, 4 septembre 2017 / Liège (Belgique), photo de Jean-François Fournié, 26 mars 2017
SAMEDI.
              Football. SA Spinalien – Bobigny 0 – 2.
              Films vus. Les Duraton (André Berthomieu, France, 1955)
                               Une année polaire (Samuel Collardey, France, 2018)
                               Soleil levant (Rising Sun, Philip Kaufman, É.-U., 1993)
                               Mon bébé (Lisa Azuelos, France – Belgique, 2019)
                               Le Démon de midi (Marie-Pascale Osterrieth, France, 2005)
                               La Chute de l’empire américain (Denys Arcand, Canada, 2018).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
867-min
Paris (Seine), rue de Cotte, photo de Pierre Cohen-Hadria, 9 juin 2011
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 30 décembre 2018. 159 km. (35 950 km).
867 (4)-min
72 habitants
   Le monument est dans la partie supérieure du cimetière, lequel est situé à l’écart du village, derrière une chapelle. Un drapé entoure le sommet de la flèche, sans doute censé représenter les plis d’un drapeau. Un ruban tricolore décore une jardinière de fleurs mortes qui cache deux plaques métalliques, jadis fixées et aujourd’hui simplement appuyées contre la base du monument. L’usure du temps les a rendues à peine lisibles, l’une est pour Andelot Henri, l’autre pour Dauphin René.
867 (3)-min
À nos morts glorieux
Guerre 1914-1918
ANDELOT Henri
BELLAMY Louis
DAUPHIN René
JACQUINOT Maurice
MAROUILLER Camille
GÉRARD Émile
MAUGARD Émile
1939-1945
VAUTHIER Henri
MAROT Jean
Victimes civiles
DAUPHIN Camille
ROCHÉ Marie
D’HIÉVRE Marcelle
               Poil et plume. “Récapitulons leur histoire, dit Vincintelli. Les frères Woods sont de riches et prospères agents de change; l’aîné, Wallace, s’effondre après la chute des marchés en 1929 et il est expédié ici, les poches encore pleines de bandes de téléscripteur. Il développe la manie de couper les cheveux des autres, et nous avons des ennuis chaque fois qu’il déniche une paire de cisailles. Je vous rappelle le fâcheux incident avec la perruque de Mrs Reynard – sans parler du jour où il s’est attaqué aux poils de votre visage avec des ciseaux à ongles.” (F. Scott Fitzgerald, “Cauchemar : une fantaisie en noir”, in Je me tuerais pour vous et autres nouvelles inédites)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

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